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| On trouve la langue de l'ancienne Égypte Un fait remarquable est le constant usage,
la persistance du même idiome national en Égypte depuis les
temps les plus reculés, malgré les invasions successives
des Nubiens Un autre fait à souligner est l'écriture
de l'ancienne Égypte. Apparue vers 3100 av. J. C. c'est, après
l'écriture mésopotamienne, la plus ancienne que l'on connaisse.
L'écriture hiéroglyphique,
dont les plus anciens monuments remontent à la quatrième
dynastie des souverains d'Égypte (Ancien Empire |
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| La
langue
La langue des anciens Égyptiens
nous est parvenue sous toutes les formes par lesquelles elle a évolué,
et on peut suivre le caractère de cette évolution depuis
le premier empire memphite Le substantif se présente en ancien égyptien tantôt sous la forme radicale simple, tantôt modifiée par un redoublement, par l'addition de certains éléments ou le changement de la voyelle intérieure. C'est surtout le copte qui nous offre la plus grande variété des formes que le radical était susceptible de prendre avec la valeur nominale; ces éléments étaient soit des suffixes comme i, e, f, s, t, ti, n, out, etc., soit des préfixes comme an, en, ref (celui qui fait) et sa (l'homme) pour former des agents, le privatif at, le relatif ment pour former des noms abstraits, etc. II n'y a pas de flexion du cas en égyptien; le nominatif était quelquefois marqué par un exposant. Le genre est caractérisé soit par l'article, soit par le déterminatif, soit par une désinence spéciale (féminin). Le genre neutre n'existe pas dans les substantifs. Le nombre est nettement caractérisé : 1° par une désinence spéciale; 2° par l'addition de II ou de III; 3° par la répétition de l'objet doublé ou triplé selon qu'on voudrait imprimer le duel ou le pluriel. Le duel n'existe pas en copte. L'article défini, rare aux plus
anciennes époques, devient d'un usage assez fréquent au Nouvel
Empire La conjugaison ne nous présente
qu'un seul mode personnel, l'indicatif, et que deux temps, le présent
et le prétérit. Mais ces temps sont susceptibles de prendre
des formes très diverses. En effet, ils peuvent tantôt se
conjuguer sous la forme simple, tantôt à l'aide d'auxiliaires
renforcés ou non de diverses prépositions. Ces auxiliaires
sont au nombre de dix dans l'ancien égyptien : au, tu, pu, un,
khoper, ha, ar, du, ria, iri; la plupart de ces particules sont plus
ou moins tombées en désuétude dans le démotique,
qui s'est servi de préférence des trois premières,
au,
tu, pu. On les retrouve également en copte. Le copte, dont la
conjugaison est beaucoup plus avancée que celle de l'ancienne et
la nouvelle langue, a des nuances pour rendre l'imparfait et le plus-que-parfait.
C'est la tournure générale de la phrase qui le plus souvent
permet de distinguer le temps futur, les modes subjonctifs et optatifs
et la voix passive.
L'écriture L'écriture égyptienne était à la fois idéographique et phonétique. Les mots pouvaient être représentés soit par les images des idées exprimées, soit par la notation des sons. Les idéogrammes donnaient tantôt la peinture de l'objet même, tantôt d'une de ses parties, tantôt d'un objet suffisant à éveiller par métaphore l'idée à exprimer. Les signes phonétiques étaient de deux sortes les uns exprimaient des sons complexes (syllabes et diphtongues), les autres des sons simples (voyelles et consonnes). Tous ces procédés pouvaient être employés simultanément; ainsi le mot mos (enfanter) s'écrivait : 1° avec un signe ayant à lui seul la valeur mos (syllabique),:Si le procédé idéographique se suffisait à lui-même, il n'en était pas de même du phonétique. Tout mot écrit au moyen de signes alphabétiques ou syllabiques était accompagné d'un idéogramme auquel les égyptologues ont donné le nom de déterminatif. Il va sans dire que, dans bien des cas, les déterminatifs étaient abusifs et n'avaient qu'un rapport très éloigné avec l'idée exprimée. - Trois genres d'écriture étaient
usités dans l'antique Égypte. On les désigne sous
des appellations introduites par Clément
d'Alexandrie L'écriture
hiéroglyphique.
Dans l'écriture hiéroglyphique, tous ces signes, quels qu'ils fussent, consistaient en images. De ce point de vue, la manière la plus simple de s'y prendre était de dessiner l'image évoquée par le mot qu'ils prononçaient; le mot lion était rendu par le dessin d'un lion, le mot étoile par le dessin d'une étoile. Certains des signes utilisés dans l'écriture hiéroglyphique sont ainsi purement figuratifs. Mais par ce procédé rudimentaire on ne pouvait traduire que des idées matérielles et encore parmi ces idées matérielles, il en était que leur complexité rendait presque intraduisibles. Lorsque les Égyptiens avaient à rendre l'idée combat, il eût été peu pratique pour eux de peindre les mille détails d'une mêlée. Ils eurent recours au symbole : l'idée combat fut rendue par l'image de deux bras tenant, l'un une pique, l'autre un bouclier. Il en fut de même pour les idées abstraites. La joie fut rendue par un homme dansant ou levant les bras au ciel, etc. On avait alors affaire à des signes symboliques. Mais pour écrire des phrases, tous ces signes ou idéogrammes n'étaient pas encore suffisants. Le Égyptiens recouraient donc également à des caractères phonétiques, ou phonogrammes. Ainsi la bouche ne servait pas seulement à exprimer l'idée de bouche, mais la syllabe rô et la lettre r; la main, l'idée de la main et la lettre d. L'on conçoit aussi que chaque substantif pouvait s'écrire de deux manières, ou par la représentation pure et simple de l'objet, ou par le nom, l'appellation écrite en caractères phonétiques. Ainsi un boeuf pouvait s'écrire simplement en représentant un boeuf, ou bien en écrivant, avec des caractères devenus phonétiques, le nom de la langue parlée.
Écriture hiéroglyphique. C'est dans l'emploi de ces deux systèmes différents que consistait principalement la différence des écritures hiéroglyphique pure, hiératique, et démotique. L'écriture hiéroglyphique employait presque toujours les caractères figuratifs et symboliques; dans l'écriture hiératique ou cursive, aucun de ces signes, quels qu'ils fussent, ne consistaient en images, mais en caractères conventionnels dérivés des images de l'écriture hiéroglyphique; quant à l'écriture démotique, elle recourait presque exclusivement aux caractères phonétiques. Dans l'écriture hiéroglyphique,
tous ces signes, quels qu'ils fussent, consistaient en images. Ainsi la
bouche ne servait pas seulement à exprimer l'idée de bouche,
mais la syllabe ro et la lettre r; la main, l'idée
de la main et la lettre d; dans l'écriture hiératique
ou cursive, aucun de ces signes, quels qu'ils fussent, ne consistaient
en images, mais en caractères conventionnels dérivés
des images de l'écriture hiéroglyphique. L'écriture
hiératique.
Écriture hiératique. L'écriture
démotique.
Écriture démotique. Le démotique est l'expression d'une
langue particulière, ou, pour parler plus exactement, d'une phase
particulière de la langue égyptienne, celle qui a précédé
la constitution de la langue copte. Parmi les différences qui séparent
la langue parlée antérieurement avec le dialecte démotique
ou, même le copte, l'une des plus marquées, selon Lepsius,
consistait en ce que la plupart des flexions grammaticales, postposées
aux substantifs et aux verbes dans la langue primitive, leur sont préposées
dans le copte. Dans le texte démotique de l'inscription de Rosette Le démotique apparaît bien de la sorte comme l'intermédiaire entre le copte et l'idiome antique; il peint aux yeux des mots dont la forme est déjà altérée, en sorte que, bien que le démotique soit issu de l'hiératique, on ne pourrait pas toujours déduire signe par signe un mot démotique d'un mot hiératique exprimant la même idée. Du reste, des mots nouveaux furent créés, la syntaxe et la grammaire furent sensiblement modifiées, en sorte que le démotique devint une langue nouvelle, plus encore qu'une nouvelle écriture de la vieille langue. Toutefois, l'écriture démotique est fondée sur les mêmes principes que l'écriture hiéroglyphique et comporte à peu près le même mélange d'éléments symboliques et phonétiques; je dis à peu près, car les signes idéographiques s'altérant de plus en plus dans le tracé tachygraphique, leur valeur d'images se perdait chaque jour davantage; on en comprit l'inutilité et on en restreignit considérablement le nombre. On simplifia l'emploi des déterminatifs qui, dans l'écriture hiéroglyphique, illustrent le sens des mots, mais on maintint l'usage des syllabiques conjointement avec les signes de lettres simples. Somme toute, l'écriture démotique est bien une dégénérescence de l'hiératique, mais l'extrême difficulté de son déchiffrement, difficulté purement paléographique, provient de ce qu'une même ligature répond souvent à des groupes hiératiques très différents et de ce que les textes tracés avec de gros calames sont, en général, très empâtés et rendent fort malaisée l'analyse des éléments de chaque mot. C'est pourquoi, antérieurement à l'apparition de la grammaire démotique de H. Brugsch, les tentatives de déchiffrement de l'écriture vulgaire des Égyptiens restèrent infructueuses. Trente ans après la publication de cette grammaire, remarquable monument de sagacité et de haute érudition, la littérature démotique n'en était pas moins demeurée un domaine fermé dans l'égyptologie, et ses manuscrits, regardés comme les hiéroglyphes des hiéroglyphes, avaient conservé intacts leurs sceaux mystérieux. Brugsch lui-même ne semblait pas
songer a utiliser la clef qu'avait forgée sa main patiente. Ce n'est
qu'en 1867 qu'il offrit aux lecteurs de la Revue archéologique
la première traduction d'un papyrus un peu étendu, le Roman
de Setna. Deux ou trois textes analysés par lui nous avaient
permis de nous faire une idée assez vague de cette classe de documents
si nombreux qu'on appelle contrats démotiques, mais nous étions
loin de nous douter de la richesse de renseignements qu'ils nous réservaient
sur la jurisprudence antique. On n'avait jusque là interprété
que quelques lignes du texte démotique de la pierre de Rosette En dehors de ces contrats et du roman cité
plus haut, qui a été étudié par plusieurs égyptologues,
la littérature démotique comprend quelques textes historiques,
des stèles et des inscriptions religieuses et funéraires
et un exemplaire du Livre des morts Vers le VIe siècle
de notre ère, l'écriture démotique commença
à tomber en désuétude, et, sous l'influence des Grecs,
qui n'avaient cessé de gagner du terrain depuis la conquête
d'Alexandre et qui occupaient une grande partie des places dans l'administration
romaine, l'alphabet grec fut employé par les Égyptiens eux-mêmes
pour transcrire leur propre langue. Mais les 24 lettres de l'alphabet grec
ne suffisant pas à exprimer tous les sons de l'égyptien,
les coptes ou jacobites |
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