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Renoir

Pierre-Auguste Renoir est un  peintre né a Limoges  le 25 février 1841 et mort en 1919. Il était issu d'une vieille famille d'artisans, qui malgré ses moyens modestes se garda de mettre obstacle à sa vocation d'artiste. Son tempérament, ses goûts artistiques, son esprit reflètent ses origines. La santé morale, l'équilibre intellectuel, tout cet ensemble de vertus qu'on appelle le bon sens et qui forment - pour un artiste moderne privé de discipline traditionnelle - un précieux apport, est un des traits distinctifs de son caractère. Dans l'Impressionnisme, dont il déborda les cadres, Renoir a joué le rôle, non pas d'un élément pondéré, ni d'un régulateur, mais d'un lien entre l'art tel qu'il se constitue et évolue à partir de la fin du XIXe siècle et ces grands maîtres du passé auxquels il voua toute sa vie durant une pieuse admiration et dont il sut vivifier l'enseignement.
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Renoir : autoportrait.
Renoir : portrait de Julie Manet.
Renoir : Autoportrait (1910).
Portrait de Julie Manet (1894).
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Arrivé à Paris, Renoir entre en qualité d'apprenti dans un atelier de peinture sur porcelaine, industrie qui était florissante et prospère avant la découverte des procédés de décoration mécanique. Il orne de motifs floraux des plats, des assiettes, des tasses, et gagne sa vie honorablement. Certains historiographes de Renoir attribuent une grande importance au premier métier qu'il exerça et dont l'ascendant sur sa production picturale ultérieure paraît en effet incontestable. Les tons clairs, luisants et émaillés, la fraîche et savoureuse matière du kaolin purent influer heureusement, sinon sur sa vision, du moins sur sa façon de peindre. D'autre part, Renoir conserve de tout temps ce goût de l'apprentissage et du travail manuel bien accompli, cette probité et cette conscience professionnelle qui le garantissent contre certaines théories et le mettent à l'abri de tout dilettantisme. Entre les peintres officiels qui tournent le dos à la nature, méconnaissent ses vertus et répètent les formules apprises, sans même essayer de comprendre le sens authentique de la grande tradition, et ses camarades de combat, les Impressionnistes, qui souvent sacrifient les lois traditionnelles de l'art à l'ivresse des nouvelles découvertes techniques, le génie lucide de Renoir affirme la belle continuité de la peinture française, restitue aux maîtres leur ancien prestige et renoue le fil partiellement rompu d'une tradition toujours vivante et féconde, bien que méconnue par ses contemporains.

Devenu peintre sur stores, après la fermeture de l'atelier où il fit ses débuts, non sans nourrir le secret espoir d'entrer un jour à Sèvres, il acquiert bientôt dans son nouveau metier une maîtrise et une expérience qui lui permettent de vivre pauvrement mais à l'abri du besoin. Renoir occupe déjà ses loisirs à visiter le Louvre, un carnet de croquis à la main. Puis sa vocation de peintre se précisant, il entre chez Gleyre, où il rencontre Bazille, Claude Monet, et Sisley. Il semble que le premier véritable professeur de Renoir, celui qui lui a révélé les principes initiaux de l'art de la peinture ait été le vieux Diaz de la Peña, qu'il connut dans la forêt de Fontainebleau (L'école de Barbizon). C'est là aussi qu'il vit travailler Corot, dont l'exemple demeure toujours présent à sa mémoire. Il dévore avec un plaisir qu'il ne cherche pas à dissimuler les romans d'aventures d'Alexandre Dumas père. Il goûte le théâtre d'Alfred de Musset; en pleine crise réaliste, il réagit contre l'esthétique de « la tranche de vie ». Trop épris du XVIIIe siècle en peinture pour apprécier le néo-classicisme de David et de son école, il se réfère directement aux maîtres des Flandres et de Venise qui tonifièrent l'art français, lorsqu'anémié à la fin du XVIIe siècle, il subissait l'influence académique de Rome. Après Gustave Courbet sur lequel se fixent alors tous les regards, il étudie Eugène Delacroix, esprit assez parent du sien. Renoir est refusé au SaIon de 1863. 
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Renoir : Femme couchée.
Renoir : la Fillette au faucon.
Femme couchée (ca. 1872).
La Fillette au faucon (1880).
-Ci-dessous : les Baigneuses dans la forêt (ca. 1897), par Auguste Renoir.
Renoir : les baigneuses dans la forêt.

En 1864, il est reçu avec un tableau intitulé Esmeralda. En 1865, il expose un portrait de femme et une Soirée d'été. La première toile marquante dans son oeuvre est le Cabaret de la mère Anthony (1866), tableau naturaliste traité en clair-obscur. Suivent la Diane chasseresse et cette Lise, où font leur apparition les premiers symptômes de l'impressionnisme. L'intention de lier le personnage avec le fond d'arbres, d'accorder les tons, de créer une ambiance lumineuse, décèle un grand peintre en voie de formation, qui emprunte encore à ses maîtres certains modes et n'a pas trouvé sa propre manière, mais dont la forte personnalité s'impose même dans les moindres détails. Tributaire de Courbet et de Manet. Renoir se distingue de ces peintres par son sens lyrique et par son détachement de la réalité. Ce n'est que beaucoup plus tard que, sentant l'impérieux besoin de retrouver le sens matériel de la forme, il inaugurera, au risque d'effleurer le graphisme, sa période dite linéaire.

Dans le livre qu'il dédia à l'oeuvre de Renoir, en 1912, Julius Meier-Graefe fait ressortir comment le peintre de la Loge et du Moulin de la Galette s'inscrit dans le prolongement de la vieille peinture française. Sans doute, si multiples qu'aient été les influences subies par Renoir au cours de sa carrière, elles n'ont jamais porté atteinte aux qualités intrinsèques de son oeuvre, elles n'en ont pas altéré le style organique. C'est que la peinture était pour Renoir un langage fonctionnel et non un champ d'expériences techniques. Aucune découverte nouvelle, si attachante, si curieuse qu'elle fût, n'a dérouté ce grand artisan du pinceau, de qui le subtil jugement, le scepticisme et l'esprit formé au contact des maîtres étaient de sûrs garants contre ces engouements éphémères dont ses contemporains étaient les victimes. Il serait toutefois injuste de méconnaître l'ascendant exercé sur lui par Monet, qui fut l'inspirateur du groupe et qui, après lui avoir fait connaître Courbet et Manet, facilita son affranchissement. 

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Le Moulin de la Galette, par Renoir.
Le Moulin de la Galette, par Renoir (1878).
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Renoir : Danse à la ville.
Renoir : Danse à la campagne.
Danse à la ville.
Danse à la cmpagne (1883).
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Renoir avait peint vers 1868 un Clown au cirque, sinon dans la manière du maître franc-comtois, du moins selon un esprit conforme à ses principes. La Grenouillère, tableau clair, d'une facture divisée et plus simple, attesta le rôle bienfaisant que joua l'impressionnisme dans le développement artistique de Renoir. Car si réels qu'aient été son sens de la mesure, son désir de rester fidèle à la tradition et sa défiance à l'endroit de certaines recherches modernes, il n'a pu retrouver la grande peinture qu'en imprimant à son art une direction nouvelle. Sans doute, Renoir n'a-t-il jamais été un impressionniste au sens littéral du mot. Aussi bien ses préférences personnelles, son tempérament et son esthétique plus pratique d'ailleurs que théorique, l'éloignent ou du moins paraissent l'éloigner de Sisley, de Claude Monet et de Pissarro. Renoir n'a jamais consenti à sacrifier à la représentation exacte des phénomènes atmosphériques les lois traditionnelles de la peinture. Tandis que les efforts de Monet tendent vers l'enregistrement des perceptions optiques, Renoir pense toujours au tableau et à ses vertus spécifiques. L'ouvrier, l'exécutant ont le pas sur le théoricien.

C'est ainsi, écrit Vollard, qu'il s'élève contre la méthode de travail impressionniste. Après avoir fait l'expérience des tableaux peints entièrement en plein air, il constate que les toiles d'apparence les plus lumineuses deviennent sombres lorsqu'on les transporte à l'atelier. Tandis que les Impressionnistes considéraient que l'observation de la nature et de ses aspects extérieurs était la base essentielle de l'art, Renoir apprenait son métier au musée et préconisait l'étude des maîtres anciens, dont il parlait avec enthousiasme et en connaissance de cause. Vollard nous rapporte ses propos sur Véronèse qu'il opposait volontiers, en raison de l'intensité lumineuse que conservent aujourd'hui encore des tableaux du grand Vénitien, aux tenants obstinés de la technique impressionniste et surtout néo-impressionniste.
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Renoir : la famille Charpentier.
La famille Charpentier.
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Renoir : la Loge.
Renoir : portrait de Monsieur Fournaise.
La Loge (1874).
Portrait de Monsieur Fournaise (1875).
-Ci-dessous : les Rameurs de Chatou (1879), par Auguste Renoir.
Renoir : les rameurs de Chatou.

Soucieux de l'aspect futur de ses tableaux, il condamnait l'emploi des tons purs, préconisé par Seurat et Signac, ces tons étant susceptibles de travailler séparément et de modifier par la suite leurs rapports respectifs et l'harmonie générale de l'oeuvre peinte. Le paysage - (les paysages de Renoir sont, dirait-on, des gemmes broyées) - tient sans doute une place importante en son oeuvre, mais il est surtout et d'abord un peintre de figures. Dans les ateliers qu'il occupe successivement rue Notre-Dame-des-Champs et rue Saint-Georges, il brosse des nus et des scènes de la vie parisienne. Il est le peintre de l'ouvrière parisienne de la seconde moitié du XIXe siècle. Il la pare de mille attributs qui en font un être à la fois légendaire et intime.

Il puise son inspiration dans les spectacles quotidiens. Ses baigneuses et ses nymphes sont des contemporaines. Tout comme les personnages mythologiques de Véronèse et de Tintoret étaient des Vénitiennes, les blonds modèles de Renoir sont des filles de Paris, dont il généralise le type et qu'il transfigure, en prenant soin de leur conserver leur caractère de midinettes souriantes, aux chairs grasses et fraîches, aux allures libres, aux fins minois.

Delacroix a été de tout temps le maître préféré de Renoir. Il l'a étudié de très près. Les Parisiennes habillées en Algériennes (1872) rappellent les Femmes d'Alger tant par le sujet que par l'ordonnance et l'agencement des formes. Mais s'il emprunte au maître des Massacres de Scio certains procédés, son tempérament plus calme, plus pondéré, moins entaché de romantisme, l'oblige à produire des oeuvres dont la fougue de Delacroix est absente, mais qui dégagent une impression de richesse forte, ample sereine et d'harmonieuse plénitude.
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Renoir : Femme à l'ombrelle et enfant.
La femme à l'ombrelle et l'enfant (ca. 1875), par Auguste Renoir.

On suit parfaitement la courbe décrite par le talent de Renoir, à partir de la Loge (1874) jusqu'aux Panneaux décoratifs de la collection Vollard (1879), en passant par la Danseuse, oeuvres où se manifestent clairement sa volonté d'économie et son esprit de discipline. Cette même économie de moyens, jointe à une sensation de faste et de noble aisance, se fait jour d'ailleurs dans la Loge qui est le double portrait d'un modèle de Renoir, habillé en grande dame, et du propre frère de l'artiste.

Et voici le portrait de la Petite Durand-Ruel, toile presque vaporeuse, d'une rare distinction, et d'une couleur comme indéterminée. Les contours s'estompent de plus en plus, le modelé tend à disparaître. Mais l'ensemble reste précis. Cette fusion des éléments, cette conception quasi panthéiste du monde extérieur, cette légèreté de touche, cette tendresse de doigté atteignent peut-être à leur apogée dans le fameux Moulin de la Galette. La facture s'affine dans le Portrait de la Famille Charpentier. Cette toile, construite comme un tableau de maître, semble brodée de couleurs, si pure, si pénétrante, si savamment répartie est leur trame. En 1881, Renoir fait un voyage en Italie et en Algérie, voyage qui ne lui laisse que peu d'impressions. Il peint pendant ses déplacements la Baigneuse de Naples et la Petite Algérienne.

A ce moment se produit chez l'artiste un revirement que l'on ose à peine qualifier de brusque, quand on songe au processus logique et à la belle continuité de son évolution. Renoir n'a jamais caché son admiration pour Jean-Dominique Ingres, qui passait, auprès des impressionnistes, pour un académique et que Cézanne lui-même dédaignait. Au Louvre, en copiant Delacroix, Renoir regardait du coin de l'oeil la Grande Odalisque du maître montalbanais. Il ressentit alors la nécessité de rendre à la ligne sa valeur matérielle d'élément tangible et plastique. Il fit un héroïque effort pour localiser la couleur, pour l'inscrire dans les limites de la forme. Il dota, lui le coloriste né, la ligne, le contour, la silhouette, d'une force expressive et d'un sens nouveau. 

La Danse à la ville et la Danse à la campagne (1883), la Baigneuse (1885) font déjà pressentir le couronnement de ce travail de révision. Les Baigneuses, de la collection Blanche (1885) sont l'oeuvre maîtresse dans laquelle Auguste Renoir rejoint, par delà Ingres, de qui l'influence n'y est même pas très perceptible, Girardon, le sculpteur du grand siècle, dont les reliefs décoratifs ornent le bassin de l'allée des Marmousets à Versailles. Il est peut-être excessif de prétendre que le Primatice et les peintres anonymes de l'Ecole de Fontainebleau sont les pères spirituels de cette oeuvre. Il est du reste assez difficile de distinguer la part des influences étrangères chez Renoir, qui parvient toujours, non pas à les résorber, mais à les intégrer. Contentons-nous de dire que la science artisane de l'expeintre sur porcelaine éclate ici dans toute son ampleur. Que nous voilà loin de l'impressionnisme et même du Renoir somptueux et fervent qui distille les taches de lumière dans le Déjeuner des Canotiers!
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Renoir : le repas des Canotiers.
Le Déjeuner des canotiers (1881), par Auguste Renoir.
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Renoir : Jeune fille à la mandoline.
Renoir : la Couseuse.
La jeune fille à la mandoline (1918).
La couseuse (1879).
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Une matière lisse, tel un pur émail, des linéaments aigus et rythmiques, et une couleur franche, à peine modulée qui anime et fait vivre les surfaces, voilà quels sont les signes distinctifs de ce tableau unique dans l'immense production du peintre. On ne peut toutefois passer sous silence l'Après-midi à Wargemont (1884) qui fait pendant à la Serre de Manet. Ce tableau, traité par touches divisées, représente au point de vue technique un magnifique apport; les tons blancs, rouges, verts, bleus et orangés sont répartis sur l'ensemble du tableau et créent un mouvement de la couleur vraiment neuf. Les mêmes tons reviennent comme des leit-motiv et scellent l'unité de l'oeuvre peinte. Renoir n'a pas différencié les matières, ni tenu compte de l'altération optique que subissent les objets du fait de leur position par rapport au spectateur. Il les a peints tous avec une précision égale, tels qu'ils sont et non tels qu'il les voyait. 

Un portrait de fillette fait en vue de ce tableau évoque les effigies tranchantes de quelque quattrocentiste. Seulement, celui que l'on surnomma plus tard le Patriarche de Cagnes, a su tenir compte de la leçon impressionniste et vivifier la forme par la couleur, une couleur dont il s'est servi avec une science qui est l'aboutissement de longs travaux et de studieuses recherches. Dans les Pêcheuses de moules (1895), dans la Jeune fille au piano (1892), il assouplit son métier et semble revenir à son ancienne manière. Dans la Partie de volant, il situe sur un fond de paysage nébuleux des figures presque graphiques et peintes dans les couleurs locales. Mais ce tableau n'est qu'un accident dans l'oeuvre de Renoir et forme un essai moins heureux que cet Après-midi des enfants à Wargemont, toile homogène dont l'écriture sobre, exempte de dégradés et de graduations susceptibles de réduire la portée de la couleur et son pouvoir émotif, est un des tableaux les plus curieux et les mieux réalisés qu'aient peints Renoir.
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Renoir : l'après-midi des enfants à Wargemont.
L'après-midi des enfants à Wargemont (1884), par Renoir.

Parvenu à la maîtrise et à l'excellence, ayant conquis le succès public, Renoir aurait pu s'arrêter. Au contraire, il se renouvelle. Entre 1890 et 1900, il tâtonne et se cherche. A partir de 1893, Gabrielle, sa bonne lui servit de modèle pour une série de nouvelles oeuvres, toutes autour de l'étude du corps féminin. En 1905, la couleur reprend le dessus, combat la forme, se répand à la surface du tableau et pénètre ses arcanes. Maître de lui-même et de son métier, il donne libre cours à ses deux facultés inventives. Cette couleur, dont il cherche si longtemps à connaître les propriétés, il se l'assujettit. Pareille à du métal en fusion, elle envahit progressivement la ligne, en fait sauter la fragile armature, éclate en rutilantes fanfares et entonne un hymne dans lequel on retrouve par moment les refrains assourdis des voix illustres d'Eugène Delacroix, de Fragonard, de Rubens et de Véronèse.

Auguste Renoir passe aux yeux du public pour un maître dans l'art d'évoquer la joie de vivre, l'abondance, la volupté, la jeunesse, le grain savoureux des fruits mûrs, et la splendeur des corps féminins aux reins amples, aux attaches épaisses. Il est grand pour avoir su, sans faire la moindre concession, sans abdiquer la moindre parcelle de sa riche personnalité, être abstrait et vivant à la fois. Tels les maîtres de jadis, il conquiert l'homme simple par sa merveilleuse vision du monde extérieur, réduit à l'état de peinture, et permet aux artistes véritables d'oublier la signification de ses tableaux. Il est le peintre le plus authentique, celui pour qui tous les spectacles de la nature servent prétextes à des variations colorées, celui qui ne traduit, ni ne transforme ni n'interprète, mais recrée.

Une telle liberté est la résultante d'un sérieux travail d'analyse. Les études directes sont nombreuses dans l'oeuvre de Renoir. Son indépendance par rapport à la nature n'est ni une marque de faiblesse ni une de ces pirouettes auxquelles se complurent si souvent ses contemporains lorsqu'ils se trouvaient en présence des problèmes difficiles. La liberté de Renoir n'est qu'une discipline librement consentie.

Durant la dernière période de sa vie, Renoir a peint d'innombrables baigneuses, des nus, des portraits, des fleurs, des natures-mortes et quelques rares panneaux décoratifs. Devenu infirme, il passait, à partir de 1901, ses étés à Cagnes et ses hivers à Essoyes en Bourgogne. Il a exécuté des portraits de famille, ceux notamment de sa femme allaitant, et des effigies de son jeune fils Coco. Comme Géricault, comme Edgar Degas, il a été sculpteur et fit modeler sous sa direction cette belle statue de Venus Victrix qui figura pour la première fois à la « Triennale » de 1916, et a fait songer aux nobles allégories d'Aristide Maillol, à la Pomone et la Flore

Entre 1916 et sa mort, en 1919, un nouveau modèle, Dédée, lui inspirera encore une centaine de toiles, parmi ses plus réussies. L'on peut contester la dernière manière de Renoir, l'on peut en discuter le dessin et critiquer l'ossature formelle. On ne niera pas qu'elle constitue l'expression la plus complète et la plus significative de son génie créateur.

Renoir est mort dans sa villa de Cagnes le 3 décembre 1919, à l'âge de 79 ans. Est-il nécessaire de redire les paroles ultimes qu'il prononça? A l'agonie, le maître murmurait d'une voix défaillante : « je crois faire encore des progrès ». (W. George).

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