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Renoir (Pierre-Auguste).
- Peintre né a Limoges
en 1841, mort en 1919. C'est l'une des figures les plus originales du petit
groupe dit des Impressionnistes. Talent
inégal, comme tous les vrais artistes curieux, chercheurs, qui ne
sont jamais satisfaits, Renoir a produit un certain nombre d'oeuvres qui
lui ont donné une place de premier rang parmi les artistes du XIXe
siècle.
Auguste Renoir est né dans un milieu
assez pauvre, mais sa famille se garda de mettre obstacle à sa vocation
d'artiste. Au début, il gagna sa vie en peignant pour la céramique.
En 1859, arrivé à Paris ,
il entre à l'atelier de Gleyre, où il se lie avec Claude
Monet, Sisley et Bazille. Son premier Salon
date de 1864, avec la Esméralda, où continua d'exposer
régulièrement, malgré toutes les mauvaises volontés
dirigées envers les indépendants, jusqu'en 1890. C'est vers
1874 que les persécutions furent les plus violentes à la
suite de l'exposition qui eut lieu en avril, boulevard des Capucines, et
de la vente que fit le groupe des Impressionnistes
en 1875.
Renoir ne se découragea pas et continua
son oeuvre avec acharnement, dans le recueillement et la solitude, s'attachant
tour à tour à rendre la mobilité de la vie dans la
lumière, l'aspect fuyant des choses, poursuivant le charme de Watteau,
de Fragonard ou de Lawrence sur les joues roses
des jeunes femmes et des enfants, la pulpe charnue des lèvres, l'émail
frais des yeux, puis, brusquement, épris des primitifs, de la Renaissance
française, d'Ingres, il donne une peinture
émaillée, serrée, un peu aiguë, pour revenir
ensuite aux fluidités premières de sa palette, aux tendresses
qu'éveillent en lui tous ces êtres exquis qui embellissent
la vie : la femme ou plutôt la jeune fille, l'enfant et la fleur,
avec des harmonies singulières tantôt dorées et bleutées,
plus tard jaunes et rouges, ou avec une sorte de fond d'écaille,
bleu sombre et brun pourpré.
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Le
Moulin de la Galette, par Renoir (1878).
Renoir a peint des portraits,
des sujets d'Algérie ,
des paysages de toute nature, des fleurs
et surtout des scènes de la vie courante : guinguettes, bals publics,
fêtes champêtres, gantés populaires, qu'il a exprimées
sous le jet délicat des rayons vivants et des ombres mouvantes,
avec un charme pénétrant et de bon ton.
Parmi ses oeuvres on citera d'abord : le
Moulin de la Galette, la Balançoire, la Liseuse, le Pont de Chatou ,
Torse de jeune femme au soleil, Jeunes Filles au piano, etc. Puis un
grand nombre de portraits, parmi lesquels
on relève, entre tous, le portrait de Mme Charpentier, celui
de Richard Wagner, le liseur (Claude
Monet), les enfants de M. Gérard; un nombre considérable
de paysages pris aux environs de Paris ,
en Algérie, à La Rochelle, dans les Pyrénées,
etc., des Baigneuses, Femmes couchées au bord de la mer,
études de femmes nues ou de têtes,
des enfants, des fleurs; et certains sujets mondains demeurés célèbres
: la Loge, la Danse, Danse à la ville, Danse à la campagne,
la Femme au chat, Femme à l'éventail, la Dame en bleu, les
Pêcheuses, le Déjeuner à Bougival, la Jeune Mère,
etc.
Plus tard, à partir de 1893, Gabrielle,
sa bonne lui servit de modèle pour une série de nouvelles
oeuvres, toutes autour de l'étude du corps féminin. Entre
1916 et sa mort, en 1919, un nouveau modèle, Dédée,
lui inspirera encore une centaine de toiles, parmi ses plus réussies.
(L.
Bénédite). |
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