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École
Vénitienne, une des écoles
italiennes de peinture .
Les premiers artistes furent des mosaïstes
grecs, appelés à Venise
au XIe siècle pour décorer
la basilique de Saint-Marc. Au XIIIe,
la République posséda des peintres à fresque
ou à la détrempe, très
habiles pour leur temps, entre autres Jean de Venise et Martinello de Bassano
: leur style n'avait déjà plus rien du caractère byzantin ,
ainsi qu'on en peut juger par le cercueil de Sainte Julienne, qui offre,
avec la figure de cette sainte, celles de Saint Blaise, abbé, et
de Saint Cataldo, évêque. Au XIVe
siècle on cite les noms d'Esegrenio, d'Alberegno et d'Étienne
Pierano.
La présence de Giotto
à Padoue
en 1307 donna à la peinture
une impulsion qui se fit sentir dans les autres parties des États
vénitiens, notamment à Murano. Les artistes de cette île,
au milieu desquels ne tarda point à pénétrer l'usage
de la peinture à l'huile, subirent
aussi l'influence allemande,
par suite des rapports qui existaient entre Venise et l'Allemagne ,
et l'on vit venir parmi eux le célèbre Albrecht
Dürer. Toutefois, cette influence fut modifiée par les
leçons de Squarcione, qui avait recueilli
des fragments antiques dans ses voyages en Italie
et en Grèce ,
et par les exemples de Mantegna, qui possédait
à fond la science des raccourcis, l'art de draper et la perspective.
Alors se forma une grande école,
déjà remarquable dans ses premiers représentants,
les Vivarini, Giovanni et Gentile Bellini, Cima
da Conegliano, Rocco Marconi, Vittore Carpaccio,
Jérôme Mozzetto, Marco Basaiti, et Palma le Vieux. Privée
des encouragements que la peinture
dut aux papes Jules II et Léon X pendant les premières années
du XVIe siècle, et des modèles
antiques si nombreux à Rome et à Florence, l'Ecole vénitienne
chercha principalement à plaire aux yeux, et, avec cette tendance
vers le coloris qui l'a toujours caractérisée, la peinture
à l'huile y occupa une place bien autrement importante que la
fresque
et la détrempe.
De plus l'école vénitienne,
toute brillante de richesses extérieures, préoccupée
avant tout de saisir la vie réelle, fut presque dépourvue
d'idéalisme et de grandeur sévère; dans ses oeuvres,
les sujets religieux perdirent tout cachet mystique
et symbolique, et le sensualisme envahit l'art de jour en jour. Tels furent
les caractères communs de Giorgio Barbarelli, dit le Giorgione,
de Tiziano Vecelli, plus généralement
nommé Titien, de Paul Caliari,
dit le Véronèse, de Jacques
Robusti, dit le Tintoret, de Sébastien del Piombo, et,
à un degré moins élevé, de Jacopo
dà Ponte, dit le Bassan, de Palma le Jeune, d'Andrea
Schiavone, de Bonifacio, de Pordenone, de Paris Bordone,
de Moretto. Avec le XVIIe siècle,
le déclin de l'école devint manifeste : J.-B. Novelli, Carlo
Ridolfi, Alexandre Varotari, Jules Carpioni, Pierre Liberi, J.-B. Piazetta,
n'ont laissé qu'un nom peu connu en dehors de l'Italie .
Au XVIIIe siècle, J.-B.
Tiepolo, Rosalba Carriera et Canaletto
surent conquérir une illustration plus grande; puis toute la particularité
de l'école vénitienne de peinture
s'effaça avec l'indépendance de Venise. (B.).
En
bibliothèque - Carlo Ridolfi,
Le maraviglie dell'arte, ovvero le vite de' pittori Veneti, Venise, 1648,
2 vol. in-4) ; Longhi, Compendio delle vite de' pittori Veneziani, Venise,
1762, in-fol.
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