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Histoire du Dakota

Avant 1889, le Dakota était un territoire des Etats-Unis, sorti de cette situation provisoire, en février 1889, par un vote du Congrès qui a divisé la région en deux parties à peu près égales, dans le sens de la latitude, et les a admises l'une et l'autre comme Etats, sous les noms de North Dakota (Dakota du Nord) et South Dakota (Dakota du Sud) qui désignent leur position géographique respective. 

L'ensemble de l'ancien Territoire est limité au Nord par le Canada, à l'Est par le Minnesota dont le sépare la rivière Rouge du Nord et au Sud-Est par l'Iowa dont le sépare la rivière Big Sioux, au Sud par le Nebraska dont il est séparé par le Missouri et par son affluent le Niobrara, à l'Ouest par le Montana et au Sud-ouest par le Wyoming. Cette vaste région dont les frontières artificiellement tracées forment un rectangle assez régulier, a une superficie de plus de 360,000 km². Elle est arrosée dans toute sa longueur, du Nord-Ouest au Sud-Est, par le Missouri, dont le cours sinueux s'y étend sur 1200 km, et par les nombreux affluents de cette rivière, dont les plus importants sont, sur la rive gauche, le Big Sioux et le James ou Dakota River, et sur la rive droite, le petit Missouri et les rivières White, Grand et Big Cheyenne, celle-ci formée de deux branches, Belle-Fourche et South Fork. 

Le Dakota était compris dans l'immense domaine que, sous le nom général de Louisiane, l'Espagne rétrocéda à la France à la fin du XVIIIe siècle, et la France aux Etats-Unis en 1803. Détaché du Minnesota, le Dakota fut organisé en Territoire en 1861. Il comptait alors pour toute population 2 ou 3000 Blancs et 30,000 Indiens. En 1870, le chiffre de la population blanche s'élevait à 14,000, et en 1880 à 135,117, y compris 2000 de couleur (Noires et Métis), 14,000 Indiens taxés et 240 Chinois, mais non les Indiens libres. Dans le recensement fait en 1885 par les autorités du Dakota, on obtint un total de 415,263 habitants; la population en cinq ans avait plus que triplé. Le 30 juin 1889, le gouverneur évaluait la population à 650,000, chiffre exagéré. 

Jusqu'en 1880, la seule voie de communication avait été le Missouri, navigable dans toute l'étendue du Territoire par les steamers. Aussi la population était-elle surtout massée dans l'angle Sud-Est, entre la frontière de l'Iowa et du Minnesota et le cours du Missouri, et aussi sur les bords fertiles de la rivière James. Au confluent de ces deux cours d'eau, près de la frontière de l'Arkansas, au Sud, se trouvait Yankton qui fut la capitale du Territoire jusqu'en 1883. Cet honneur lui fut enlevé alors pour être conféré à la petite ville naissante de Bismarck, située sur la rive orientale du Missouri dans la partie nord du Dakota, une des stations principales du chemin de fer Northern Pacific, qui depuis quelques années traversait de l'Est à l'Ouest cette région, reliant directement le haut Missouri à Duluth, port du lac Supérieur et à Minneapolis et Saint-Paul, les deux grandes villes de l'Iowa. De nombreuses lignes de chemins de fer sillonnent toute la partie orientale du pays; les unes longeant la frontière du Sud au Nord comme celle qui va de Fargo, station du Northern Pacific, à Pembina, frontière canadienne, et dessert sur la rive gauche la vallée de la rivière Rouge, les autres pénétrant de l'Est et lancées en avant vers l'Ouest par les grandes compagnies dont les réseaux rayonnent de Chicago et de Saint-Paul. (A. Moireau).

Les Indiens.
Les Dakotas ou Sioux (Les langues sioux) sont une nation indienne de l'Amérique du Nord. Sous ce nom générique sont souvent désignées, en même temps que les Dakotas ou Sioux proprement dits, d'autres tribus comme celles des Crows, des Arapahoes, des Gros-Ventres, des Piegans, etc. Le terme de Dakotas s'applique spécialement à la branche principale de cette nation, occupant, à l'époque des premières explorations européennes, le territoire délimité à l'Est par le cours supérieur du Mississippi, au Sud par l'embouchure de la rivière Big Sioux et par la rivière Platte, à l'Ouest par les Black Hills (Montagnes Noires) et plus loin par les Rocky Mountains, au Nord par le Canada

C'est au milieu du XVIIe siècle que les Français, pénétrant dans le centre du continent par le Saint-Laurent et les Grands Lacs, furent avisés par les Algonquins de l'existence, à l'Ouest, de nombreuses tribus indiennes connues sous le nom général de Nadowessioux, d'où, par abréviation, le terme de Sioux. Ces Indiens, qui vivaient au-delà du Mississippi, furent visités par des missionnaires français, Duluth, Hennepin, Nicolas Perrot, Le Sueur, etc., de 1680 à 1700. Les Sioux débordaient souvent sur la rive orientale du Mississippi. Une de leurs tribus, les Winnebagos (hommes de l'eau salée, d'après les traditions qui faisaient venir les Dakotas, originairement, de la côte du Pacifique), poussa à travers les Algonquins jusqu'au lac Michigan; une autre, les Arkansas, alla s'établir sur l'Ohio, mais fut repoussée vers le Sud par les Illinois dans la région qui porte son nom. Le mot Dakota veut dire « allié » et les Dakotas ou Sioux formaient en effet une confédération. 

On les a divisés, un peu artificiellement, en sept tribus principales : quatre de l'Est, portant les noms de Andewakantonwans (gens du lac), Wahpetonwans, Wahpecutes et Sititonwans; trois de l'Ouest, les Yanktonwans, les Yanktonwannas et les Tetonvans. D'autres divisions, plus populaires, distinguent parmi les Sioux un grand nombre de tribus nommées Assiniboines, Stone Sioux, Missouris, Omahas, Poncas, Iowas, Osages, Brûlés, Ogallalas, Kansas, Ottoes, Upsarokas, etc., termes qui subsistent dans nombre de dénominations géographiques de la région. Les Sioux ont toujours été nomades, réfractaires à l'intrusion des Européens.

Chassés peu à peu des immenses prairies de la vallée du Mississippi, par l'invasion progressive des Blancs, ils sont refoulés depuis la fin du XIXe siècle dans « les MauvaisesTerres » de la partie occidentale des deux Etats de Dakota Nord et Sud, du Montana et du Wyoming. En 1837, ils avaient abandonné par traité aux Etats-Unis toutes leurs terres à l'Est du Mississippi. En 1851, par une nouvelle convention, ils cédèrent à l'Est du Big Sioux (frontière occidentale du Minnesota) 35 millions d'acres pour 3 millions de dollars, dont le gouvernement leur devait le revenu. 

La négligence apportée par les agents du pouvoir fédéral dans l'exécution des contrats, des malversations incessantes dans les fournitures de vivres promises aux tribus, des abus sans nombre dont sont victimes ces malheureux, incapables de lutter de ruse avec les fonctionnaires yankees, ont provoqué de fréquentes hostilités. Le général Harney battit les Sioux en 1855; les généraux Sibley et Sully en détruisirent encore un grand nombre en 1861. A la suite de cette dernière guerre, tous les anciens traités furent annulés et les Dakotas parqués en une multitude de « réserves » disséminées à l'Ouest et même au Nord-Est du fleuve Missouri, terrains spécialement concédés aux Indiens, mais dont ils ne devaient pas sortir, sous peine d'être traités en ennemis. De 1868 à 1875, les Blancs commençant à se répandre dans les Black Hills à la recherche de l'or, les Sioux se révoltèrent encore sous la direction du chef Sitting Bull. Le général Custer périt avec un détachement de réguliers dans une embuscade à Little Big Horn; Sitting Bull dut cependant passer la frontière et se réfugier dans le Nord-Ouest Canadien. 

D'autres chefs sioux à la même époque ont acquis une certaine célébrité, Red Cloud, Spotted Tail. On les vit un jour à Washington (1875) avec Sitting Bull, rendant visite au général Grant à la Maison-Blanche. Aucun accord ne put s'établir entre le « Grand Père » et ses « enfants rouges ». En 1890, à l'entrée de l'hiver, une grande agitation s'est manifestée dans toute la nation des Sioux, les prophètes des tribus annonçant la venue du « Messie » et organisant partout des danses religieuses, la « Ghost Dance », pour exciter le fanatisme et préparer un soulèvement général. Les prophètes déclaraient que le Messie devait venir sur la terre des Sioux, se manifester à ses fidèles, détruire les Blancs en les écrasant d'une pluie de boue, et ramener avec les buffles les bons temps anciens où l'Amérique appartenait aux Indiens. Des troupes furent réunies en hâte et concentrées sur divers points du Dakota et du Wyoming. Les Indiens, affamés, épuisés par les privations et par les horribles scènes de la « Ghost Dance », ont été aisément battus et leur chef Sitting Bull, tué. Mais pendant deux mois ils ont harassé de leurs déprédations les confins extrêmes de la colonisation et arrêté pour plusieurs années probablement le développement matériel du South Dakota. (GE).

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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