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Picard

L'abbé Jean Picard est un astronome, né à La Flèche  le 21 juillet 1610, mort à Paris le 12 juillet 1682. On ne sait rien de ses premières années. D'un passage de l'Histoire critique de la découverte des longitudes de Pézénas, on pourrait induire, il est vrai, qu'il fut quelque temps jardinier du duc de Créqui et qu'il étudia, dans cette place, l'astronomie; mais le fait est moins que certain. A une date qu'il n'est pas non plus possible de préciser, il entra dans les ordres, devint prieur de Rillé, en Anjou, et en 1615, à vingt-cinq ans, observa avec Gassendi l'éclipse de Soleil du 21 août 1645.

Il fut dès lors le collaborateur assidu de l'illustre astronome, qu'il remplaça à sa mort, en 1655, comme professeur d'astronomie au Collège de France (1655), et fut parmi les 21 premiers de l'Académie royale des Sciences, fondée à Paris en 1666 par Louis XIV, sur la proposition de Colbert.

Il eut le chagrin, quelques années après, de se voir préférer, comme premier directeur de l'observatoire de Paris, Cassini, qu'il avait fait venir en France pour l'aider dans ses travaux et dont il s'était fait le protecteur. Lui-même n'obtint dans le nouvel établissement, qu'il avait contribué pour une large part, par ses plans et par son crédit, à faire édifier, qu'un logement très modeste et peu propice aux observations : encore le lui fit-on attendre deux ans. 

Blessé dangereusement dans une chute, au cours d'une observation difficile, il passa ses dernières années dans un état languissant et mourut à l'Observatoire en 1682 (en 1684, d'après Condorcet). 

Son nom est attaché à de nombreuses recherches. Mais l'abbé Picard est connu surtout par sa mesure de l'arc du méridien compris entre Malvoisine, près de Melun, et Sourdon, près d'Amiens. L'opération, qui dura près d'une année, de 1669 à 1670, et pour laquelle il fit, le premier, usage d'un quart de cercle à lunette, de son invention, fut conduite avec un soin et une précision jusque-là inconnus. La base, dont les termes ont été conservés (route de Paris à Juvisy), n'avait pas moins de 10 km. Le résultat trouvé fut 57.060 toises. 

L'abbé Picard a, en outre, fait réaliser d'importants progrès à l'astronomie pratique, tant par les nombreuses méthodes d'observations et de vérifications qu'il a imaginées et au premier rang desquelles il convient de placer sa méthode générale des hauteurs correspondantes, que par les perfectionnements de natures diverses qu'il a introduits dans les instruments : invention du micromètre (de moitié avec Auzout), lunette d'épreuve, etc. C'est lui également qui observa le premier la longueur du pendule simple qui bat la seconde, et il mit en garde les astronomes, dans leurs observations, contre les réfractions et contre l'aberration, dont il calcula, avec une exactitude singulière, la quantité, sans parvenir du reste à en expliquer les causes. 

Ayant demandé, dans une séance, de déléguer une Commission à Uraniborg pour en déterminer exactement les coordonnées, Picard fut désigné par ses collègues pour diriger cette opération et partit en 1671. II reconnut d'abord que la direction assignée par Tycho Brahé à la méridienne de cet Observatoire était inexacte (Le Voyage d'Iraniborg, 1680). En exposant sa mesure de la hauteur du pôle à Uraniborg, il signala les déplacements que, depuis une quinzaine d'années, il a remarqués dans la position de l'étoile polaire (Petite Ourse). 

Pendant son voyage à Uraniborg il connut un jeune astronome, Roëmer, chez lequel il découvrit un grand talent pour les observations. Picard le détermina à venir en France. Chaudement recommandé à Colbert, par son patron, Roëmer devint un des membres les plus distingués de l'Académie des sciences de Paris. C'est à une recommandation analogue de Picard que l'Observatoire de Paris fut redevable de Dominique Cassini.

Ajoutons qu'il attira le premier l'attention sur le double phénomène de la nutation et de l'aberration, expliqué depuis par Bradley. Il aussi est le premier qui ait observé les étoiles en plein jour (1668). II est également le premier qui ait appliqué utilement les lunettes aux instruments divisés (1668). On lui doit des méthodes sans lesquelles cette application aurait été sans utilité pour déterminer ce que l'on appelle en astronomie les erreurs de collimation. 

Personne avant Picard n'avait songé à faire servir l'heure du passage des astres au méridien à la détermination des ascensions droites. Nous dirons encore, que Picard et Auzout, adoptant les idées de Huygens, appliquèrent la lunette au quart de cercle et construisirent le micromètre à fil, décrit pur Auzout dans son Traité du Micromètre (1667). (Arago, Lebon / L. S.).



En bibliothèque - L'abbé Picard a publié de nombreux ouvrages : Nouvelle découverte touchant la vue (Paris, 1668); la Mesure de la Terre (Paris, 1671); Voyage d'Uranibourg ou Observations faites en Danemark (Paris, 1680); Traité du nivellement, édité après sa mort par La Hire (Paris, 1684; traduit en allemand par J.-H. Lambert, Berlin,1770), etc.

On lui doit aussi les cinq premiers volumes de la Connaissance des temps (Paris, 1679-1683) et une dizaine de mémoires parus dans le Recueil de l'Académie des sciences. Ses observations (années 1666 et suiv.) ont été recueillies en 1741 par Lemonnier dans son Histoire céleste.

En librairie - Collectif, Jean Picard et les débuts de l'astronomie de précision au XVIIe siècle, CNRS, 1999.

-Le Voyage d'Uraniborg, 1680.

Louis-Benoît Picard est un auteur dramatique français, né à Paris le 29 juillet 1769, mort à Paris Ie 31 décembre 1828. Fils d'un avocat au Parlement, il suivit pendant quelque temps le barreau; mais son penchant l'entraîna vers le théâtre, où il eut des succès comme acteur et comme auteur dramatique.

Il débuta par de petites comédies en un acte : le Badinage dangereux (avec Fiévée, 1789), Encore des Ménechmes, le Passé, le Présent, l'Avenir, obtint un grand succès avec les Visitandines (opéra-comique, 1792, repris en 1825 sous le titre : Pensionnat de jeunes demoiselles). Il fit ensuite jouer une douzaine de comédies parmi lesquelles lui-même ne réimprima que le Couleur et le Cousin de tout le monde (1793); puis les Conjectures, Amis de collège (1795); Médiocre et rampant (en 5 actes et en vers, 1796).

Il se fit alors acteur de 1797 à 1807, fit jouer le Voyage interrompu (3 actes) et les Comédiens ambulants (op. com., 2 actes), l'Entrée dans le monde (5 actes, vers), les Voisins, le Collatéral (5 actes, 1799), les Trois Marie, la Saint-Pierre (1800), la Petite Ville (4 actes, 1801).

Il avait pris le 5 mai 1801 la direction du théâtre de la salle Louvois, devenu en juillet 1804 le Théâtre de l'Impératrice. Il fit jouer successivement les Provinciaux à Paris, le Mari ambitieux (5 actes, vers), la Saint-Jean (3 actes), le Vieux comédien, M. Musard (1803), les Tracasseries, l'Acte de naissance (1804), le Susceptible Bertrand et Raton (5 actes), la Noce sans mariage (5 actes), les Filles à marier, les Marionnetles (5 actes, 1806), la Manie de briller (3 actes, 1806), les Ricochets (1807), l'Influence des perruques, le jeune Prude, l'Ami de tout le monde (1807).
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Le Palais Royal en 1802

« JÉRÔME
Voyez ces boutiques, ces cafés, ces salles de vente; ces larges enseignes en lettres d'or, barrant les arcades; ces affiches bleues, rouges, jaunes, tapissant les murs; ces cadres de miniatures sur la porte des allées; la grand-mère à robe à plis, près de sa fille en polonaise, près de sa petite-fille en tunique, qui porte son petit garçon en mamelouk; la perruque à trois marteaux de quatre-vingt-six, près de la grosse catogan de quatre-vingt-neuf, de la Titus de l'an VII, des favoris et du pet-en-l'air de l'an X; ces Italiens aux regards vifs, cet Allemand à la cocarde noire, cet Anglais à l'oeil observateur, ce gros financier, ce pâle rentier, ce Turc à la grande culotte, ces politiques qui se chauffent au soleil, ce petit bossu si plein d'esprit, ce joli homme si imbécile : a-t-on menti quand on a dit que Paris était le rendez-vous de l'univers et que ce jardin était le rendez-vous de tout Paris?

FANCHETTE
Quelle foule, bon Dieu! c'est comme chez nous à la sortie des vêpres.

JÉRÔME
... Voyez cet homme dont l'habit est un peu mûr : c'est un dîneur en ville. Jadis leur costume était connu : habit noir, bas de soie blancs, habiles à éviter les ruisseaux; ils découpent, ils dévorent et payent leur écot en compliments et en couplets d'emprunt. On dit même que, depuis quelque temps, quelques-uns ont trouvé le moyen de dîner une bonne partie de la journée, en partant à une heure du faubourg Saint-Marceau, descendant à deux heures au Marais, gagnant à trois heures la rue Saint-Denis, à quatre heures la rue Saint-Honoré et finissant à six heures à la chaussée d'Antin.

GAULARD
Jarni! voilà des gens d'un furieux appétit!

JÉRÔME
Remarquez ce marchand qui vous mesure du drap avec un mètre que le tourneur a fait trop court par distraction. Pourquoi faut-il que dans tous les états les honnêtes gens fassent exception? Et cependant il paye ses lettres de change à l'échéance. C'est ainsi qu'on se fait une vertu d'état, que la cuisinière ne vole pas dans un secrétaire, mais fait danser l'anse du panier; que celui-ci paye ses dettes et triche au jeu; que celui-là se met à couvert à l'aide d'un prête-nom; et que, depuis le plus austère homme du monde, les consciences vont toujours en s'élargissant, jusqu'à celle du voleur de grand chemin, qui a aussi ses scrupules. Voici l'heure de la Bourse. Si vous étiez dans les rues voisines, vous verriez cette file de carrosses, de fiacres, de cabriolets, de gens à pied. Depuis six heures du matin, ces agents de change et ces courtiers ont fait les quatre coins de Paris, le calepin barbouillé de notes sur Hambourg, sur Londres, sur Cadix, les poches pleines d'échantillons de sucre, de café, de riz, de cacao.

GAULARD
Ce sont des boutiques ambulantes que ces gens-là.

JÉRÔME
Les voyez-vous aller et venir, s'interroger d'un air inquiet? Plus loin sont les profanes, les petits agioteurs qui exercent sans patentes; ceux-là vont à pied et sont plus actifs que les chevaux de leurs confrères. Ils vendent, achètent et revendent des maisons, des terres, des contrats, donnent de l'argent pour du papier; plus souvent du papier pour de l'argent. Six heures sonnent, les voilà chez les restaurateurs. Il y a dans les quartiers les plus riches des misères qui font saigner le coeur, et celui-ci ne s'en doute pas, qui va mourir d'indigestion. Comment concevoir qu'on puisse mourir de faim, quand on choisit sur une carte de restaurateur composée de soixante et dix-huit articles? »
 

(Louis Picard, Les Provinciaux à Paris, Acte II, scène I).

Il cessa de jouer, ayant été élu à l'Académie française, et prit le 1er novembre 1807 la direction de l'Opéra qu'il échangea le 1er janvier 1816 pour celle de l'Odéon (jusqu'en 1821). 

Parmi ses dernières comédies, on peut citer : les Capitulations de conscience (1809), les Oisifs (1810), la Vieille Tarte, le Café du printemps (1811), Vanglas (1717), l'Intrigant maladroit (3 actes, 1820), les charlatans (5 actes).

Il prêta son nom à des collaborateurs multiples, Barré, Radet, Desfontaines, Empis, Mazères, etc.

Picard a aussi écrit des romans assez spirituels : Aventures d'Eugène de Senneville et de Guillaume Delorme (1813, 4 vol. in-12); les Gens comme il faut et les Petites Gens (1826, 2 vol. in-12) ; etc.

Picard a conservé une place au second rang des auteurs comiques français par la franche gaieté de ses œuvres; l'invention est facile, le dialogue naturel, les tableaux de moeurs sont amusants, un peu superficiels sans doute. L'auteur a lui-même fait un choix entre ses oeuvres dont il n'a inséré qu'une partie dans l'édition en dix volumes qu'il publia en 1821. (GE).

Ernest Picard est un avocat et homme politique français, né et mort à Paris (1821-1877). Il était à peine connu, lorsqu'il fut, en 1858, élu député par la Ve circonscription de Paris et, alla au Corps législatif compléter le groupe des Cinq. 

En 1868, Picard devint un des fondateurs du journal hebdomadiare l'Electeur libre, dont son frère, Arthur Picard, fut rédacteur en chef. Réélu aux élections de mai 1869, Picard continua, malgré la défection d'Emile Olivier, l'opposition à l'Empire

Après Sedan et la chute de l'Empire, il devint membre du gouvernement de la Défense nationale et, dans la journée du 31 octobre, contribua à délivrer ses collègues retenus prisonniers à l'Hôtel de Ville par les partisans de la Commune. Il accompagna à Versailles Jules Favre, lorsque celui-ci alla traiter de la capitulation avec Bismarck

En 1871, Picard fut nommé député par le département de la Meuse à l'Assemblée nationale et reçut de Thiers le portefeuille de l'Intérieur. En novembre 1871, il fut nommé ministre plénipotentiaire en Belgique.

En 1873, après le 24 mai, il donna sa démission et vota contre le ministère. Appelé au Sénat en 1875 en qualité de sénateur inamovible, il y fut un des chefs du centre gauche. (NLI).

Edmond Picard est un jurisconsulte et littérateur belge, né à Bruxelles en 1836. Avocat d'abord à la cour d'appel, puis à la cour de cassation, il s'est acquis une grande réputation en plaidant nombre de causes célèbres nous citerons les affaires T'Kindt de Roodenbeke (escroqueries de la Banque de Belgique), Armand Peltzer (assassinat), Lemonnier (procès de presse), etc.

Il a été  de plus un lettré délicat et un des prosateurs les plus remarquables que la Belgique ait produits après 1830.

Il est entré aussi dans la vie politique, en défendant les principes du socialisme, et a été élu sénateur de la province de Hainaut en 1895. 

Ses ouvrages sont nombreux et importants; on en trouvera la liste complète dans la Bibliographie générale et raisonnée du droit belge qu'il a publiée en collaboration avec F. Larcier (Bruxelles, 1881, 2 vol. in-8; 2e éd., 1890). En voici les principaux : 

Droit. Traité des brevets d'invention (Bruxelles, 1865, in-8 ; en collaboration avec X. Olin); Code de l'expropriation (ibid., 1875, in-8); Code forestier belge (ibid., 1884; en collaboration avec N. d'Hoffschmidt); le Droit maritime (ibid.,1885, in-4 ; en collaboration avec V. Bonnevie); Pandectes belges. Encyclopédie de législation, de doctrine et de jurisprudence belges (ibid., 1886, 35 vol. in-4; en collaboration avec N. d'Hoffschmidt et J. Delecourt). 

Littérature. La Forge Roussel. Scènes de la vie judiciaire (ibid., 1883, in-8); L'Amiral (ibid., 1884, in-8); Mon oncle le jurisconssulte (ibid., 1885, in-8); la Veillée de l'huissier (ibid., 1885). 

E. Picard a fondé une revue artistique militante, l'Art moderne, et un recueil de jurisprudence qui fait autorité, le Journal des Tribunaux. (E. H.).
Maurice-Alfred' Picard est un ingénieur et administrateur français, né à Strasbourg le 21 décembre 1844, et mort à Paris  le 8 mars 1913. Entré à l'Ecole polytechnique en 1862 et à l'Ecole des ponts et chaussées en 1864, il fit en 1867 un voyage de mission en Orient, principalement dans l'isthme de Suez, où il visita les travaux du Canal, fut nommé, la même année, ingénieur ordinaire à Metz, au service des canaux, et, avant le siège de cette place en 1870, fut chargé par l'autorité militaire de préparer l'inondation de ses abords.

Après la capitulation, il s'échappa, alla prendre du service dans l'armée de la Loire avec le rang de chef de bataillon du génie, puis fut envoyé, aussitôt la paix conclue, à la résidence de Nancy, ou, en sa qualité d'ancien officier, il fut en butte, de la part des Allemands tant que dura l'occupation, à toutes sortes de vexations. Il exécuta dans la région, pour le service du canal de la Marne au Rhin, d'importants travaux, notamment le réservoir de Paroy, un souterrain à têtes biaises et un pont-biais à 45°, près de Sampigny, les machines élévatoires de Pierre-la-Treiche, de Valcourt, de Vacon, etc., fut en outre attaché à des services de contrôle de l'exploitation des chemins de fer, et, appelé le 1er janvier 1880 par Varroy au ministère des travaux publics comme chef de cabinet, fut promu le 1er juin ingénieur en chef. 

Sa carrière a été, ensuite, à peu près exclusivement administrative. Devenu le 2 octobre directeur du cabinet et du secrétariat au même ministère, puis, le 24 novembre 1881, directeur des routes, de la navigation et des mines, enfin le 27 février 1882, directeur des chemins de fer, il se trouva ainsi tour à tour à la tête de tous les services de l'administration des travaux publics et, le 4 novembre 1882, fut nommé conseiller d'Etat en service ordinaire. Il fut de nouveau directeur des chemins de fer du 10 avril au 7 août 1885, et ensuite, jusqu'au 12 janvier. 1886, directeur général des ponts et chaussées, des mines et des chemins de fer. 

Le 19 janvier 1886, il est devenu le président de la section des travaux publics, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie au conseil d'Etat. Il a eu également, depuis la même époque, la présidence de la commission de vérification des comptes des compagnies de chemins de fer, du comité consultatif des chemins de fer, de la commission mixte des travaux publics.

Le 1er avril 1887, il a été élevé au grade d'inspecteur général et, le 29 octobre 1889, à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Il a été en 1889, à l'Exposition universelle, président des comités et des jurys des classes et sections des chemins de fer, des industries mécaniques, de l'électricité, des moyens de transport, de l'histoire du travail, des sciences anthropologiques; il faisait également partie de la commission supérieure des congrès, et il a rédigé finalement le rapport général.

En 1893, il a été nommé commissaire général de l'Exposition universelle de 1900. Doué d'une activité et d'une puissance de travail prodigieuses, administrateur aussi habile qu'éclairé, il a exercé, malgré leur multiplicité, toutes les hautes fonctions dont il était investi de la façon à la fois la plus effective et la plus assidue. Membre de l'Académie des sciences en 1902, il sera appelé en 1908 au Ministère de la Marine, où il ne restera que neuf mois.

Il a disposé du reste, dans les dernières années du XIXe siècle et dans les premières du XXe, en matière de travaux publics et de législation administrative, d'une autorité à peu près incontestée, et il ne s'est accomplit, dans ces deux ordres de questions, que bien peu de réformes sans qu'il y ait une part souvent prépondérante. 

Alfred Picard a été, en outre, l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels trois, notamment, constituent, au point de vue doctrinal et documentaire, de véritables références : les Chemins de fer français (Paris, 1883-84, 6 vol.), exposé historique et détaillé de la formation et du régime de notre réseau; Traité des chemins de fer (Paris, 1887, 4 vol.), oeuvre capitale, qui embrasse l'économie politique, le commerce, les finances, l'administration, le droit administratif et la législation comparée; Traité des eaux (1890-1894, 4 vol.), conçu d'après un plan analogue.

Ses autres publications ont pour titres : Alimentation du canal de la Marne au Rhin et du canal de l'Est (Paris, 1881, avec atlas); Rapport général sur l'Exposition universelle internationale de 1889 (Paris, 1891-1892, 10 vol.). Il a aussi achevé la Monographie de l'Exposition universelle de 1889 (Paris, 1895, 2 vol.), commencée par Alphand, et il a dirigé l'impression des Rapports du jury international sur l'Exposition universelle de 1889 (Paris, 1890 et suiv., 19 vol.) et il publiera aussi, après l'Exposition universelle de 1900, le Le Bilan d'un siècle (6 volumes). On lui doit encore divers mémoires et articles d'ordre technique, insérés dans les Annales des ponts et chaussées et dans quelques autres recueils. (L. Sagnet).

Charles Emile' Picard est un mathématicien né à Paris le 24 juillet 1856, mort à Paris le 12 décembre 1941. Entré en 1874 à l'Ecole normale supérieure, reçu en 1877, quelques mois avant sa sortie, docteur ès sciences, il fut nommé, la même année, maître de conférences à la Faculté des sciences de Paris, puis, en 1879, chargé de cours à la Faculté des sciences de Toulouse. Maître de conférences à l'Ecole normale supérieure de 1881 à 1886, professeur de calcul différentiel et intégral à la Faculté des sciences de Paris de 1886 à 1897, il occupa, à la même Faculté, à partir de 1897, la chaire d'algèbre supérieure. Il fut, en outre, à partir de 1893, professeur de mécanique générale à I'Ecole centrale des arts et manufactures. Il a été élu en 1889 membre de l'Académie des sciences de Paris, et a été  correspondant de la plupart des académies étrangères. 

Picard a plus particulièrement porté ses efforts sur la théorie des fonctions et sur la théorie des équations différentielles.  Il est l'auteur de nombreux mémoires sur les fonctions entières (Annales de l'École normale, 1880), sur les équations linéaires à coefficients doublement périodiques (Journal de Crelle, 1880), sur les groupes de transformations des équations différentielles linéaires (Comptes rendus de l'Académie de Paris, 1888 et 1893), sur les fonctions hyperfuchsiennes et hyperabéliennes (Journal de mathématiques, 1883-1886), sur les fonctions algébriques de deux variables (id., 1885-1889) sur les équations aux dérivées partielles et les approximations successives (id., 1890-1897), sur les intégrales doubles de seconde espèce (id.,1898), etc. Il a publié à part : Traité d'analyse (Paris, 1893-1897); Théories des fonctions algébriques de deux variables (Paris, 1897). (L. S.).

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