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Roemer (Olaüs).
- Astronome le 25 septembre 1644, à Copenhague
(ou à Aarhuus?), m. de la pierre, le
19 septembre 1710, à soixante-six ans. Il fut amené en France
en 1672 par Picard
qui l'avait vu et
apprécié à Uraniborg fut placé près
du Dauphin pour lui enseigner les mathématiques, et entra dès
1674 à l'Académie des sciences.
Ce fut pendant son séjour à Paris, en 1676, que Römer
fit cette grande découverte que la lumière a un mouvement
successif (autrement dit qu'elle ne se propage pas intantannément,
et qu'on peut lui donner une vitesse), et qu'elle met 7 à 8 minutes
pour parcourir la distance du Soleil
à la Terre .
Sa théorie, déduite de ses observations des éclipses
du 1er satellite
de Jupiter ,
était contraire aux idées reçues, et il ne parvint
à la faire triompher qu'en la défendant énergiquement,
car son adversaire était D. Cassini, qui
aussi avait eu, mais ensuite abandonné, l'idée du mouvement
de la lumière.
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Découverte
de la vitesse de la lumière.
Des
observations du premier satellite de Jupiter, faites par Roëmer et
par Dominique Cassini, indiquèrent une inégalité que
les deux savants astronomes crurent un moment pouvoir attribuer à
la propagation successive de la lumière. Cassini rejeta bientôt
cette idée si juste. Roëmer en maintint l'exactitude, et attacha
ainsi son nom à une des plus grandes découvertes dont l'astronomie
moderne puisse se glorifier.
On
a fait remarquer avec raison, qu'après l'idée si heureuse
d'attribuer les différences qu'on observe entre les retours du premier
satellite de Jupiter, aux limites du cône d'ombre pendant la première
et pendant la seconde quadrature de la planète, et la propagation
successive de la lumière, Roëmer, chose inexplicable, négligea
de prouver qu'on trouverait, dans la même hypothèse, l'explication
des inégalités présentées par les trois autres
satellites.
On
pourrait s'étonner avec autant de raison qu'il n'ait pas essayé
d'évaluer plus exactement qu'il ne l'a fait la vitesse de la lumière.
Horrebow,
l'élève de prédilection de Roëmer et son admirateur
sans réserve, fixe à 14 mn 10 s au lieu de 8 m 13 s le temps
que la lumière emploie à franchir l'intervalle qui sépare
le Soleil de la Terre. (Arago, c. 1850). |
Roëmer qui avait été
témoin à Paris des difficultés de faire mouvoir dans
le plan du méridien
la lunette d'un quart de cercle mural, c'est-à-dire une lunette
pirouettant sur un axe très court et assujettie à s'appliquer
sans cesse sur un limbe imparfaitement dressé, imagina et construisit
en 1700 la lunette méridienne. Cet instrument, (connu sous le nom
d'instrument des passages) qu'on voit aujourd'hui dans tous les observatoires,
est donc de l'invention de l'astronome danois.
On lui est aussi redevable d'un micromètre
ingénieux dont on faisait souvent usage pour l'observation des éclipses
vers la fin du XVIIe siècle. Avec
ce micromètre, on pouvait augmenter ou diminuer l'image du Soleil
ou celle de la Lune ,
de manière qu'elles fussent exactement renfermées entre deux
fils situés près de l'oculaire.
Roëmer quitta la France comme Huygens
à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes
par Louis XIV. Frédéric IV le
reçut avec une grande faveur, et lui conféra en 1681 le titre
de professeur royal. Il devint directeur des monnaies, inspecteur des arsenaux
et des ports, et enfin conseiller d'État, en 1707, et premier magistrat
de Copenhague, emploi qu'il remplit pendant cinq années à
la grande satisfaction du souverain et du public[.
Condorcet fait
à cette occasion les réflexions suivantes :
"Frédéric
IV était heureusement supérieur à ce préjugé
si commun dans les cours, que les savants sont incapables des places d'administration,
comme si l'habitude de chercher la vérité ne pouvait pas
tenir lieu de la routine qui s'acquiert dans les emplois subalternes. Si
pourtant l'on prend l'esprit d'intrigue pour celui des affaires, et l'art
de tromper ou d'opprimer les hommes pour celui de les gouverner, on a raison
de croire que les savants n'y sont pas propres, et qu'une âme qui
s'est longtemps nourrie de l'amour de la vérité et de la
gloire, ne peut guère sentir la nécessité ni prendre
l'habitude de ce mélange de fausseté et de bassesse qu'on
décore du nom d'habileté."
Ajoutons, pour terminer,
d'une part que Roemer, par son influence, obtint l'introduction du
calendrier
grégorien au Danemark, qui eut lieu en 1710, et d'autre part que
es manuscrits de l'illustre astronome furent presque tous perdus dans l'incendie
qui dévora l'observatoire de Copenhague, le 20 octobre 1728. (Bouillet
/ Lebon/ Arago). |
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