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La mythologie iranienne
ancienne, surtout contenue dans l'Avesta
et dans les livres traditionnels pehlvis, est à la fois très
voisine et profondément différente de la
mythologie
hindoue. Elle en est très voisine parce que les Iraniens sont,
de tous les peuples indo-européens, celui dont la langue a le plus
d'affinité avec le sanscrit et aussi celui qui est resté
avec les Aryens de l'Inde en relations les plus fréquentes; elle
en est profondément différente, parce que la religion des
anciens Perses acquit de bonne heure un caractère beaucoup plus
moral que mythologique.
«
La nature de l'homme est complexe, dit Bréal, et il lui serait impossible
de ne pas mettre quelque chose de son être moral dans les mythes
qui occupent son imagination. Le démon qui retient les eaux du ciel
fut regardé comme un type de méchanceté et de perversité;
le dieu qui foudroie comme le vengeur de la justice. C'est ce côté
religieux [...], très visible dans certains hymnes védiques,
qui frappa surtout les Perses; [...] ils en firent le cadre de leur religion.
» (Bréal, Hercule et Cacus).
Le plus important, on pourrait presque dire
le seul mythe de la religion iranienne, c'est le double mythe d'Ormazd
et d'Ahriman. Ormazd (Ahura-Mazda ou encore
Çpeuta-Mainyu) est le maître et le créateur du monde;
il est souverain, omniscient, dieu de l'ordre; il a le Soleil pour oeil;
le ciel est son vêtement, brodé d'étoiles; Atar, l'Éclair,
est son Fils; Apô, les Eaux, sont ses épouses. Mais Ormazd
n'est pas le seul dieu; il n'est que le premier de sept divinités
suprêmes, les Amshaspands, qui règnent
chacun sur une partie de la création, et qui semblent n'être
qu'un dédoublement, une multiplication d'Ormazd.
Au-dessous d'Ormazd et des six Amshaspands,
la mythologie iranienne plaçait, comme divinités bienfaisantes
: Mithra, le «maître du libre
espace»; Tistrya, le dieu de l'orage; Verethraghna, le dieu de
la victoire; elle connaissait en outre un grand nombre d'autres dieux de
même nature, les Izeds. De même qu'Ormazd
est entouré de six Amshaspands et d'autres divinités bienfaisantes,
Ahriman (Angra-Mainyu), le dieu malfaisant qui envahit la création
pour en bouleverser l'ordre, et qui est conçu sous la forme d'un
serpent,
est accompagné de six démons issus
des ténèbres cosmiques et d'un grand nombre d'autres divinités
malfaisantes.
Le mythe d'Ormazd et d'Ahriman consiste
essentiellement dans la lutte des deux groupes d'êtres divins. Cette
lutte nous apparaît sous une double forme; elle est matérielle
ou spirituelle. Dans la lutte matérielle, Ahriman veut envahir le
ciel; il est refoulé dans l'enfer; dans la lutte spirituelle ou
mystique, Ahriman, principe de l'obscurité, du désordre,
du mal, est de même refoulé par Ormazd, dieu de la lumière,
de l'ordre et du bien. Dans le premier cas, l'arme d'Ormazd est Atar, l'Eclair;
dans le second cas, c'est la piété ou encore la prière,
personnifiée sous le nom de Vohu Mano.
La religion iranienne était donc
puissamment systématisée; ce système n'était
pas moins philosophique et moral que mythologique; le mage Zoroastris
(Zarathustra) en était communément regardé comme l'auteur.
(A19). |
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