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Anduze (Andusia)
est une commune de France ,
dans le département du Gard, sur le Gardon d'Anduze, formé,
à 3 km en amont, par la réunion du Gardon de Saint-Jean et
du Gardon de Mialet. La partie principale de la ville, sur la berge droite
du Gardon, occupe le plateau de Saint-Julien; un pont en pierre la réunit
au faubourg de Peyremale, sur la berge gauche. L'ensemble du territoire
est jurassique (calcaire à gryphées),
et marque la transition des Cévennes
à la plaine du Bas-Languedoc. Altitude : 131 m. Flore des environs
très variée (plus de trois mille noms d'après Viguier);
châtaigniers, oliviers, quelques vignes; mûriers connus depuis
1570. A 2 km d'Anduze, à Prat-France, étaient les serres
de Mazel, qui est parvenu à acclimater le bambou-sur les bords du
Gardon. Mines de sulfure de plomb argentifère, aujourd'hui abandonnées,
de Carnoulès (à 8 km) et de Palières (4 km).
Histoire.
Andusia est mentionnée sur une
pierre itinéraire de l'époque impériale romaine ,
découverte en 1747, près de la Fontaine de Nîmes, sur
le chemin de Sauve. L'étymologie du nom est incertaine : on l'a
rapproché d'Andosia, ville de Galatie
(Asie Mineure ),
ce qui reportait son origine (comme il est vraisemblable d'ailleurs) à
l'époque celtique. La seconde mention d'Anduze est dans une donation
faite vers 810 par Anscinda, abbesse d'un monastère
de filles situé près du « castrum andusianense
», ou château d'Anduze. La maison des Bernard-Pelet a possédé
la seigneurie d'Anduzo de 1020 à 1226, en même temps que la
seigneurie de Sauve, etc. Des pièces d'argent valant six ou sept
sous de Maugino portent les mentions : Andusiensis, Salviensis.
Après la croisade de Albigeois,
tous les biens de Pierre-Bermond d'Anduze, cousin du comte de Toulouse ,
furent confisqués par Louis VIII et
Louis
IX : celui-ci, en 1243, indemnisa Pierre-Bermond par un assignat de
six cent livres de rente.
Une viguerie royale fut établie
en 1295. Philippe le Bel, vers 1307, se dessaisit
de la moitié de la seigneurie en faveur des évêques
du Puy.
L'autre moitié, cédée par échange en 1344 au
dernier comte de Viennois, le dauphin Humbert, fut vendue par lui à
Guillaume Rogier, vicomte de Beaufort, frère du pape Clément
VI. Elle passa par mariage à Jean le
Meingre de Boucicaut, maréchal de France (mort en 1421), puis
à la branche collatérale de Beaufort-Canillac. Une famille
de commerçants enrichis, les Airebaudouze, réunit toute la
seigneurie d'Anduze. Elle acheta en 1539 la part de l'évêque
du Puy, et en 1547 celle de Marc de Beaufort, comte d'Alès. Elle
a possédé les terres jusqu'en 1760, et les droits seigneuriaux
jusqu'en 1780. Mais dans ce pays de droit romain
et de franc-alleu, la féodalité
a toujours laissé une large place aux droits municipaux et même
à la propriété rurale. Dès 1428, les registres
terriers permettent de compter trois cent trente propriétaires;
en 1596, sept cents; en 1643, neuf cents; en 1789, onze cent huit. L'axiome
féodal : point de seigneur sans terre, point de terre sans seigneur,
n'avait pas cours. Pour percevoir des droits, il fallait que le seigneur
montrât des titres.
Anduze eut un premier hôtel de ville
en 1442; en 1589, elle acquit une nouvelle «-maison
consulaire », sur laquelle on voit encore le millésime de
1590, ainsi que les armes de la ville, mutilées il est vrai : de
gueules à une tour d'argent crénelée et donjonnée
de trois donjons de même, ouverte et
maçonnée de sable. Ces armes se rapportent très bien
à la position topographique d'Anduze, ouverte par le Gardon, et
protégée au Moyen âge
par une enceinte munie de trois tours, (sans compter, en avant et au Sud
de la ville, le château aujourd'hui
en ruines, de Tornac).
Anduze a fait partie, sous l'ancien régime,
du diocèse de Nîmes
jusqu'en 1694, date où elle fut comprise dans le nouveau diocèse
d'Alès ,
supprimé depuis par le concordat de 1801. Mais son histoire, sa
position et son caractère indépendants, la résistance
qu'elle devait opposer à l'épiscopat, la vouèrent
au calvinisme. Le supplice du réformateur
Rozier (1557) y fut regardé comme un martyre; et dès 1560,
deux ans après Nîmes, cinq ans après Paris,
le culte réformé y fut établi. Saint-Etienne, deux
autres églises, des chapelles
catholiques furent détruites en 1562. En 1579, il se tint à
Anduze une assemblée des réformés.
Après le règne pacificateur
de Henri IV, Rohan fortifia Anduze contre les
troupes royales (1622), y fut déclaré (1625) chef des religionnaires
de Languedoc ,
puis (1628) des Cévennes
et du Gévaudan .
Après sa soumission et la paix d'Alès
(1629), les murs d'Anduze furent abattus. La révocation de l'édit
de Nantes
(1685) porta un coup terrible à toutes les industries du pays, et
surtout à la soierie; elle entraîna de nombreuses exécutions
militaires, et enfin, en 1702, la guerre des Camisards. Douze jours avant
la révocation, et sur l'ordre du roi, Anduze avait abjuré
en masse le calvinisme : mais ces violentes
conquêtes du catholicisme n'étaient
ni profondes ni durables. Si Anduze ne s'est pas signalée dans la
guerre des Camisards, c'est qu'elle fut constamment occupée (ainsi
qu'Alès) par les troupes royales; mais elle fut de coeur, et beaucoup
de ses habitants furent de fait, avec les Cévenols révoltés.
Le prophétisme et les maladies nerveuses
(mâyre en dialecte andusien) s'y répandirent. Quant
à la religion persécutée, elle n'a fait que s'affermir
: les quatre cinquièmes des habitants sont protestants.
(H. Monin). |
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