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| Le Puy ou
Le
Puy-en-Velay est une ville de France Histoire.
La mythologie
'chrétienne prend ensuite
possession du mont Anis, avec l'épiscopat légendaire de Saint-Georges,
l'apparition de la Vierge Un comte de Bigorre fit hommage de son
fief à Notre-Dame-du-Puy. Avant le concile
de Clermont,
le pape Urbain II désigna comme légat, pour diriger la première
croisade C'est à la même époque
(1381) que se constituent les Etats particuliers du Velay : les consuls
du Puy y siègent ainsi qu'aux Etats de Languedoc Longtemps l'évêque-comte et le vicomte de Polignac s'étaient disputé le droit exclusif de battre monnaie, puis ils se l'étaient partagé. Enfin le roi en jouit seul, mais en vertu de traités acceptés par ses rivaux, devenus ses sujets. Les débuts de la Réforme semblèrent d'abord resserrer l'alliance de la royauté et de l'épiscopat (pèlerinage de François ler, 1533) : la ville était fort attachée, même par des raisons d'intérêt, aux pratiques pieuses et aux cérémonies que les calvinistes taxaient d'idolâtrie. Son palladium, depuis le XIIIe siècle, était une « vierge noire ». rapportée Orient par saint Louis (d'après la tradition populaire). Les reliques, les pèlerinages, les jubilés, les indulgences pontificales, c'était son histoire et sa vie. Les bourgeois de la ville haute se fortifièrent (vestiges encore notables : porte Pannessac) et repoussèrent toutes les attaques des huguenots, celle de Blacons, lieutenant du baron des Adrets (1562), celle de Châtillon (1585). Si la ville ne connut pas les horreurs de la Saint-Barthélemy, c'est qu'en fait les protestants y étaient très peu nombreux, et furent considérés bénévolement comme ayant abjuré. Mais le baron de Saint-Vidal y représenta la « Sainte Ligue » aux côtés de l'évêque Antoine Il de Sénectère, et les « ponts » furent parmi les derniers Français à reconnaître Henri IV sous l'épiscopat de Jacques Ier de Serres (1596). Louis XIII
rendit contre la dentelle, principale industrie de la ville, des édits
somptuaires dont le parlement de Toulouse
étendit l'application à son ressort en 1640 : heureusement
pour Le Puy, un jésuite influent, François
Régis, fit rapporter l'arrêt, et devint un saint
aux yeux de la ville avant d'être canonisé par Clément
XII. Colbert protégea la dentelle,
et eut aussi le mérite de ne pas la réglementer; il était
d'ailleurs difficile de transformer cette industrie domestique en manufacture
royale. Mais le commerce en était gêné par les douanes
intérieures (arrêt du consul du 6 août 1707), et dans
l'Encyclopédie méthodique Roland de La Platière
note que les gros bénéfices restaient entre les mains des
intermédiaires anglais, hollandais, lyonnais; qu'aucune maison du
Puy n'était parvenue à une grande fortune; et cependant les
ouvriers (6000 au Puy sur 20.000 en tout)
ne touchaient que de maigres salaires (10 à 12 sous pour la dentelle
de fil, 5 ou 6 sous pour la dentelle de soie). L'intendant Ballainvilliers,
dans ses mémoires officiels manuscrits de 1788 (bibliothèque
municipale de Montpellier),
donne des chiffres un peu plus élevés : de fait, le commerce
avec les Indes occidentales avait repris depuis la paix de Versailles
et surtout depuis le traité de commerce de 1786 avec l'Angleterre En 1789, la ville du Puy demeurait la reine
du pays de Velay, et la reine absolue. Elle en concentrait la vie, elle
en réglait les salaires presque sans concurrence : les grandes voies
nationales de Nîmes
à Paris
et de Lyon
à Bordeaux,
qui se croisent dans le Velay, étaient inachevées; la seconde,
praticable seulement de Lyon au Puy. Du Puy à Brioude Le consulat électif l'a donc emporté,
mais seuls les bourgeois, divisés eu classes, sont électeurs
ou éligibles; en 1783 seulement, les commerçants en dentelle
ont réussi à passer de la cinquième classé
à la seconde. Cela marque que les fonctionnaires en sont déjà
à défendre leurs positons. L'intendant de Languedoc Comme chef-lieu, Le Puy gagna par l'annexion
du district de Brioude Au point de vue intellectuel, Le Puy eut
sous l'Ancien régime, depuis le XIIIe
siècle, une Université En dehors des célébrités locales, Le Puy est le lieu de naissance du général Mouton-Duvernet, du fondeur Crozatier, bienfaiteur du pays, de Jules Vallès et de Ch. Dupuy. Monuments.
« Au début, une petite basilique quadrangulaire, occupant la place du choeur actuel; vers le VIe siècle, addition de deux collatéraux; puis, sous Charlemagne, prolongement des trois nefs et addition de deux transepts, le tout formant une croix grecque, avec dôme au centre ; vers le XIe siècle, addition de deux travées, ce qui fit une croix latine; au XIIe siècle, addition des deux travées occidentales avec la façade actuelle et les deux porches de Saint-Jean et du For ».On aborde la basilique par la rue des Tables (allusion aux étalages qui la doublent sur toute sa longueur aux jours de grandes fêtes). Au pied de la montée est une fontaine dont la flèche commémore le « miracle de 1320 » : un enfant de choeur qui aurait été tué par les juifs et miraculeusement ressuscité. C'est le meilleur point de vue pour embrasser l'ensemble de la façade romano-byzantine, en pierres alternées de rouge et de blanc. La montée des Tables (260 marches taillées dans le roc) se continue par un escalier de 108 degrés qui pénètre sous les voûtes de l'édifice; le sol de la basilique correspond en effet au milieu de la façade. A gauche de l'escalier sont l'Hôtel-Dieu (chapelle), puis l'ancien bâtiment féodal des Etats du Velay; à l'entrée des voûtes, hautes de 20 m, les portes à vantaux sculptés sur bois de deux anciennes chapelles (XIe siècle), celle de Saint-Gilles à gauche, celle de Saint-Etienne à droite, donnent issue sur les bas-côtés. Sous les voûtes, il y a des vestiges de fresques. On arrive ensuite à la porte dorée, qui est bordée de deux colonnes en porphyre rouge et près de laquelle, sous grille, est la « pierre des fièvres ». Autrefois l'escalier se prolongeait jusqu'au centre de l'église, ce qui faisait dire qu'on entrait à Notre-Dame par le nombril et qu'on en sortait par les oreilles. Aujourd'hui l'escalier bifurque : on prend à gauche pour visiter le cloître (IXe siècle) et à droite pour pénétrer dans l'église. Au centre du choeur, sur l'autel, est l'image de la Vierge, sous la grande coupole du dôme. La grande nef est montée en coupoles oblongues contre-butées par les bas-côtés. Les piliers sont lourds et frustes, les trois nefs, sombres et majestueuses. Il y a deux portes latérales (porche du For et porche Saint-Jean), et entre les deux la «-porte papale-» avec l'inscription Papa vive Deo. En résumé, le grand porche pratiqué sous la nef, l'escalier qui conduisait au centre de la basilique et permettait aux pèlerins de suivre du dehors le prêtre officiant, les coupoles oblongues, les clochers-arcades simulés en façade à la place des tours jumelles, les archivoltes à claire-voie du portail latéral sud, n'ont « nulle part d'analogue-» (Vivien Saint-Martin). La basilique a conservé en partie ses anciennes dépendances, baptistère, campanile (carré jusqu'aux deux tiers de sa hauteur et terminé en pyramide); forteresse épiscopale, du XIIIe siècle en partie (salle capitulaire ornée de peintures murales anciennes). Outre la vieille église Saint-Laurent des Jacobins, et, aux environs immédiats, la chapelle Saint-Clair et la chapelle Saint-Michel, Le Puy a, d'autre part, quelques monuments modernes à signaler : le palais de justice bâti en brèche brune du mont Denise (1835), la fontaine Crozatier (1855), avec, en relief, le portrait, du donateur, et cinq belles statues allégoriques de Bosio; la statue colossale (16 m) de Notre-Dame de France, fondue par Bonnassieux avec les canons pris à Sébastopol et inaugurée en 1860 par l'évèque Morlhon (du haut du rocher Corneille elle domine tout le pays; de la place du Breuil, à 135 m en contre-bas, elle paraît plutôt de proportions mesquines); enfin la statue de La Fayette, par Hiolle (1883) : le général élève en l'air la cocarde nationale. (H. Monin). |
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