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Dachkov
(Catherine Romanovna, princesse), écrivain née à Saint-Pétersbourg
en 1743, morte à Moscou
en 1810. Elle était fille du général comte Vorontsov.
Elle épousa fort jeune encore le prince Michel Dachkov, officier
de la garde, membre d'une famille qui prétendait descendre de Rurik.
Attachée à la grande-duchesse Catherine,
elle prit part aux événements qui l'amenèrent sur
le trône (1763), et fut d'abord en grande faveur auprès d'elle.
Son mari mourut en 1764. Restée veuve, elle se consacra à
l'éducation de ses enfants, à des travaux littéraires,
à des intrigues politiques.
Son activité porta ombrage à
l'impératrice : elle dut voyager à l'étranger. Elle
se lia avec une foule d'hommes distingués, notamment avec Voltaire.
En 1782, elle rentra en grâce et fut nommée directrice de
l'Académie des sciences, présidente de l'Académie
russe récemment fondée (qu'il ne faut pas confondre avec
l'Académie des sciences). Elle prit fort au sérieux ses fonctions
et collabora même au Dictionnaire étymologique publié
par l'Académie et rédigea pendant quelque temps le journal
Sobesiednik
(l'Interlocuteur). Vers la fin de sa vie elle tomba encore en disgrâce
et en 1793 elle se retira à Moscou.
Elle avait formé une magnifique bibliothèque qu'elle légua
à la ville de Moscou.
Ses oeuvres littéraires sont fort
nombreuses ( le Dictionnaire bibliographique
des femmes auteurs russes par le prince N. Galitsyne; Saint-Pétersbourg,
1889). En dehors de sa collaboration aux travaux de l'Académie il
faut citer : l'Homme sans caractère, comédie (1786),
et surtout ses Mémoires écrits primitivement en anglais
et traduits en français par M. A. des Essarts (Paris, 1839, 4 vol.)
qui constituent une lecture des plus instructives.
Son fils, Paul Mikhaïlovitch, mort
en 1807, fut le dernier des Dachkov. Il laissa en mourant sa fortune à
son cousin Hilarion Vorontsov qui, avec l'autorisation de l'empereur Alexandre
ler, prit le nom de Vorontsov-Dachkov.
(L. Léger). |
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