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Falconet

Falconet (Camille), érudit né à Lyon le 1er mars 1671, mort à Paris le 8 février 1762. Fils et petit-fils de médecins distingués, il fit des études médicales et se fixa à Lyon où il s'acquit une solide réputation. Il s'établit à Paris en 1707 et succéda en 1709 à Tournefort comme médecin de la Chancellerie. Fort érudit, ami des Malebranche et des Fontenelle, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1716.

Possesseur d'une belle bibliothèque, il a légué à la Bibliothèque du roi un nombre considérable de livres dont Barrois a dressé le catalogue (Paris, 1763, 2 vol. in-8). Parmi ses écrits, nous citerons : Dissertation sur ce que les anciens ont cru de l'aimant; Observations sur nos premiers traducteurs français avec un Essai de Bibliothèque française; Dissertation sur les assassins, etc.

Ils figurent dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions (tt.. IV, VII, XVII). En outre, il a donné des éditions des Amours pastorales de Daphnis et Chloé, trad. d'Amyot, du Cymbalum Mundi de Despériers, de l'Éloge de la folie d'Erasme; de la Théorie des tourbillons de Fontenelle, etc. Une de ses thèses est assez bizarre : Si l'homme tire son origine du ver (1705, in-12). (R. S.).

Falconet (Étienne Maurice), sculpteur né à Paris en 1716, mort à Paris en 1791.1 fut d'abord simple apprenti d'un sculpteur sur bois qui travaillait pour les coiffeurs, et ses débuts furent misérables, mais le sculpteur Lemoine s'étant intéressé à lui et en ayant fait son élève, Falconet se trouva à l'abri du besoin et des inquiétudes. Une de ses toutes premières oeuvres fut le Milon de Crotone, création assez audacieuse. A l'encontre de celui de Puget, qui est debout, le Milon de Falconet est renversé à terre et déchiré par le lion furieux. Citons parmi ses oeuvres suivantes : Pygmalion, la Baigneuse, l'Amour menaçant, le Christ agonisant et l'Annonciation. Ces deux dernières sculptures furent exécutées pour l'église Saint-Roch.

Catherine II de Russie fit venir Falconet à Saint-Pétersbourg pour faire la statue équestre de Pierre le Grand. Il travailla douze ans à cette ouvre gigantesque qui dut être fondue en deux fois par suite d'un accident survenu au bronze en fusion. Entre temps il se reposait de ce lourd, travail en consacrant son inspiration à des oeuvres de demi caractère. Il fut payé strictement pour son Pierre le Grand et sans aucune gratification, défaveur qui fût attribuée à la malveillance du conseiller privé Betski. De retour en France, il publia la traduction des livres XXXIV, XXXV et XXXVI de Pline sur les arts. La paternité de cette traduction lui fut contestée, notamment par Linguet, car on savait que son instruction laissait trop à désirer pour lui permettre de pareils travaux. Quoi qu'il en soit, il fut nommé membre de l'Académie en 1754. Si touché qu'il fût de cet honneur, il n'en demeura pas moins enclin à la raillerie et plusieurs de ses collègues durent subir sa causticité et son ironie.

La plupart de ses sculptures se trouvent à présent en Angleterre. Quant à ses travaux littéraires, ils concernent particulièrement son art. Deux de ses élèves les plus connus sont Berruer qui fut son collègue à l'Académie, et Mlle Collot (ci-dessous), qui épousa son fils et se montra pleine de dévouement pour son beau-père, dont la vieillesse fut accablée d'infirmités. A l'Exposition de l'art au XVIIIe siècle, qui fut organisée dans les galeries de Georges Petit en 1883-1884, on remarqua de Falconet Garde le vous, statuette en marbre; la Correction et la Récompense, deux statuettes en marbre; deux bronzes dorés, la Chute de la Pologne, et la Glorificatien de Catherine II; la Dubarry dansant devant Louis XV, appartenant à M. Charles Ephrussi; une Vénus, appartenant à Mme Bianca, de la Comédie-Française; une pendule en marbre, les Trois Grâces; deux groupes, Vénus et Amour; une statuette en biscuit, Jeune Femme au bain, et enfin un marbre, Pygmalion et Galathée, daté de 1761. (Ch. G.).



En librairie - Collectif, Falconet à Sèvres, ou l'art de plaire, RMN (Beaux livres), 2001.
Falconet (Françoise Cécile de Chaumont, dame), auteure, née à Nancy en 1738, morte à Paris en 1819. Elle avait épousé en secondes noces Ambroise Falconet, avocat au parlement de Paris, auteur de divers ouvrages. Instruite et fort spirituelle, elle eut à Paris un salon renommé. On a d'elle un certain nombre de poésies éparses dans les recueils du temps et quelques pièces de théâtre assez médiocres. Nous citerons : Amour à Tempé (Paris, 1773, in-8), pastorale; la Folle Enchère (Paris, 1771, in-8), comédie en un acte; l'heureuse Rencontre (1771), comédie en un acte. Tous ses écrits ont été publiés sous son nom de jeune fille.
Falconet (Pierre Étienne), peintre, né à Paris, mort en 1780, exerça son art de 1766 à 1773, à Londres, où il fut membre de la Société des artistes. Il peignit un grand nombre de portraits, parmi lesquels nous citerons ceux de douze des principaux artistes de Londres; ces portraits furent gravés notamment par Green, Earlom, Dison. II peignit aussi quelques tableaux d'histoire et exécuta la décoration du temple chinois de la baronne de Grey, en Bedfordshire. Après 1773, il retourna sur le continent où il épousa l'élève de son père, Marie-Anne Collot. Depuis, il n'a plus fait parler de lui.
Falconet (Mme Marie-Anne, née Collot), sculpteur, née à Paris en 1748, morte à Morimont (Meuse) le 23 février 1821. Elle entra à seize ans dans l'atelier du sculpteur Étienne Maurice Falconet, son beau-père, où elle exécuta bientôt des bustes très vivants et très ressemblants. En 1766, elle suivit son maître en Russie, où elle reçut de la tsarine de forts appointements et une gratification de 40 000 livres. C'est elle qui modela la tête de la statue équestre de Pierre le Grand, par Falconet, qui se trouve à Saint-Pétersbourg, Elle fit également en Russie beaucoup de bustes, et épousa le fils de son maître, le peintre Pierre-Etienne Falconet. Elle retourna à Paris en 1779, alla en 1782 à La Haye, où elle fit le buste en marbre de Guillaume, prince d'Orange et de sa femme Frédérique Sophie Wilhelmine. Lorsque la Révolution éclata, Mme Falconet se retira à Morimont.
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