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Saint-Pétersbourg
est
une ville de Russie ,
dont elle fut la capitale à l'époque impériale, sur la Néva ,
près de son embouchure dans le golfe de Finlande, à 600 kilomètres au
Nord-Ouest de Moscou, et à 3050 kilomètres
à l'Est-Nord-Est de Paris; 4 200 000 habitants.
La Néva s'y ramifie en plusieurs branches, appelées Grande et Petite-Néva,
et divise cette ville en quatre parties principales, subdivisées en douze
quartiers, et reliées ensemble par de nombreux ponts. Saint-Pétersbourg
est surtout remarquable par l'alignement et la largeur de ses rues et par
la magnificence de ses quais en granit le long de la Néva. La rue dite
la Perspective de Nevski, ornée de beaux arbres et d'édifices élégants,
offre un aspect superbe.
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La
cathédrale de la Résurrection du Christ (ou église du
Sauveur-sur-le-Sang-Versé),
à Saint-Petersbourg. Elle a été construite
Ã
l'endroit de l'assassinat du tsar Alexandre II (en 1881).
La ville de Saint-Pétersbourg s'étend
en éventail le long des bras ramifiés de la Néva et recouvre six grandes
îles naturelles, une centaine d'îlots et une île artificielle formée
par les canaux. Les terres fermes occupent une surface d'environ 892 km².
Le principal bras du fleuve traverse la ville en diagonale de l'Est Ã
l'Ouest. Sa largeur, dans les limites de la cité, varie de 318 à 644
m; la profondeur de son chenal, de 5,20 m à 12,20 m; la longueur totale
des quais est d'environ 144 km. Les différents quartiers sont reliés
entre eux par près de 200 ponts ou passerelles. La grande Néva est traversée
notamment par 2 ponts en fer sur culées de pierre; le pont Nicolas (300
m), le pont Alexandre II (463 m).
Climat.
La moyenne annuelle de la température
à Saint-Pétersbourg est de 3,7° C. Les moyennes mensuelles sont :
Janvier,
-9°,4; février, -8°C ; mars, - 4,7 °C ;
avril,
+ 2°C; mai, 8,6° C ; juin, 14°C;
juillet,
17,5°C; août, 15,2 °C ; septembre, 10°C ;
octobre,
4,3 °C; novembre, 1,9°; décembre, - 6°,6.
Grâce au voisinage de la mer, la température
de Saint-Pétersbourg est moins froide que celle de Moscou,
située à une latitude plus méridionale (moyenne de l'hiver à Saint-Pétersbourg,
- 8°,1 ; à Moscou, -9°,1). Mais ce qui peut rendre le séjour désagréable
à Saint-Pétersbourg, c'est la grande variation de la température dont
les écarts atteignent parfois en toutes saisons et dans la même journée
jusqu'à 15°C.
Le printemps commence généralement avec
les premiers jours d'avril; mais les froids, et quelquefois les neiges
persistent même dans le courant de mai. Les journées claires et chaudes
de l'été sont fréquemment interrompues par des rafales froides. La Néva,
dans sa traversée de Saint-Pétersbourg est habituellement prise de glace
dans les premiers jours de novembre, la débâcle a lieu dans les premiers
jours d'avril. Les brouillards règnent de novembre à mars. Les longs
crépuscules et les aurores hâtives suppriment souvent la nuit dans la
saison d'été : on parle de nuits blanches.
Histoire de Saint-Pétersbourg
Saint-Pétersbourg fut
fondée en 1703 par Pierre Ier,
qui en fit la capitale de son empire. La ville s'est appelé Pétrograd
entre 1914 et 1924. A la mort de Lénine,
elle fut renommée Léningrad, et après la disparition de l'URSS,
elle retrouva le nom de Saint-Pétersbourg.
Fondation.
Saint-Pétersbourg fut fondée par le
tsar Pierre le Grand en juin 1703, sur l'emplacement
que la ville occupe encore de nos jours, afin d'avoir - comme l'a dit le
poète Pouchkine - une fenêtre ouverte
sur l'Europe. Au moment de la fondation de Saint-Pétersbourg, les
rives de la Néva étaient l'objet d'une dispute entre les deux nations,
russe et suédoise. Un petit fortin fut élevé, le fort Petropavlovsk
(Saint-Pierre et Saint-Paul), autour duquel l'armée russe disposait ses
cabanes. Un petit bâtiment, conservé encore de nos jours, servit de résidence
à l'empereur. Les prisonniers de guerre, les villageois des environs,
furent requis pour construire des cases ou des campements, jusqu'au jour
où la victoire de Poltava décida le souverain
à conserver définitivement cette place pour sa future capitale. Heureux
de ce fait d'armes, Pierre Ier écrivit
le 27 juin 1709 :
« Aujourd'hui,
la pierre fondamentale de Petersbourg a été définitivement posée avec
l'aide de Dieu ».
Au mois de novembre
de la même année, furent jetés les fondements de l'église
Saint-Samson. Un mois après, un décret ordonna l'envoi à Saint-Pétersbourg
de 40000 ouvriers de l'intérieur de l'empire. D'autres appels furent faits
dans le courant des trois premières années de l'existence de la ville
qui portèrent bientôt le chiffre de ses habitants à plus de 150 000
individus. Les terrains et le bois de construction furent accordés gratuitement
aux gens du peuple en même temps que des ordonnances sévères enjoignaient
aux nobles de venir s'installer dans la nouvelle cité. La ville de Saint-Pétersbourg
- ou Sankt-Peterbourg (dans la langue courante : Peterbourg)
dénommée d'après le patron de l'empereur, saint Pierre, et qui porte
aussi, dans le langage populaire, le nom de Piter, était fondée,
et lorsque, en 1713, le premier vaisseau hollandais chargé de marchandises
s'approcha de la ville, la joie de l'empereur fut si grande qu'il servit
lui-même de pilote au navire qu'il amena, incognito, aux quais de la cité
naissante.
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Saint-Pétersbourg
en 1718.
(Source
: St Petersburg's Historical Exploratory Society).
Pétersbourg n'était
pas l'endroit idéal pour une capitale. La ville était sujette à de dangereuses
inondations; son sol, en effet, dépasse à peine de 2 ou 3 m le niveau
du fleuve. A cet égard, une lettre de Pierre le Grand à Mentchikov,
le futur gouverneur de la ville, datée de son «Paradis »,
comme il se plaisait à dénommer sa nouvelle résidence, est assez curieuse
:
« Il y
avait - dit-il dans cette lettre - dans mon appartement 24 pouces d'eau
au-dessus du plancher, et dans le potager, ainsi que dans la rue, de l'autre
côté de la maison, on circulait librement en bateau. Cependant cela ne
dura que moins de trois heures, et il était extrêmement amusant de voir
les gens perchés sur les toits et les arbres, comme du temps du déluge.
Quoique l'eau eût été très haute, elle ne causa que peu de dégâts.»
La fondation de la capitale
nouvelle eut bientôt des échos à l'étranger, où des plans sont vites
publiés, tels celui représenté ci-dessous, paru en 1718, et dû au cartographe
J.
B. Homann de Nuremberg. Sur un autre
plan de Saint-Pétersbourg, dû à Nicolas de Fer
et édité à Paris un an plus tôt, ont pouvait
lire la légende suivante :
« Peters-Bourg
est une Ville Nouvelle située à 49 Degrez 10 Minutes de Longitude et
à 58 Degrez 40 Minutes de Latitude septentrionale dans la mer Baltique,
au golfe de Finlande à l'embouchure de la Riviere de Nieva. Bâtie au
commencement de ce siècle par Pierre Alexowitz Czar et grand Duc de Moscovie
present Regnant. On croit que le Dessein de ce Prince est de faire de cette
Ville la Capitale de ses États, et le Lieu de sa Residence ordinaire,
et comme elle est sa Ville Favorite, il en a rendu l'abord facile, tant
par eau que par terre [...] Et comme il veut rendre cette Ville très puissante
par le commerce il n'y épargne n'y soins n'y dèpance, non seulement les
Moscovites s'y sont venus établir mais encore un grand nombre d'étrangers,
qui y trouvent son Port sûr, Beau et Commode, les Rues belles et droites...
»
Aussi, dès l'année
1714, on comptait à Saint-Pétersbourg plus de 34 500 constructions, dont
la majeure part n'étaient d'ailleurs que de simples masures, chaumières
ou baraquements. Vers 1723, le nombre des bâtiments étrangers était
de 230, et le commerce de Saint-Pétersbourg se chiffrait par plus de 1
500 000 roubles, tant à l'entrée qu'à la sortie.
A la mort du tsar (1725), la cour abandonna
Saint-Pétersbourg pour retourner à Moscou.
Elle fut suivie dans sa retraite par le Sénat, les collèges et par un
grand nombre de seigneurs qui n'y étaient installés que contraints par
ordre de l'empereur. Cette reculade ne dura toutefois que trois années
et demi, et vers 1730 la cour revint à la nouvelle capitale, mais les
puissants du pays se refusaient encore à reconnaître à la nouvelle cité
ses droits politiques au détriment de la vieille Moscou. L'impératrice
Anna
Ivanovna fit des efforts considérables pour attirer à Saint-Pétersbourg
l'élite de la nation, Après les incendies de 1736 et 1738, un plan général
fut établi pour la reconstruction et l'agrandissement de diverses demeures.
Le Palais d'Hiver fut désormais considéré comme le centre de la capitale.
Mais ce fut surtout sous Catherine Il que
l'oeuvre de Pierre le Grand reçut son entier développement. En 1750,
la ville ne comptait encore que 80.000 habitants;
ce chiffre atteignait près de 220.000 en 1790, et plus de 300.000 à la
mort de la souveraine (1796).
Tels furent les débuts de la ville qui
allait être pendant près de deux siècles la capitale de l'empire russe.
Alexandre Ier entreprit le dessèchement
de la cité et l'embellit de parcs, de ponts, de palais et d'églises.
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La
Perspective Nevski au début du XXe
s.
Au fond, l'Amirauté.
Monuments de la ville.
Curiosités
Vue des bords de la Néva, la ville présente
un aspect des plus agréables. Les principaux édifices sont groupés dans
le quartier méridional sur la rive gauche du grand bras, traversé, dans
sa partie supérieure, de l'Ouest par la perspective Nevski (de la Néva)
à laquelle aboutissent, de droite ou de gauche, les voies les plus animées
de la ville : rue de Kazan (Kazanskaya), la grande et la petite Morskaya
(de la mer), Sadovaya (des jardins), Karavannaya (des caravanes). La bordure
Nord de ce quartier est occupée par les aristocratiques quais des Anglais
et de l'Amirauté. C'est le quartier qui renferme aussi les principaux
monuments et édifices de la capitale.
Comme la plupart des villes de fondation
moderne, les rues de Saint-Pétersbourg s'étendent en lignes droites.
Les principaux quais sont en granit. Les places publiques, au nombre de
80 environ, et dont quelques-unes sont de dimensions démesurées, produisent
souvent un effet de tristesse par leur nudité.
Les maisons d'habitation, dans les quartiers
centraux de la ville, assez élevées, trois ou quatre étages, présentent
le même aspect que dans les autres grandes villes de l'Europe. Saint-Pétersbourg
est pourvu, d'autre part, de jardins et squares (au nombre d'environ 50),
très fréquentés durant la belle saison.
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Les édifices
religieux de saint-Pétersbourg.
La ville renfermereait 230 églises
orthodoxes, plus une cinquantaine de chapelles
disséminées sur divers points de la cité et ouvertes toute la journée
à la dévotion des foules. Parmi ces édifices, les deux plus importants
sont les cathédrales (Sobors)
Saint-Isaac et de Kazan. Parmi les autres édifices religieux, il y a lieu
de citer le couvent Novodievitchi (des Vierges),
le monastère Alexandre Nevski avec la
cathédrale de la Trinité (1711), l'église Saint-Samson (1709-1740),
Saint-Nicolas des Marins, Saint-Vladimir, etc.
L'église
Saint-Isaac.
Cette église cathédrale est située
sur la place de ce nom. Elle est bâtie en granit, en marbre,
en bronze et en fer; son plan est en forme
de croix grecque; un dôme s'élève au centre,
et quatre chapelles carrées, surmontées de campaniles, sont établies
aux angles. La longueur totale est de 94 m, et la largeur de 31. Les quatre
portiques
qui s'élèvent aux quatre bras de la croix offrent chacun 12 colonnes
monolithiques en granit rouge de Finlande, hautes de plus de 18 m, et de
plus de 2 m de diamètre. Chaque portique est couronné d'un fronton,
dont les bas-reliefs ont été exécutés
par Lemaire et Vitali. Chaque fronton est surmonté de trois figures en
bronze : au sommet, un des Évangélistes, et, à chaque coin, un Apôtre.
Des
Anges agenouillés, également en bronze,
sont placés sur des pilastres cannelés,
à chaque angle du toit, dont ils terminent la décoration. Le dôme, avec
ses fenêtres en arcade,
rappelle beaucoup celui de Saint-Pierre
de Rome; sa base, en marbre gris comme les murs, porte 24 colonnescorinthiennes
de granit, au-dessus desquelles règne une galerie ornée d'une balustrade
en bronze que décorent 24 figures d'Anges du même métal; la coupole
et la lanterne sont couvertes en cuivre doré, et on y a employé 247 livres
d'or pur. La hauteur du dôme au-dessus du sol est de 118 m; son diamètre,
de 23 m. Les portes de l'église de Saint-Isaac, tout en bronze, ont une
riche ornementation; celle qui forme la grande entrée, sous le portique
occidental, ne mesure pas moins de 16 m de haut sur 1,30 m de large.
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L'église
Saint-Isaac, à saint-Pétersbourg. La relative sobriété néo-classique
de son aspect
extérieur
contraste avec son intérieur sompteusement décoré.
A l'intérieur de l'édifice, les murs,
recouverts de marbre blanc, portent des incrustations de toute espèce
et de toute couleur; le sol est en marbre gris, arrangé comme un parquet,
et qui se développe sur 4500 m², pour se réunir au milieu en une magnifique
rosace
de diverses couleurs.
Pierre le Grand
avait conçu le projet d'ériger une église en l'honneur de Saint Isaac
le Dalmate, parce qu'il était né le jour que les Grecs
consacrent à la fête de ce saint. Mais ce fut
seulement Catherine II qui jeta les fondements
de l'édifice, en 1768. Souvent interrompus, les travaux furent repris
en 1829, sous la direction de l'architecte français Montferrand, et, dix
ans après, la croix fut inaugurée au sommet du dôme.
Il fallut ensuite 20 ans pour achever les
oeuvres d'ornementation. L'érection
de ce monument colossal a nécessité en ces dernières années des dépenses
supplémentaires considérables pour la construction d'un bâtiment destiné
à contre-balancer, à une distance d'environ 300 m, le mouvement oscillatoire
qu'on constatait dans l'édifice.
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La cathédrale
Saint-Isaac vue par Théophile Gautier
« L'hiver en Russie
a une poésie particulière; ses rigueurs sont compensées par des beautés,
des effets et des aspects extrêmement pittoresques. La neige glace d'argent
les coupoles d'or, accuse d'une ligne étincelante les entablements et
les frontons, met des touches blanches sur les acanthes d'airain, pose
des points lumineux aux saillies des statues, et change tous les rapports
de tons par des transpositions magiques. Saint-Isaac ainsi vu prend une
originalité toute locale. Il est superbe de couleur, soit qu'il se détache,
tout rehaussé de blanc, d'un rideau de nuages gris; soit qu'il découpe
son profil sur un de ces ciels de turquoise et de rose qui brillent Ã
Saint-Pétersbourg, lorsque le froid est sec et que la neige crie sous
le pied comme de la poudre de verre. Parfois, après un dégel, une bise
glaciale fige en une nuit, sur le corps du monument, la sueur des granits
et des marbres. Un réseau de perles, plus fines, plus rondes que les gouttes
de rosée autour des plantes, enveloppe les gigantesques colonnes du péristyle.
Le granit rougeâtre devient du rose le plus tendre, et prend sur le bord
comme un velouté de pêche, comme une fleur de prune; il se transforme
en une matière inconnue, pareille à ces pierres précieuses dont sont
bâties les Jérusalems célestes. La vapeur cristallisée revêt l'édifice
d'une poussière de diamant qui jette des feux et des bluettes
[ = étincelles] quand un rayon l'effleure;
on dirait une cathédrale de pierreries dans la cité de Dieu.
Chaque heure du jour
a son mirage, Si l'on regarde Saint-Isaac, au matin, du quai de la Néva,
il apparaît couleur d'améthyste et de topaze brûlée, au milieu d'une
auréole de splendeurs lactées et roses. Les brumes laiteuses qui flottent
à sa base le détachent de la terre, et le font nager sur un archipel
de vapeur. Le soir, sous une certaine incidence de lumière, du coin de
la petite Morskaïa, avec ses fenêtres traversées par les rayons du couchant,
il semble illuminé et comme incendié à l'intérieur. Les baies flamboient
ardemment dans les murailles sombres; quelquefois, par les temps de brume,
lorsque le ciel est bas, les nuages descendent sur la coupole et la coiffent
comme le sommet d'une montagne. Nous avons vu, spectacle étrange, la lanterne
et la moitié supérieure du dôme disparaître sous un banc de brouillard.
La nuée coupant de sa zone d'ouate l'hémisphère doré de la haute tour,
donnait à la cathédrale une élévation prodigieuse et l'air d'une Babel
chrétienne allant retrouver et non braver, dans les cieux, Celui sans
lequel il n'y a pas de construction solide.
La nuit, qui dans
les autres climats jette son crêpe opaque sur les édifices, ne peut entièrement
éteindre Saint-Isaac. Sa coupole reste visible sous le dais noir des cieux
avec des tons d'or pâle, comme une immense bulle à demi lumineuse. »
(Th.
Gautier, extrait du Voyage en Russie).
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Notre-Dame
de Kazan.
La cathédrale de Notre-Dame de Kazan
(Kazanski Sobor), construite dans les années 1804-1811, évoque le souvenir
de Saint-Pierre de Rome. Un dôme haut de 20 m domine la basilique.
Le granit et le jaspe ornent la nef où sont
déposés des trophées militaires; l'argent
ciselé et les pierres précieuses sont amoncelés pour parer l'iconostase
et les cadres des icônes.
Le
monastère Alexandre Nevski.
Une curiosité plus remarquable peut-être
est la laure (monastère) d'Alexandre
Nevski, véritable forteresse dont la première pierre a été posée
par Pierre le Grand en 1742 et qui renferme dans l'une de ses cinq églises
(cathédrale de la Trinité), les restes du saint vénéré ainsi que ceux
de plusieurs membres de la famille impériale : la reine Praskovia, femme
du tsar Ivan Alexiéevitch et de sa soeur, Nathalie; de Pierre, fils de
Pierre ler, etc. Le cimetière
Tikhivine attenant à ce couvent, le Père-Lachaise
de Saint-Pétersbourg, renferme aussi la plupart des grands hommes de Russie,
hommes politiques, guerriers, littérateurs (Schouvorov, Panine,
Spéranski, Lomonossov,Von
Vizine, Dostoievski, Gontcharov, Glinka,
etc.).
Petropavlosk.
Le noyau de Saint-Pétersbourg, la citadelle
de Petropavlosk, fut érigée, comme nous l'avons dit déjà , par Pierre
le Grand, en 1703. Au début, les fortifications étaient en terre;
en 1706 seulement, on entreprit d'élever des fortifications en pierres
et en briques telles qu'elles existent encore de nos jours. Elle occupe
tout un îlot, relié à la ville par un grand pont. La citadelle proprement
dite a eu des destinations diverses. Elle fut surtout pendant longtemps
la grande prison politique de Saint-Pétersbourg; ses casemates
abritaient des condamnés dont quelques-uns, à en croire les rumeurs populaires,
ne devaient jamais revoir le jour. Parmi les principaux hôtes de la forteresse,
il faut mentionner le fils même de Pierre le Grand, Alexis,
qui y mourut subitement, après une visite de son père. Alexis était
le principal instrument des adversaires de Pierre, afin de contrecarrer
les projets du grand réformateur.
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La
citadelle de Pierre et Paul. Construite entre 1706 et 1740, elle abrite
la cathédrale
Saints-Pierre
et Paul, achevée en 1733 et où reposent presque tous les membres de
l'ancienne
famille impériale.
C'est là que furent aussi incarcérés
les conspirateurs de 1825 et la plupart des nihilistes; sous Alexandre
Il la citadelle recevait les condamnés à mort qu'elle gardait jusqu'Ã
leur exécution. Bien que désaffectée à partir du règne d'Alexandre
III, et, malgré les affirmations officielles maintes fois répétées
qu'aucun détenu ne se trouvait dans la forteresse, le peuple de Saint-Pétersbourg
ne passa pas, pendant des décennies, sans une certaine appréhension devant
l'antique bastille russe et baissait ostensiblement la voix devant l'ancienne
prison des nihilistes.
Petropavlovsk est aussi le Saint-Denis
des Russes, et sa cathédrale renferme les restes des souverains et des
principaux membres de leurs familles (sauf l'empereur Pierre Il enterré
Moscou)
qui se sont succédé en Russie depuis Pierre le Grand. Le monument mesure
68 m de long sur 33 de large; sa hauteur est de 19 m. Une coupole blanche
surmonte l'abside. Le temple a été plusieurs
fois endommagé par la foudre. L'intérieur de l'église
est orné de nombreux trophées militaires. Les tombeaux occupent, sans
ordre ni symétrie, toute la nef. Quelques-uns portent des inscriptions;
pour d'autres, des plaques fixées au mur indiquent le rang du défunt.
L'église est entourée, au dehors, d'un vaste jardin
où sont enterrés tous les commandants de la forteresse.
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L'intérieur
de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul.
Les palais et
les autres monuments.
Les divers palais de la ville se distinguent
par une grande ampleur des proportions; la décoration extérieure est
toutefois très sobre. Le plus ancien est le Palais d'Été, construit
par Pierre le Grand déjà en 1712. Le Palais d'Hiver, immense quadrilatère,
muni à la façade de nombreuses colonnes,
mais lourd et d'un aspect morne. L'intérieur, par contre, est d'une grande
richesse; il constitue aujourd'hui l'édifice principal du musée de l'Ermitage
(créé en 1768), auquel est joint notamment
une bibliothèque et un théâtre.
.
Parmi les autres théâtres, on mentionnera
le théâtre Marinski (ancien Kirov) et le théâtre Alexandre.Viennent
ensuite le palais Anitchkov, résidence modeste, habitée de préférence
par les derniers monarques, le palais Mikhaïlov où le tsar paul fut étranglé,
le palais de Tauride, que fit construire Potemkine
pour y donner une fête en l'honneur de Catherine II, le palais Menchikov,
diverses autres grandes constructions, anciennes demeures des membres de
la famille impériale (grands-ducs Constantin, Vladimir, Alexis, grande-duchesse
Marie) ou de riches seigneurs, Strogonov, Scheremetiev. A citer aussi l'Amirauté
et l'inévitable Gostini Dvor (littéralement : maison des Hôtes), qu'on
trouve dans beaucoup d'autres villes importantes, sorte de Palais
Royal, vaste bâtiment quadrilatère, à arcades, qui renferme des
magasins de luxe.
Le
musée de l'Ermitage.
En 1765, Catherine
II, impératrice de Russie, fit
construire près du palais d'Hiver, en façade sur le quai de la Néva,
par l'architecte français Vallin de La Mothe, un petit palais de style
Louis XV, très délicat, où, les affaires de l'Etat traitées, elle
aimait à se retirer, dans l'intimité joyeuse de ses amis et familiers.
Les deux palais étaient reliés par une galerie. Dix ans après, ses collections
de tableaux et d'oeuvres d'art ayant pris une grande extension, Catherine
ordonna la construction d'un nouveau bâtiment contigu, destiné spécialement
à les recevoir et dont l'architecte fut Youri Matvecvitch Velten. Un pont
galerie
fournissait les communications entre ce pavillon et l'oeuvre de Vallin
de La Mothe. En 1780, l'impératrice annexa à la construction de Velten
une nouvelle galerie, destinée à contenir la copie des Loges de
Raphaël, qu'elle avait fait exécuter au
Vatican,
en grandeur exacte, sous la direction du savant archéologue Reiffeinstein
et du peintre Unterberger. Cette même année, l'architecte italien Quarenghi
élevait, sur ses ordres, le théâtre de l'Ermitage, réuni à la galerie
de tableaux par une arche jetée sur le petit canal du palais d'Hiver,
à sa jonction avec la Néva. Enfin, en 1839, l'empereur Nicolas demandait
à Léon de Klenze, l'auteur de la Pinacothèque de Munich, les plans d'un
bâtiment destiné à recevoir les oeuvres d'art éparses dans les divers
palais impériaux, Tsarkoe-Sèlo, Tauride,
etc. Les travaux dirigés par le professeur Jephimoff durèrent dix ans.
En 1860, le tsar Alexandre fit reconstruire par l'architecte de la cour,
Stakenschneider, la partie due à Vallin de La Mothe, qui fut surmontée
d'une terrasse, renouvelant en réduction les jardins
suspendus de Babylone.
L'Ermitage, dans ses différentes parties
et avec ses dépendances, forme un parallélogramme de 171 m de long sur
125 m de large, à quatre ailes perpendiculaires, réunies au centre entre
deux cours par un cinquième bâtiment. On donne populairement le nom de
l'Ermitage au musée que renferme ce palais, et qui est un des plus riches
du monde en tableaux de maîtres, en objets d'art et de haute curiosité.
La galerie des tableaux a été formée par Catherine
II, qui acheta dans ce but les plus importantes collections mises en
vente pendant son règne : collections Brühle, baron Thiers, Choiseul,
Zuchmantel, Conti, Dezalier d'Argenville, Langlier et Lebrun, Algernon,
Perey, etc.
Alexandre
Ier consacra
des sommes considérables à l'accroissement du musée; on lui doit, entre
autres acquisitions, la collection de la Malmaison formée par l'impératrice
Joséphine,
achetée 940,000 F; la collection de tableaux
espagnols de Coesvelt, au nombre de 50; et le cabinet Creighton.
Le tsar Nicolas
Ier, passionné
pour les beaux-arts, s'intéressa vivement à l'Ermitage. Les acquisitions
faites sous son règne sont nombreuses et importantes : 1826, collection
Miloradovitch, tableaux, statues et bustes en marbre; 1829, fraction de
la galerie de la reine Hortense (30 tableaux); 1831, fraction de la galerie
du prince de la Paix (33 tableaux); 1834, collections Gessler (32 tableaux),
et Paez de la Cadena (51 tableaux); 1836, collection Labanov de Rostov
(42 tableaux); 1843, collection Tatichtchev, léguée à l'empereur (182
tableaux); 1850, galerie Barbarigo (102 tableaux), achetée 600,000
F. Aux ventes célèbres de Guillaume II, roi de Hollande (1850), maréchal
Soult (1842), de Morny (1852), l'administration de l'Ermitage acheta de
nombreux tableaux de premier ordre et de toutes écoles.
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La
façade de l'ancien palais d'Hiver. Il fait aujourd'hui partie du musée
de l'Ermitage.
Alexandre II continua avec magnificence
les traditions de la famille impériale. Sa première acquisition, la plus
importante du règne, fut, en 1861, celle d'une partie de la collection
Campana, comprenant le célèbre vase de Cumes, un des chefs-d'oeuvre de
la céramique antique. Vinrent ensuite des
achats variés dans les collections Fenton et Litta. Alexandre III a enrichi
l'Ermitage de la célèbre collection d'objets d'art formée par le prince
Basilevski.
A la fin de la période impériale, le
musée de l'Ermitage possèdait 1735 tableaux exposés, ainsi répartis
entre les diverses écoles : Italie,
374; France, 122; Russie, 71 ; Espagne,
116, Flandre, Pays-Bas
et Allemagne, 1025; Angleterre,
70. Le cabinet des dessins était formé d'environ 1500 pièces.
Il y a aussi un cabinet de gravures, complété
par une bibliothèque d'art, qui possède de précieux manuscrits.
La section d'antiquités comprend quelques sculptures antiques, une collection
précieuse de vases peints, une collection de bronzes, des antiquités
sibériennes et circassiennes. Une galerie contient une série d'icones
et de tableaux religieux formant l'histoire de la peinture des écoles
russes de Novgorod et de Moscou,
depuis les prototypes du mont Athos jusqu'aux
oeuvres du dernier peintre célèbre, Hylarios.
-
L'architecture
intérieure du musée de l'Ermitage.
La galerie, surnommée la « galerie illustrée
», renfermant une collection d'oeuvres et un grand nombre d'objets précieux
des XIVe, XVe
et XVIe siècles, et la collection Basilevski,
constituent le musée du Moyen âge et
de la Renaissance. De vastes salles
sont remplies de souvenirs historiques, d'objets d'art et de curiosité,
provenant d'Elisabeth, de Catherine
Il, et d'autres souverains russes. Une grande galerie est consacrée
exclusivement à Pierre le Grand; on y voit les
meubles, les instruments qu'il exécuta de ses mains; ses vêtements, ses
livres, ses tableaux, ses bijoux. Le musée
de l'Ermitage possèderait en tout 3 millions d'oeuvres d'art.
Le
théâtre de l'Ermitage.
Ce théâtre,
qui fait partie aujourd'hui de l'ensemble de bâtiments qui constituent
le musée de l'Ermitage, était le théâtre particulier des souverains,
quelque chose d'analogue à ce qu'étaient jadis en France les théâtres
des palais de Compiègne et de Fontainebleau,
à ce que fut plus tard celui des Tuileries.
Fermé puis occupé par des bureaux de l'Administration à l'époque sociétique,
il a été rendu à sa destination première en 1991.
Il a conservé néanmoins sa célébrité,
non à cause de lui-même, mais en raison des glorieux souvenirs artistiques
qui s'y rattachent. On considère pourtant que c'est une des oeuvres les
plus distinguées de l'architecte Quarenghi. Il a été construit sur le
canal qui unit la Moïka à la Néva, à sa jonction avec ce fleuve. L'architecte
jeta sur ce canal, à la hauteur du premier étage, une voûte hardie et
élégante, formant pont, et qui rappelle volontiers, par son aspect extérieur
et la façon dont elle est placée, le fameux pont des Soupirs, à Venise.
C'est sur ce pont qu'a été construite une superbe salle garnie de tableaux
par laquelle on accède au théâtre et qui lui sert en quelque sorte d'antichambre.
Celui-ci, complètement séparé du palais proprement dit, constitue donc
comme un pavillon tout à fait particulier. La salle, qui forme un hémicycle
régulier, est de petite dimension, mais heureusement divisée et aménagée
avec beaucoup de goût. Point de loges, point de galeries, mais un amphithéâtre
à gradins, harmonieux et élégant, en avant duquel, dans l'espace qui
sépare l'orchestre des premiers gradins, on disposait des sièges pour
le souverain, pour la famille impériale et pour les membres du corps diplomatique.
La scène, assez profonde, mais sans vastes proportions, n'offre rien de
particulièrement remarquable.
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Le Théâtre
de l'Ermitage au temps de sa splendeur
Au XVIIIe
siècle et au commencement du XIXe, un
personnel nombreux et choisi, recruté à grands frais, était spécialement
et exclusivement attaché au théâtre de l'Ermitage; les plus grands virtuoses
italiens
ou français étaient appelés Ã
faire partie de ce personnel, et les compositeurs les plus célèbres étaient
attirés à Saint-Pétersbourg et chargés d'écrire, pour ces artistes
fameux, des opéras entièrement nouveaux,
dont le souverain et sa cour avaient la primeur. Ce fut d'abord, dit-on,
une troupe de comédiens français qui occupa
le théâtre de l'Ermitage et qui fit connaître à ce public de choix
les chefs-d'oeuvre de Molière, de Regnard, de
Marivaux, etc.; parmi eux, on comptait d'excellents
artistes, entre autres Fostier, élève de Préville, Aufrène et la fille
de celui-ci. Mais l'impératrice Catherine,
qui avait un goût prononcé pour la musique italienne, engagea le célèbre
compositeur Sarti, le maitre de Cherubini,
qui se rendit à Saint-Pétersbourg avec une compagnie de chanteurs italiens
en tête desquels brillaient deux virtuoses d'un talent merveilleux, le
fameux sopraniste Marchesi et la cantatrice Luise Todi, la rivale de la
Mara. La Todi produisit une impression inouïe en chantant un opéra expressément
écrit pour elle par Sarti, qui composa ensuite sous ce titre, la Gloire
du Nord, un opéra sur texte russe. Il écrivit aussi, sur des paroles
russes, un psaume
dans lequel l'orchestre ordinaire était renforcé par un second orchestre
de ces cors russes si fameux alors, et un Te Deum où, pour marquer
la mesure dans certaines périodes, il employa le canon,
ce qui produisit sur ses auditeurs un effet indescriptible.
Malgré quelques
différends qui s'élevèrent, à un moment donné, entre Sarti et l'impératrice,
celle-ci combla de biens le compositeur, l'éleva au premier degré de
la noblesse et, pour le fixer en Russie, lui fit don de terres considérables.
Mais le climat était contraire à sa santé, et Sarti dut retourner en
Italie. Paisiello
fut alors appelé de ce pays pour le remplacer. C'était encore gagner
au change, car l'inspiration de l'auteur de la Molinara et de Nina
pazza per amore était autrement riche et généreuse que celle de
Serti. Paisiello fit en Russie un séjour de huit années, pendant lesquelles
il n'écrivit pas moins de dix opéras pour le théâtre de l'Ermitage
: La Serva padrona, Il Matrimonio inaspettato, Il Barbiere di Seviglia,
I Filosofa immaginarii, La Finta Amante, Il Mondo della Luna, Niteti, Lucinda
ed Armidoro, Alcide al bivio et Achille in Sciro.
Deux cantatrices
surtout, la Pozzi et la Bruni, se distinguèrent dans ces divers ouvrages.
A Paisiello succéda Cimarosa qui, après avoir
mis au jour d'abord une cantate intitulée La Felicità inaspettata,
écrivit à son tour pour l'Ermitage trois opéras nouveaux : Cleopatra,
La Vergine del sole et Atene edificata.
Mais les échos du
théâtre de l'Ermitage devaient retentir aussi des accents inspirés d'un
musicien français. On sait que dès les premières années du XIXe
siècle ce fut une sorte de fureur, de la part de quelques-uns des artistes
français, de s'en aller en Russie, où les attiraient les avantages très
brillants que leur faisait le tsar Alexandre. Non seulement les plus grands
virtuoses, tels que les violonistes Rode et Baillot, le violoncelliste
Lamare, étaient appelés au service de la cour de Russie par de brillants
engagements, mais l'empereur avait décidé de réunir à l'Ermitage une
troupe française pour remplacer les chanteurs italiens depuis si longtemps
en possession des faveurs souveraines. En même temps il appelait à son
service, comme maître de chapelle et compositeur, avec un traitement de
3000 roubles par an, le grand Boieldieu, qui
arriva à Saint-Pétersbourg vers la fin de 1803 et n'en partit, pour revenir
en France, qu'au commencement de 1811. Pendant ce long séjour, Boieldieu
composa neuf opéras, dont trois seulement furent représentés plus tard
à Paris, et dont voici les titres : Aline, reine de Golconde, Amour
et mystère, Abderkhan, Un Tour de soubrette, la Jeune Femme colère, Télémaque,
les Voitures versées, la Dame invisible et Rien de trop. Parmi
les artistes qui étaient chargés d'interpréter ces ouvrages, et dont
plusieurs avaient fait partie à Paris du personnel de l'Opéra-Comique,
on peut citer Andrieux, Claparède, Fleuriot, Mlle Philis aînée, Mme
Mees, etc. Boieldieu écrivit encore, pour le service de la cour, une musique
nouvelle sur les choeurs d'Athalie, de Racine,
qui produisit un grand effet.
C'est à partir de
l'époque où Boieldieu quitta la Russie que commença, croyons-nous, l'abandon
et ce qu'on pourrait appeler la décadence du théâtre particulier de
l'Ermitage. Bientôt un théâtre public de comédie française allait
être installé à demeure à Saint-Pétersbourg; d'autre part, une troupe
d'opéra italien ne devait pas tarder à se fixer au théâtre impérial,
ou elle n'a pas cessé de se montrer jusqu'aux dernières années de la
Russie des tsars ; l'art se répandait, devenait accessible à tous, et
les souverains ne jugeaient plus à propos de s'imposer des sacrifices
considérables pour leur seul plaisir personnel. Le théâtre de l'Ermitage
en vint donc à ne plus servir que dans des circonstances officielles et
solennelles, et il n'eut plus de troupe spécialement attachée Ã
lui.
Il n'en a pas moins,
pendant environ un demi-siècle, occupé une place dans l'histoire de l'art,
ne fût-ce que par les oeuvres qu'il a mises au jour et par les artistes
illustres qui écrivirent ces oeuvres à son intention. (A.
Pougin). |
La
Bourse.
L'ancienne Bourse
de Saint-Pétersbourg (auj. musée naval) est un monument construit
de 1804 à 1811, sur les plans de l'architecte français Thomon, mais qui
ne fut ouvert au commerce qu'en 1816. C'est un parallélogramme long de
107 m, large de 80 m, et haut de 29 m, autour duquel une galerie ouverte
est formée par un rang de 44 colonnes doriques,
dont 10 à chaque façade et 12 sur chaque partie latérale. La grande
salle intérieure, éclairée par la voûte
et ornée de sculptures emblématiques, a 41 m de long sur 21 m de large.
La façade principale de l'édifice, tournée du côté de la Néva, est
précédée d'une belle place en forme de demi-lune, et dont les revêtements,
les parapets et les trottoirs sont en granit : aux deux extrémités de
cette place s'élèvent deux colonnes ornées
de statues, d'ancres et de proues de navire,
hautes de 40 m et surmontées chacune d'une demi-sphère que supportent
trois Atlas. Deux rampes circulaires conduisaient de la place au niveau
de la Néva, sur laquelle les bâtiments apportaient les marchandises Ã
la Bourse même.
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L'ancienne
Bourse de Saint-Pétersbourg (bâtiment blanc) et l'une de ses colonnes
rostrales.
Les statues.
Parmi les monuments décoratifs de la
grande cité russe, nous devons citer les deux statues
équestres de Pierre le Grand, dont la principale, érigée en 1782, est
due au Français Falconet
et à Mlle Callot. La statue repose sur un énorme rocher, monolithe amené
de Finlande, et ne porte que cette inscription (sur une face en latin,
sur l'autre, en russe) : A Pierre
Ier,
Catherine
Il; une statue (1873) et un buste (1888) de l'impératrice
Catherine Il; arc de triomphe de la Narva (souvenir de 1844); monument
en mémoire de la guerre de 1877-1878; statues de Joukovski, de Krylov,
de Pouchkine, de l'explorateur Prjevalski;
statue équestre de Nicolas Ier; arc de
triomphe de Moscou, en souvenir des victoires de 1826-1831; colonne d'Alexandre
Ier,
oeuvre de l'architecte Montferrand (1830-1834), monolithe en granit rouge,
haute de 47,5 m et pesant 600 tonnes. (P. Lemosof / Marius
Vacon / B.).
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La
colonne d'Alexandre Ier,
devant le palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg.
Images
: The World Factbook.
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Cristina
Sirigatti, Le musée de l'Ermitage : Saint-Pétersbourg,
Eyrolles, 2009. -2La
collection " Les grands musées " vous propose de déambuler dans les galeries
du musée de l'Ermitage. Véritable guide, ce livre conçu et rédigé
par une spécialiste vous introduit d'abord à la construction et à l'institution
de l'édifice. Il vous propose ensuite une présentation claire, vivante
et accessible des principaux maîtres et des oeuvres majeures. Ainsi, sur
place ou à distance, il vous délivre l'essentiel. (couv).
Jean
Blot, Alexandre Blok, le poète de la Perspective Nevski,
Le Rocher, 2007.
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