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Maison de Chabannes

La Maison de Chabannes est une famille du Limousin. On ne la remarque guère avant le XVe siècle, mais, depuis cette époque, elle produisit des capitaines célèbres, à commencer par les fils de Robert de Chabannes, qui fut tué à la bataille d'Azincourt (1415). L'aîné, Etienne, périt à la bataille de Cravant (1423); les deux autres, Jacques (plus connu sous le nom de La Palice) et Antoine, eurent une brillante carrière.
Jacques Ier de Chabannes est un capitaine français du XVe siècle, né vers 1400, mort le 20 octobre 1453; il se distingua pendant le siège d'Orléans (1428-1429), surtout à la bataille de Rouvray (12 février 1429) (La Guerre de cent ans). Devenu un des plus audacieux capitaines de routiers (La criminalité au Moyen âge), il prit et garda, pour le duc Charles de Bourbon, Corbeil, le Bois-de-Vincennes, Brie-Comte-Robert, fut nommé sénéchal de Toulouse et d'Albi, grâce à  la protection de ce prince et prit part, avec lui, à la révolte de la Praguerie (1440). Il perdit alors son office de sénéchal de Toulouse, mais il rentra bientôt en grâce auprès de Charles VII, se signala pendant la conquête de Normandie (1449-1450), à la bataille de Formigny (15 avril 1430) et fut nommé grand-maître de France (1451). Il contribua encore au recouvrement de la Guyenne, en 1451 et en 1453, et gagna la bataille de Castillon (17 juillet 1453) avec J. de Bueil. Blessé grièvement dans cette journée, il mourut le 20 octobre suivant. Il eut pour fils : 
Geoffroy de Chabannes, seigneur de Charlus et de La Palice, qui fut longtemps lieutenant de Jean II, duc de Bourbon, dans le Languedoc (1469), puis capitaine de Rodez et sénéchal du Rouergue (1481); 

Gilbert de Chabannes, seigneur de Curton, qui fut chambellan du duc de Guyenne (1470), sénéchal de Guyenne (1472), sénéchal du Limousin, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. C'est de lui que descendent les seigneurs de Curton.

Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, est un capitaine d'écorcheurs, né vers 1411, mort en 1488. Comme son frère aîné Jacques, il fut capitaine de routiers et s'éleva encore plus haut que lui par soir audace et ses talents. Pris par les Anglais à la bataille de Verneuil (1424), puis relâché, il se distingua aussi pendant le siège d'Orléans (1428), où il partagea les exploits de Jeanne d'Arc, et à la bataille de Patay (1429), secourut Lagny en 1432, conduisit ses écorcheurs en Bourgogne, en Champagne,en Normandie (1436), en Lorraine (1438) et revint combattre au siège de Meaux (1439) La même année, il épousa Marguerite de Nanteuil, qui lui apporta en dot le comté de Dammartin. Il prit part à la Praguerie (1440), suivit le dauphin Louis (futur Louis XI) en Alsace (1444), seconda ses intrigues contre P. de Brézé et, grace à son frère Jacques, obtint le pardon et la faveur de Charles VII. Il fut ensuite nommé grand panetier de France (1449), bailli de Troyes (1450), sénéchal de Carcassonne et de Béziers. Ce fut lui qui présida la commission chargée d'instruire le procès de Jacques Coeur. Envoyé dans le Dauphiné, avec le titre de lieutenant général du roi, il faillit prendre le dauphin Louis (1456), qui lui garda longtemps rancune. Arrêté en 1463, condamné au bannissement et à la confiscation, il fut emprisonné à la Bastille, d'où il s'échappa, en 1465, pour se joindre à la Ligue du Bien public. Après les traités de Conflans et de Saint-Maur, Louis XI lui restitua ses titres et ses biens et le nomma grand-maître de France (1467). En 1468, Dammartin lui rendit un service inestimable en refusant de licencier ses troupes, malgré un ordre formel arraché au roi par Charles le Téméraire, qui le tenait prisonnier à Péronne. II fit alors casser l'arrêt rendu contre lui en 1463 et fut fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel (1469). Il fut ensuite lieutenant général du roi (Charles VIII) « ès marches de Guyenne et du Languedoc » (1470), capitaine de Harfleur, de Montivilliers, de Château-Gaillard et gouverneur de la ville de Paris, où il mourut le 23 décembre 1488, à l'âge de soixante-dix sept ans. Avide et peu scrupuleux, il s était fait donner une partie des biens confisqués de Jacques Coeur, du comte d'Armagnac, Jean V, de Ch. Melun et il avait acquis une immense fortune. 

Jean de Chabannes, comte de Dammartin, est né vers 1442, et est mort après 1502, fils aîné d'Antoine de Chabannes. Il ne se signala que par son avidité, ses violences et ses crimes. Il se révolta contre l'autorité paternelle et il eut recours aux moyens les plus détestables pour garder la riche seigneurie de Saint-Fargeau (arrondissement de Joigny), qui avait appartenu à Jacques Coeur. Sa fille, Anne, mariée à Jacques de Coligny, étant morte en 1500, laissant le cinquième de ses biens à son frère, le comte de Dammartin, attira au château de Saint-Fargeau le notaire qui avait rédigé le testament et le contraignit, en le menaçant de la torture, à déclarer que la testatrice n'avait plus sa raison et que l'acte était nul. Des documents authentiques attestent les incroyables excès de ce personnage.

Jacques II de Chabannes, seigneur de La Palice,  est un célèbre capitaine français du XVe siècle, mort en 1525, fils aîné de Geoffroy et petit-fils de Jacques Ier de Chabannes. Il se distingua de bonne heure par son intrépidité. Après avoir suivi Charles VIII à Naples (1494-1495) et Louis XII à Milan (1500), il alla combattre les Espagnols dans le royaume de Naples, fut fait prisonnier par Gonzalve de Cordoue en défendant la ville de Ruvo (1503) et mis en liberté sans rançon (1504). Il prit part au siège de Gênes, où il fut blessé à la bataille d'Agnadel (1507), et au siège de Padoue (1509). Nommé grand-maître de France, il se distingua encore à la bataille de Ravenne (1512), où il prit le commandement de l'armée après la mort de Gaston de Foix, conquit la Romagne, fut, un instant, gouverneur du Milanais et dut évacuer ce pays (1512). Envoyé en Navarre pour servir de guide au jeune François, comte d'Angoulême, il fat repoussé par le duc d'Albe. De là, il passa en Artois et fut vaincu à Guinegatte (1513). En 1515, il reçut de François Ier le bâton de maréchal. Il combattit ensuite à Marignan (14 septembre 1515), à La Bicoque (1522), alla dégager Fontarabie assiégée par les Espagnols (1522), obligea le connétable de Bourbon à évacuer la Provence (1524) et périt glorieusement à la bataille de Pavie, où il commandait l'avant-garde (24 février 1525). Les Espagnols l'avaient surnommé le Grand maréchal de France.

Jean de Chabannes, seigneur de Vandenesse, mort en 1524, était le deuxième fils de Geoffroy de Chabannes et frère du célèbre maréchal de La Palice, qu'il suivit dans ses campagnes, à Agnadel (1509), où il fit prisonnier le général vénitien l'Alviano, à Marignan (1515) et à la Bicoque (1522), où il fit des prodiges de valeur. Il fut blessé mortellement à Biagrasso, en même temps que Bayard dont il était l'ami (avril 1524). (E. Cosneau).

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Dictionnaire biographique
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