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| On a donné
en France
Le château, autour duquel se dressent un châtelet sur un îlot, en face de la presqu'île de Bernières, un fort, dit Boutavant, plus au Sud, puis les fortifications du grand et du petit Andely, - fut construit au haut d'un roc, dominant la Seine de plus de 100 m. Il se compose principalement d'un ouvrage avancé de forme triangulaire et comprenant trois fortes tours, d'un fossé de près de 10 m de large et du corps de la place qui communiquait avec l'ouvrage avancé que par un pont de bois; dans la première enceinte de ce corps de place se trouvent la chapelle, les communs et les écuries; après un autre fossé s'élève une deuxième enceinte qui est elliptique; les nombreux segments dont elle est formée ne sont séparés les uns des autres que par deux pieds de courtine et constituent ainsi une muraille bossuée de près de 3 m d'épaisseur; une porte masquée donne accès dans le donjon, tour circulaire dans les trois quarts de son développement et se terminant vers l'Est, du côté de la porte, par une sorte d'éperon; ses murs ont presque 5 m.d'épaisseur et son diamètre est de 8 m, à l'intérieur; extérieurement il est garni de contreforts ressemblant assez à de vastes coins en pierre appliqués contre la muraille. Ce fut Richard
Coeur de Lion qui imagina, dirigeant lui-même la construction
de ce château où les traditions normandes n'ont été
nullement suivies, le fossé isolant le corps de la place, les flanquements
obtenus par les tours, la muraille bossuée sans meurtrière
à la partie inférieure pour résister mieux contre
la mine et la sape, les mâchicoulis de pierre remplaçant les
hourds de bois des crénelages du donjon; ici pas de sculptures,
tout est sacrifié à la défense. Le travail fut fait
avec une telle activité que Richard, dit-on, put s'écrier
: « Qu'elle est belle, ma fille d'un an ! » Le château
devrait son nom à un autre mot du même prince : on le trouve
appelé aussi dans les anciens textes la Roche d'Andely, le château
de la Roche, etc.; on a encore dans les Rôles de l'Echiquier
de Normandie
Le Château-Gaillard sur son piton. © Photos : Serge Jodra, 2009. Philippe-Auguste, qui n'essaya de s'en emparer qu'après la mort de Richard, à partir du mois d'août 1203, ne put y parvenir, en mars 1204, que grâce à d'immenses travaux de blocus, dont la Chronique et la Philippide de Guillaume le Breton nous ont laissé la relation minutieuse; quelques améliorations furent apportées par Philippe-Auguste à cette forteresse qui n'avait peut-être d'autre défaut que d'être trop resserrée, de sorte que le trop grand nombre d'obstacles accumulés sur un petit espace embarrassait sa défense. Un autre chroniqueur du XIIIe siècle, Guillaume Guiart, en refit l'éloge dans la branche des royaux lignages. Prison des belles-filles de Philippe le Bel, Marguerite et Blanche de Bourgogne en 1314, asile en 1334 du roi d'Ecosse' David Bruce, prison de Charles le Mauvais en 1356, le Château-Gaillard fut aux mains des Anglais de 1419 à 1430, époque où La Hire le recouvra et délivra ainsi Barbazan qui y était enfermé; retombé au pouvoir des Anglais la même année, il ne redevint français qu'en 1449, sous Charles VII. Place de la Ligue, il fut définitivement pris en 1591 par Henri IV, qui en fit faire la destruction partielle (1603); il avait conservé son donjon, quand il fut enfin complètement démantelé en 1616. Il faut citer, à propos de ces ruines célèbres, les belles grottes qui s'ouvrent dans un des fossés. (M. B-x.). |
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