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| La religion phénicienne |
| Aperçu | Les grands dieux | Les divinités secondaires | Le culte | La mythologie |
Aperçu |
Nous ne possédons
qu'un petit nombre de documents relatifs à l'état de la,
religion chez les Phéniciens.
Ces documents peuvent être divisés en deux catégories
: 1° sources indigènes, 2° sources étrangères.
Au nombre des principales sources indigènes, on compte d'abord le
fragment de Sanchoniathon, conservé par Eusèbe,
sans parler des fragments sur la cosmogonie
phénicienne, conservée par le néoplatonicien-Damascius
et extraits des Annales sacrées des Sidoniens, ainsi que
de Mochus, auteur phénicien. Les autres sources indigènes
d'une valeur également incontestable sont les inscriptions phéniciennes,
parmi lesquelles on remarque surtout celle qui a été trouvée
au XIXe siècle à Marseille.
Quant aux sources étrangères, elles consistent en plusieurs
passages de la Bible Il est difficile à partir de ces
documents de ce faire une idée de la religion phénicienne
qui soit dépourvue d'équivoque. On est confronté à
des lacunes, qui empêchent souvent de reconnaître ce qui est
propre aux Phéniciens ou ce qui
appartient plutôt à d'autres cultures proches; on se heurte
également à cette manie qu'avaient les anciens Grecs et Romains
donner aux dieux étrangers les noms de leurs propres divinités
(comme s'il pouvait y avoir traduction "mot à mot", par exemple,
entre Melqart le phénicien et l'Hercule que voient en lui les Romains).
Dans certains cas, lacunes et assimilations abusivent jouent de concert
pour voiler des pans entiers de la religion phénicienne. Ainsi ne
sait-on plus quel était le nom du dieu de la mer des Phéniciens.
On sait seulement qu'il y en avait un et que leur "Poséidon"
était particulièrement en honneur à Béryte L'essence de la religion phénicienne
est celle d'un polythéisme
similaire à celui de la Mésopotamie, mais qui à l'occasion
fera aussi quelques emprunts à celui de l'Égypte On peut également reconnaître
deux classes de dieux : les uns (dii majores, pour reprendre la
terminologie romaine) embrassent dans leur sphère d'activité
tout l'univers; les autres (dii minores) ont un empire plus restreint
: ils président seulement aux astres, aux éléments,
à certaines localités, etc. Et il importe d'ailleurs de noter
ici que les divinités du Nord de la Phénicie Les divinités assimilées
étaient figurativement et symboliquement représentées
par des images plus ou moins anthropomorphiques. Les unes étaient
mâles, les autres femelles; il y en avait même qui indiquaient
les différents âges de la vie : Adonis, l'enfance; Eshmoun,
l'adolescence; Baal, l'âge viril; Belitan (dans lequel les Grecs Les épithètes que les Phéniciens
appliquaient à leurs dieux se retrouvent aussi, en grande partie,
dans l'Ancien Testament Ajoutons que les Phéniciens ne possédaient pas, comme les Chaldéo-Assyriens, un système mythologique coordonné. « Les mythes étaient demeurés chez eux à l'état flottant, et les dieux se partageaient le pays comme autant de princes féodaux. » (G. Maspéro.)Les mythes les plus fameux étaient : le mythe d'Adonis Tammoua et de Baaltis-Mylitta, à Byblos Ces mythes, qui n'étaient peut-être à l'origine que des formes diverses d'une seule et même légende, servirent plus tard d'éléments à une sorte de Genèse phénicienne, dont l'antiquité attribuait la composition à un prêtre nommé Sanchoniathon. Mais seuls quelques débris mutilés en sont parvenus jusqu'à nous, et c'est à peine si l'on peut en rétablir le sens. Les mythes phéniciens exercèrent une influence sur quelques parties de la mythologie grecque. |
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