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L'histoire de l'Albanie
Les premi√®res traces de pr√©sence humaine en Albanie remontent au Pal√©olithique, avec des d√©couvertes arch√©ologiques de sites tels que la grotte de Rr√ęza e Dajtit pr√®s de Tirana. Au N√©olithique (environ 6000-2000 av. JC), des cultures agricoles s'√©tablissent, notamment dans les r√©gions de Maliq et de Vashtemi. Les habitants de cette √©poque vivent de l'agriculture, de l'√©levage et de la p√™che. Durant l'√āge du bronze (environ 2000-1000 av. JC), des cultures plus complexes √©mergent, avec des preuves d'urbanisation, de m√©tallurgie et de commerce. Les tumulus (tombes) d√©couverts dans le sud de l'Albanie, comme ceux de Bar√ß, t√©moignent de pratiques fun√©raires sophistiqu√©es. √Ä l'√āge du fer (environ 1000-500 av. JC), des tribus Illyriennes commencent √† appara√ģtre. Ces tribus sont les anc√™tres des Albanais modernes et occupent une grande partie de la p√©ninsule balkanique occidentale.

Les Illyriens sont une conf√©d√©ration de tribus indo-europ√©ennes √©tablies dans la r√©gion de l'Adriatique orientale. Leur origine exacte reste d√©battue, mais ils sont consid√©r√©s comme l'un des peuples indig√®nes des Balkans occidentaux. La culture illyrienne poss√®de une organisation tribale, avec des chefs locaux et une soci√©t√© hi√©rarchis√©e. Les Illyriens ont construit des forteresses en pierre, comme celles de Rosafa pr√®s de Shkodra et de Durr√ęs. Ces fortifications montrent une connaissance avanc√©e de l'architecture et de la d√©fense. Les d√©couvertes arch√©ologiques (objets en bronze, bijoux et armes), r√©v√®lent une culture riche et diverse, avec des influences de la Gr√®ce antique et d'autres civilisations m√©diterran√©ennes.

Vers le Ve si√®cle av. JC, plusieurs royaumes illyriens se forment, parmi lesquels les plus connus sont les royaumes de Taulanti, Dardania, et Ard√©e. Les rois illyriens, tels que Bardylis de Dardania, m√®nent des guerres contre les Mac√©doniens et d'autres voisins, consolidant leur pouvoir et leur territoire. Les Illyriens entretiennent aussi des relations commerciales et parfois conflictuelles avec les colonies grecques √©tablies le long de la c√īte adriatique, comme Apollonia et Epidamnos (Durr√ęs). Les influences grecques sont visibles dans la culture illyrienne, notamment dans l'adoption de l'alphabet grec pour certaines inscriptions et dans les √©changes commerciaux.

Au IVe siècle av. JC., le roi macédonien Philippe II conquiert une partie des territoires illyriens, intégrant ces régions dans son royaume. Alexandre le Grand, fils de Philippe II, continue cette politique d'expansion, étendant l'influence macédonienne sur les tribus illyriennes. Après la mort d'Alexandre, ses successeurs continuent de dominer la région, maintenant une influence hellénistique sur l'Illyrie. La culture hellénistique influence l'art, l'architecture et la société illyrienne, bien que les tribus illyriennes conservent leur identité distincte.

L'expansion romaine vers l'est conduit √† des conflits avec les Illyriens. La premi√®re guerre illyrienne (229-228 av. JC)  est d√©clench√©e par les activit√©s de piraterie des Illyriens qui menacent les routes commerciales romaines en Adriatique. Les Romains interviennent et r√©ussissent √† soumettre une partie de la c√īte illyrienne, √©tablissant des protectorats sur certaines tribus. Une nouvelle r√©bellion illyrienne conduit √† une autre intervention romaine (220-219 av. JC). Les Romains renforcent leur contr√īle sur la r√©gion apr√®s avoir d√©fait le roi illyrien D√©m√©trios de Pharos. Le roi Gentius de Labeates m√®ne encore une derni√®re r√©bellion contre Rome, qui se termine par sa d√©faite et son capture en 168 av. J.-C. L'Illyrie est progressivement int√©gr√©e dans la R√©publique romaine, devenant finalement une province romaine. Cette int√©gration marque la fin de l'ind√©pendance des tribus illyriennes.

Après le partage de l'Empire romain, les contrées qu'ils habitaient devinrent des provinces de l'Empire d'Orient, fréquemment ravagées par les invasions des barbares; les Bulgares parvinrent même à y fonder un royaume qui résista assez longtemps aux empereurs de Constantinople. Toute cette période de l'histoire de l'Albanie est d'ailleurs encore mal connue; les documents historiques font absolument défaut, et tous ceux qui ont écrit sur ce sujet n'ont pu qu'avancer des affirmations pures et simples ou se livrer à des hypothèses plus ou moins ingénieuses.
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Kruje, en Albanie.
Le village de Kruj√ę, √† une vingtaine de kilom√®tres au nord de Tirana, 
conserve le souvenir du héros national albanais, Scanderbeg. Photo : The World Factbook.

Ce n'est qu'au commencement du XVe si√®cle que l'on voit appara√ģtre dans l'histoire, d'une fa√ßon positive, les Shkiptars sous le nom d'Albanais. Lors de l'invasion ottomane dans la presqu'√ģle des Balkans, la plus grande r√©sistance que les Turcs rencontr√®rent leur vint des Albanais (1414-1467). Les d√©bris des vaillantes troupes de Scander-Beg ne tard√®rent pas √† se retrouver en pr√©sence des Turcs lorsque ceux-ci; sous M√©h√©met II, cherch√®rent √† s'emparer de Scutari, que poss√©dait alors la R√©publique de Venise. Suleim√Ęn Pacha vint mettre, une premi√®re fois, le si√®ge devant Scutari, en 1474; mais la ville, habilement d√©fendue par le s√©nateur v√©nitien Antonio Loretano, r√©sista victorieusement √† toutes les attaques des Turcs qui, au bout de trois mois de combats incessants, furent contraints de lever le si√®ge. Trois ans plus tard, Mehemet Il conduisit lui-m√™me son arm√©e devant Scutari (L'empire ottoman, d'Osman √† Bay√©zid II). L'historien Chalcondile dit que :

¬ę ceux qui  furent √† ce si√®ge ont laiss√© par m√©moire que l'arm√©e turquesque y estait en si grand nombre qu'en la plaine, aux montagnes, aux coteaux et partout o√Ļ la vue se pouvait estendre, au long et au large, on ne voyait que  tentes et pavillons-¬Ľ.
C'est à ce siège que les Turcs firent usage pour la première fois d'obus incendiaires, et d'une nouvelle pièce d'artillerie
¬ę √† double canon, qu'ils appelaient le canon du Prince ¬Ľ.
Mais ni cet attirail guerrier inusité, ni ce formidable déploiement de forces n'affaiblirent le courage des habitants de Scutari. Deux grands assauts, dans lesquels Méhémet II paya de sa personne, furent repoussés. Les femmes albanaises prirent elles-mêmes une part effective à la défense de leur cité :
¬ę elles s'exposaient √† toutes sortes de p√©rils, dit l'historien  pr√©cit√©, et combattaient √† l'envy des hommes; de sorte que quelques-unes furent tu√©es de l'artillerie sur le rempart-¬Ľ.
Désespérant de s'emparer de Scutari de vive force, Méhémet II laissa à ses généraux le soin de la réduire par la famine. Malgré toutes les horreurs d'une disette effroyable, on ne vit pas faiblir un seul instant le courage des Scutariens soutenus par les prédications éloquentes d'un Epirote, le père Barthélemy, de l'ordre des frères prêcheurs. Le siège durait depuis quinze mois, quand, en avril 1478, les Vénitiens, épuisés et découragés, implorèrent la paix et se résignèrent aux pertes qu'ils avaient essuyées, moyennant la conservation de leur liberté commerciale et de leur juridiction. Scutari fut comprise dans ce traité et remise aux Turcs; mais les Scutariens refusèrent de se soumettre aux Ottomans et, usant tous de la latitude que leur laissait le traité de paix, s'embarquèrent sur les vaisseaux vénitiens pour chercher ailleurs une autre patrie. Ces émigrants revinrent, par la suite, en grand nombre, dans les montagnes de la haute Albanie et furent les ancêtres des tribus guèghes catholiques qui ont joui jusqu'au début du XXe siècle d'une certaine autonomie. Pendant de longues années ces descendants des défenseurs chrétiens de Scutari furent en luttes presque continuelles avec leurs compatriotes qui, par intérêt, avaient accepté la loi musulmane, les Arnaoutes ou begs.

Jusqu'en 1770, l'histoire int√©rieure de l'Albanie se passe tout enti√®re en combats incessants, livr√©s par les gu√®ghes catholiques, unis temporairement aux Arnaoutes, contre l'ennemi commun, les Mont√©n√©grins. La politique de la Porte ottomane √©tait d'ailleurs int√©ress√©e √† entretenir soigneusement ces rivalit√©s entre populations, d√©g√©n√©rant en guerres continuelles. En 1770, le pacha nomm√© par la Porte √©tait Mahmo√Ľd Boutchatly appartenant √† une des plus anciennes familles albanaises et des plus consid√©r√©es. Apr√®s une heureuse incursion sur le territoire mont√©n√©grin, Mahmo√Ľd mit √† profit le prestige que lui donnait la victoire pour chercher √† se rendre ind√©pendant des Turcs. Un instant il put se croire un nouveau Scander-Beg; il battit, sous les murs de Scutari, les troupes ottomanes envoy√©es contre lui. Mais la fortune lui fut contraire dans une nouvelle exp√©dition qu'il dirigea contre le Mont√©n√©gro; il fut vaincu et se fit tuer pour ne pas survivre √† ce d√©sastre o√Ļ ses plus vaillantes tribus furent massacr√©es. Les successeurs de Mahmo√Ľd, qui n'avaient ni ses talents ni son audace, furent bient√īt contraints de reconna√ģtre, √† nouveau, l'autorit√© turque; toutefois le dernier de la dynastie des Boutchatly, Moustafa, fit un supr√™me effort pour redonner √† son pays l'ind√©pendance perdue; il pr√™ta un concours s√©rieux au pacha de Janina, Ali de Tepedelen, lors de sa r√©bellion contre les Turc; mais bient√īt assi√©g√© dans la forteresse de Scutari, Moustafa, fut oblig√© de se rendre. Sultan Mahmo√Ľd lui accorda sa gr√Ęce et plus tard, assur√© de son ob√©issance, le fit gouverneur de plusieurs provinces. Ce fut l√†, pour plus d'un si√®cle, la derni√®re tentative pr√©sentant un caract√®re assez s√©rieux, faite par les Albanais pour s'affranchir de la domination turque.

Pendant la guerre turco-russe de 1877-1878, les Albanais, malgr√© les pressantes sollicitations des agents russes, se sont refus√©s √† prendre parti contre les Turcs. Mais le congr√®s de Berlin (13 juillet 1878), ayant ratifi√© les dispositions du trait√© de San Stefano qui conc√©dait √† la Serbie les territoires de Kursumlje et de Vranja, et au Mont√©n√©gro ceux de Gusinj√©, Plava, Hotti, Klementi et Skri√©li, on vit s'unir, dans une m√™me pens√©e, sous le nom de Ligue albanaise, les Albanais catholiques et musulmans pour s'opposer, par la force, √† tout d√©membrement de la Shkiperia. Malgr√© la r√©sistance qu'ils rencontr√®rent, les Serbes parvinrent √† occuper les territoires que le congr√®s de Berlin leur avait conc√©d√©s. Les Mont√©n√©grins ayant √©chou√© dans leurs tentatives pour s'emparer de la quote-part √† eux attribu√©e, en r√©f√©r√®rent aux puissances qui d√©cid√®rent d'attribuer au Mont√©n√©gro, comme compensation, Dulcigno. Une d√©monstration navale, √† laquelle particip√®rent toutes les puissances signataires au congr√®s de Berlin, fut faite devant Dulcigno o√Ļ ne tarda pas √† flotter le pavillon mont√©n√©grin. A la suite de cette d√©monstration une insurrection √©clata en Albanie contre la Turquie qui avait laisser ainsi mutiler le territoire albanais. La Porte envoya contre les insurg√©s une arm√©e de 30 000 hommes command√©e par Dervich-Pacha, qui, par la diplomatie plus encore que par les armes, obtint la soumission des Albanais dans l'espace de moins d'une ann√©e (1879). Rien n'√©tait r√©gl√© pour autant. 

En 1908 eut lieu un nouveau soul√®vement contre l'ottomanisation du pays, et celui-ci finit par se voir accorder l'ind√©pendance le 28 novembre 1912, par le Trait√© de Londres. Le trait√© de Bucarest consacra le 29 octobre 1913 la reconnaissance internationale de la souverainet√© du nouvel √Čtat, que les diverses tractations avaient cependant fini par r√©duire consid√©rablement (le Kosovo et la partie de la Mac√©doine majoritairement peupl√©e d'Albanais n'en faisaient pas partie).  L'ann√©e suivante, le prince William de Wied, impos√© comme roi √† l'Albanie par les grandes puissances europ√©ennes, ne parvint pas √† installer son autorit√© et dut repartir apr√®s quelques mois de r√®gne. L'Albanie fut alors occup√©e par les troupes des deux camps impliqu√©s dans la Premi√®re Guerre mondiale. Apr√®s leur victoire en 1918, les Alli√©s mirent en place pour deux ans une administration provisoire. Celle-ci organisa, en 1920 l'√©lection d'un gouvernement autonome, qui si√©gea √† Tirana. L'Albanie adh√©ra aussit√īt √† la Soci√©t√© des Nations, tout juste cr√©√©e. 

En 1924, un coup d'√Čtat porta au pouvoir un chef de clan du nom d'Ahmet Zogu, qui, en 1928, abolit la r√©publique dont il s'√©tait proclam√© pr√©sident trois ans plus t√īt, instaura une monarchie sur laquelle il r√©gna sous le nom de Zog Ier. Bien que rapproch√©e de l'Italie fasciste par son souverain, l'Albanie fut occup√©e par les troupes mussoliniennes en 1939, ce qui obligea le monarque √† fuir en Gr√®ce, qui fut d'ailleurs elle-m√™me attaqu√©e par l'Italie √† partir de l'Albanie l'ann√©e suivante. Apr√®s la reddition de l'Italie en 1943, ce fut au tour de l'arm√©e allemande de s'installer en Albanie. La r√©sistance communiste (Albanais dirig√©es par Enver Hoxha (Hodja), appuy√©s par des partisans yougoslaves) chassera les troupes hitl√©riennes d√®s l'ann√©e suivante.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, √† la suite de purges touchant aussi bien les anciens criminels de guerre que tous les autres  opposants, Enver Hoxha, le chef du Parti communiste albanais (plus tard Parti du travail albanais), s'imposa comme l'homme fort du pays. L'Albanie, sous la dictature de Hoxha qui allait durer quatre d√©cennies, se livra √† un jeu d'alliances tortueux, dont l'effet fut d'isoler progressivement le pays, mais peut-√™tre aussi de renforcer le pouvoir personnel d'Enver Hoxha (chaque changement de cap ayant √©t√© accompagn√© de purges au sein du gouvernement et du Parti). D'abord alli√©e de la Yougoslavie, elle rompit avec elle en 1948 pour se tourner vers l'URSS qui apporta une aide √©conomique. Au cours des ann√©es suivantes, le Royaume-Uni et les √Čtats-Unis tent√®rent de renverser le r√©gime en finan√ßant un mouvement de gu√©rilla qui √©choua. En 1955, l'Albanie adh√©ra d√®s sa fondation au Pacte de Varsovie. Les tensions avec l'Union sovi√©tique port√®rent ensuite le pays √† se tourner vers la Chine en 1961, puis √† quitter le Pacte de Varsovie en 1968, apr√®s l'√©crasement par l'URSS et ses alli√©s du Printemps de Prague. En 1978, l'Albanie se f√Ęcha avec la Chine et tenta d'am√©liorer ses relations avec la CEE.

A la mort d'Enver Hoxha, en 1985, il fut remplac√© par Ramiz Alia. Celui-ci fut tr√®s rapidement confront√© aux bouleversements qui agit√®rent √† la fin de la d√©cennie tous les pays de l'Europe communiste. Alia consentit au changement de syst√®me √©conomique pour l'Albanie d√®s 1989. En 1990, les partis politiques furent de nouveau autoris√©s et la libert√© de circulation fut accord√©e aux Albanais, qui purent enfin voyager √† l'√©tranger. Beaucoup tent√®rent d'√©migrer vers l'Italie. Les √©lections l√©gislatives libres qui eurent lieu en 1991 conserv√®rent le pouvoir aux Communistes. Une victoire qui ne suffit peut-√™tre pas √† d√©crisper la situation,  mais n'emp√™cha pas en tout cas  la  poursuite de la lib√©ralisation. Une amnistie g√©n√©rale des prisonniers politiques fut d√©cr√©t√©e; la presse d'opposition fut autoris√©e. En 1992, les √©lections pr√©sidentielles port√®rent √† la t√™te de l'√Čtat Sali Berish, chef du Parti d√©mocrate. L'ann√©e suivante, Ramiz Alia et plusieurs autres responsables du r√©gime pr√©c√©dent furent condamn√©s √† la prison pour corruption.

Pendant les ann√©es suivantes, l'Albanie s'est trouv√© confront√©e √† un chaos √©conomique li√© d'une part √† l'introduction brutale de l'√©conomie de march√©, dans un pays qui avait appris √† vivre de fa√ßon presque autarcique, et aux effets de la guerre qui a d√©chir√© la Yougoslavie voisine pendant une partie des ann√©es 1990. Les trafics mafieux trans-adriatiques et le contournement de l'embargo (auquel  la Yougoslavie a √©t√© soumise entre 1992 et 1996) ont temporairement articul√© l'√©conomie. C'est dans ce contexte que la d√©mocratisation s'est poursuivie tant bien que mal : le Parti d√©mocrate s'est trouv√© accus√© de fraude en 1996; apr√®s une r√©f√©rendum rejetant la restauration de la monarchie, en 1997, le fils du roi Zog, de retour dans le pays a √©t√© accus√© de pr√©parer un renversement par la force de la r√©publique et a d√Ľ s'exiler de nouveau; la m√™me ann√©e, les montages financiers reposant sur la guerre en Yougoslavie en s'effondrant comme un ch√Ęteau de cartes, ont priv√© des milliers de personnes de leur √©pargne et ont suscit√© en r√©action un mouvement de rue qui a pr√©cipit√© la d√©mission du gouvernement et men√© au retour au pouvoir des N√©o-communistes (renomm√©s Socialistes) √† la t√™te d'une coalition; en 1998 et surtout au printemps  1999, l'Albanie a d√Ľ faire face √† des afflux massifs de r√©fugi√©s albanais du Kosovo en guerre. A partir de 2001, le pays a commenc√©  √† normaliser ses relations avec ses voisins (Serbie, Kosovo) et, en 2003, l'Albanie a op√©r√© un d√©but de rapprochement avec l'Union Europ√©enne (l'accord de stabilisation et d'association entre l'Union Europ√©enne et l'Albanie a √©t√© sign√© en juin 2006). L'Albanie est entr√©e dans l'OTAN en avril 2009. (Edmond Dutemple).

En 2010, l'Albanie demande officiellement à devenir candidate à l'adhésion à l'Union européenne. Cependant, des préoccupations concernant la corruption, l'état de droit et les réformes judiciaires retardent l'avancement de sa candidature. En juin 2013, le Parti socialiste dirigé par Edi Rama remporte les élections parlementaires. Rama devient Premier ministre et son gouvernement s'engage à poursuivre les réformes nécessaires pour l'intégration européenne. Un des principaux axes de la politique de Rama est la réforme du système judiciaire, visant à lutter contre la corruption et à améliorer l'indépendance de la justice. En 2016, le Parlement adopte une réforme judiciaire majeure avec un large soutien international.

En 2014, l'Albanie obtient officiellement le statut de candidat √† l'adh√©sion √† l'Union europ√©enne. Ce statut marque une √©tape importante mais n√©cessite encore des r√©formes et des progr√®s pour entamer les n√©gociations d'adh√©sion. Le Parti socialiste remporte les √©lections de 2017 avec une majorit√© plus importante, permettant √† Edi Rama de continuer son programme de r√©formes sans coalition. Le gouvernement investit dans des projets d'infrastructure pour am√©liorer les routes, les ports et l'√©nergie. Ces investissements visent √† stimuler l'√©conomie et √† moderniser le pays. Malgr√© les r√©formes et les investissements, l'Albanie continue de faire face √† des d√©fis √©conomiques, notamment un taux de ch√īmage √©lev√© et une √©migration significative de sa population, en particulier des jeunes.

Le Parti socialiste remporte à nouveau les élections d'avril 2021, assurant un troisième mandat à Edi Rama. Sa victoire reflète un soutien continu pour ses politiques, malgré des critiques concernant la corruption et la gouvernance. En juillet 2022, l'Albanie entame officiellement les négociations d'adhésion à l'Union européenne, une étape cruciale après des années de préparatifs et de réformes. La pandémie de covid-19 a des impacts significatifs sur l'économie et la société albanaises, exacerbant les problèmes de santé publique et les défis économiques. Le gouvernement met en place des mesures pour atténuer les effets de la pandémie et accélérer la vaccination.

En novembre 2019, un puissant tremblement de terre frappe l'Albanie, causant des destructions importantes et des pertes humaines. La reconstruction et l'aide internationale deviennent des priorités. La lutte contre la corruption reste un défi majeur. Les réformes judiciaires continuent, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'état de droit et améliorer la transparence. Le développement économique et la création d'emplois demeurent des priorités, avec des efforts pour attirer les investissements étrangers et diversifier l'économie. La migration, en particulier des jeunes Albanais vers l'Europe occidentale, représente un défi démographique et social important. Le gouvernement cherche à créer des opportunités pour retenir ses citoyens.

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