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Roman de Brut
,
poème composé par Robert Wace, trouvère
normand du XIIe siècle. C'est une
chronique légendaire en 15 000 vers, de l'histoire bretonne, trouvée,
dit-on, en Armorique
par Walter ou Gualter, archidiacre d'Oxford, apportée par lui en
Angleterre, communiquée à
Geoffroi
Arthur de Monmouth, bénédictin gallois, qui l'a traduite
en latin à la prière de Robert de Caen ,
et que Wace mit en vers de huit syllabes. Il le présenta à
la reine Éléonore de Guyenne
en 1155. Layamon et Robert de Brune, poètes, l'un du XIIIe,
l'autre du XIVe siècle, employèrent
la version de Wace pour leur traduction en vers anglais; Rusticien de Pise
s'en servit également pour la traduction en prose française
qu'il fit paraître à la fin du XIIe
siècle. Brut est une abréviation du titre original de la
chronique, Bruty Brenhined, c.-à-d. Brutus de Bretagne. La
prétention qu'avaient eue les Romains de descendre des Troyens s'était
perpétuée parmi les peuples soumis à leur empire :
ainsi, les auteurs de nos premières chroniques sont unanimes pour
faire descendre la dysnastie mérovingienne
d'un petit-fils de Priam .
Le poème de Robert Wace est un écho de ces traditions, fondées
vraisemblablement sur le rapport fortuit du nom de Brutus avec celui de
Britannia (Prydain), l'antique Bretagne. Voici le sujet du roman
de Brut :
Après la destruction de Troie ,
Enée
s'embarque avec son fils Ascane ,
et aborde en Italie, où il épouse Lavinia ,
fille du roi Latinus .
II a de cette princesse un fils nommé Silvius, qui règne
après la mort d'Ascane, et qui, n'ayant pas d'enfants, laisse le
trône à un fils d'Ascane, portant aussi le nom de Silvius.
Ce dernier séduit une fille de Lavinie, qui meurt en donnant le
jour à Brutus. A l'âge de quinze ans, Brutus, grand amateur
de chasse, frappe son père d'une flèche lancée contre
un cerf ,
aux approches de la nuit. Forcé de s'exiler, il va délivrer
en Grèce des Troyens captifs depuis la destruction de leur patrie;
puis il se rend aux îles Armoriques ,
appelées depuis Bretagne, à cause de son nom Brutus, et en
fait la conquête. Bientôt après, attaqué par
un roi de Poitou
et d'Aquitaine ,
dans les forêts
duquel il avait chassé, il le bat près de la Loire, et fonde
sur le lieu même la ville de Tours, ainsi nommée de son fils
Turnus, qui a péri dans l'action.
Brutus enlève ensuite l'île
d'Albion aux géants qui l'habitent, donne son nom au pays, fonde
sur la Tamise une Troie nouvelle, qui est Londres, et règne tranquillement
pendant 24 années. Le poète raconte les aventures des fils
et descendants de Brutus, la fondation d'York, de Dumbarton ,
de Carlisle ,
de Winchester, de Cantorbéry ,
de Bath, de Leicester ,
etc. Au nombre des personnages figurent le roi Lear, héros d'une
tragédie de Shakespeare, Cordélia,
sa fille; les rois Belin et Brennus, qui se distinguent par leurs conquêtes
en Gaule et en Italie, où ils défont les consuls Cabius et
Porsenna, et s'emparent de Rome; Cassibelan, sous lequel arrive en Bretagne
Jules
César. Puis viennent les luttes avec les empereurs romains Claude,
Vespasien,
Septime
Sévère, et les pirates qui infestent les côtes
de Bretagne; une période pendant laquelle l'histoire bretonne se
confond avec celles de Constant, de Constantin,
de
Maxence, de Maximien,
de Valentinien et de Gratien;
la lutte des Bretons contre les Saxons, et leur défaite par Hengist,
chef de cette tribu.
Les événements qui suivent
sont racontés dans le Roman d'Arthur .
L'oeuvre de Robert Wace se termine par la formation de l'heptarchie
anglo-saxonne, la conversion du pays au christianisme par le moine Augustin,
et le tableau des derniers efforts de la nationalité bretonne contre
l'invasion étrangère.
"C'est du roman de Brut, dit Roquefort,
embelli par son traducteur, que sont sortis ceux du Roi Arthur, de l'Enchanteur
Merlin ,
du Saint Graal ,
de Lancelot du Lac ,
de Tristan de Léonnois ,
de Perceval le Gallois ,
etc. C'est le premier livre dans lequel on trouve l'origine de la Table
Ronde, de ses fêtes, de ses tournois, de ses chevaliers., On le lisait
publiquement à la cour des rois anglo-normands qui le jugeaient
très propre à inspirer l'enthousiasme à leurs guerriers;
et les dames en allaient faire la lecture dans les infirmeries, pour calmer
les douleurs des chevaliers blessés dans les tournois." T.
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En
bibliothèque - Le Roman
de Brut a été publié par Leroux de Lincy, 1838,
2 vol. in-8°. - I. Arnold et M. Pelan, La partie arthurienne du
Roman de Brut, Klicksieck, 2000.
En
librairie - Claude Letellier et Denis
Hüe, Le Roman de Brut, entre mythe et histoire, Paradigme publications
universitaires, 2003. - Arthur dans le roman de Brut, de Wace, Klincksieck,
2002. |
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