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Photius,
patriarche de Constantinople ,
né dans cette ville, avait été déjà
ambassadeur en Perse et premier secrétaire de l'empereur Michel,
lorsque, en 857, il fut porté, bien que laïque, au patriarcat
de Constantinople, à la place d'Ignace, qui venait d'être
déposé. D'odieuses violences signalèrent son intrusion,
à laquelle s'opposa le pape Nicolas I. Anathématisé
par le pape dans un concile, il réunit un conciliabule dans lequel
il anathématisa le pape à son tour, et il persuada les évêques
qui y étaient assemblés de se séparer de l'Église
latine, ce qui donna naissance au grand schisme grec, 858. Basile le Macédonien
rétablit Ignace, mais Photius reprit ses fonctions à la mort
du patriarche; il se fit même alors approuver par le pape, à
la condition d'abjurer ses erreurs; mais il n'en fit rien et fut excommunié
de nouveau (869). Néanmoins, il se maintint sur son siège
jusqu'à l'avènement de Léon le Philosophe, qui l'exila;
il mourut en exil, dans un couvent d'Arménie, en 891.
Photius, qu'un chroniqueur byzantin qualifiera
de "pire scélérat", joignait aussi à un esprit rare
et pénétrant l'érudition la plus vaste. On a de lui,
sous le titre de Bibliothèque (ou Myriobiblon ),
une précieuse compilation qui contient une infinité d'extraits
d'auteurs que nous ne connaissons que par elle (les meilleures éditions
sont celle de Genève, 1612, grec-latin, et celle d'E. Bekker, toute
grecque, Berlin, 1824).
Photius a laissé de plus des Lettres
(Londres, 1651, in-fol.); un Recueil des Canons de l'Église
et le Nomocanon
ou Accord des lois impériales et des canons (en tête du
recueil des Canons ecclésiastiques, Paris, 1551); un Lexique
grec (publié par Hermann, Leipzig, 1808, et par Porson, Londres,
1822); divers écrits théologiques, etc. |
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