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Les
arts
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| Ebénisterie,
travail qui embrasse la charpente et le placage ou revêtement des
meubles. Son nom lui vient de ce qu'autrefois on comprenait sous le nom
d'ébène un grand nombre de bois qui se distinguaient par
leurs belles nuances, leurs veines, leur dureté et leur finesse.
L'art de l'ébéniste, pratiqué dans l'antiquité
avec succès en Asie, particulièrement chez les Phéniciens,
se propagea en Grèce après les conquêtes d'Alexandre.
Il n'avait pu naître à Sparte sous l'empire de la législation
de Lycurgue, qui avait interdit d'employer, pour la fabrication des meubles,
d'autres instruments que la scie et le marteau. Il prit de grands développements
à Rome; les écri vains latins vantent la magnificence des
boiseries et revêtements des temples, des ameublements, des chaises
curules, etc. Toutefois, aucun monument de ce genre de travail ne nous
est parvenu, et l'on ignore les procédés rois alors en usage.
L'ébénisterie ne put que
dégénérer dans les temps qui suivirent l'invasion
des Barbares du Ve siècle, et elle
ne reprit quelque valeur qu'à la fin du moyen âge. De cette
époque datent une multitude de cabinets, bahuts, dressoirs, chaires,
meubles de toute espèce, qui attestent le développement qu'avait
atteint l'art des tabletiers et des huchiers. Le chêne, le buis,
le cyprès, le brésil, étaient alors les bois les plus
employés; l'ivoire et la corne servaient à faire les ornements.
Jean de Vérone Les oeuvres de Philippe
Brunelleschi et de Benoît de Majano obtinrent ensuite une réputation
méritée. Les grandes découvertes géographiques
qui marquèrent le XVIe siècle
donnèrent à l'ébénisterie une foule de bois
auparavant inconnus, et la marqueterie
put lui venir puissamment en aide. Le goût italien se propagea en
France à partir de
François Ier,
et, grâce à l'influence des deux reines Catherine
et Marie de Médicis, l'ébénisterie
française du XVIIe siècle
atteignit une certaine perfection : on fit des meubles, des revêtements
d'appartement, et même des planchers de marqueterie. Colbert
établit aux Gobelins Les ouvriers du XVIIIe siècle excellèrent à combiner les veines et les nuances des bois destinés à la confection des meubles. Mois on remarque dans l'ébénisterie de ce temps les traces du faux goût qui avait envahi tout le domaine des beaux-arts. Beaucoup de meubles de luxe furent faits en bois des Indes massif; mais ils étaient d'un prix très élevé : aux approches de là Révolution, et plus encore au XIXe siècle, on est parvenu, au moyen du placage, à réunir dans les ameublements la modicité des prix à la beauté des formes et à l'éclat des surfaces. Toutefois le goût n'a pas immédiatement retrouvé sa pureté : après le style Louis XV, l'art grec était devenu à la mode; vers 1825, on se mit à reproduire les formes du moyen âge. Les ébénistes français ont acquis pendant cette époque une supériorité incontestable, et les meubles qu'ils fabriquèrent avec tant de goût, d'élégance et de richesse, sont recherchés par les nations étrangères. Ils imitent généralement les meubles de la Renaissance ou ceux de Boule. Parmi les hommes qui soutiennent le mieux le prestige de l'ébénisterie, on doit citer Desmalter, de Billy, Bellangé, Bellangre, Meynard, Fischer, Werner, Grohé, Durand, Jolly, Berg, Barbier, Hoeffer, Royer, Osmond, Kugel, Liénard, Vedder, Fourdinois, Barbedienne, Tahan, etc. (B.). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.