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Broderie,
dessin tracé en relief, sur une étoffe quelconque, avec un
fil d'or, d'argent, de laine ou de coton. Les broderies ont des noms particuliers,
tirés de l'espèce de point ou de la matière que l'on
emploie : ainsi, on brode en blanc ou en or, au passé, au plumetis,
au point de chaînette, au point de marque, au nuancé, à
l'aiguille, au crochet, à la main, au métier, en application,
etc.; la broderie à l'anglaise se fait au point de cordonnet allié
souvent au point de feston; la broderie en tapisserie consiste à
remplir un canevas avec de la laine ou de la soie, de manière à
imiter un dessin donné.
L'art de broder doit être fort ancien
: car il y en a des traces dans les premiers livres de la Bible ,
et la mythologie grecque en attribuait l'invention à Athéna .
Quand Homère parle des broderies d'Andromaque
et d'Hélène ,
il ne parle jamais que de laine d'une seule couleur; les figures et les
fleurs qu'il décrit sont du même ton que le fond. Les Phrygiens,
à qui Pline attribue l'invention de la broderie,
brodaient en bosse, les Babyloniens en couleurs diverses. C'est à
Babylone
que furent fabriquées ces fameuses couvertures de lits à
convives, qui, du temps de Caton furent vendues
800 000 sesterces et que Néron acheta plus
tard 4 millions de sesterces. Les Grecs prodiguèrent la broderie
à tous les objets de toilette, depuis la coiffure jusqu'à
la chaussure. L'abus en devint tel, qu'une loi de Zaleucus
ne la permit qu'aux courtisanes, et qu'Alexandre
Sévère défendit d'employer plus de 6 onces d'or
à l'ornementation des voiles. Les divers modes de broderie ont existé
au moyen âge, ainsi que le prouvent certains ornements d'architecture,
les draperies des statues, les vitraux, quelques fragments de vêtements
ecclésiastiques, et enfin les personnages figurés sur les
pierres tombales. Les broderies étaient , en général,
or et couleur.
La tapisserie de
Bayeux
et celle de Nevers ,
exécutées par des mains princières, sont de précieux
spécimens des XIe et XIIe
siècles. On peut citer du même temps une dalmatique byzantine
conservée à Staint-Pierre de Rome, et dont le dessin colorié
se trouve à Paris .
Jusqu'au XIIIe siècle, les broderies
sont plus riches que délicates. Au XVIe,
la fabrication de la broderie devint à Venise ,
à Milan ,
à Gênes ,
une industrie importante. Les broderies de France furent d'un prix beaucoup
moins élevé. Longtemps on ne broda en Europe qu'au passé
et à la main; le tambour, au moyen duquel on fait au crochet et
à l'aiguille les broderies les plus riches et les plus fines, a
été importé de la Chine vers 1750 seulement.
Avant 1789, les brodeurs formaient une
corporation, dans laquelle les femmes n'étaient pas admises; dans
cette corporation, l'apprentissage durait 6 ans, le compagnonnage 3 ans;
le brevet y coûtait 30 livres, et la maîtrise 600. Elle avait
St Clair pour patron; ses statuts, du temps de Louis
IX, furent revisés en 1648. Les brodeurs du roi avaient le droit
de faire enlever les ouvrières brodeuses employées chez leurs
confrères. Depuis la Révolution, Saint-Quentin, Nancy ,
Paris ,
Alençon ,
Tarare, Lunéville particulièrement, ont hérité
de la réputation que Lyon, Vendôme et Marseille possédaient
auparavant pour la broderie.
A l'étranger, les principaux centres
de fabrication sont Glasgow en Écosse ,
Belfast en Irlande ,
les cantons d'Appenzell
et de Saint-Gall
en Suisse ,
la Saxe, etc. Dans l'Inde
et la Chine ,
on fait des broderies très riches, mais qui pèchent par la
régularité et le goût.
Broderie
pour tous … On ne sait à quelle époque précise
furent inventés les papiers quadrillés pour la mise en carte
des dessins de broderie et de tapisserie. Les plus anciens livres qui renferment
des travaux de ce genre ont été publiés à Venise
en 1554 et 1550. Quelques années après, Ant. Bellin et Mayol
Larme tirent paraître à Lyon un recueil semblable. En 1587,
Vinciolo publia ses Singuliers et Nouveaux Pourtraicts pour toutes
sortes d'ouvrages de lingerie. Vers le même temps parut le Model
Fusch d'Hélène Furstin, de Nuremberg. Vers 1745, Gatin appliqua
une gravure plus savante aux systèmes de mise en carte de ses devanciers.
Plus tard, Bellin et, au commencement de notre siècle, Natto et
Lehman perfectionnèrent encore cet art. Les artistes allemands ont
surtout fait avancer la fabrication des dessins de broderie; ce sont Müller
(de Vienne), Wittich, Grünthal, Herz et Wegener (de Berlin). En France,
des essais furent exécutés, depuis 1815, par Aug. Legrand,
Mallez, Robert, Helbronner et Martin; en 1830, Rouget de Lisle introduisit
quelques améliorations. C'est à partir de 1840 seulement
que Sajou a fait des dessins aussi parfaits que ceux de l'Allemagne.
A la
France appartient l'idée des Brodeuses mécaniques. Des tentatives
furent faites dès 1821; mais la première machine qui ait
fonctionné d'une manière satisfaisante ne fut donnée
qu'en 1829, par Josué Heilmann de Mulhouse. Parmi les autres brodeuses
inventées depuis cette époque, on remarque celle de Chevrolot,
de Paris, qui permet de produire à la fois de 40 à 100 broderies
semblables, imitant les dessins au plumetis à la main. La plupart
des machines à coudre peuvent, dans beaucoup de circonstances, être
employées pour la broderie.
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