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Aperçu
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Le
XVIIe siècle
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Il y avait eut, du vivant
même de Charles II, des manoeuvres
ouvertes afin de prendre le contrôle de l'Espagne : la France, l'Autriche,
la Bavière, qui par des alliances de famille se reconnaissaient
des droits, avaient chacune leurs partisans. Charles II voulut disposer
lui-même de son trône; mais un testament qu'il avait fait en
faveur du prince de Bavière devint caduc par la mort du bénéficiaire
(1699), il défit lui-même
un second, et enfin dans ses derniers jours il en fit un troisième
en faveur de Philippe d'Anjou Philippe d'Anjou
ne devint maître du pays qu'après une longue lutte appelée
guerre de la succession d'Espagne (1700-1743);
mais, dès les premiers jours, il sut s'attacher les Espagnols et
faire de sa cause une cause populaire et nationale. Plutôt honnête,
il manqua toujours de volonté et se laissa gouverner par des femmes,
d'abord par sa femme, Marie-Louise de Savoie,
puis par l'intrigante princesse des Ursins, enfin
par sa seconde femme, Élisabeth Farnèse.
Cette reine ambitieuse sacrifia toute la politique pour établir
sur des trônes ses nombreux enfants, que la présence de plusieurs
fils de Philippe, nés du premier lit, écartait des trônes
de Naples Philippe V, en 1724,
dégoûté des tracas du pouvoir, abdiqua en faveur de
son fils Louis Ier, mais la mort de celui-ci,
huit mois après (1724), vint
l'obliger à reprendre la couronne, au grand contentement de la reine.
L'aventurier Riperda avait remplacé Alberoni
et repris un peu les plans de celui-ci; à la suite d'une courte
guerre avec l'Angleterre et de longues négociations, la reine obtint
enfin pour son fils don Carlos la succession du duché de Parme (traité
de Vienne, 1732); puis dans la guerre
de la succession de Pologne (1733-1739),
l'intervention de l'Espagne lui permit d'obtenir pour don Carlos Naples
et la Sicile, tandis qu'il repasserait à son frère Ferdinand
le duché de Parme. Le traité de Fontainebleau Le règne de Ferdinand VI, de 1746
à 1759, commencé au milieu
d'une guerre qui agitait toute l'Europe, fut surtout remarquable par les
tendances pacifiques et les efforts pour relever le pays à l'intérieur.
La paix d'Aix-la-Chapelle Dates clés : 1700 - Philippe V, premier Bourbon à régner en Espagne. |
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Jalons |
Le
règne de Philippe d'Anjou
Philippe, duc d'Anjou,
qui régna en Espagne sous le nom de Philippe V, est né à
Versailles Il avait, dit Sismondi, peu de défauts, mais aussi peu de vertus. Il n'aimait que les exercices pieux et la chasse. Né pour être dirigé par un autre, il le fut toute sa vie.La maladie qui devait l'atteindre peu d'années après (mélancolie) se manifestait déjà par des extravagances choquantes et une misanthropie prononcée. Louis
XIV entoura son petit-fils de personnes qui devaient le tenir en tutelle
et il lui donna des conseils politiques, dont le plus saillant était
celui de "n'oublier jamais qu'il était Français ". Philippe
eut à ses côtés des ministres et conseillers français
- dont Harcourt et le financier Jean Orry (1652-1719)
- qui dépendaient étroitement de la cour de France. Cependant,
il fallut se préoccuper en premier lieu des complications internationales.
L'empereur, blessé dans les espérances que le testament,
publié par Charles II, du 14 novembre 1698,
en faveur de l'archiduc Charles, lui avait inspirées, protesta contre
la solution donnée à la succession au trône espagnol,
et la guerre éclata d'abord en Italie. Philippe
V partit de Barcelone C'est alors qu'il épousa la princesse Marie-Louise, fille de Victor-Amédée de Savoie, âgée de quatorze ans, à laquelle fut confié le gouvernement de l'Espagne pendant son absence. La nouvelle reine était très active, intelligente et énergique. Elle fut aidée par les conseils de la princesse des Ursins, Anne-Marie de la Trémouille, que Louis XIV lui avait envoyée comme dame d'honneur. La guerre se généralisa.
Bientôt, le prétendant autrichien étant appuyé
par l'Angleterre, les Pays-Bas, le Portugal et des partisans en Catalogne Après la nouvelle
entente, les choses changèrent un peu, mais le poids de la volonté
française se fit toujours sentir sur le faible Philippe. En 1712,
il renonça formellement à ses droits à la couronne
de France, chose exigée par l'Angleterre comme condition essentielle
de la paix, et le duc d'Orléans fit de même de ses droits
au trône espagnol. Mais les négociations continuèrent
à produire des désaccords entre Louis et Philippe. Enfin,
on aboutit aux traités d'Utrecht Nouvelles influences.
En 1714, la reine mourut. Philippe tomba complètement entre les mains de la princesse des Ursins. Mais un nouveau mariage fut bientôt concerté avec Isabelle de Parme (Élisabeth Farnèse). Alors commence une période caractérisée par l'influence italienne (que représentaient la reine et Alberoni) substituée à la française, les projets de revanche en Italie et les intrigues contre le régent français, duc d'Orléans. Philippe, qui avait tâché déjà d'annuler sa renonciation au trôné de France, caressa, dès 1715, des projets contre la Régence. En même temps, l'ambition de la reine et la vanité d'Alberoni le lançaient dans des aventures en Sardaigne, en Sicile. De nouveau une guerre entre la France et l'Espagne menaça d'éclater, attisée par les Anglais. La chute d'Alberoni détourna pour un moment tous les périls, et Philippe adhéra à la quadruple alliance (26 janvier 1720); La reine fit reconnaître les droits de son fils à la Toscane et à Parme. Peu de temps après, une ligue entre la France, l'Angleterre et l'Espagne fut signée (1721), et on songea à réaliser les mariages du prince royal espagnol Louis avec une fille du régent, et de Louis XV avec la fille de Philippe et d'Élisabeth Farnèse. De nouveau, l'influence française se fit sentir en Espagne. Tout à coup, le roi, qui avait manifesté plusieurs fois le projet de renoncer à la couronne, l'exécuta (janvier 1724), laissant le trône à son fils Louis. On a discuté de la cause réelle de cette abdication. On a soutenu par exemple qu'elle a été motivée surtout par un voeu fait par Philippe le 27 juillet 1720. Mais le nouveau roi, Louis Ier, mourut peu de temps après, sans laisser de successeur capable. Le frère de Louis n'avait que onze ans. Malgré les scrupules de Philippe, il fut forcé de reprendre la couronne, plus faible, plus préoccupé, plus malade que jamais. On vit bien en Espagne que les choses allaient tourner de nouveau comme au temps d'Alberoni, l'ambition de la reine pour ses fils étant toujours très éveillée. C'est, en effet, ce qui arriva. La guerre s'alluma de nouveau en Italie contre l'Autriche, après le traité concerté par l'aventurier Ripperda, qui entraîna aussi une nouvelle lutte avec l'Angleterre. Une guerre avec l'Autriche
(au sujet de la succession de Pologne) se termina (1735)
heureusement pour les projets de la reine, puisque le royaume de Naples
et de Sicile fut accordé à son fils Charles. Mais la guerre
recommença peu après à l'occasion de la succession
impériale, et contre le pape au sujet des conscriptions levées
par Philippe dans les États de l'Église. Cependant, la maladie
du roi augmentait. On en voit les progrès dans les Mémoires
de Patiño. Peu de mois après la
mort de ce ministre mourut le roi, au palais du Buen Retiro De son premier mariage il ne laissait que le prince Ferdinand, qui lui succéda. Du second restaient le roi de Naples, Charles, les infants Philippe (né en 1720) et Louis (né en 1725) et les infantes Marie-Anne, Marie-Thérèse (mariée à Louis de France) et Marie-Antoinette, femme de Victor-Amédéo de Sardaigne. Le règne de Ferdinand VI Successeur
en 1746
de Philippe V, le roi Ferdinand VI ,
était né le 29 septembre
1713,
et mourut le 10 août 1759.
Il était fils de Philippe V et de Louise-Marie
de Savoie. D'un caractère faible et mélancolique, il
ne s'occupa guère que de l'administration et des réformes
intérieures, renonçant à tout agrandissement au dehors.
Il signait le traité d'Aix-la-Chapelle En 1753,
le roi Ferdinand VI avait obtenu de la cour de Rome un concordat, en vertu
duquel il acquérait le droit de présenter lui-même
les prêtres de son choix pour les dignités et bénéfices
ecclésiastiques. Cinquante-deux nominations seulement étaient
réservées au saint-siège. On lui doit également
la fondation de l'Académie royale de San Fernando, destinée
à l'éducation des peintres, architectes, sculpteurs et graveurs,
projet préparé déjà sous le règne de
Philippe
V. Les pensionnaires étaient envoyés, aux frais de l'État,
à Rome ou à Paris A la suite de ce
deuil, sa mélancolie naturelle augmenta; l'infortuné devint
sujet à des accès de démence; son seul plaisir était
d'écouter de la musique et d'entendre la voix du chanteur italien
Farinelli,
appelé à Madrid par Philippe V, créé chevalier
de Calatrava |
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