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Patiño
(José),
ministre du roi Philippe V d'Espagne
( L'Espagne
au XVIIIe siècle ),
né à Milan
le 11 avril 1666, mort à Madrid
le 3 novembre 1736. Sa famille, fixée à Milan, depuis quelques
années, était originaire de Galice. Patiño fit ses
premières études dans la ville de sa naissance, chez les
Jésuites ,
puis à Rome; mais il n'arriva pas à entrer dans la compagnie.
En 1707, il fut nommé par le roi Philippe V à un emploi dans
le Conseil des ordres d'Espagne dont il prit possession le 17 juillet 1708,
et, cette même année, il obtint le titre de chevalier d'Alcantara.
Trois ans plus tard (18 novembre 1741), la superintendance générale
d'Éstremadure lui fut confiée, et il commença à
montrer son extraordinaire talent d'organisateur et de financier, avec
l'Instruction particulière approuvée par le roi le 1er
décembre.
De 1713 à
1717, il rendit des services analogues à Barcelone ;
puis il passa en Andalousie
comme intendant général de l'armée et de la marine
et président du "tribunal de la Contratacion a Indias". Son
activité infatigable et son coup d'oeil très sûr attirèrent
sur lui l'attention d'Alberoni qui le chargea
d'organiser les expéditions militaires en Italie, avec autorité
même sur les chefs militaires. Ses observations sur les difficultés
qui s'opposaient à une bonne organisation des forces militaires
et de la marine, firent renoncer pour le moment à l'expédition
de Sicile; mais le roi ayant insisté, Patiño reçut
l'ordre de mener à bout les préparatifs et partit lui-même
avec la flotte. Débarqué en Sicile, il y resta quelque temps
recevant des ordres contradictoires du ministère qui ne répondait
pas à ses demandes pressantes d'argent, de troupes, etc. Il retourna
en Espagne. On lui confia alors l'organisation de l'escadre qui devait
faire voile pour l'Angleterre. Pendant le voyage du roi à Valence
et en Navarre (1712), il accompagna la cour.
En 1720, nous trouvons
de nouveau, Patiño à Cadix ,
chargé de l'expédition d'Afrique commandée par le
marquis de Lede. L'entrée de Ripperda au ministère fut un
malheur pour Patiño, qui, durant les années 1724 et 1725,
dut lutter à la cour contre le mauvais vouloir du ministre; mais
bientôt, en 1726, il vit ses travaux récompensés par
le secrétariat de marine et des Indes et peu après par celui
des finances. Alors commence la période la plus notable de la vie
politique de Patiño. Il trouva le trésor public épuisé,
les relations internationales de l'Espagne en mauvais état, à
cause des folies du roi, d'Alberoni et de Ripperda,
la marine presque nulle et le commerce avec l'Amérique
abandonné. Il s'efforça de remédier à tous
ces maux, réorganisa l'armée, fit construire des navires
dans les chantiers espagnols (par exemple, celui de Cadix), tâcha
d'établir le commerce direct entre l'Espagne et les Philippines
et lutta contre les difficultés sans cesse soulevées par
l'Angleterre et les Pays-Bas. Le traité avec l'Angleterre, signé
en 1729, est dû à Patiño, qui sut obtenir des avantages
malgré les manèges de Stanhope. Le roi le nomma conseiller
d'État (30 novembre 1729).
En 1730, il prépara
une nouvelle expédition militaire pour l'Italie, aidé par
son frère, le marquis de Castelar, ministre de la guerre; et celui-ci
ayant été envoyé comme ambassadeur à Paris,
Patiño lui succéda comme ministre. Deux incidents préoccupèrent
Patiño dans les dernières années de sa vie : celui
du faussaire Artaléjos, qui, pour avoir falsifié la signature
ministérielle, fit puni de mort le 29 août 1729; et celui
du Duende, personnage anonyme et mystérieux, qui persécuta
Patiño de pamphlets
satiriques et calomnieux, depuis le 8 décembre 1735 jusqu'au 7 juin
1736. Patiño, appuyé par le roi, fit des démarches,
inutiles pendant longtemps, pour en découvrir l'auteur. On sut enfin
que c'était le moine carmélite
fray Manuel de San Josef, Portugais de naissance. Patino le fit enfermer
dans un couvent, d'où fr. Manuel s'évada. Patiño mourut
pauvre le 3 novembre 1736. Il fut enterré dans le Noviciado de Madrid .
On dit qu'il avait été proposé pour la pourpre cardinalice,
mais il ne l'obtint pas. La probité et l'horreur du despotisme étaient
des traits de son caractère. (R. A.). |
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Patiño
(Baltasar), marquis de Castelar, frère cadet du précédent
et ministre comme celui-ci de Philippe V,
né à Milan
en 1667, mort à Paris en 1733. Il fut élevé par les
jésuites à Rome, et de très bonne heure entra dans
le service de l'administration espagnole en Italie. Partisan de Philippe
V, comme son frère, il fréquenta la société
du roi pendant la campagne de la Péninsule, puis se rendit en Espagne.
Protégé par la reine Elisabeth
Farnèse, il fut nommé intendant général
d'Aragon
et puis, en 1721, secrétaire ministre) de la guerre. Tombé
en 1724, à cause de l'inimitié de Ripperda,
celui-ci tacha de l'éloigner de la cour, en lui confiant une affaire
diplomatique à Bruxelles. Mais Castelar retarda son voyage indéfiniment
et, à la sortie de Riperdà du ministère (1725), fut
de nouveau secrétaire de la guerre. Il continua dans sa charge jusqu'en
1730 ; il reçut alors sa nomination d'ambassadeur extraordinaire
à Paris. Il devait provoquer la chute du cardinal Fleury, mais il
échoua dans cette entreprise. Son frère Joseph ne l'aida
point, malgré qu'il l'accabla à ce sujet de continuelles
remontrances. Il fut inhumé dans l'église des Carmélites
à Paris. (R. A.). |