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Aperçu
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Le
XVIIe siècle
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Aperçu |
Charles
IV (1788-1808)
succéda à Charles III.
Il n'avait aucune des qualités de son père; esprit étroit,
caractère faible, il laissa tout le pouvoir à la reine et
aux ministres, Florida Blanca, puis d'Aranda,
faisant déclarer aux Cortès, par une loi qui ne fut pas publiée,
le droit pour les infantes d'hériter de la couronne, principe qui
avait toujours prévalu en Espagne, mais avait été
ensuite répudié par les Cortès sous Philippe
V. L'intrigue et la faveur firent tout à la cour que dominait
Godoy,
le favori de la reine. A l'extérieur, le gouvernement, fidèle
au pacte de famille, fut en bons termes avec la France tant que Louis
XVI régna; mais son procès et son arrestation, au commencement
de 1793, amenèrent de la part
de la cour de Madrid
des représentations qui furent mal accueillies de la Convention
et auxquelles celle-ci répondit par une déclaration de guerre.
Les Espagnols, sous Caro et Ricardos, l'emportèrent d'abord sur la frontière des Pyrénées qu'ils envahirent, sur les Français commandés par Dagobert et Turreau (1793); mais, dans la campagne suivante, les armées de la République, sous Dugommier et Moncey, prirent le dessus et pénétrèrent en Espagne. Godoy, qui était devenu ministre et avait conseillé la guerre, signa le traité de Bâle (22 juillet 1795) et fut décoré pour cela du titre de prince de la Paix; même en 1797, au traité de Saint-Ildefonse, la France et l'Espagne conclurent une alliance offensive et défensive. Cependant il ne put rester longtemps ministre en titre et, sans perdre la faveur du roi, en 1798, fut remplacé par Urquijo. L'Angleterre faisait alors à l'Espagne
une guerre acharnée et ruineuse; Bonaparte
voulut resserrer l'alliance avec elle pour lutter contre la marine britannique,
et en faisant luire aux yeux de Charles IV l'espoir d'un agrandissement
notable de territoire pour son gendre, prince de Parme, il l'entraîna
à lui donner quelques-uns de ses navires et à lui promettre
l'entier concours de sa flotte. C'était un terrible allié
que s'était donnée l'Espagne; le roi devint le jouet de Bonaparte
et, quand il perdit sa flotte à Trafalgar C'est alors qu'éclata une tragédie
domestique qui eut pour effet de faire arrêter le prince Ferdinand;
mais le 17 mars, à Aranjuez Dates clés : 1788 - Début du règne de Charles IV. Godoy ministre. |
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Jalons |
D'un
siècle à l'autre
Charles IV (Carlos-Antonio de Bourbon),
roi d'Espagne, né à Portici le 11 novembre 1748,
mort à Rome le 10 janvier 1819.
Second fils de Charles III et de Marie-Amélie
de Saxe, il fut reconnu en 1759 héritier
présomptif de la couronne d'Espagne (son frère aîné
Philippe étant idiot). En 1765,
il épousa Marie-Louise de Parme et en décembre 1788
succéda a son père Charles III. Il eut peu de part au gouvernement,
quoiqu'il eût quarante ans et quelque expérience des affaires,
laissa faire Florida Blanca (1789
février
1792), puis d'Aranda,
qui prirent à l'intérieur des mesures heureuses. L'action
du roi n'est très visible que dans l'affaire de la Pragmatique,
votée aux Cortès de septembre
1789
et qui abrogeait une ordonnance de Philippe
Ill établissant en Espagne ce qu'on nomma la loi salique En dépit de d'Aranda,
qui voulait la paix avec la France et qui de sa retraite en donnait le
conseil, l'Espagne fit des préparatifs militaires; sur son refus
de désarmer, la Convention lui déclara la guerre (7 mars
1793).
Après deux campagnes où se distinguèrent du côté
des Français, Dagobert, Perignon, Moncey, Dugommier, et du côté,
des Espagnols Ricardos, Caro et Castelfranca. Godoy,
qui avait préconisé la guerre, négocia la paix signée
à Bâle, le 22 juillet 1795,
et fut gratifié du titre pompeux de prince de la Paix. L'année
suivante, après avoir reçu la visite des souverains à
Badajoz Cependant la face de l'Europe était changée par les victoires des années françaises; Charles IV aurait bien voulu obtenir pour son beau-frère, infant de Parme, quelqu'une des conquêtes françaises; il tentait aussi d'intervenir en faveur du pape et du Portugal. Les négociations des deux gouvernements, français et espagnol, étaient assez difficiles. On se défiait de Charles IV et du prince de la Paix qui s'intéressaient aux émigrés et montraient peu de bon vouloir dans leur alliance; en mars 1798, on força presque Charles IV à relever le prince de la Paix de ses fonctions, quoiqu'il gardât toute son influence. Saavedra, son successeur, se montra très docile vis-à-vis du Directoire et nomma Azara ambassadeur à Paris. Bonaparte, devenu premier consul, n'eut qu'à ordonner pour être obéi et entra en bonnes relations avec Charles IV, à qui il fit des présents ainsi qu'à Godoy; Berthier, son ambassadeur à Madrid, offrit, moyennant la cession de la Louisiane et de six vaisseaux de guerre espagnols, de donner un accroissement de territoire en Italie au duc de Parme (Saint-Ildefonse, 1er octobre 1800), mais le premier consul trouvant une certaine opposition à ses plans maritimes chez Mazarredo et chez le ministre Urquijo qui avait remplacé Saavedra, les fit destituer. Pedro
de Cevallos, qui avait épousé une cousine du prince
de la Paix, devint ministre, et la cession du royaume d'Etrurie Dans l'oeil du cyclone napoléonien L'Espagne, moyennant qu'elle paierait un
subside, pourrait garder la neutralité dans la guerre prochaine
avec l'Angleterre, mais les escadres de cette puissance ayant saisi plusieurs
vaisseaux espagnols, Charles IV n'hésita
pas à lui déclarer la guerre (11 décembre 1804)
et signa un traité d'alliance formel avec la France (4 janvier 1803).
On sait quel rôle joua la marine espagnole dans la campagne maritime
qui aboutit à la sanglante défaite de Trafalgar Cependant, en Espagne, la famille royale
se livrait à mille intrigues dont il serait fastidieux de rappeler
les détails; deux partis s'étaient formés qui se disputaient
le pouvoir : celui de la reine et de Godoy, ce
dernier, dit-on, ne rêvant rien moins que monter sur le trône
d'Espagne; celui de Ferdinand et de sa femme Marie-Antoinette de Naples
Ferdinand VII. Tableau de Goya. A ce moment se passa un fait étrange.
Charles
IV, averti par un anonyme que son fils tramait quelque chose contre
lui, fit saisir les papiers du jeune prince et arrêter celui-ci;
un manifeste apprit cet événement au pays en même temps
qu'une lettre du roi en informait Napoléon et manifestait l'intention
de déshériter Ferdinand au profit de Carlos. Le prince des
Asturies Dupont et Moncey s'avançaient en
Espagne pour compléter bientôt la conquête. Cependant
tout cela, ainsi que les réponses ambiguës de Napoléon
aux lettres de la cour d'Espagne, ne laissait pas d'être menaçant.
Godoy
le premier s'inquiéta et conseilla au roi et à la reine de
se retirer vers l'Andalousie
L'émeute d'Aranjuez (17 mars 1808), d'après uen gravure de l'époque. Napoléon,
sans s'engager vis-à-vis de l'un ou de l'autre, annonça sa
prochaine venue à Madrid,
où étaient entrées les troupes françaises avec
Murat. L'empereur ne se pressant pas, Ferdinand VII crut devoir aller au-devant
de lui à Bayonne;
Charles IV fit de même de son côté et Napoléon
eut entre ses mains presque tous les membres de la famille royale et même
Godoy
(avril et mai). Charles IV vit son fils à
Bayonne et lui montra un vif ressentiment, tandis qu'il était tout
heureux d'y retrouver son favori; dans une autre entrevue, lui et la reine
adressèrent les plus dures paroles à Ferdinand; celui-ci,
le 6 mai, dût renoncer à la couronne en faveur de son père
qui, à son tour, la céda à Napoléon. L'empereur
la voulait donner à son frère Joseph. Charles IV avait stipulé
qu'on lui donnerait le château |
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