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La
Enseñada (Zenon de Somodevilla y Bengoechea, plus connu
sous le titre de marquis de), homme d'État espagnol, né à
Hervias, dans la Rioja, le 25 avril 1702, mort à Medina del Campo
le 2 décembre 1781 ( L'Espagne
au XVIIIe siècle ).
D'une famille assez pauvre, il était en 1720 surnuméraire
au ministère de la marine, en 1725, commissaire de matricules sur
la côte de Catalogne ;
malgré son jeune âge, on lui confia des missions importantes,
et en 1732 il fut administrateur de l'escadre qui alla reprendre Oran;
peu après, nous le voyons intendant de l'armée qui alla conquérir
pour l'infant Carlos le royaume de Naples, et au retour il reçoit,
pour prix de ses services, le titre de marquis de La Enseñada (marquis
des ports, dit-on).
A la mort de Patiño,
son protecteur, il devint, sous le titre de secrétaire de l'amirauté
et intendant, un vrai ministre de la marine (1737). Il fit d'importantes
réformes et prit part à l'expédition de l'infant Philippe
en Lombardie (1741); c'est au milieu de cette campagne qu'il reçut,
par suite de la mort de Campillo, le brevet de ministre de la guerre, de
la marine, des Indes, des finances, gouverneur du conseil, etc. Malgré
ses résistances, il dut accepter ces lourdes fonctions. II les conserva
à la mort de Philippe V, sous son fils Ferdinand (1746), remettant
de l'ordre dans l'administration des finances, supprimant les douanes intérieures,
donnant plus de liberté au commerce avec l'Amérique ,
créant des routes, le canal de Castille ,
encourageant la marine marchande, développant la marine de guerre,
fondant le collège des gardes-marine, les arsenaux du Ferrol et
de Carthagène ,
le collège de médecine et l'observatoire de Cadix ;
il protégeait les lettrés, les savants, les artistes, ordonnait
les explorations scientifiques de Jorge Juan, d'Ulloa,
de Burriel, négociait le concordat de
1753 avec le pape Benoît XIV et mettait
à l'étude la rédaction d'un code et le levé
d'une carte générale de l'Espagne quand il fut renversé.
A l'extérieur,
il était partisan de l'union avec la France, tandis que les autres
ministres, Carvajal, d'origine anglaise, et Wal, de famille irlandaise,
penchaient vers l'alliance avec l'Angleterre. Les intrigues de ce parti
aboutirent, après la mort de Carvajal, à obtenir de Ferdinand
VI qu'il renvoyât son actif et habile ministre; par un décret
signé dans la nuit du 21 juillet 1754, Ensenada fut privé
de tous ses emplois et exilé à Grenade;
on voulait même lui faire un procès, mais la reine s'y opposa,
et il reçut plus tard une pension. En 1759, Charles
III, en montant sur le trône, rappela à la cour Enseñada,
mais il n'eut pas le ministère que détenait le marquis d'Esquilache;
plus tard, comme on le savait favorable aux jésuites ,
il dut, par l'ordre de d'Aranda, se retirer à
Medina del Campo. Toutefois, on le consultait assez souvent. Il laissa
la réputation d'un bon ministre et d'un homme désintéressé,
les gros traitements dont il jouissait justifiant très bien le luxe
qu'il aimait à étaler. Sa vie a été écrite
avec détails par D. Martin Fernandez Navarrete. (E.
Cat). |
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