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La dynastie mandchoue des Qing

Dynastie des Qing (Tsing). - La dynastie des Qing  est la dynastie mandchoue qui rĂ©gna sur la Chine  de 1644 Ă  1912. 

Choun-Tchi, premier empereur de la dynastie Qing, 1641-1661, acheva la conquĂŞte de la Chine en 1646 et 1647, permit aux Russes de commercer avec la Chine et aux missionnaires catholiques d'y propager le Christianisme. Son fils, Kang-Hi, 1661-1722, rĂ©prima une rĂ©volte des Mongols, et ajouta le Tibet et l'Ă®le de Formose (Taiwan) Ă  ses États. Il apprĂ©cia les connaissances europĂ©ennes, protĂ©gea les jĂ©suites qui instruisaient ses sujets, autorisa, en 1692, le libre exercice de la religion chrĂ©tienne, cultiva lui-mĂŞme les sciences, les lettres et la poĂ©sie, et composa un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs ont Ă©tĂ© traduits en français et en anglais. Son fils, Young-Tching, 1722-1735, proscrivit. le christianisme. Khian-Loung, fils et successeur d'Young-Tching (1735-1796), marcha, sous ce rapport, sur les traces de son père; grand prince d'ailleurs, il conquit la Tartarie (Sin-Kiang), recula les limites de son empire jusqu'Ă  l'Inde, et mourut en 1799, après avoir abdiquĂ© en 1796. Auteur lui-mĂŞme de plusieurs ouvrages, il avait rassemblĂ© une bibliothèque de 600 000 volumes. Kia-King, qui lui succĂ©da, 1796-1820, n'imita son père que dans son hostilitĂ© contre le christianisme, et expulsa les chrĂ©tiens du territoire de la Chine en 1815. Son fils, Mian-Ning, surnommĂ© Tao-Kouang, c'est-Ă -dire lumière de la raison (1820-1850), rĂ©prima en 1828 un soulèvement des Tartares musulmans dans la Petite-Boukharie, et en 1831 et 1832 une rĂ©volte des montagnards de l'Ouest de l'empire. L'Ă©vĂ©nement le plus important de son règne fut la guerre suscitĂ©e par les Anglais pour maintenir Ă  leur profit l'introduction très lucrative de l'opium en Chine. 

CommencĂ©e en 1839, cette guerre, dite Guerre de l'opium, s'est terminĂ©e en 1842 par le traitĂ© de Nankin, qui a eu pour effet la cession de l'Ă®le de Hong-kong aux Anglais et l'ouverture aux EuropĂ©ens des cinq ports de Canton, Emoy, Fou-tchĂ©ou, Ning-po, et ShanghaĂŻ. En 1844, un traitĂ© autorisa les Français Ă  pratiquer leur culte seulement dans les cinq ports ouverts au commerce europĂ©en; mais les missionnaires catholiques continuèrent de pĂ©nĂ©trer dans l'intĂ©rieur de l'empire au pĂ©ril de leur vie. 
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Photo de Shanghai
Une maison de thé dans le Shanghaï du début du XXe siècle.

Sous l'empereur Hien-Foung, parvenu au trône en 1850, un soulèvement, organisé par les sociétés secrètes, sous le prétexte de renverser la domination mandchoue, s'est propagé de la province de Kouang-si dans d'autres parties de l'empire, et les rebelles, dont le chef s'est posé en prophète, portant partout la dévastation, se sont emparés en 1853 de Nankin, dont ils ont fait le point central de leurs opérations. En 1857, la France et l'Angleterre recoururent à la guerre pour s'emparer de Canton. Les plénipotentiaires de France et d'Angleterre firent alors à la cour de Pékin des ouvertures qui ne furent pas accueillies, et les escadres des deux pays occupèrent de vive force, en 1858, les forts de l'embouchure du Peï-ho. Un traité conclu en juin 1858, à Tien-Tsin par les représentants de la France, de l'Angleterre, de la Russie et des États-Unis, stipula que la Chine serait ouverte au christianisme et au commerce étranger. Ce traité assura à la Russie des avantages tout particuliers. Mais, lorsque les plénipotentiaires de France et d'Angleterre partirent de Shanghaï en 1859 pour se rendre à Pékin, où les, ratifications devaient être échangées, les forts de l'embouchure du Peï-ho leur en interdirent l'entrée à coups de canon, et les forcèrent de se retirer. La France et l'Angleterre envoyèrent, d'un commun accord, une expédition en Chine pour y mener une opération de représailles.
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Après deux victoires remportĂ©es sur les forces chinoises, supĂ©rieures en nombre mais mal Ă©quipĂ©es, l'armĂ©e alliĂ©e entra dans PĂ©kin en octobre 1860. L'empereur de la Chine s'Ă©tait Ă©loignĂ© de sa capitale, et ce fut son frère, le prince Kong, qui signa, en son nom, les traitĂ©s de paix qui furent conclus dans le mĂŞme mois avec la France et avec l'Angleterre. Le gouvernement chinois s'engagea Ă  payer des indemnitĂ©s considĂ©rables; il fut stipulĂ© en outre que le traitĂ© de Tien-Tsin serait exĂ©cutĂ© dans toutes ses clause, et que la ville et le port de  Tien-Tsin seraient ouverts au commerce Ă©tranger. La France et l'Angleterre furent autorisĂ©es Ă  entretenir des missions diplomatiques Ă  PĂ©kin. Le libre exercice de la religion chrĂ©tienne fut garanti en Chine par ce traitĂ©. La croix fut replacĂ©e sur le sommet de la cathĂ©drale catholique de PĂ©kin, et un Te Deum y fut chantĂ© le 29 octobre. Les alliĂ©s ont ensuite Ă©vacuĂ© PĂ©kin pour se retirer Ă  Tien-Tsin, Ă  Takou et Ă  ShanghaĂŻ. 

L'empereur Hien-Foung (Hien-Fong), mort en 1861, eut pour successeur son fils âgé de 7 ans, Tung-Shi (T'ong-tche), sous la régence du prince Kong. Les Français et les Anglais furent conduits à prendre parti en 1862 contre les rebelles, qui menaçaient Shanghaï, et le contre-amiral français Protet fut tué, en marchant contre eux, à l'assaut d'une petite place fortifiée. Dans cette même année 1862, une division navale anglo-française reprit la ville importante de Ningpo, dont les rebelles s'étaient emparés. Au Nord, la Chine avait dû céder aux Russes (1858, 1860) des territoires sur l'Amour-Oussouri et sur la côte, et leur ouvrir les villes de Kalgan, Ourga (auj. Oulan Bator), Kashgar; même, un instant, à la faveur de l'insurrection des musulmans de Kachgarie qui se constituèrent, de 1865 à 1877, en véritable État indépendant, la Russie occupa Kouldja et toute la vallée de l'Ili (1871); mais les Chinois, victorieux des rebelles, se firent rendre Kouldja (1881) : la Russie ne conservait qu'une petite partie de la vallée moyenne de l'Ili et une portion du bassin du bas Irtych Noir.

Travail de l'opium en Chine
Travail de l'opium (cuisson).

L'impĂ©ratrice Ts'eu-Hi, mère de l'empereur Tung-Shi, avait, Ă  la mort de celui-ci, en 1875, fait monter sur le trĂ´ne un enfant de trois ans, Kouang-Siu, cousin de l'empereur dĂ©funt. De 1882 Ă  1885, la Chine fut en guerre avec la France pour le Tonkin; par les traitĂ©s de Tien-Tsin (11 mai 1884 et 4 avril 1885), elle dut renoncer Ă  ses prĂ©tentions sur le Tonkin et ouvrir au commerce français les provinces limitrophes de ce pays. La frontière sino-française, entre le golfe du Tonkin et le MĂ©kong, a Ă©tĂ© fixĂ©e par les conventions des 25 juin 1887 et 20 juin 1895. En 1894, les Anglais obtenaient Ă©galement la dĂ©limitation de la frontière sino-birmane et des concessions commerciales dans le Yunnan; en 1896, sur leur demande, le Si-Kiang a Ă©tĂ© ouvert au commerce international. 

ImpĂ©ratrice ambitieuse, Ts'eu-Hi, Ă  la majoritĂ© de Kouang-Siu (Kouang-Su), ne lui avait laissĂ© exercer le pouvoir, en 1889, qu'en se rĂ©servant une certaine autoritĂ©. Le principal Ă©vĂ©nement du règne de l'empereur Kouang-Siu fut la guerre sino-japonaise, dĂ©clarĂ©e par le Japon le 1er aoĂ»t 1894, Ă  propos du royaume de CorĂ©e, convoitĂ© par les deux empires voisins. La rapide conquĂŞte de la CorĂ©e et d'une partie de la Mandchourie, la destruction de la flotte chinoise, la prise des arsenaux de Port-Arthur et de WeĂŻ-HaĂŻ-WeĂŻ, celle des Ă®les Pescadores forcèrent la Chine Ă  reconnaĂ®tre, par le traitĂ© de Simonoseki (avril 1895), l'indĂ©pendance de la CorĂ©e et Ă  cĂ©der Formose (3 millions d'habitants), les Pescadores et la pĂ©ninsule du Liao-Toung; la Russie, la France et l'Allemagne ont, cependant, amenĂ© le Japon Ă  se dĂ©sintĂ©resser de cette pĂ©ninsule, moyennant une indemnitĂ© supplĂ©mentaire. Enfin la Chine Ă©tait entamĂ©e aussi par la Russie, l'Allemagne, l'Angleterre et la France, qui se sont fait cĂ©der respectivement « Ă  bail » : Port-Arthur et Talien-Wan (dans le Liou-Toung); Kiao-TchĂ©ou (cĂ´te sud du Chan-Toung); WeĂŻ-HaĂŻ-WeĂŻ (cĂ´te nord du Chan-Toung); Kouang-Tchouan pĂ©ninsule de LĂ©i-TchĂ©ou, en face HaĂŻ-Nan) [1897-1898]. 

Après la guerre sino-japonaise, Kouang-Siu se lança dans la politique des innovations. Il mécontenta ainsi l'impératrice et chercha à se soustraire à sa domination, mais celle-ci le contraignit à signer sa déchéance, le 22 septembre 1898, et prit la régence. L'impératrice, contre toute attente, continua elle-même à accorder des prérogatives aux étrangers, dissimulant ainsi sa véritable politique, et, bientôt, une révolution, qu'elle encourageait en sous-main, mit un temps d'arrêt dans les progrès des Européens. Ce fut l'une des nombreuses sociétés secrètes qui depuis longtemps prêchaient la haine de l'étranger, la secte des Boxers, qui provoqua un soulèvement, qui éclata en mai 1900.


L'impératrice douairière Ts'eu-Hi

Yuan Che-K'ai, son influent conseiller.
Le gouvernement chinois laissa l'effervescence se propager et les massacres se multiplier. La sĂ©dition fut bientĂ´t maĂ®tresse de PĂ©kin. Cela provoqua l'intervention militaire collective des puissances europĂ©ennes appuyĂ©es par les États-Unis et le Japon. Les flottes alliĂ©es firent une dĂ©monstration et prirent, le 17 juin 1900, les forts de Takou. Après quoi les EuropĂ©ens entamèrent une marche sur PĂ©kin. Le 10 juin, le prince Touan, qui Ă©tait Ă  la tĂŞte des Boxers, avait Ă©tĂ© nommĂ© membre du Tsong-li-Yamen; c'Ă©tait la reconnaissance officielle du mouvement boxer. Le 19 juin, ordre fut donnĂ© aux Ă©trangers de quitter PĂ©kin; le ministre d'Allemagne, von Ketteler, qui voulut se rendre au Tsong-li Yamen, bien qu'on l'en dissuadât, fut assassinĂ© le 20 juin. Alors, commença un siège des LĂ©gations qui dura jusqu'au 14 aoĂ»t, soit 55 jours; les assiĂ©gĂ©s rĂ©sistèrent hĂ©roĂŻquement et furent dĂ©livrĂ©s par l'armĂ©e des AlliĂ©s, arrivĂ©e de Tien-Tsin. 

La cour s'enfuit de PĂ©kin et gagna le corps expĂ©ditionnaire des puissances continua la lutte contre les Boxers, pendant que les gouvernements entamaient des nĂ©gociations avec le vice-roi Li-Hong Tchang et exigeaient le châtiment des coupables. Le protocole final fut signĂ© le 7 septembre 1901. Le 7 janvier 1902, la cour rentra Ă  PĂ©kin. Des relations diplomatiques rĂ©gulières furent reprises entre la Chine et l'Europe . D'autre part, les accords anglo-japonais (janvier 1902) et franco-russe (mars 1902) conclus Ă  la suite de ces Ă©vĂ©nements affirmaient la volontĂ© des puissances contractantes de ne rien changer au statu quo en ExtrĂŞme-Orient, bien qu'Ă  la vĂ©ritĂ© la prĂ©pondĂ©rance de la  Russie en Mandchourie tendĂ®t de plus en plus Ă  s'affirmer. La cour du CĂ©leste empire paraissait alors s'ouvrir davantage aux idĂ©es europĂ©ennes. Sous l'influence du Japon notamment, le pays parut en voie de sortir de son inertie traditionnelle, laissant croire Ă  l'avènement d'un Ă©quivalent de l'ère Meiji japonaise.

L'impĂ©ratrice Tseu-hi est morte le 15 novembre 1908. Un enfant de deux ans, P'ou-Yi, est placĂ© sur le trĂ´ne, tandis que le pouvoir rĂ©el Ă©choit Ă  celui qui avait Ă©tĂ© l'un des plus influents conseillers de l'impĂ©ratrice et qui restait le chef de l'armĂ©e, Yuan Che-k'ai (Yuan Shikai), qui, en fĂ©vrier 1911, part rĂ©primer une rĂ©volte qui enflamme, dans le Sud, la ville de Wou-t'chang, y change de camp et  dĂ©pose l'empereur. C'en est finit de la dynastie Qing. 

Les empereurs de la dynastie Qing.
Elle fut la vingt-deuxième et dernière de cet empire. Elle succĂ©da Ă  celle des Ming en 1644, et comprit dix empereurs. 

Choen-tche  ou Choun-tchi (Shunzhi) (1644-1662), proclamĂ© empereur par les Mandchous (Les Toungouses) qui venaient de s'emparer de PĂ©kin, n'avait que sept ans; ce furent ses quatre oncles qui formèrent le conseil de rĂ©gence et gouvernèrent sous la prĂ©sidence du prince Tse-tching-oang. Ce prince parvint Ă  soumettre assez facilement la plupart des provinces du Nord et du Centre, mais les provinces maritimes lui opposèrent une sĂ©rieuse rĂ©sistance. Quand il mourut, en 1651, Choen-tche, dĂ©clarĂ© majeur, prit en main les rĂŞnes du gouvernement et dut continuer la lutte sur mer contre les Chinois rebelles. Le pirate Tching-tching-kong, qui combattait pour le prince de KoueĂŻ, le dernier reprĂ©sentant de la famille des Ming, dĂ©solait de plus en plus les cĂ´tes et restait imprenable; cependant, le prince de KoueĂŻ ayant Ă©tĂ© fait prisonnier dans le Yun-nan par le fameux gĂ©nĂ©ral Ou-san-koueĂŻ et peu après mis Ă  mort, Tching-tching-kong cessa d'infester les cĂ´tes, se replia sur Formose (Taiwan), en chassa les Portugais, s'y Ă©tablit en 1662 et y mourut. La politique de Choen-tche fut celle d'un sage; il laissa persister tous les anciens usages et n'apporta dans son vaste empire que deux modifications importantes : la première consista Ă  placer Ă  la tĂŞte de chacun des six ministères deux prĂ©sidents au lieu d'un seul, l'un chinois, l'autre mandchou; la seconde fut de contraindre tous ses sujets Ă  se raser le devant de la tĂŞte, Ă  la manière tartare, et Ă  porter les cheveux tressĂ©s en une longue natte pendante, en signe de soumission; ces deux usages se sont perpĂ©tuĂ©s jusqu'au dĂ©but du XXe siècle, mais le second ne s'implanta que difficilement, et beaucoup de Chinois prĂ©fĂ©rèrent mourir plutĂ´t que d'obĂ©ir Ă  cet ordre. La plupart des souverains de l'Asie envoyèrent des ambassades Ă  la cour de Choen-tche ; la Russie et la Hollande suivirent mĂŞme cet exemple en 1656, mais les envoyĂ©s de ces deux puissances, ayant refusĂ© de se conformer au cĂ©rĂ©monial de la cour chinoise, ne furent pas reçus. On prĂ©tend que Choen-tche avait un goĂ»t très marquĂ© pour les sciences et qu'il aurait placĂ© Ă  la tĂŞte du tribunal des mathĂ©matiques le P. Adam Schall, jĂ©suite allemand, auquel on devrait l'Ă©tablissement de l'astronomie europĂ©enne en Chine. Sur la fin de son règne, Choen-tche s'Ă©prit de la femme d'un des grands de sa cour; quand elle mourut, il en conçut un si profond chagrin qu'il prit aussitĂ´t l'habit des bonzes. Atteint de la petite vĂ©role, il mourut, après quelques jours de maladie, Ă  l'âge de vingt-quatre ans.

Kang-hi (Kangxi) (1662-1722), fils de Choen-tche. Né en 1653, mort en 1722, il monta sur le trône à 8 ans (1661), et commença à gouverner par lui-même à 13. Son long règne ne fut troublé que par quelques expéditions contre les Mongols, dans lesquelles il eut l'avantage. Il encouragea et cultiva lui-même les sciences et les arts, protégea les jésuites et autorisa l'exercice de la religion chrétiennepar un édit (1692). Kang-hi a composé, entre autres ouvrages, des Maximes pour le gouvernement des États et des Instructions morales pour son fils et successeur.

Yong-tcheng (Yongzheng) (1723-1735), quatrième fils de Kang-hi, débuta en faisant emprisonner son frère aîné qui commandait une armée en Tartarie et en qui il crut voir un rival; il exila ensuite un autre de ses frères nommé Yesaké, ambitieux sans valeur, ainsi que le missionnaire portugais Morao, son chef de parti, et, plus tard, les fit périr tous les deux. Cet empereur est surtout connu pour la persécution violente qu'il fit aux prêtres catholiques; ayant appris que Sou-nan, son oncle maternel, avait embrassé le christianisme, il le dépouilla de ses titres et l'envoya avec sa famille en disgrâce; seuls quelques missionnaires, dont la présence était nécessaire à Pékin, purent rester dans cette ville; tous les autres furent relégués à Macao. Laborieux, très actif, Yong-tcheng tint les rênes du gouvernement d'une main ferme; il se montra bon pour son peuple en maintes occasions, notamment en 1725, après des pluies torrentielles qui détruisirent entièrement les récoltes, et, en 1730, après un tremblement de terre qui causa les plus grands ravages; pour encourager l'agriculture, il accorda le titre de mandarin du huitième degré au laboureur le plus estimé de chaque canton. Il mourut néanmoins, peu regretté de ses sujets, le 7 octobre 1735. Ce prince publia une instruction aux gens de guerre, intitulée les Dix Préceptes, et commenta les seize maximes de l'Édit sacré de Kang-hi. Les Dix Préceptes ont été traduits en français par Amiot; les maximes et le commentaire l'ont été en anglais par William Milne.

Kien-long ou Khian-loung (Qianlong), fils de Yong-tcheng. Il monta sur le trône en 1736, réprima en 1755 une révolte des Tartares et soumit à sa domination toute la Tartarie jusqu'à la Perse. Se sentant vieux, il abdiqua en 1795 en faveur de son fils. Kien-long défendit en 1753 l'exercice de la religion chrétienne dans ses États. Ce prince cultivait les lettres avec succès; il forma une bibliothèque de 600000 volumes. il avait composé entre autres écrits, un Éloge de la ville de Moukden, que le P. Amiot a traduit en français, Paris, 1770.

Kia-king (Jiaqing) (1796-1820), né en 1759, mort en 1820. Il était le dix-septième fils de l'empereur Kien-long, qui abdiqua en sa faveur en 1796. Ce prince, dans un état d'ivresse presque continuel, eut un règne très agité. En 1818, à la suite d'une grande révolte causée par la famine, Kia-King fit mettre à mort une foule de séditieux. On tenta par deux fois de l'empoisonner et, en 1818, le premier eunuque, Lin-King, l'eût renversé du trône, sans le fils de Kia-King. Sous son règne, le débordement du fleuve Jaune, en 1818, causa la mort de plus de 100 000 personnes. Kia-King persécuta les missionnaires catholiques, et fut toujours hostile aux influences étrangères.

Tao-kouang (Daoguang) (1821-1850), deuxième fils de Kia-king, né en 1782, succéda à son père. Son règne fut des plus agités; en 1828, il se rendit maître d'un soulèvement qui s'était produit dans les provinces d'Ili, sous l'instigation d'un officier du Turkestan, ce qui eut pour résultat de rattacher plus intimement le Tibet à l'empire; de 1831 à 1833, il dut lutter contre une nouvelle insurrection qui éclata à Formose (Taiwan) et parmi les montagnards du Kouang-toung. Mais l'événement le plus important de son règne fut la guerre qu'il soutint contre l'Angleterre, à partir de 1839, au sujet de l'importation de l'opium, et qui se termina par le traité de Nankin, du 29 août 1842; le traité de Wanghia, conclu avec les États-Unis, le 3 juillet 1844, et celui de Wam-pou, conclu avec la France, le 24 octobre de la même année, permirent à ces deux puissances d'établir en Chine de nouveaux consulats et d'y faire librement le commerce. En 1847, on vit apparaître à Pékin un nommé Toung Sinyouang, chef de la secte des adorateurs du Dieu unique, qui fut aussitôt arrêté; le 20 mars 1848, Hong Siu-tsouen, qui devint plus tard le chef des insurgés chinois connus sous le nom de Taïping, ayant obtenu sa liberté, tous deux s'installèrent dès lors dans la province de Kouang-si et préparèrent, avec l'aide de plus de trente associations secrètes, l'insurrection qui devait entraîner la Chine dans une longue suite de guerres intestines; cette insurrection n'éclata que sous le règne suivant. Tao-kouang qui, au début de son règne, avait chassé les missionnaires catholiques de Pékin, se montra, sur la fin, assez tolérant pour les chrétiens; les relations commerciales y gagnèrent et donnèrent d'heureux résultats. Ce prince réorganisa les ministères et fit paraître, à partir de 1815, un annuaire impérial ainsi que plusieurs encyclopédies et grandes collections littéraires et scientifiques. Il mourut le 25 février 1850.

Hien-foung (Xianfeng) (1850-1861), né en 1831, mort en 1862. Il succéda à son père Tao-kouang en 1850. Dès son arrivée au pouvoir, il s'adonna à une vie de débauche, et faillit être victime d'un assassinat. Croyant à un complot, il fit aussitôt décapiter un grand nombre de hauts dignitaires. Pour se procurer de l'argent, Hien-Foung vendit les dignités publiques et créa un monopole pour le commerce de l'opium. C'est sous son règne qu'eut lieu la grande révolution des Taïping, et, en 1856, l'expédition franco-anglaise contre la Chine, qui se termina par les traités de Tien-Tsin (1858 et 1860) et l'entrée des alliés à Pékin, en 1860, après leur victoire à Pali-Kao. Au cours de ces événements, Hien-Foung s'était réfugié en Mongolie, puis en Mandchourie, et ce fut son frère, le prince Kong, qui dut négocier avec les alliés. Il mourut peu après, usé par la débauche, et eut pour successeur son fils aîné Toung-tche, sous la régence de sa mère.

Toung-tche ou Toung-tchi (Tongzhi), littéralement Union dans l'ordre) (1861-1875), fils de Hien-foung, né en 1856, mort en 1875. Il n'avait que cinq ans lorsqu'il fut appelé, le 21 août 1861, à succéder à son père Hien-foung. Il fut déclaré majeur en 1873. Les luttes contre les Taïping et les musulmans, l'intervention des étrangers en Chine, la création de l'arsenal de Fou-Tchéou (1867), le massacre de Tien-Tsin (1870), les nombreux traités conclus avec les puissances européennes et l'établissement définitif des légations à Pékin, constituent les principaux événements de ce règne.

Kouang-su (Guangxu) (1815), né à Pékin en 1872. Fils du prince Chun, petit-fils de l'empereur Tao-Kouan, il a porté, jusqu'à son avènement, en 1875, le nom de Tsai-tien. Le pouvoir a été exercé, au cours de sa longue minorité (1875-1889), par l'impératrice douairière Tseu-hi (Tsou-Hsi; Cixi), dont la politique xénophobe amena, dès 1884, le conflit avec la France au sujet du Tonkin. Après 1889, l'influence de Tseu-hi est restée considérable, en raison de la débilité physique et de l'incapacité politique du jeune empereur. Après la guerre du Japon, terminée par le traité de Simonoséki, et la concession aux étrangers de nombreuses voies ferrées et lignes télégraphiques, destinées à ouvrir la Chine à l'influence et au commerce européens, la vieille impératrice a repris par un véritable coup d'État (1897) la réalité du pouvoir, et la réaction xénophobe qui a suivi, couronnée par le soulèvement des Boxers, peut-être encouragés par le pouvoir impérial, a amené, en 1900, l'intervention de l'Europe, du Japon et des États-Unis, et l'occupation militaire de Pékin par les puissances.

Siuan T'ong (Xuantong) ou Pou-yi (Puyi). - NĂ© en fĂ©vrier 1906, mort en octobre 1967. Il est montĂ© sur le trĂ´ne en 1908 (il avait donc deux ans) et a Ă©tĂ© empereur jusqu'en 1912, date de la procclamation de la RĂ©publique de Chine. En 1934, lors de la crĂ©ation en Mandchourie par les Japonais du Manchuoko (Manzhuguo),  il prit pendant onze ans le titre d'empereur de cet État fantoche (Les Toungouses). Après 1945, il a vĂ©cu en Chine sans titre et occupa, entre 1964 et sa mort, des fonctions consultatives au sein de la RĂ©publique populaire. (A. Thomas).

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Dictionnaire biographique
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