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Histoire des Pays-Bas
Préhistoire.
Les premi√®res traces humaines aux Pays-Bas remontent √† environ 250 000 ans, au Pal√©olithique. Les habitants de cette p√©riode √©taient des chasseurs-cueilleurs, utilisant des outils en pierre. Apr√®s la derni√®re glaciation, les for√™ts se sont √©tendues et les communaut√©s humaines ont continu√© de vivre de la chasse, de la p√™che et de la cueillette. Les sites de cette p√©riode (M√©solithique) les plus connus sont ceux de Bergumermeer et de Hardinxveld-Giessendam. L'agriculture et l'√©levage sont introduites au N√©oliythqiue, il y a environ 5300 ans. Plusieurs cultures font leur appartion, comme celle de la c√©ramique lin√©aire (5300-4900 av. JC.) et  celle de R√∂ssen (4900-4300 av. JC). Des dolmens (tombes m√©galithiques) sont construits par la culture des chasseurs-cueilleurs de Swifterbant et la culture des gobelets cord√©s (environ 2900 - 2000 av. JC).

Protohistoire.
Vers 2000 av. JC, les habitants des Pays-Bas ont commenc√© √† travailler le bronze pour fabriquer des outils et des armes. Les √©changes commerciaux se sont intensifi√©s, notamment avec les cultures voisines en Europe. Le site de Hoogkarspel et celui de Drouwen sont des exemples de l'√Ęge du bronze n√©erlandais.

Le travail du fer est introduit vers 800 av. JC. Ce m√©talremplace progressivement le bronze dans la fabrication des outils et des armes. C'est pandant l'√Ęge du fer que les tribus celtes et germaniques font leur apparition dans la r√©gion. Le sud des Pays-Bas √©tait habit√© par les Celtes, tandis que le nord et l'ouest √©taient domin√©s par les tribus germaniques telles que les Frisons, les Bataves et les Cananefates. Le commerce et les contacts avec les civilisations m√©diterran√©ennes augmentent, notamment avec les √Čtrusques et les Celtes de La T√®ne.

Antiquit√© et Moyen √Ęge.
A l'arrivée des Romains, les Bataves fournirent une cavalerie auxiliaire à César, et une cohorte à la garde prétorienne d'Auguste. Soumis aux Romains par Drusus, ils se soulevèrent contre Vespasien, l'an 70 de J. C., sous la conduite de Civilis. Les Bataves furent assujettis à la domination des Francs au Ve siècle, et les Frisons au VIIIe siècle par Charlemagne, sous lequel il furent contraints de se convertir à la religion chrétienne

Les pays qu'occupaient les deux peuples furent réunis à l'Allemagne par le traité de Verdun en 843. Ils étaient régis par des gouverneurs, qui se rendirent peu à peu indépendants, et devinrent les ducs de Gueldre, de Brabant, de Limbourg, les comtes de Hollande, de Zutphen et de Zélande, et les seigneurs de Frise. Utrecht forma un évêché souverain. Après Charles le Simple, les Pays-Bas sont gouvernés par des ducs ou des comtes relevant plus ou moins de l'empereur d'Allemagne. Le plus puissant de ces seigneurs est le comte de Hollande. Durant cinq siècles, de 922 à 1581, le pouvoir est successivement exercé par les maisons de Hollande, de Hainaut, de Bavière, de Bourgogne et d'Autriche. C'est une période souvent troublée par des guerres intestines. Les villes, enrichies par le commerce, s'efforcent d'étendre leurs privilèges. En 1349, la comtesse Marguerite de Hainaut ayant abandonné ses droits seigneuriaux à son fils Guillaume contre une pension qui ne fut pas payée, ce fut le signal de la guerre entre Cabillauds (Kabeljauws) et Hameçons (Hoeks). Cette lutte changea plus tard de caractère : les Cabillauds devinrent les défenseurs des franchises municipales et les Hameçons les partisans des nobles.

Les ducs de Bourgogne, √©tant entr√©s en possession du riche comt√© de Flandre, dont l'h√©riti√®re Marguerite avait √©pous√© Philippe le Hardi, acquirent successivement par des conqu√™tes, par des alliances et par des transactions, ces diff√©rents territoires. Ainsi, c'est en d√©pouillant sa cousine Jacqueline de Bavi√®re que le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, devient ma√ģtre des Pays-Bas. Le mouvement d'√©mancipation des communes est arr√™t√© sous son fils Charles le T√©m√©raire. A sa mort, en 1477,  sa fille, Marie de Bourgogne, ayant √©pous√© l'archiduc Maximilien, fils de l'empereur Fr√©d√©ric III, le Limbourg, le Luxembourg, la Z√©lande, la Hollande, la Flandre, l'Artois, le Hainaut, le Brabant, les comt√©s de Namur, d'Anvers et de Malines, avec la Franche-Comt√©, passent √† la maison d'Autriche. Ce fut encore une p√©riode de guerres et d'oppression; les Hollandais et les Frisons durent s'incliner devant les re√ģtres allemands, mais il resta dans les coeurs des levains de haine qui ne tard√®rent pas √† fermenter. 

L'archiduc, devenu l'empereur Maximilien Ier, comprit ces provinces en 1512, sous le nom de cercle de Bourgogne, dans la division g√©n√©rale de l'empire en dix cercles. Charles-Quint y ajouta le duch√© de Gueldre, Over-Yssel, la Frise, Groningue et Drenthe, et, √† son abdication, en 1556, les Dix-sept provinces formant le cercle de Bourgogne passeraient √† la monarchie espagnole. Sous son r√®gne d√©j√†, la r√©gence de Marguerite ramena la prosp√©rit√© ; les provinces des Pays-Bas jouirent d'une grande libert√©; mais la R√©forme (Protestantisme), qui compta bient√īt de nombreux sectateurs, ne pouvait √™tre tol√©r√©e par la cour d'Espagne. En 1535, Marie, r√©gente des Pays-Bas, rendit un √©dit qui condamnait √† mort tous les h√©r√©tiques. Par faveur, devaient √™tre d√©capit√©s les hommes et enterr√©es vives les femmes qui se repentaient; les imp√©nitents √©taient r√©serv√©s au feu. Charles-Quint, pour rendre plus efficace cette loi, tenta d'introduire l'Inquisition; mais il laissa √† son fils Philippe II le soin de r√©aliser cette mesure. C'en √©tait trop pour ce peuple, d√©j√† √©cras√© d'imp√īts. 

Le compromis des nobles donna le signal de la r√©volte des gueux; Guillaume de Nassau, prince d'Orange, que Charles-Quint et Philippe II avaient nomm√© gouverneur des provinces de Hollande, de Z√©lande et d'Utrecht, et membre du conseil de r√©gence, se met √† la t√™te d'une ligue f√©d√©rative dite des Gueux, qui leva l'√©tendard de l'insurrection contre l'Espagne en 1566. Ni les mesures de rigueur ni les moyens de conciliation, successivement employ√©s par le duc d'Albe, par Zu√Īiga y Requesens et par don Juan d'Autriche, ne purent r√©primer ce soul√®vement. Au contraire, les atrocit√©s commises exasp√®rent les courages : en 1572, les Gueux de mer s'emparent de Brielle; Guillaume prend Middelbourg et d√©livre Leyde. Succ√®s et revers, tout sert √† la cause de l'ind√©pendance. 

Portrait du Duc d'Albe.
Le duc d'Albe.

La plupart des provinces adhérèrent à Gand, en 1576, à la rébellion de la Hollande et de la Zélande, et l'union de Bruxelles resserra cette alliance en 1577. L'habileté du gouverneur espagnol, Alexandre Farnèse, maintint dans la foi catholique et sous l'obéissance de l'Espagne les province méridionales, appelées Pays-Bas espagnols ou catholiques, dont Louis XIV réunira une portion à la France, et qui devinrent Pays-Bas autrichiens après le traité de Rastatt en 1714.

Les Provinces-Unies.
Mais cinq provinces septentrionales, celles de Hollande, Z√©lande; Utrecht, Gueldre et Frise, proclam√®rent leur ind√©pendance, le 23 janvier 1579, par l'union d'Utrecht, et les provinces d'Over-Yssel et de Groningue acc√©d√®rent √† cet acte : la premi√®re en 1580 et la seconde en 1594. D√®s 1581, les √©tats avaient d√©clar√© le roi d'Espagne d√©chu de toute souverainet√© sur les Pays-Bas. Ainsi fut constitu√©e la r√©publique des Sept Provinces-Unies, dont Guillaume Ier de Nassau fut reconnu le chef, sous le titre de stathouder. L'assassinat de Guillaume d'Orange en 1584 par Balthazar G√©rard, √† Delft, aurait pu compromettre l'oeuvre de sa vie; mais son fils Maurice, √Ęg√© de dix-sept ans, fut, gr√Ęce √† l'influence de Oldenbarneveldt, avocat de Hollande, nomm√© aussit√īt stathouder et continua la lutte contre l'Espagne. La dignit√© √©lective de stathouder procura √† la r√©publique par le trait√© d'Anvers de 1609, fruit de ses exploits, une paix de douze ans, conclue sous les auspices de Henri IV. Elle reconnaissait l'ind√©pendance de la Hollande, tandis que les Pays-Bas du Midi restaient √† l'Espagne. A l'expiration de la tr√™ve, la guerre recommen√ßa jusqu'au jour o√Ļ enfin, au congr√®s de Munster, les Provinces-Unies entr√®rent dans le concert des √Čtats europ√©ens et obtinrent de l'Espagne toutes les places du Brabant et la fermeture de l'Escaut, c'est-√†-dire la ruine √† leur profit du port d'Anvers.

Le nouvel √Čtat, appel√© Hollande, du nom de la plus importante des province dont il se compose devient alors le foyer central du protestantisme et le refuge des Protestants de tous les pays. Favoris√© par l'Angleterre et par la France, qui applaudissaient √† l'humiliation de l'Espagne, il s'approprie la majeure partie du commerce que cette nation alors si puissante fait sur les mers, et s'√©l√®ve √† un haut degr√© de prosp√©rit√©. Il est reconnu √Čtat ind√©pendant par le trait√© de Westphalie en 1648, et parvient, vers le milieu du XVIIe si√®cle au rang de premi√®re nation maritime de l'Europe. C'est la grande et glorieuse √©poque de la Hollande. Ses navigateurs, ses commer√ßants, ses compagnies coloniales l'enrichissent; ses hommes d'√Čtat font respecter son drapeau; ses artistes proclament son g√©nie, et, si le fanatisme religieux et politique peut y faire des victimes comme Oldenbarnevelt ou les fr√®res de Witt, les Provinces-Unies tiennent t√™te √† l'Angleterre avec Tromp et de Ruyter et √† Louis XIV. Le roi de France √©choua ainsi, apr√®s la paix d'Aix-la-Chapelle en 1668, dans le dessein de ruiner cette active r√©publique. Il fut oblig√© de conclure la paix de Nim√®gue (1678). Lorsque Guillaume III devient roi d'Angleterre tout en restant stathouder, les Provinces-Unies sont entra√ģn√©es dans l'orbite de l'Angleterre. La r√©vocation de l'√©dit de Nantes a d'ailleurs surexcit√© les esprits contre la France. Une triple alliance fut form√©e entre la Hollande, l'empereur et l'Angleterre, √† l'occasion de la succession d'Espagne. La paix d'Utrecht (1713) marqua l'apog√©e de la puissance hollandaise.

Mais les luttes qu'elle avait soutenues contre la France et contre l'Angleterre, et la part qu'elle prit √† la guerre de la succession d'Espagne, affaiblirent la Hollande consid√©rablement. Deux partis, celui des adh√©rents de l'ambitieuse maison d'Orange, ou Orangistes, et celui des patriotes r√©publicains, ou Anti-Orangistes, se form√®rent dans son sein; et aux discordes civiles qui r√©sult√®rent de leur opposition se m√™l√®rent des discussions th√©ologiques, les querelles des arminiens et des gomaristes. A partir de ce moment, le peuple et la petite bourgeoisie s'√©loign√®rent de l'oligarchie des grandes familles, qui se perp√©tuaient √† la t√™te des municipalit√©s et dans les √Čtats et inclinaient de plus en plus vers l'autorit√© des stathouders. La r√©publique, dirig√©e tant√īt par un stathouder, tant√īt par un grand pensionnaire, ne put pas arriver √† l'unit√© de gouvernement. 

Un soulèvement populaire donna à Guillaume IV et à ses descendants des deux sexes le stathoudérat héréditaire en 1747. Les débuts du nouveau régime ne furent pas heureux; la Hollande fut battue avec ses alliés dans la guerre de la succession d'Autriche et dut demander la paix. Le traité, conclu à Aix-la-Chapelle, lui laissa tout son territoire. Guillaume V était mineur; la régence fut confiée à sa mère, une Anglaise, et le commandement des troupes au duc de Brunswick, un Allemand. Les républicains en prirent prétexte pour fomenter l'agitation. Les actes du stathouder, devenu majeur, ne les rassurèrent qu'à demi, et le mécontentement s'accrut quand les Anglais eurent pris plusieurs des colonies hollandaises. Guillaume V s'enfuit de La Haye, invoqua l'appui de son beau-frère, le roi de Prusse. L'armée envoyée par le roi de Prusse s'empara d'Amsterdam en 1787, et réprima la révolte.
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Blason des Pays-Bas.
Armoiries des Pays-Bas.

Le parti d√©mocratique, qui n'√©tait que comprim√©, allait pr√™ter la main en 1795 √† la conqu√™te du pays par les armes de la France r√©publicaine. Guillaume V √©tant entr√© dans la coalition contre la France, Pichegru envahit la Hollande. La r√©publique Batave fut proclam√©e sur le mod√®le de la R√©publique fran√ßaise, avec un directoire et deux conseils. Elle fut divis√©e en 8 d√©partements. Le r√©gime f√©d√©ratif fut r√©tabli en 1801, et une 8e province, form√©e de contr√©es prises au Brabant, √† la Flandre, au Limbourg et √† la Gueldre, fut ajout√©e aux sept anciennes provinces. Cette organisation fut modifi√©e en 1805 : Schimmelpennink devint pensionnaire du conseil. Les Pays-Bas avaient perdu leur marine et leurs colonies, et leur commerce √©tait d√©truit, lorsqu'ils furent √©rig√©s en 1806, par Napol√©on Ier, en royaume de Hollande, en faveur de son fr√®re, Louis Bonaparte. Ce prince, voyant qu'il ne pouvait pas r√©aliser ses intentions, abdiqua en 1810, en faveur de son fils a√ģn√©, encore enfant; mais le pays fut incorpor√© √† l'empire fran√ßais, et forma les d√©partements de la Frise, Yssel-Sup√©rieur, Zuiderzee, Bouches-de-la-Meuse, Bouches-de-l'Yssel, Ems-Oriental et Ems-Occidental. En 1813, apr√®s la bataille de Leipzig, les Fran√ßais furent oblig√©s de retirer leurs garnisons; le 29 novembre, Guillaume-Fr√©d√©ric d'Orange, fils du dernier stathouder, aborda √† Sch√©veningue et reprit le gouvernement du pays.

Le Royaume des Pays-Bas.
En 1815, le Congr√®s de Vienne r√©unit les Sept Provinces-Unies et les anciens Pays-Bas autrichiens et pla√ßa le prince d'Orange √† la t√™te du nouveau royaume des Pays-Bas. Une Constitution fut √©tablie, qui, s'inspirant des id√©es fran√ßaises, substituait l'unit√© politique au particularisme d'autrefois. Cette juxtaposition de populations protestantes et catholiques s√©par√©es depuis des si√®cles avait quelque chose d'artificiel. Le m√©contentement s'accrut quand la langue hollandaise fut impos√©e comme langue officielle et, le 25 ao√Ľt 1830, une r√©volution √©clatait √† Bruxelles. La conf√©rence de Londres, o√Ļ si√©geaient les pl√©nipotentiaires des cinq grandes puissances, pronon√ßa la s√©paration de la Belgique et de la Hollande. La France for√ßa les troupes du roi  Guillaume Ier en 1852 √† rendre la citadelle d'Anvers au nouveau Royaume de Belgique , et les limites entre ce royaume et le nouveau royaume des Pays-Bas  furent d√©finitivement r√©gl√©es en 1839. L'ann√©e suivante, Guillaume Ier abdiquait en faveur de son fils Guillaume II. Sous le r√®gne de celui-ci, la Constitution fut r√©vis√©e dans un sens lib√©ral.

Cette réforme était à peine accomplie, en 1848, que le roi mourait, laissant la couronne à son fils Guillaume III, qui régna jusqu'en 1890. Durant cette longue période, la législation coloniale fut révisée; l'enseignement public réorganisé; en 1887, on procéda à une révision de la Constitution, surtout en vue d'élargir le droit de suffrage. A la mort de Guillaume III, les deux fils issus de son premier mariage étant morts, la couronne passa à sa fille Wilhelmine, dont la mère, Emma, fut proclamée régente. Son règne fut assez paisible. Le régime parlementaire fonctionnait désormais régulièrement.

A la suite des √©lections de 1891, le minist√®re lib√©ral Tak van Poortvliet rempla√ßa le minist√®re mixte qu'avait compos√© le baron Mackay, alors que la premi√®re Chambre √©tait en majorit√© lib√©rale et la seconde conservatrice. Il fit voter l'imp√īt progressif sur la fortune et la taxe sur les revenus professionnels, mais il ne put faire aboutir le projet conf√©rant l'√©lectorat √† tous les citoyens non assist√©s sachant lire et √©crire. En vue de se rendre les catholiques favorables, son successeur Ro√ęll ajourna la question de l'enseignement et celle du service obligatoire; il obtint l'extension du droit de suffrage (1895), r√©alisa de nouvelles r√©formes fiscales, organisa l'arbitrage entre patrons et ouvriers.

Les conservateurs catholiques (provinces rurales du Sud) et les calvinistes orthodoxes, ou anti-r√©volutionnaires, s'unirent contre les lib√©raux aux √©lections de 1897; les ¬ę chr√©tiens historiques ¬Ľ ou calvinistes dissidents de la petite et moyenne
bourgeoisie, ligu√©s √† la voix du pasteur Bronsveld, leur firent une vive opposition, et, l'abb√© Schaepmann ayant d√©clar√© que le moment √©tait venu de gouverner la Hollande selon l'esprit de l'√Čglise catholique, les protestants crurent l'√Čglise nationale en danger. La masse du corps √©lectoral se d√©tourna de la coalition. C'est le cabinet lib√©ral Beaufort-Pierson qui pr√©sida aux f√™tes de la majorit√© politique de la reine (31 ao√Ľt 1898), dont le mariage avec le prince Henri de Mecklembourg-Schwerin fut c√©l√©br√© √† La Haye en 1901.

Apr√®s la loi sur les assurances ouvri√®res, les Chambres, malgr√© les catholiques et les calvinistes anti-r√©volutionnaires, avaient adopt√© la loi sur l'instruction obligatoire (1900). Le pasteur Kuyper, d√©mocrate chr√©tien, appel√© au pouvoir apr√®s les √©lections de 1901, s'attacha tout particuli√®rement √† r√©viser les lois sur l'enseignement public : les Universit√©s libres furent mises sur le m√™me pied que les √©tablissements de l'√Čtat au point de vue de la collation des grades; les √©coles priv√©es re√ßurent des subventions ; les instituteurs libres se virent, quant au r√©gime des retraites, assimil√©s aux instituteurs publics. Son programme de restauration de l'√Čtat tenait en ces mots : ¬ę Croyants et chr√©tiens contre incr√©dules ¬Ľ; tous les groupes d'opposition lib√©rale s'unirent pour le renverser, et ils y r√©ussirent aux √©lections de 1905.

C'est √† Amsterdam que la deuxi√®me Internationale tint le fameux congr√®s socialiste de 1904, dont le retentissement se fit sentir, tout d'abord, dans la Hollande m√™me. Les socialistes qui, en 1897, n'avaient qu'un repr√©sentant aux √Čtats g√©n√©raux, en compt√®rent 4 en 1905, 7 en 1909, 18 en 1913; leurs chefs furent l'avocat Tro√ęlstra et le pasteur Domela Nieuwenhuis. L'agitation qui s'ensuivit (manifestations en faveur de la journ√©e de huit heures, gr√®ve g√©n√©rale, etc.) provoqua la r√©action des partis d' ¬ę-ordre-¬Ľ, tandis que les socialistes refusaient d'appuyer les lib√©raux; mais, en somme, aucun parti ne disposait d'une majorit√© v√©ritablement solide.

Malgr√© l'√©volution des id√©es, il faut aussi compter, aux Pays-Bas, avec les traditions religieuses. Alli√©s sur le terrain politique et social, les catholiques et les anti-r√©volutionnaires ne pouvaient s'entendre sur le terrain confessionnel. Ces divisions politiques n'entrav√®rent pas le d√©veloppement √©conomique du pays, qui vit s'accro√ģtre sa population et qui connut la prosp√©rit√©. La Premi√®re Guerre mondiale, d√©clench√©e en 1914 et pendant laquelle les Pays-Bas se d√©clar√®rent neutres, relentit notablement la progression, mais sans la compromettre. Le pays fit aussi progresser sa d√©mocratie pendant cette p√©riode, en accordant, en 1917, le suffrage universel masculin, puis f√©minin en 1922.

Costumes de l'Armťe des Pays-Bas vers 1900.
Uniformes de l'armée hollandaise vers 1900.
Au lendemain de la Premi√®re guerre mondiale, la vie politique engag√©e dans la poursuite des r√©formes sociales fut aussi domin√©e par le regain des divisions entre Protestants et  Catholiques. Les cabinets successifs furent dirig√©s par Ruys de Berrenbrouck, Colijn, de Geer. La crise √©conomique mondiale des ann√©es 1930 affecta le pays et suscita une mont√©e en puissance des partis de gauche et de centre gauche. En 1939, pour la premi√®re fois des sociaux-d√©mocrates particip√®rent au gouvernement. Une nouvelle phase de la d√©mocratie n√©erlandaise qui fut de tr√®s br√®ve dur√©e. Bien que les Pays-Bas aient d√©clar√© leur neutralit√© lors du d√©clenchement de la Seconde guerre mondiale, d√®s le 10 mai 1939, ils sont attaqu√©s par les troupes allemandes. La famille royale et le gouvernement se r√©fugi√®rent en Angleterre, et des bombardements d√©truisirent en quelques jours tout le centre de Rotterdam et pr√©lud√®rent √† la submersion de nombreux polders. L'arm√©e n√©erlandaise ne put que se rendre l'ann√©e suivante. Sous l'occupation allemande, une administration nazie fut mise en place et plac√©e sous la direction du commissaire hitl√©rien Seyss-Inquart. Cette occupation dura jusqu'√† la capitulation de l'Allemagne, le 8 mai 1945, et fut caract√©ris√©e par une r√©pression brutale, des d√©portations massives de Juifs vers les camps d'extermination (L'Holocauste), et aussi, apr√®s le d√©barquement alli√© par des combats encore tr√®s destructeurs.

L'époque contemporaine.
Durement √©prouv√©s par le conflit, les Pays-Bas abord√®rent la reconstruction avec une nouvelle souveraine (la reine Wilhelmine abdiqua en 1948, laissant le tr√īne √† la reine Juliana), et dans un relatif consensus social qui permit la participation dans un m√™me gouvernement de Catholiques et de Socialistes. Ceux-ci reprirent les r√©formes sociales et tent√®rent la remise en route de l'√©conomie. Mais le pays fut encore confront√© √† de nouveaux drames. En 1953, la rupture d'une digue √† la suite d'une temp√™te provoqua la mort de pr√®s de 2000 personnes. Mais auparavant, c'est la d√©colonisation de l'Indon√©sie, occup√©e par le Japon pendant la Seconde guerre mondiale, qui s'√©tait s'av√©r√©e particuli√®rement difficile. Au terme de plusieurs ann√©es d'affrontements sanglants, les Pays-Bas avaient d√Ľ accorder l'ind√©pendance √† l'Indon√©sie, en 1949. La m√™me ann√©e, le pays rejoignit l'OTAN, tandis qu'il commen√ßait √† recentrer son √©conomie sur l'Europe. Cela allait permettre son rel√®vement. Les Pays-Bas, d√©j√† membres du B√©n√©lux depuis 1948, devinrent ainsi, d√®s 1952, membres fondateurs de la CECA (Communaut√© europ√©enne du charbon et de l'acier), qui pr√©figurait la CEE (Communaut√© √©conomique europ√©enne), instaur√©e en 1957 par le Trait√© de Rome.

Les années 1960 se signalèrent par un retour de la prospérité. Le modèle néerlandais devint l'un des parangons de l'Etat-providence. Cependant les chocs pétroliers des années 1970 stoppèrent net cette croissance. Parallèlement, la colonie néerlandaise du Surinam accéda à son indépendance en 1975, et fut suivie aux Pays-Bas d'une importante vague d'immigration (des centaines de milliers de personnes), en provenance de l'ancienne colonie. Une coalition de droite revenue au pouvoir en 1977 se trouva ensuite contrainte à une politique d'austérité, dans un climat social qui ne fit qu'empirer au cours de la décennie qui suivit.

En 1980, Juliana abdiqua en faveur de la reine Beatrix. En 1985, les Pays-Bas se trouv√®rent au centre de la crise des Euromissiles, en autorisant sur leur sol l'installation par les √Čtats-Unis de cinquante missiles de croisi√®re. Cette mesure provoqua de nombreuses protestations parmi la population, mais c'est surtout la mont√©e du ch√īmage qui finit par provoquer la chute du gouvernement en 1989, et l'arriv√©e au pouvoir d'une coalition dirig√©e par le chr√©tien-d√©mocrate Ruud Lubbers, avec une participation de socialistes. En 1994, ce fut au tour du travailliste Wim Kok de diriger un nouveau gouvernement de coalition. Il fut encore r√©√©lu en 1998. Sous ce mandat, l'euthanasie est l√©galis√©e par le Parlement, qui en d√©finit strictement les conditions (2000), et le mariage homosexuel est l√©galis√© (2001). Mais, en 2002, son gouvernement fut d√©stabilis√© √† la suite de la publication d'un rapport officiel sur l'inefficacit√© des casques bleus n√©erlandais en Bosnie, qui n'avaient pu emp√™cher le massacre de Srebenica, en 1995. Il tombera en avril 2002.

Le d√©but des ann√©es 2000 s'est signal√© par l'irruption de la violence politique sur fond de d√©bat sur l'immigration. Il y eut, en novembre 2004, l'assassinat du cin√©aste Th√©o Van Gogh, apr√®s qu'il ait r√©alis√© un film d√©non√ßant la situation des femmes dans la soci√©t√© islamique. Et d√©j√†, en mai 2002,  l'assassinat du leader anti-immigration Pim Fortuyn, Peu apr√®s la mort de Pim Fortuyn, un parti qui s'√©tait constitu√© sur son nom s'est plac√© aux √©lections de juillet 2002 en seconde position  et a particip√©, avec le Parti populaire pour la libert√© et la d√©mocratie (VVD), au gouvernement de coalition de centre droit, dirig√© par les chr√©tiens d√©mocrates, vainqueurs du scrutin. Leur leader, Jan Peter Balkenende est devenu premier ministre. En octobre, les divisi ons internes ont fait tomber ce gouvernement. De nouvelles √©lections, celles-ci encore gagn√©es par les chr√©tiens d√©mocrates, ont eu lieu en janvier 2002, et un nouveau gouvernement de coalition, toujours dirig√© par Balkenende, mais auquel ne participait plus le parti de Pim Fortuyn, a √©t√© form√© en mai. En juin 2005, un r√©f√©rendum a conduit au rejet du trait√© de constitution europ√©enne.

Les élections législatives de 2006 ont conduit à la formation d'une coalition entre le Parti chrétien-démocrate (CDA), le Parti travailliste (PvdA) et l'Union chrétienne (CU). Jan Peter Balkenende est resté Premier ministre. Le gouvernement Balkenende IV est tombé en février 2010 sur une dispute concernant la mission militaire en Afghanistan. Les élections législatives de 2010 ont conduit à une coalition entre le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) et le Parti travailliste (PvdA), avec Mark Rutte (VVD) devenant Premier ministre.

Le gouvernement Rutte I est tombé en avril 2012 après des désaccords sur les mesures d'austérité. Les élections législatives de 2012 ont conduit à la formation d'une coalition entre le VVD et le PvdA, avec Mark Rutte comme Premier ministre. Les élections législatives de 2017 ont été suivies de longues négociations qui ont finalement abouti à une coalition entre le VVD, l'Appel chrétien-démocrate (CDA), les Démocrates 66 (D66) et l'Union chrétienne (CU), avec Mark Rutte toujours Premier ministre. Les élections législatives de 2021 ont également conduit à de longues négociations. Finalement, une coalition similaire à celle de 2017 a été formée avec Mark Rutte à la tête du gouvernement pour un quatrième mandat consécutif.

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