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Mont Coelius, Coelius Mons. - Une des collines de Rome. Tacite rapporte que le nom primitif de cette colline était Querguetulanus, à cause du grand nombre de chênes dont elle était couverte (Annales, IV, 65). Elle dut le nom sous lequel elle est encore connue aujourd'hui à un chef étrusque, Caelius Vibennus, qui vint s'y fixer avec les siens à l'époque royale. Cette étymologie est d'accord avec la tradition historique des origines de Rome qui place les Etrusques sur le Coelius, les Romains sur le Palatin, les Sabins sur le Capitolin.

Topographie.
Le Coelius s'étend au Sud de l'Esquilin, dont il est séparé par la vallée comprise entre le Colisée et Saint-Jean-de-Latran; à l'Ouest, il fait face au Palatin; au Sud-Ouest, il s'avance vers l'une des pointes de l'Aventin; au Sud, il s'incline dans une assez vaste dépression dont le fond est occupé par la voie Appienne; à l'Est, il se prolonge en pente douce vers Saint-Jean-de-Latran. Dans ces limites, il mesure à vol d'oiseau 1300 m de l'Ouest à l'Est et 750 du Nord au Sud. Les Anciens distinguaient deux hauteurs dans cette colline, le Coelius et le Coeliolus, en donnant à l'ensemble le nom de Coelius et en réservant celui de Coeliolus ( = petit Coelius) à une éminence méridionale détachée du reste du Coelius par une petite dépression et qui fait face à l'Aventin et aux thermes de Caracalla; c'est la partie du Coelius occupée aujourd'hui par le couvent des Camaldules, l'église Saint-Grégoire-le-Grand et la villa Mattei. Principales altitudes au-dessus du niveau de la mer : 50 m dans la partie méridionale qui domine la voie Appienne, 49 dans la partie Nord-Ouest en face le Colisée.

Histoire.
Les premiers habitants du Coelius paraissent avoir été les Etrusques, compagnons de Caelius ou Coelius; mais on n'est pas fixé sur la date de leur arrivée, que les historiens latins placent à l'époque de Romulus, ou d'Ancus Martius, ou de Tullus Hostilius, ou de Tarquin l'Ancien; l'empereur Claude, très versé dans l'histoire primitive de Rome, les faisait venir à l'époque de Tarquin l'Ancien sous la conduite de Caeles Vibenna et de Mastarna (Servius Tullius). Voy. son discours au Sénat, conservé sur les célèbres tables de bronze de Lyon. D'après une tradition que rapporte Varron (De lingua latina. V, 46), les Etrusques s'étaient fortifiés sur le Coelius dans une position qui donna ombrage aux Romains; aussi on les contraignit à descendre dans la plaine, en se groupant dans le quartier qu'on appela d'après eux le vicus tuscus; cependant quelques-uns des anciens compagnons de Coelius, dont on ne suspectait pas la fidélité, obtinrent de rester sur les hauteurs du Coeliolus. On disait que le roi Tullus Hostilius avait compris le Coelius dans l'enceinte de la ville naissante, qu'il y avait fixé sa demeure pour y attirer la population et qu'il y avait établi les habitants d'Albe après la ruine de leur ville.

Il n'est guère plus question du Coelius qu'à l'époque impériale. En 27 ap. J.-C., sous le règne de Tibère, un incendie d'une violence extraordinaire mit en cendres tous les édifices de cette colline; la flatterie proposa alors de l'appeler le mont Auguste par hommage pour Tibère qui fit de grandes largesses à cette occasion et dont une statue avait échappé comme par miracle à l'incendie général. Sur le Coelius étaient les casernes de la cinquième cohorte des Vigiles et des equites singulares (gardes du corps à cheval) ; l'Armamentarium ou l'arsenal de Rome; la maison des Annius Verus où est né Marc-Aurèle; la domus Vectiliana (la même peut-être que la précédente) pour laquelle Commode abandonna le Palatin, et qu'on place à l'angle Nord-Ouest du Coelius, vis-à-vis du Colisée et du Palatin; le célèbre-palais de la famille des Plautii Laterani dans la partie Nord-Est: qui fit donner le nom de Lateranus à cette partie de la colline qu'on appelle encore aujourd'hui Laterano; le Latran, et où s'élève l'église de Saint-Jean-de-Latran; la maison des Symmaque, etc. Un quartier du Coelius portait le nom bizarre de Caput Africae, sans doute en souvenir de quelque bas-relief qui représentait l'Afrique; à cet endroit, qui n'était pas loin du Colisée, se trouvait une maison d'éducation (paedagogium) réservée spécialement aux pages de la cour impériale.

Jusqu'à l'époque d'Auguste, le Coelius et le Coeliolus firent partie d'une même région de la ville, la Subura; à partir d'Auguste, lors de la division nouvelle de la ville en quatorze regiones, le Coelius forma les deux premières régions : la région I ou de porta Capena comprenait le CoeIiolus ou les pentes méridionales du Coelius jusqu'à la voie Appienne; la région II embrassait le reste du Coelius, c. -à-d. le Coelius proprement dit; on lui donna le nom de Coelimontium.

Au Ve siècle, le Coelius commence à se couvrir d'églises, comme son voisin l' ; Saint-Etienne-le-Rond, Saint-Jean et Saint-Paul datent de cette époque; au VIe siècle appartiennent Saint-Grégoire-le-Grand et le monastère grec de Saint-Erasme qui s'élevait sur l'emplacement de la maison des Valerii, à, gauche de Saint-Etienne-le-Rond; au IXe, Sainte-Marie della Navicella. 

Archéologie.
On aperçoit encore sur le Coelius, dans les constructions de Saint-Grégoire, un pan du mur de Servius. Ce rempart contournait le Coelius au Sud et à l'Est, en laissant en dehors le Lateranus, de la porta Capena à la porta Caelimontana; il franchissait ensuite dans la direction du Nord la vallée entre le Coelius et l'Esquilin; dans cette dernière partie il y avait la porta Querquetulana, qui avait conservé le nom primitif du Coelius. Le clivus Scauri était dans l'antiquité l'artère principale du Coelius; il montait, dans la direction de l'Ouest à l'Est, sur le flanc de la colline qui regardait le Palatin; c'est la rue qui mène aujourd'hui de Ia via di S. Gregorio.à la Navicella. Il reste peu de ruines antiques sur le Coelius ; vers le milieu s'élève l'arc en travertin des consuls Dolabella et Silanus (10 ap. J.-C.) qui formait passage sous un aqueduc. Les deux canaux de l'aqua Appia et de l'aqua Claudia traversaient la colline. Les sanctuaires étaient assez nombreux sur le Coelius. Les colons étrusques y avaient établi les trois cultes des déesses Carna, Diana, Minerva; Claude y fut honoré dans un temple construit après sa mort, que l'on identifie avec des ruines voisines de Saint-Jean-et-Saint-Paul. (G. L.-G.).


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