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Les
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| La Rochefoucauld
(François VI, prince de Marcillac, duc de -), intrigant professionnel,
écrivain et moraliste né à Paris Le prince de Marcillac se mêla activement
à toutes les intrigues de l'époque contre Richelieu : revenu
à Paris, il servit la reine suspecte d'intelligences avec l'Espagne,
et s'entendit avec elle pour l'enlever ainsi que Mlle d'Hautefort dont
le roi était amoureux; mais l'enlèvement n'eut pas lieu,
la reine reprit de l'influence, et Mlle de Chevreuse s'enfuit en Espagne,
et Marcillac fut mis huit jours à la Bastille A la mort de Richelieu
(décembre 1642), il revint à la cour; le roi mourut (mai
1643), et la reine devint régente avec Mazarin
comme ministre; mais elle ne récompensa pas le long dévouement
de Marcillac, qui, dans sa colère, se rapprocha des importants,
conduits par le duc de Beaufort et Mme de Chevreuse, aussi mal récompensés
que lui; mais Beaufort fut arrêté et Mme de Chevreuse éloignée.
Disgracié et mécontent de l'ingratitude de Mme de Chevreuse,
le prince de Marcillac fit la cour à la duchesse de Longueville
(1646), soeur du duc d'Enghien; il a raconté le cynisme avec lequel
il se fit céder la duchesse par son ami Miossens qui la courtisait
alors. Il suivit alors à l'armée le duc d'Enghien, et fut
blessé d'un coup de feu au siège de Mardick. La Fronde se
prépara pendant sa longue convalescence, qu'il passa dans le gouvernement
de Poitou Dans les intrigues compliquées qui
suivirent, il aurait pu avoir une grande influence en raison de son pouvoir
sur la duchesse de Longueville, s'il n'avait manqué autant d'esprit
de suite. Condé, Conti,
Longueville furent arrêtés en janvier 1650, et Marcillac s'enfuit
avec la duchesse de Longueville en Normandie, puis rejoignit le duc de
Bouillon La Rochefoucauld cessa dès lors sa vie brouillonne d'intrigues de cour et parut avoir perdu toute ambition personnelle. Jouissant de la faveur de Louis XIV qui traitait avec affection sa famille, il se consacra à la réflexion, choyé par la haute société dont son esprit mordant faisait les délices. Les passions orageuses avaient fait place à des liaisons plus calmes avec la raisonnable Mme de Sablé qu'il consultait très volontiers sur ses écrits, Mme de Sévigné qui goûtait au plus haut point son caractère et son mérite, et surtout Mme de La Fayette, son intime amie, avec laquelle il entretint un délicat commerce jusqu'à la fin de sa vie. Il composa d'abord ses mémoires, dont la copie lui fut dérobée aussitôt et publiée à Cologne en 1662 : les colères suscitées par cette publication le portèrent à la désavouer. Ces mémoires contiennent une intéressante image du temps, mais ils ne sont pas entièrement de lui; la meilleure édition est celle de Renouard, parue en 1817, d'après le texte original. L'oeuvre la plus célèbre de La Rochefoucauld, à laquelle il, travaillait alors, parut sous le titre de Réflexions ou sentences et Maximes morales, connue sous le simple titre de Maximes : comme elles couraient en Hollande en manuscrit, La Rochefoucauld en publia lui-même l'édition en 1665 (volume de 150 pages et un Avis au lecteur). Ces Maximes ont contribué beaucoup, selon Voltaire, à « former le goût français par leur mérite littéraire, l'élégance et l'esprit de justesse, de précision du style ». La finesse et l'étendue philosophique des observations morales qu'elles renferment eurent le plus grand succès. Tout le livre repose sur cette seule idée que l'intérêt, « l'amour-propre-», comme on disait alors, est le mobile de toutes les actions humaines; les vertus ne sont que des vices déguisés; malgré le caractère un peu exclusif et étroit de cette philosophie, le livre des Maximes, qui n'a pas la prétention d'être un système lié de morale et de philosophie, est resté une des oeuvres classiques de la littérature française. La Rochefoucauld, outre la première édition de 1665, a donné lui-même quatre éditions successives des Maximes, dont la plus complète est celle de 1678 qui en renferme 504. Aimé Martin les a publiées de nouveau en 1822, puis Gilbert et Gourdault (1868-83, en 4 vol.) et Panly en 1883, etc. La Rochefoucauld a calomnié son
caractère; peut-être fut-ce la douce influence de Mme de La
Fayette qui le ramena à des pensées moins amères
à la fin de sa vie : ce moraliste chagrin, cet intrigant brouillon
et sans scrupules du temps des deux Frondes était alors dans le
privé un homme aimable et sensible, malgré ses dures sentences;
il aimait sa famille avec un coeur admirable; en 1672, il subit de cruelles
épreuves : son fils aîné fut grièvement blessé
au passage du Rhin, et un autre de ses fils, chevalier
de Malte |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.