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Hélios

Hélios. - Dieu grec du Soleil. Il est le fils d’Hypérion et de Théia, le frère de Séléné, et a pour femme Perséis qui lui a donné pour enfants la magicienne Circé, Pasiphaé, Aiétès (l’un des Argonautes) et Persès. Avec la nymphe Rhodos, sept autres fils, et l’Océanide Clyméné, trois (les Héliades) ou sept filles, ainsi que Phaéton. Il parcourt le ciel sur un char attelé de quatre chevaux.

Bien qu'Apollon ait été considéré par les Grecs comme le dieu de la lumière solaire, l'astre lui-même fut personnifié en une divinité propre, Hélios. Le culte d'Hélios était très ancien en Grèce, et était pratiqué sur tout le territoire, à Élis, à Apollonie, sur l'Acropole de Corinthe, à Argos, à Trézène, au cap Ténare, à Athènes, en Thrace, et enfin, et surtout, dans l'île de Rhodes, qui lui était consacrée. C'est là que se voyait la statue colossale du dieu, oeuvre du sculpteur Charès; elle mesurait trente-cinq mètres environ de hauteur, et les navires pouvaient passer à pleines voiles entre les jambes du dieu (Les Sept merveilles du monde).
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Hélios, par mengs.
Hélios par Raphael Mengs.

On contait qu'Hélios, ayant été noyé dans l'Océan par ses oncles les Titans, avait été transporté dans le ciel, où il était devenu l'astre lumineux.

Chaque matin, Hélios sortait à l'orient, d'un marais formé par le fleuve Océan, dans le lointain pays des Éthiopiens. A son char d'or, précieux ouvrage d'Héphaistos, les Hores attelaient des chevaux ailés, d'une blancheur éclatante, qui jetaient des flammes par leurs naseaux, et avaient noms : Lampon, Phaéthon, Chronos, Aéthon, Astropé, Bronté, Pyroéis, Eôos, Phlégon. Le dieu prenait alors les rênes des coursiers et gravissait la voûte du ciel. 

"Traîné dans son char rapide, il éclaire à la fois les dieux et les hommes; à travers son casque d'or, ses yeux jettent des éclairs formidables; des rayons étincelants s'élancent de son sein; son casque brillant darde une splendeur éclatante; autour de son corps brille une draperie légère, que le souffle du vent agite."
Après avoir atteint à midi le point le plus élevé de sa course, Hélios commençait à redescendre vers l'occident, et arrivait à la fin de la journée au pays des Hespérides, où il semblait s'enfoncer dans l'Océan. En réalité, il trouvaittlà une barque ou une coupe d'or, façonnée par Héphaistos, dans laquelle l'attendaient sa mère, sa femme, ses enfants; il naviguait toute la nuit et se retrouvait le matin à son point de départ.
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Hélios.
Hélios sur son quadrige. Provient des fouilles de Schliemann à Hissalik (Troie). Musée de Berlin.

On assignait aussi pour résidence à Hélios l'île d'Aea, où habitaient ses enfants : Aeétès et Circé. On disait encore que ses chevaux se reposaient dans l'île des Bienheureux, aux limites occidentales de la terre, et qu'ils s'y nourrissaient d'une herbe magique.

Hélios possédait sur terre d'autres domaines. Lorsque les dieux se partagèrent le monde, Hélios était absent et lut oublié dans le partage. Il s'en plaignit à Zeus, et obtint alors une île qui commençait à émerger des flots; il l'appela Rhodes, du nom de la nymphe Rhodos, qu'il aimait.

Une dispute s'était élevée un jour entre Poseidon et Hélios pour la possession de l'isthme de Corinthe. Le géant Briarée, choisi pour arbitre, donna l'isthme à Poseidon, mais réserva l'Acrocorintlie à Hélios, qui l'abandonna par la suite à Aphrodite.

Outre ses coursiers, Hélios possédait dans l'île de Thrinacie (Sicile) sept troupeaux de boeufs et sept troupeaux de brebis à la belle toison, de cinquante têtes chacun. Ce nombre demeurait toujours constant, comme l'était celui des trois cent cinquante jours et des trois cent cinquante nuits de l'année primitive. La garde de ces troupeaux était confiée à deux filles du dieu : Phaéthuse et Lampétie. Ulysse ayant abordé dans l'île de Thrinacie avec ses compagnons, ceux-ci, malgré les recommandations de leur chef, osèrent porter la main sur le bétail sacré. 

"Chassant devant eux les belles génisses au large front qui paissaient non loin du vaisseau à la proue azurée, ils les égorgèrent, puis coupèrent les chairs par morceaux et en garnirent leurs broches."
Hélios, instruit par Lampétie, se plaignit aux dieux, menaçant de s'enfoncer dans la demeure d'Hadès et d'éclairer les morts. Zeus le calma en lui promettant de frapper de son foudre ces mortels insensés.

Dieu de la lumière, Hélios était aussi le dieu qui voit tout et sait tout. On pouvait dire de lui ce que Pindare disait d'Apollon. C'est le dieu qui sonde tous les coeurs, l'infaillible, que les immortels et les mortels ne peuvent tromper ni par leurs actions, ni par leurs plus secrètes pensées. Ainsi, chez les Assyro-Babyloniens, Shamash était-il aussi le dieu qui découvre les crimes des méchants. Rien n'échappe à Hélios : c'est lui qui avertit Démèter du rapt de sa fille; c'est lui également qui avait révélé à Héphaistos la trahison d'Aphrodite.

Celle-ci se vengea en inspirant à Hélios une passion ardente pour Leucothoé, fille d'Orchamos, roi de Babylone, et d'Eurynome. Ayant pris les traits de la vénérable Eurynome, le dieu put s'approcher de la jeune fille, qui l'accueillit sans méfiance. Cependant Clytie, soeur de Leucothoé, qui avait été honorée elle-même des faveurs du dieu, fut jalouse du bonheur de sa soeur; elle avertit Orchamos, qui condamna sa fille à être enterrée vivante. Hélios accourut, mais ses rayons ne purent "ramener la chaleur vitale dans les membres déjà glacés de son amie".

Incapable de lui rendre la vie, il la changea en arbre à encens. Quant à Clytie, voyant le dieu désormais insensible à son amour, elle se laissa, si nous suivons Ovide, mourir de désespoir. Exposée à l'inclémence de l'air, nuit et jour elle est couchée sur la terre sans vêtements; pendant neuf jours sans eau et sans nourriture, elle n'eut pour apaiser sa faim que la rosée et ses larmes... Son corps finit par s'attacher au sol; une pâleur mortelle couvrit ses membres changés en une tige sans couleur; sa tête devint une fleur brillante comme la violette, et, malgré la racine qui l'enchaîne à la terre, elle se tourne vers Hélios qu'elle ne cesse d'adorer.

Bornons-nous à rappeler l'aventure de la nymphe Anaxibie, qui, aimée d'Hélios et voulant se dérober à sa poursuite, se réfugia sur les bords du Gange, dans le temple d'Artémis Orthia, où elle disparut. Hélios, ne parvenant pas à la découvrir, s'éleva dans les airs, et ce lieu prit le nom d'Anatolé, qui veut dire ascension.

Hélios eut, en outre, de nombreuses épouses : l'océanide Persé, dont il eut deux fils, Aéetès et Persès, et deux filles, Circé et Pasiphaé; Néère, qu'il rendit mère de Phaétuse et de Lampétie, les gardiennes de ses troupeaux; la nymphe Rhodos, dont il eut sept fils, les Héliades, et une fille, Electryone. Les Héliades se distinguaient par leur intelligence et on leur attribuait le perfectionnement de l'architecture navale, ainsi que la division des jours en heures. L'un d'eux, Ténagis, particulièrement savant, finit par exciter la jalousie de ses frères, qui l'assassinèrent. Après ce meurtre, ils se dispersèrent dans les îles voisines de Rhodes.

Parmi les épouses d'Hélios, on cite encore Gaïa, qui lui donna un fils, Achéloos; Iphinoé (ou Iphiboé) ou Naupidame, mère d'Augias; enfin Clymène, épouse de Mérops, roi des Éthiopiens, dont il eut sept filles, qui portèrent également le nom d'Héliades, et un fils Phaéton. (GE).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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