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 Histoire de l'Asie > La Chine

La dynastie mandchoue des Qing

La dynastie des Qing  est la dynastie mandchoue qui r√©gna sur la Chine de 1644 √† 1912.  C'est la derni√®re dynastie imp√©riale de Chine.

Les Qing, originaires de la région de la Mandchourie, ont conquis progressivement l'ensemble de la Chine. Shunzhi, leur chef, fait finalement tomber la dynastie Ming et se proclame empereur d'une nouvelle dynastie en 1644. Ses successeurs immédiats vont porter cette dynastie à son apogée.

Règnes de Kangxi, Yongzheng et Qianlong (1661-1796)

Kangxi (1661-1722).
L'empereur Kangxi, n√© Xuanye, a r√©gn√© sur la Chine de 1661 √† 1722.  Son r√®gne, le plus long de l'histoire chinoise (61 ans), est consid√©r√© comme une p√©riode de consolidation, de prosp√©rit√© et de culture.

Kangxi est mont√© sur le tr√īne √† l'√Ęge de 7 ans apr√®s la mort de son p√®re, l'empereur Shunzhi. Durant les premi√®res ann√©es, la r√©gence √©tait exerc√©e par quatre princes mandchous. √Ä 15 ans, il a pris le contr√īle personnel du gouvernement. Une des premi√®res actions de Kangxi fut d'√©liminer l'influence du r√©gent Oboi, qui avait accumul√© trop de pouvoir. Kangxi l'a fait emprisonner en 1669.

Réalisations militaires.
La r√©bellion des Trois F√©odaux a √©t√© un d√©fi majeur pour Kangxi. Apr√®s huit ans de lutte, l'empereur a r√©prim√© la r√©volte et r√©affirm√© le contr√īle centralis√©. La victoire des Qing a permis √† l'empereur Kangxi de renforcer consid√©rablement le contr√īle centralis√© sur l'ensemble de l'empire. Les pouvoirs locaux des princes f√©odaux ont √©t√© abolis, et l'administration imp√©riale a √©t√© r√©organis√©e pour √©viter de telles menaces √† l'avenir. Avec la fin de la r√©bellion, l'empire Qing a connu une p√©riode de stabilit√© relative, permettant des d√©veloppements √©conomiques et des r√©formes administratives qui ont contribu√© √† la prosp√©rit√© de la Chine sous le r√®gne de Kangxi.

La r√©bellion des Trois F√©odaux (1673-1681) √©tait dirig√©e par trois princes f√©odaux : Wu Sangui, Shang Kexi et Geng Jingzhong. Nomm√©s par les Qing en reconnaissance de leur soutien militaire crucial, c'√©taient des seigneurs de guerre puissants qui gouvernaient respectivement les provinces du Yunnan, du Guangdong et du Fujian. Ils disposaient d'une grande autonomie, de leur propre arm√©e et d'un contr√īle quasi absolu sur leurs territoires, ce qui constituait une menace potentielle pour le pouvoir central des Qing. Aussi, l'empereur Kangxi, soucieux de renforcer l'autorit√© centrale et de r√©duire les pouvoirs des f√©odaux, a-t-il ordonn√© le retrait progressif de ces princes de leurs postes militaires et administratifs. Cette d√©cision a √©t√© per√ßue comme une tentative de d√©manteler leur pouvoir. Craignant donc pour leur survie politique et personnelle, ils se sont rebell√©s contre l'autorit√© imp√©riale. En 1673, Wu Sangui a √©t√© le premier √† prendre les armes, rapidement suivi par Shang Kexi et Geng Jingzhong. Wu Sangui a proclam√© la restauration de la dynastie Ming et a commenc√© √† mobiliser ses forces. La r√©bellion a rapidement pris de l'ampleur, les troupes des f√©odaux avan√ßant vers le nord et gagnant du terrain face aux forces Qing. Les rebelles ont r√©ussi √† contr√īler de vastes r√©gions du sud de la Chine. L'empereur Kangxi a alors organis√© une contre-offensive, mobilisant des ressources importantes pour √©craser la r√©bellion. La guerre a √©t√© longue et co√Ľteuse, mais les Qing ont progressivement regagn√© du terrain gr√Ęce √† leur sup√©riorit√© militaire et √† leur strat√©gie. En 1681, les forces Qing ont finalement vaincu les arm√©es des Trois F√©odaux. Wu Sangui est mort la m√™me ann√©e, et les autres princes rebelles ont √©t√© captur√©s ou tu√©s. La r√©bellion a pris fin avec la pacification compl√®te des r√©gions affect√©es.
C'est sous le r√®gne de Kangxi que Ta√Įwan,  qui √©tait contr√īl√©e par le royaume des Zheng, a √©t√© annex√©e √† l'empire Qing apr√®s une campagne militaire dirig√©e par l'amiral Shi Lang (1683) . Cette conqu√™te a √©limin√© une menace potentielle et a √©tendu l'autorit√© de Qing sur l'√ģle.

Afin de consolider la frontière nord-ouest de l'empire et de sécuriser les routes commerciales, Kangxi a également mené plusieurs campagnes contre le khanat Zunghar en Mongolie et au Xinjiang.

Réalisations administratives et économiques.
Kangxi a renforcé l'efficacité de l'administration impériale, ce qui est passé, comme souvent dans l'histoire de la Chine, par la promotion du système des examens impériaux pour recruter des fonctionnaires compétents. Il a également mené des recensements réguliers et mis en place des systèmes de taxation plus justes.

Son r√®gne a vu une expansion de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce. Kangxi a encourag√© la r√©habilitation des terres agricoles et a r√©duit les taxes pour soulager les paysans. Le commerce int√©rieur et ext√©rieur s'est √©panoui, notamment gr√Ęce √† la paix et √† la stabilit√© r√©tablies dans l'empire.

Contributions culturelles et scientifiques.
L'empereur a √©t√© un promoteur fervent de l'√©ducation et de la culture.  Lui-m√™me cultiva les sciences, les lettres et la po√©sie, et composa divers d'ouvrages, dont plusieurs ont √©t√© traduits en fran√ßais et en anglais d√®s le XIXe si√®cle. Il a supervis√© la compilation de l'Encyclop√©die dite de Kangxi, une vaste collection de connaissances sur divers sujets, et un Dictionnaire, qui est devenu une r√©f√©rence lexicographique standard pour le chinois.

Il a a favorisé les échanges culturels et scientifiques avec les missionnaires jésuites, qui ont apporté leurs connaissances en astronomie, en mathématiques et en médecine. Il autorisa aussi, en 1692, le libre exercice de la religion chrétienne.

Relations extérieures.
Kangxi a maintenu des relations diplomatiques avec les puissances étrangères, notamment la Russie. Le traité de Nertchinsk (1689) a été signé avec la Russie, définissant les frontières entre les deux empires et ouvrant des voies de commerce pacifique.

Yongzheng (1722-1735).
L'empereur Yongzheng, n√© Yinzhen, a r√©gn√© sur la Chine de 1722 √† 1735. Quatri√®me fils de l'empereur Kangxi, il est mont√© sur le tr√īne apr√®s une lutte de succession controvers√©e, entour√©e de suspicions de manipulation de l'acte de succession. N√©anmoins, il a rapidement √©tabli son autorit√© en √©liminant les opposants potentiels. Son r√®gne, bien que court compar√© √† celui de son p√®re, est marqu√© par une s√©rie de r√©formes administratives et financi√®res visant √† consolider encore  l'autorit√© centrale et √† renforcer l'efficacit√© de l'empire Qing, notamment en jetant les bases d'une administration  moins corrompue. 

Réformes administratives.
Yongzheng a renforcé le pouvoir central en réorganisant l'administration impériale. Il a mis en place un système de surveillance stricte pour lutter contre la corruption. Il a notamment créé le Bureau des inspections, qui était une institution chargée de surveiller les gouverneurs et autres fonctionnaires provinciaux. Ce bureau avait pour mission de signaler directement à l'empereur tout abus de pouvoir ou acte de corruption.

Yongzheng a également introduit des réformes pour améliorer le système des examens impériaux, rendant le recrutement des fonctionnaires encore plus méritocratique. Il a également promu l'efficacité administrative en rationalisant les procédures bureaucratiques.

Réformes financières.
L'empereur a entrepris une r√©organisation du syst√®me fiscal pour augmenter les revenus de l'√Čtat et r√©duire la corruption. Il a mis en place des mesures pour assurer une collecte plus √©quitable et efficace des imp√īts.

Yongzheng a simplifi√© le syst√®me fiscal en fusionnant certains imp√īts et en √©liminant les taxes arbitraires impos√©es par les fonctionnaires locaux. Cela a permis de r√©duire le fardeau fiscal sur les paysans et d'am√©liorer l'√©conomie rurale.

Réformes sociales.
Il a introduit des politiques visant à protéger les paysans contre l'exploitation et à améliorer leur bien-être. Par exemple, il a instauré des mesures pour réguler les taux d'intérêt et protéger les terres agricoles contre les saisies abusives.

Bien que confucianiste, Yongzheng a montr√©, comme son p√®re, une certaine tol√©rance envers les missions chr√©tiennes et les autres religions. Il a cependant appliqu√© une politique de contr√īle tr√®s strict sur les activit√©s missionnaires pour √©viter les troubles sociaux.

Réformes juridiques.
Yongzheng a travaill√© √† la codification et √† la clarification des lois imp√©riales, rendant le syst√®me juridique plus coh√©rent et accessible. Cela a aid√© √† r√©duire les abus judiciaires et √† renforcer l'autorit√© de l'√Čtat.

Soucieux de restaurer l'ordre et d'intruduire un peu plus justice dans l'empire, il a adopté une approche sévère envers la corruption et la criminalité, punissant strictement les fonctionnaires corrompus et les criminels.

Relations extérieures.
Le règne de Yongzheng a été caractérisé par des relations relativement pacifiques avec les puissances étrangères. Il a maintenu des relations diplomatiques stables avec la Russie et a continué les politiques de son père concernant le commerce extérieur.

Qianlong (1735-1796).
√Ä la mort en 1735 de Yongzheng, son fils, n√© Hongli, et devenu l'empereur Qianlong ( = Grandeur C√©leste), lui a succ√©d√©. Form√© dans les arts militaires, litt√©raires et culturels, recevant une √©ducation rigoureuse qui l'avait pr√©par√© √† ses responsabilit√©s imp√©riales, il allait devenir l'un des empereurs les plus c√©l√®bres de la dynastie Qing. Son r√®gne, de 1735 √† 1796, en tout cas va marquer l'apog√©e de la dynastie avec un empire √† son expansion maximale et une grande prosp√©rit√© culturelle, bien qu'il ait √©t√© √©galement  marqu√© par les d√©fis pos√©s par la corruption, les r√©bellions internes et le manque d'ouverture aux changements mondiaux. Autant de graines du d√©clin de la dynastie, qui deviendra plus apparent sous ses successeurs.

Expansion territoriale.
Qianlong a men√© plusieurs campagnes contre les Zunghars, qui ont permis √† la Chine d'annexer le Xinjiang et de s√©curiser les fronti√®res nord-ouest de l'empire. Il a consolid√© le contr√īle sur le Tibet, confirmant le pouvoir des dirigeants locaux tout en renfor√ßant l'autorit√© imp√©riale. Sous son r√®gne, les forces imp√©riales ont √©galement r√©prim√© des r√©bellions √† Ta√Įwan, et renforc√© le contr√īle sur l'√ģle. Qianlong a √©galement men√© des campagnes militaires au Vietnam et en Birmanie. Mais, dans cette direction, ces efforts aient eu des succ√®s limit√©s et aient parfois entra√ģn√© des revers.

Prospérité économique.
Sous le règne de Qianlong, l'agriculture, le commerce et l'artisanat ont prospéré, et la population a augmenté de manière substantielle. Des réformes fiscales et des projets d'infrastructure (construction de canaux et de routes), ont renforcé l'économie.

Richesse culturelle.
Qianlong s'est voulu un protecteur des arts. Il a commandé de nombreuses oeuvres d'art, de calligraphie et de poésie, et a encouragé les artistes et les lettrés à la cour impériale.

Sous son règne, la compilation de la grande encyclopédie Siku Quanshu (Bibliothèque complète des quatre trésors) a eu lieu, rassemblant des milliers de textes classiques. Il était lui-même l'auteur de plusieurs ouvrages.

Qianlong a aussi supervis√© la construction et la r√©novation de nombreux palais et jardins, notamment le Palais d'√Čt√© √† P√©kin et le jardin imp√©rial de Chengde.

Défis internes.
Vers la fin de son règne, la corruption au sein de l'administration impériale est devenue un problème croissant. Le favoritisme et la mauvaise gestion ont affaibli l'efficacité de l'administration. L'un des exemples les plus connus de corruption était le fonctionnaire He Shen, qui a accumulé ainsi une immense fortune.

La seconde moitié du règne de Qianlong a été marquée par des rébellions internes, notamment celle des rébellion des Miao, qui se poursuivra et s'amplifiera sous son successeur. Ces soulèvements ont mis en lumière les tensions sociales croissantes et les mécontentements parmi les différentes populations de l'empire.

Relations extérieures.
L'empire Qing est resté relativement fermé aux influences occidentales, et a maintenant une posture de supériorité culturelle et politique. Qianlong a ainsi entretenu des relations limitées avec les puissances occidentales. Les missions diplomatiques britanniques, par exemple, telles que celle de Lord Macartney en 1793, ont échoué à obtenir des concessions commerciales significatives.

Fin de règne et abdication.
En 1796, Qianlong a abdiqué en faveur de son fils, l'empereur Jiaqing, tout en conservant une influence considérable en tant que Grand empereur retiré jusqu'à sa mort en 1799. Cette abdication était en partie motivée par son respect pour la tradition de ne pas régner plus longtemps que son grand-père, l'empereur Kangxi.

Déclin et troubles internes (1796-1850)

Le règne de Jiaqing (r. 1796-1820), le successeur de Qianlong, est marqué par plusieurs révoltes. Les deux plus importantes ont été la rébellion des Miao (1795-1806) et la rébellion des Lotus Blancs (1796-1804). Cette période est aussi celle de l'accroissement de la corruption.

La rébellion des Miao.
La r√©bellion des Miao a eu lieu dans le sud-ouest de la Chine entre 1795 et 1806. Elle tire son nom de ce que les Miao (connus aussi sous le nom de Hmong), un groupe ethnique principalement concentr√© dans les provinces du Guizhou, du Hunan, du Yunnan et du Sichuan, √©taient la force majeure de ce soul√®vement. M√©contents de la domination Qing, ainsi que des politiques oppressives, des imp√īts lourds et de la corruption des fonctionnaires locaux. Ils se sont √©galement rebell√©s contre l'exploitation et les abus de la noblesse locale et des propri√©taires terriens chinois Han.

La r√©bellion a √©t√© dirig√©e par un chef miao nomm√© Zhang Xiumei, qui avait r√©ussi √† unifier plusieurs groupes miao sous sa banni√®re. Les Miao ont pris le contr√īle de vastes zones du sud-ouest de la Chine et ont inflig√© des d√©faites aux forces Qing √† plusieurs reprises. Cependant, les Qing ont finalement r√©ussi √† r√©primer la r√©bellion en mobilisant une grande arm√©e et en employant des tactiques brutales. Zhang Xiumei a √©t√© captur√© et ex√©cut√© en 1806, et la r√©bellion a √©t√© √©cras√©e. Les cons√©quences de cette r√©bellion ont √©t√© graves pour les Miao, avec des milliers de morts et des r√©pressions s√©v√®res de la part des autorit√©s Qing.

La rébellion des Lotus Blancs.
La r√©bellion des Lotus Blancs, quant √† elle, a √©t√© un soul√®vement mill√©nariste. Il s'est d√©roul√© entre 1796 et 1804. Elle a √©t√© initi√© par un groupe appel√© les Lotus Blancs, qui √©taient des adeptes d'une secte religieuse syncr√©tique m√™lant des √©l√©ments du bouddhisme, du tao√Įsme et du christianisme, avec des influences antimanich√©ennes. Les membres de la secte croyaient en l'arriv√©e imminente d'un messie qui viendrait sauver le monde. Ils √©taient √©galement en d√©saccord avec le gouvernement Qing et les imp√īts oppressifs qu'ils imposaient, si bie que les Lotus Blancs ont pu recruter des partisans parmi les paysans et les marginalis√©s, en leur offrant l'espoir d'un changement radical dans leur vie.

La r√©bellion a d√©but√© dans la province du Shandong en 1796 et s'est rapidement propag√©e √† d'autres r√©gions de la Chine. Les rebelles ont pris le contr√īle de vastes territoires et ont d√©fait √† plusieurs reprises les forces Qing. Cependant, leur manque d'organisation politique et militaire a finalement affaibli leur mouvement tandis que les Qing mobilisaient leurs forces militaires pour les r√©primer. Apr√®s de nombreuses ann√©es de combats et de r√©pression, les Lotus Blancs ont √©t√© vaincus en 1804. La r√©pression qui a suivi a √©t√© brutale, avec des milliers d'ex√©cutions et de r√©pressions s√©v√®res contre les sympathisants du mouvement. Cette r√©bellion, r√©v√©latrice des tensions sociales et religieuses de l'√©poque, a laiss√© une marque importante dans l'histoire de la Chine.
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Les sociétés secrètes

Sous la dynastie Qing, de nombreuses soci√©t√©s secr√®tes ont jou√© des r√īles dans la politique et la soci√©t√© chinoises. Ces soci√©t√©s √©taient  des mouvements clandestins qui r√©sistaient au pouvoir imp√©rial des Qing, cherchaient √† prot√©ger des int√©r√™ts locaux, ou s'opposaient √† des injustices per√ßues. Elles avaient, dans le Nord de la Chine, un caract√®re plut√īt de secte religieuse; dans le Sud leur vocation politique √©tait plus nette. Ils existait des miliers de ses soci√©t√©s secr√®tes. A l'image de celle des Boxers, dont il sera question plus loin et qui est issu d'une scission du Lotus Blanc, beaucoup d√©rivaient plus ou moins directement des suivantes :

‚ÄĘ La Soci√©t√© du Lotus Blanc (ÁôĹŤé≤śēô, B√°ili√°nji√†o). - Fond√©e en Chine du Nord sous la dynastie Yuan (1271-1368) mais a continu√© son activit√© sous les Qing. Un m√©lange de bouddhisme, de tao√Įsme et de croyances populaires. R√©bellion de Lotus Blanc (1794-1804) : Une insurrection majeure contre le gouvernement Qing, caus√©e par des taxes √©lev√©es et des souffrances √©conomiques. Mouvements mystiques et proph√©tiques, souvent pr√īnant le retour d'un bouddha sauveur. La r√©bellion a affaibli le contr√īle des Qing sur certaines r√©gions et a contribu√© √† l'instabilit√© du r√©gime.

‚ÄĘ La Triade (šłČŚźąšľö, SńĀnh√©hu√¨). - Origines floues (peut-√™tre fond√©e par des moines bouddhistes au XVIIe si√®cle, dans le Sud de la Chine), mais li√©e aux r√©bellions anti-Qing. Se revendiquait de la r√©sistance contre la dynastie mandchoue des Qing et de la restauration de la dynastie Ming. Elle a d√©riv√© pour devenir une entreprise de banditisme. Ses "loges" ou filiales locales, connues sous le nom de triades, se sont engag√©es dans l'extorsion, le trafic de drogues, la prostitution et le jeu. Ses soci√©t√©s secr√®tes, rest√©es initiatiques, mais dont la raison sociale exclusive est le crime organis√©, ont infiltr√© ensuite des groupes d'immigrants chinois √† l'√©tranger, notamment en Asie du Sud-Est et en Am√©rique du Nord. Les triades ont encore aujourd'hui une influence significative sur la criminalit√© et la soci√©t√© chinoise, ainsi que sur les diasporas chinoises √† l'√©tranger.

‚ÄĘ La Soci√©t√© du Ciel et de la Terre (Ś§©Śúįšľö, TińĀnd√¨hu√¨). - Fond√©e en 1761 en tant que soci√©t√© de r√©sistance contre les Qing. Inspir√©e par des id√©aux tao√Įstes et populaires. Connue pour ses rituels secrets et son engagement dans des r√©voltes locales. Participation √† diverses r√©bellions et mouvements contre le gouvernement Qing.  Joua un r√īle dans la propagation de la r√©sistance contre les Qing, notamment pendant la r√©bellion de Taiping.

‚ÄĘ La Soci√©t√© des Huit Trigrammes (ŚÖęŚć¶śēô, BńĀgu√†ji√†o). - Sorte de filiale du Lotus blanc. C'√©tait un mouvement mystique, v√©g√©tarien, bas√© sur des croyances √©sot√©riques, d√©riv√©es du Yijing (Classique des Mutations). R√©bellion des Huit Trigrammes (1813) : Une r√©bellion contre les Qing dirig√©e par Lin Qing et Li Wencheng. Utilisation de la magie et des rituels pour galvaniser le soutien populaire. Bien que la r√©bellion ait √©chou√©, elle a mis en √©vidence les faiblesses internes du r√©gime Qing et la pr√©valence de la dissidence.

‚ÄĘ La Soci√©t√© du Grand Couteau (Ś§ßŚąÄšľö, D√†dńĀohu√¨). -  Fond√©e √† la fin du XIXe si√®cle parmi les paysans appauvris. Engagement dans des r√©voltes locales contre les autorit√©s Qing. Participation √† la r√©bellion des Boxers (1899-1901), une insurrection anti-√©trang√®re et anti-missionnaire. Contribua √† la r√©sistance contre l'influence √©trang√®re et √† l'instabilit√© du r√©gime Qing.

Les guerre de l'opium et et les traités Inégaux (1839-1860)

On a donn√© le nom de guerres de l'Opium aux conflits arm√©s entre la Chine et les puissances occidentales, principalement la Grande-Bretagne, survenus au milieu du XIXe si√®cle. Elles correspondent √† deux crises majeures, la Premi√®re guerre de l'Opium (1839-1842) et la Seconde Guerre de l'Opium (1856-1860), sanctionn√©es par des d√©faites humiliantes pour la Chine et la signature de trait√©s qui ouvrent des ports chinois au commerce √©tranger et c√®dent Hong Kong aux Britanniques. Des trait√©s connus en Chine sous le nom de Trait√©s in√©gaux et qui ont entra√ģn√© des changements √©conomiques, politiques et sociaux significatifs dans le pays. 

La Premi√®re guerre de l'opium (1839-1842). 
Au d√©but du XIXe si√®cle, la Grande-Bretagne importait de grandes quantit√©s de th√©, de soie et de porcelaine chinoise, cr√©ant un d√©ficit commercial avec la Chine. Pour rem√©dier √† ce d√©s√©quilibre, les marchands britanniques ont commenc√© √† exporter de l'opium produit par des compagnies britanniques  en Inde (Bengale) vers la Chine. La consommation d'opium en Chine a rapidement augment√©, entra√ģnant une crise de sant√© publique et une fuite massive de l'argent chinois vers l'√©tranger.

En 1839, sur ordre de l'empereur Daoguang (r. 1820-1850), successeur de Jiaqing, le commissaire impérial Lin Zexu a été envoyé à Canton (Guangzhou) pour mettre fin au commerce de l'opium. Il a ordonné la confiscation et la destruction de plus de 20 000 caisses d'opium détenues par des marchands britanniques. En réponse, la Grande-Bretagne a envoyé une force navale pour protéger ses intérêts commerciaux, marquant le début de la guerre.

Les principales batailles ont eu lieu le long des c√ītes chinoises, notamment √† Canton, Ningbo et Shangha√Į. Les forces britanniques, b√©n√©ficiant d'une sup√©riorit√© technologique et militaire (navires de guerre modernes), ont inflig√© une s√©rie de d√©faites aux troupes Qing et ont pu bloquer les ports chinois et d√©truire les d√©fenses c√īti√®res.

Le traité de Nankin.
La guerre s'est termin√©e en 1842 avec la signature du trait√© de Nankin. Aux termes de celui-ci, la Chine a √©t√© contrainte d'ouvrir cinq ports (Canton, Amoy, Fuzhou, Ningbo et Shangha√Į) au commerce britannique; le syst√®me de commerce contr√īl√© par les guildes a √©t√© aboli; l'√ģle de Hong Kong a √©t√© c√©d√©e √† la Grande-Bretagne; la Chine a d√Ľ aussi payer une lourde indemnit√© de guerre; enfin, les ressortissants britanniques en Chine ont obtenu des droits d‚Äôexterritorialit√©, les mettant √† l'abri des lois chinoises.

Travail de l'opium en Chine
Travail de l'opium (cuisson).

La Seconde guerre de l'opium (1856-1860).
Après la Première guerre de l'opium et le traité de Nankin de 1842, et encore pendant le règne de Xianfeng (1850-1861), qui a succédé à Daoguang, les tensions entre la Chine et les puissances occidentales n'ont pas diminué. Les commerçants britanniques et français se plaignaient des restrictions commerciales et des mauvais traitements infligés par les autorités chinoises. Les Britanniques cherchaient à réviser le traité de Nankin pour obtenir plus de concessions commerciales et diplomatiques.

L'incident déclencheur de ce que l'on a appelé la Seconde guerre de l'opium ou encore la Guerre anglo-française en Chine, fut l'arraisonnement du navire britannique Arrow par les autorités chinoises à Canton en octobre 1856, ce qui a conduit les Britanniques à exiger des réparations et des excuses. Simultanément, les Français ont rejoint les Britanniques après l'exécution par les Chinois d'un missionnaire français en 1856. Ces incidents ont fourni un prétexte aux deux puissances pour intervenir militairement.

Les troupes britanniques et fran√ßaises, bien √©quip√©es et entra√ģn√©es, ont captur√© Canton, un important centre commercial, en d√©cembre 1857. En 1858, les forces alli√©es ont progress√© vers le nord, capturant les forts de Taku et mena√ßant la capitale, P√©kin. Les forces chinoises, incapables de r√©sister, ont sign√© une premi√®re s√©quence de trait√©s √† Tientsin (Tianjin). Cependant, les hostilit√©s ont repris en 1859 lorsque les autorit√©s chinoises ont refus√© de ratifier ces trait√©s et ont attaqu√© les navires britanniques tentant d'entrer dans P√©kin. En 1860, une exp√©dition anglo-fran√ßaise plus importante a pris P√©kin. Les forces alli√©es ont pill√© et incendi√© le Palais d'√Čt√©, infligeant une humiliation durable √† la Chine. La Seconde guerre de l'opium a pris fin avec les trait√©s de P√©kin de 1860. Leurs conditions √©taient encore plus s√©v√®res pour la Chine.

Les traités de Tientsin et de Pékin.
Les trait√©s de Tientsin (1858) ont √©t√© sign√©s en 1858 entre la Chine, les Britanniques,  les Fran√ßais, les Russes et les Am√©ricains, qui commencaient √† se d√©couvrir des int√©r√™ts en Asie orientale. Ces trait√©s pr√©voyaient d'ouvrir onze nouveaux ports au commerce √©tranger, d'autoriser les missions chr√©tiennes et de l√©galiser le commerce de l'opium. Les √©trangers devaient en outre pouvoir voyager √† l'int√©rieur de la Chine. La navigation sur le Yangzi, en particulier, devait √™tre libre.

Les trait√©s de P√©kin obligeaient la Chine √† ratifier les trait√©s de Tientsin. Ils permettaient par ailleurs l'ouverture d'ambassades britannique et fran√ßaise √† P√©kin, la Grande-Bretagne se voyait c√©der la r√©gion de Kowloon et de lourdes indemnit√©s de guerre  devaient √™tre pay√©es √† la Grande-Bretagne et √† la France.

La révolte des Taiping et l'auto-renforcement (1850-1875)

Les guerres de l'opium ont mis en lumi√®re les d√©fis auxquels la Chine faisait face pour moderniser ses forces militaires et administratives, un probl√®me qui allait continuer √† hanter le pays tout au long du si√®cle suivant. Dans l'imm√©diat, elles ont aussi √©t√© un facteur majeur dans la mont√©e du sentiment anti-Qing et l'√©clatement r√©bellions internes, √† commencer par la r√©volte des Taiping qui a √©t√© contemporaine de la Seconde guerre de l'opium et s'est prolong√© au-dela, jusqu'aux premi√®res du r√®gne de l'empereur Tongzhi (r.1861-1875). 

La révolte des Taiping.
La r√©volte des Taiping (1850-1864)  a √©t√© l'une des r√©bellions les plus sanglantes de l'histoire chinoise. Ce soul√®vement a √©t√© men√© par une secte religieuse mill√©nariste appel√©e la Soci√©t√© des Adorateurs de Dieu, fond√©e par Hong Xiuquan, un enseignant de la province du Guangxi. Hong Xiuquan se consid√©rait comme le fr√®re cadet de J√©sus-Christ et pr√™chait un m√©lange syncr√©tique de christianisme, de tao√Įsme et de traditions chinoises. Sa vision messianique lui a permis de mobiliser un vaste nombre de partisans, principalement des paysans pauvres et des marginaux, en leur promettant l'√©tablissement d'un royaume c√©leste √©galitaire et juste sur terre.

D√®s le d√©but de la r√©bellion en 1850, les Taiping ont conquis de vastes territoires dans le sud de la Chine, ainsi que des villes importantes. Nankin, par exemple. Ils ont instaur√© un gouvernement th√©ocratique et ont entrepris des r√©formes radicales (redistribution des terres, abolition des classes sociales traditionnelles). Cependant, les Taiping ont √©galement √©t√© confront√©s √† une forte r√©sistance de la part des forces imp√©riales Qing, ainsi que des seigneurs de guerre locaux et des arm√©es √©trang√®res, notamment britanniques et fran√ßaises, qui, ici, ont soutenu les Qing. Les combats ont √©t√© extr√™mement brutaux, avec des millions de morts des deux c√īt√©s et des ravages consid√©rables dans les r√©gions touch√©es.

La r√©bellion des Taiping a finalement √©t√© √©cras√©e en 1864, principalement en raison de conflits internes, de la pression militaire des Qing et de l'intervention √©trang√®re. Les cons√©quences de cette r√©volte ont √©t√© d√©vastatrices pour la Chine. Des millions de vies ont √©t√© perdues, un grand nombre de villes et de villages ont √©t√© d√©truits. 

Le mouvement d'auto-renforcement.
En réaction aux guerres de l'opium et de la révolte de Taiping, les Qing on engagé une politique volontariste de réformes qui s'est déployée entre1861 et 1895, et connue sous le nom de Mouvement d'auto-renforcement (de Mouvement d'auto-renouvellement, ou encore de Mouvement d'auto-amélioration). Le train de réformes qu'il a impulsées a posé les bases de la modernisation en Chine. D'autres mesures, plus radicales seront encore nécessaires, mais on a déjà là le début d'une prise de conscience plus large des nécessités de modernisation.

Les objectifs √©taient de plusieurs ordres. Il s'agissait en premier lieu de  moderniser l'arm√©e et la marine en adoptant des technologies occidentales. Cela impliquait l'acquisition de navires de guerre modernes, la construction d'arsenaux et la formation des troupes avec des techniques militaires modernes. Il s'agissait aussi de d√©velopper l'industrie lourde, notamment les industries du charbon, de l'acier et des textiles, ainsi que les infrastructures telles que les chemins de fer et les t√©l√©graphes. Enfin, il s'agissait d'am√©liorer l'administration et la gestion de l'√Čtat pour r√©duire la corruption et augmenter l'efficacit√© bureaucratique. Cela n√©cessitait l'√©tablissement d'√©coles pour former les fonctionnaires aux sciences et technologies occidentales.

Les principaux acteurs de ce mouvement ont √©t√© le prince Gong, Li Hongzhang, et les deux g√©n√©raux  Zeng Guofan et Zuo Zongtang. Le prince Gong (1833-1898) a jou√© un r√īle cl√© dans les n√©gociations avec les puissances √©trang√®res. Zeng Guofan (1811-1872), un g√©n√©ral et r√©formateur influent, a utilis√© ses succ√®s militaires contre les Taiping pour promouvoir la modernisation de l'arm√©e et de l'industrie. Li Hongzhang (1823-1901), disciple de Zeng Guofan, a √©t√© pour sa part l'un des principaux architectes des r√©formes industrielles et militaires. Il a fond√© des entreprises industrielles et modernis√© les arsenaux militaires. Enfin, Zuo Zongtang (1812-1885), g√©n√©ral et homme d'√Čtat, a contribu√© √† la modernisation militaire et √† la r√©int√©gration du Xinjiang dans l'empire Qing apr√®s une s√©rie de campagnes militaires.

Cette politique a abouti √† quelques r√©alisations notables, comme la construction de chantiers navals et d'arsenaux modernes,comme ceux de Jiangnan √† Shangha√Į, et le √©veloppement des chemins de fer, des mines et des usines modernes. L'achat de navires de guerre modernes et formation de la marine Beiyang, ainsi que la r√©organisation et modernisation de l'arm√©e, incluant l'utilisation d'armes modernes et de nouvelles tactiques, sont aussi √† l'actif de ce mouvement de r√©formes. Et l'on peut encore ajouter ici la cr√©ation de la Tongwen Guan (Coll√®ge des langues √©trang√®res) √† P√©kin pour former des traducteurs et des experts techniques, ou encore l'envoi de jeunes √©tudiants chinois √† l'√©tranger, notamment au Japon et en Europe, pour √©tudier les sciences et technologies.

Les r√©formes ont pourtant √©t√© limit√©es. Elles ont rencontr√© une forte opposition de la part des √©lites conservatrices derri√®res lesquelles se trouvent l'imp√©ratrice douairi√®re Cixi, et qui voyaient les changements comme une menace √† la tradition confuc√©enne et √† leur propre pouvoir. La Chine manquait aussi de ressources financi√®res suffisantes pour soutenir une modernisation √† grande √©chelle. Probl√®me agrav√©, d'ailleurs, par les d√©tournements de fonds par des fonctionnaires corrompus. L'organisation des r√©formes elles-m√™mes a √©t√© un obstacle. Ces r√©formes √©taient fragmentaires et mal coordonn√©es, ce qui a ob√©r√© leur efficacit√© globale. Les d√©faites dans les guerres sino-fran√ßaise (1884-1885) et sino-japonaise (1894-1895) vont  d√©montrer bient√īt les insuffisances des r√©formes militaires et consacrer l'affaiblissement de la position de la Chine face aux puissances √©trang√®res.

Déclin et résistance aux réformes (1875-1900)

Au cours du dernier quart du XIXe si√®cle, la la dynastie Qing est √† bout de souffle. La Chine est confront√©e √† des pressions croissantes de la part des puissances √©trang√®res, apr√®s les guerres de l'opium  et les trait√©s in√©gaux impos√©s par les puissances occidentales, elle va bient√īt √™tre confront√©e √† l'expansionnisme japonais. La corruption, de l'inefficacit√© administrative et des r√©voltes internes, avec lesquelles il n'en, a pas fini, ne cessent d'√©roder le pouvoir des Qing. Les d√©fis s'accumulent dans les derni√®res ann√©es du si√®cle, d'abord avec la Guerre sino-japonaise, ensuite avec la r√©bellion des Boxers. Les tentatives de r√©formes qu'ils suscitent n'emp√™cheront pas l'√©clatement de la r√©volution qui en faisant tomber le r√©gime va aussi mettre fin √† 2000 ans de Chine imp√©riale.

La guerre sino-japonaise.
La Guerre sino-japonaise (Premi√®re guerre sino-japonaise), a oppos√© la Chine et le Japon en 1894 et 1895. Ce conflit est survenu principalement √† cause des rivalit√©s entre les deux pays pour le contr√īle de la Cor√©e, qui √©tait traditionnellement un √Čtat tributaire de la Chine sous la dynastie Joseon. Au cours du XIXe si√®cle, le Japon a cherch√© √† y √©tendre son influence. Les r√©formes Gapsin de 1884 et les troubles internes en Cor√©e ont conduit √† une intervention militaire conjointe de la Chine et du Japon pour r√©tablir l'ordre.

 En 1885, un trait√© sign√© √† Tientsin par la Chine et le Japon apr√®s les tensions de 1884, stipulait que les deux nations retireraient leurs troupes de Cor√©e et n'interviendraient pas sans en avertir l'autre. Mais en 1894, une r√©volte paysanne en Cor√©e (r√©volte du Donghak) a pouss√© le gouvernement cor√©en √† demander de l'aide √† la Chine. Le Japon a √©galement envoy√© des troupes en Cor√©e, conduisant √† une confrontation militaire directe. En juillet 1894, apr√®s l'√©chec des n√©gociations pour retirer les troupes respectives, les hostilit√©s ont √©clat√©. 

Les Japonais ont rapidement attaqu√© et occup√© les positions chinoises en Cor√©e. A la bataille de Pyongyang (septembre 1894), les forces japonaises ont inflig√© une d√©faite d√©cisive aux troupes chinoises, consolidant leur contr√īle sur la Cor√©e. Le m√™me mois a lieu une bataille navale majeure (bataille de la mer Jaune) o√Ļ la flotte japonaise d√©truit une grande partie de la flotte chinoise, d√©montrant la sup√©riorit√© maritime du Japon. En janvier-f√©vrier 1895, les forces japonaises capturent  Weihaiwei, une importante base navale chinoise, marquant ainsi la fin effective de la r√©sistance navale chinoise.

La Chine est forc√©e de signer un nouveau trait√© humiliant (Trait√© de Shimonoseki, 1895) qui reconnait l'ind√©pendance de la Cor√©e, c√®de Taiwan, les √ģles Pescadores et la p√©ninsule du Liaodong au Japon, se trouve contrainte de payer une indemnit√© de guerre consid√©rable. Plusieurs ports chinois sont ouverts au Japon qui obtient par ailleurs le droit d'implantation industrielle. La guerre sino-japonaise aura ainsi marqu√© le d√©but de la fin de l'influence chinoise traditionnelle en Asie de l'Est, rempla√ßant la Chine par le Japon en tant que principale puissance r√©gionale. 

La perte de Taiwan et de la péninsule du Liaodong (bien que cette dernière ait été restituée à la Chine sous pression des puissances occidentales lors de l'Intervention des Trois Empereurs) a démontré la vulnérabilité territoriale de la Chine. Au moins, le désastre militaire et les conditions humiliantes du traité galvanisent-ils les réformateurs en Chine, conduisant à des mouvements de modernisation tels que la réforme des Cent jours (1898) et, plus tard, la Révolution de 1911 qui renversera la dynastie Qing.

La r√©forme des Cent  jours.
La réforme des Cent jours correspond à une période de réformes ambitieuses qui a eu lieu en Chine entre le 11 juin et le 21 septembre 1898. Ces réformes ont été initiées par l'empereur Guangxu, influencé par des intellectuels réformateurs tels que Kang Youwei et Liang Qichao. L'objectif principal de ces réformes était de moderniser la Chine pour résister à l'influence croissante des puissances étrangères et améliorer l'efficacité de l'administration impériale.

Parmi le r√©formes, on note la mise en place d'un syst√®me √©ducatif moderne bas√© sur le mod√®le occidental. De nouvelles mati√®res sont introduites, telles que les sciences et les math√©matiques. De nouvelles √©coles et universit√©s sont cr√©√©es, et  les √©tudiants sont encourag√©s √† √©tudier √† l'√©tranger. 

Au programme également, la réorganisation des structures gouvernementales pour améliorer l'efficacité et réduire la corruption. On introduit de nouvelles pratiques administratives et de gestion. Le système judiciaire est révisé pour le rendre plus juste et efficace. De nouvelles lois sont adoptées qui visent à protéger les droits des citoyens et à encourager le développement économique.

L'industrie et le commerce bénéficient aussi d'une attention particulière. L'accent est mis sur la modernisation des infrastructures, chemins de fer et télégraphes, notamment. L'investissement étranger est encouragé, mais des mesures pour protéger les industries nationales sont également prises. L'armée chinoise est modernisée en adoptant des techniques et des équipements militaires occidentaux. Des académies militaires sont créées pour former des officiers selon les standards occidentaux.

Cependant, ces r√©formes se sont heurt√©es √† une tr√®s forte r√©sistance de la part de la faction conservatrice de la cour imp√©riale, men√©e par l'imp√©ratrice douairi√®re Cixi. Celle-ci consid√©rait ces changements comme une menace √† son pouvoir et aux traditions √©tablies. Le 21 septembre 1898, un coup d'√Čtat soutenu par Cixi a mis fin aux r√©formes des Cent jours. L'empereur Guangxu a √©t√© plac√© en r√©sidence surveill√©e, et les principaux r√©formateurs ont √©t√© exil√©s, emprisonn√©s ou ex√©cut√©s.

La révolte des Boxers.
La r√©volte des Boxers a eu lieu entre 1899 et 1901. Ce mouvement de r√©bellion a √©t√© men√© par une soci√©t√© secr√®te appel√©e Yihetuan (Áĺ©ŚíĆŚúė), ce qui signifie Poings justes et harmonieux, et que l'on conna√ģt plus commun√©ment sous le nom de Boxers (= Boxeurs, parce qu'il pratiquaient le kungfu). Les Boxers √©taient anim√©s par un fort sentiment anti-√©tranger et anti-missionnaire, et ils s'opposaient √† l'influence croissante des puissances occidentales et du Japon en Chine.

Les tentatives de réforme, comme celles initiées lors du Mouvement d'auto-renforcement et la réforme des Cent jours, avaient échoué à moderniser suffisamment la Chine et à renforcer son gouvernement central. Ces échecs avaient également conduit à des troubles sociaux et à l'insatisfaction populaire. Le ressentiment contre les missionnaires chrétiens et les entreprises étrangères qui semblaient bénéficier de la protection des traités inégaux a nourri un sentiment nationaliste et xénophobe. Les Boxers ont émergé de ce contexte de frustration et de colère.

La r√©volte a commenc√© dans les provinces du nord de la Chine, notamment dans le Shandong et le Hebei, o√Ļ les Boxers ont attaqu√© des missions chr√©tiennes, des convertis chinois et des infrastructures li√©es aux int√©r√™ts √©trangers. La cour imp√©riale, dirig√©e par l'imp√©ratrice douairi√®re Cixi, a initialement h√©sit√© √† soutenir les Boxers. Cependant, face √† la mont√©e de la violence et √† la pression populaire, Cixi a fini par soutenir les Boxers, esp√©rant qu'ils pourraient aider √† expulser les √©trangers de Chine.

En 1900, les Boxers ont converg√© vers P√©kin, o√Ļ ils ont assi√©g√© le quartier des l√©gations √©trang√®res, abritant les diplomates et les missionnaires √©trangers. Le si√®ge a dur√© environ 55 jours, pendant lesquels les Boxers ont tent√© de p√©n√©trer dans les l√©gations fortifi√©es. En r√©ponse √† la violence et au si√®ge de P√©kin, une alliance internationale compos√©e du Japon, de la Russie, de la Grande-Bretagne, de la France, des √Čtats-Unis, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Autriche-Hongrie a √©t√© form√©e pour intervenir militairement en Chine. Les forces alli√©es ont d√©barqu√© √† Tianjin et ont avanc√© vers P√©kin, √©crasant les forces des Boxers et des troupes imp√©riales Qing. En ao√Ľt 1900, les forces de l'alliance des Huit Nations prenaient P√©kin, mettant fin au si√®ge des l√©gations.

En septembre 1901, la Chine a été forcée de signer le Protocole de Pékin, un traité inégal de plus, qui imposait de lourdes réparations financières (indemnité de 450 millions de taels d'argent), l'exécution de fonctionnaires pro-Boxers et des concessions supplémentaires aux puissances étrangères. Des troupes étrangères ont été autorisées à stationner en permanence à Pékin pour protéger leurs intérêts.
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Photo de Shanghai
Une maison de th√© dans le Shangha√Į du d√©but du XXe si√®cle.

La révolution de de 1911

Vers la fin de sa vie, Cixi a d√Ľ se r√©soudre a introduire elle aussi quelques r√©formes limit√©es visant √† moderniser l'administration et l'arm√©e, mais celles-ci sont venues trop tard pour sauver la dynastie Qing. L'imp√©ratrice meurt le 15 novembre 1908. Un enfant de deux ans, Puyii, est plac√© sur le tr√īne, tandis que le pouvoir r√©el √©choit √† celui qui avait √©t√© l'un des plus influents conseillers de l'imp√©ratrice et qui restait le chef de l'arm√©e, Yuan Shikai.

A cette √©poque, le nationalisme, le r√©publicanisme et le socialisme, ont commenc√© √† gagner en popularit√© parmi les intellectuels chinois, inspir√©es par les mouvements r√©formistes et r√©volutionnaires √† travers le monde. Le 10 octobre 1911 (le 10 octobre √©tant le double dix dans le calendrier chinois, d'o√Ļ le nom de la R√©volution du Double Dix), donn√© aussi √† cette r√©volution), un soul√®vement militaire a eu lieu √† Wuchang, dans la province du Hubei. Les r√©volutionnaires Han se sont rebell√©s contre le gouvernement Qing local.

Le soul√®vement de Wuchang a rapidement √©t√© suivi par des r√©voltes similaires dans d'autres r√©gions de la Chine, avec des seigneurs de guerre, des r√©volutionnaires et des forces nationalistes ralliant leurs forces contre la dynastie Qing. Face √† une pression croissante et √† une s√©rie de d√©faites militaires, l'empereur Qing, Yuan Shikai change de camp et  d√©pose l'empereur. Pu Yi, abdique le 12 f√©vrier 1912, mettant ainsi fin √† plus de 2000 ans de r√®gne imp√©rial en Chine. Sun Yat-sen, un leader r√©volutionnaire et fondateur du Kuomintang (Parti nationaliste), est devenu le premier pr√©sident de la R√©publique de Chine, √©tablissant ainsi le premier r√©gime r√©publicain en Chine.

Les empereurs de la dynastie Qing

La dynastie Qing, la dernière dynastie impériale de Chine, a régné de 1644 à 1912. Voici une liste de ses empereurs, accompagnée de quelques éléments marquants de leur règne :
‚ÄĘ Shunzhi (1644-1661). - Fondateur de la dynastie Qing en Chine apr√®s la conqu√™te de la dynastie Ming. Son r√®gne a marqu√© le d√©but de l'int√©gration des Mandchous (Les Toungouses) avec les Chinois Han. Proclam√© empereur par les Mandchous  qui venaient de s'emparer de P√©kin, n'avait que sept ans; ce furent ses quatre oncles qui form√®rent le conseil de r√©gence et gouvern√®rent. Ceux-ci parvinrent √† soumettre assez facilement la plupart des provinces du Nord et du Centre, mais les provinces maritimes leur oppos√®rent une s√©rieuse r√©sistance. Quand, en 1651, Shunzhi fut d√©clar√© majeur, il prit en main les r√™nes du gouvernement et dut continuer la lutte sur mer contre les Chinois rebelles. Le pirate Tching-tching-kong, qui combattait pour le prince de Koue√Į, le dernier repr√©sentant de la famille des Ming, d√©solait de plus en plus les c√ītes et restait imprenable; cependant, le prince de Koue√Į ayant √©t√© fait prisonnier dans le Yun-nan par le fameux g√©n√©ral Wu Sangui, et peu apr√®s mis √† mort, le pirate cessa d'infester les c√ītes, se replia sur Taiwan, en chassa les Portugais, s'y √©tablit en 1662 et y mourut. La politique de Shunzhi fut celle d'un sage; il laissa persister tous les anciens usages et n'apporta dans son vaste empire que deux modifications importantes : la premi√®re consista √† placer √† la t√™te de chacun des six minist√®res deux pr√©sidents au lieu d'un seul, l'un chinois, l'autre mandchou; la seconde fut de contraindre tous ses sujets √† se raser le devant de la t√™te, √† la mani√®re tartare, et √† porter les cheveux tress√©s en une longue natte pendante, en signe de soumission; ces deux usages se sont perp√©tu√©s jusqu'au d√©but du XXe si√®cle, mais le second ne s'implanta que difficilement, et beaucoup de Chinois pr√©f√©r√®rent mourir plut√īt que d'ob√©ir √† cet ordre. La plupart des souverains de l'Asie envoy√®rent des ambassades √† la cour de Shunzhi; la Russie et la Hollande suivirent m√™me cet exemple en 1656, mais les envoy√©s de ces deux puissances, ayant refus√© de se conformer au c√©r√©monial de la cour chinoise, ne furent pas re√ßus. On pr√©tend que Shunzhi avait un go√Ľt tr√®s marqu√© pour les sciences et qu'il aurait plac√© √† la t√™te du tribunal des math√©matiques le P. Adam Schall, j√©suite allemand, auquel on devrait l'√©tablissement de l'astronomie europ√©enne en Chine. On raconte que vur la fin de son r√®gne, Shunzhi s'√©prit de la femme d'un des grands de sa cour; quand elle mourut, il en con√ßut un si profond chagrin qu'il prit aussit√īt l'habit des bonzes. Atteint de la petite v√©role, serait mort apr√®s quelques jours de maladie, √† l'√Ęge de vingt-quatre ans.

‚ÄĘ Kangxi (r. 1661-1722). - Fils de Shunzhi. Un des plus grands empereurs de Chine, connu pour la stabilit√© et la prosp√©rit√© de son r√®gne. Il a √©tendu les fronti√®res de la Chine et encourag√© les arts et les sciences. N√© en 1653, mort en 1722, il monta sur le tr√īne √† 8 ans (1661), et commen√ßa √† gouverner par lui-m√™me √† 13. Son long r√®gne ne fut troubl√© que par quelques exp√©ditions contre les Mongols, dans lesquelles il eut l'avantage. Il encouragea et cultiva lui-m√™me les sciences et les arts, prot√©gea les j√©suites et autorisa l'exercice de la religion chr√©tienne par un √©dit (1692). Kangxi a compos√©, entre autres ouvrages, des Maximes pour le gouvernement des √Čtats et des Instructions morales pour son fils et successeur. 

‚ÄĘ Yongzheng (1722-1735). - Quatri√®me fils de Kangxi, d√©buta en faisant emprisonner son fr√®re a√ģn√© qui commandait une arm√©e en Tartarie et en qui il crut voir un rival; il exila ensuite un autre de ses fr√®res nomm√© Yesak√©, ambitieux sans valeur, ainsi que le missionnaire portugais Morao, son chef de parti, et, plus tard, les fit p√©rir tous les deux. Cet empereur est surtout connu pour la pers√©cution violente qu'il fit aux pr√™tres catholiques; ayant appris que Sou-nan, son oncle maternel, avait embrass√© le christianisme, il le d√©pouilla de ses titres et l'envoya avec sa famille en disgr√Ęce; seuls quelques missionnaires, dont la pr√©sence √©tait n√©cessaire √† P√©kin, purent rester dans cette ville; tous les autres furent rel√©gu√©s √† Macao. Laborieux, tr√®s actif, Yongzheng tint les r√™nes du gouvernement d'une main ferme; il se montra bon pour son peuple en maintes occasions, notamment en 1725, apr√®s des pluies torrentielles qui d√©truisirent enti√®rement les r√©coltes, et, en 1730, apr√®s un tremblement de terre qui causa les plus grands ravages; pour encourager l'agriculture, il accorda le titre de mandarin du huiti√®me degr√© au laboureur le plus estim√© de chaque canton. Il mourut n√©anmoins, peu regrett√© de ses sujets, le 7 octobre 1735. Ce prince publia une instruction aux gens de guerre, intitul√©e les Dix Pr√©ceptes, et commenta les seize maximes de l'√Čdit sacr√© de Kangxi. Les Dix Pr√©ceptes ont √©t√© traduits en fran√ßais par Amiot; les maximes et le commentaire l'ont √©t√© en anglais par William Milne.

‚ÄĘ Qianlong (r. 1735-1796). - - Fils de Yongzheng. Il monta sur le tr√īne en 1735, r√©prima en 1755 une r√©volte des Tartares et soumit √† sa domination toute la Tartarie jusqu'√† la Perse. Se sentant vieux, il abdiqua en 1795 en faveur de son fils. Kien-long d√©fendit en 1753 l'exercice de la religion chr√©tienne dans ses √Čtats. Ce prince cultivait les lettres avec succ√®s; il forma une biblioth√®que de 600000 volumes. il avait compos√© entre autres √©crits, un √Čloge de la ville de Moukden, que le P. Amiot a traduit en fran√ßais, Paris, 1770.  Son r√®gne a vu une grande expansion territoriale et un √©panouissement culturel. Cependant, les derni√®res ann√©es de son r√®gne ont √©t√© marqu√©es par la corruption et l'affaiblissement de l'administration.

‚ÄĘ Jiaqing (r. 1796-1820). - N√© en 1759, mort en 1820. Il √©tait le dix-septi√®me fils de l'empereur Qianlong, qui abdiqua en sa faveur en 1796. Ce prince, dans un √©tat d'ivresse presque continuel, eut un r√®gne tr√®s agit√©. En 1818, √† la suite d'une grande r√©volte caus√©e par la famine, Jiaqing fit mettre √† mort une foule de s√©ditieux. On tenta par deux fois de l'empoisonner et, en 1818, le premier eunuque, Linjing, l'e√Ľt renvers√© du tr√īne, sans le fils de Jiaqing. Sous son r√®gne, le d√©bordement du fleuve Jaune, en 1818, causa la mort de plus de 100 000 personnes. Jiaqing pers√©cuta les missionnaires catholiques, et fut toujours hostile aux influences √©trang√®res.  Son r√®gne a aussi √©t√© marqu√© par des tentatives pour r√©primer la corruption et des r√©voltes internes, notamment la R√©volte des Lotus Blancs.

‚ÄĘ Daoguang = lumi√®re de la raison  (1820-1850). - Deuxi√®me fils de Jiaqing, n√© en 1782, succ√©da √† son p√®re. Son r√®gne fut des plus agit√©s; en 1828, il se rendit ma√ģtre d'un soul√®vement qui s'√©tait produit dans les provinces d'Ili, sous l'instigation d'un officier du Turkestan, ce qui eut pour r√©sultat de rattacher plus intimement le Tibet √† l'empire; de 1831 √† 1833, il dut lutter contre une nouvelle insurrection qui √©clata √† Taiwan et parmi les montagnards du Guangdong. Mais l'√©v√©nement le plus important de son r√®gne fut la guerre qu'il soutint contre l'Angleterre, √† partir de 1839, au sujet de l'importation de l'opium (Premi√®re guerre de l'opium), et qui se termina par le trait√© de Nankin, du 29 ao√Ľt 1842; le trait√© de Wanghia (W√†ngxi√† ti√°oyuńď), conclu avec les √Čtats-Unis, le 3 juillet 1844, et celui de Huangpu (Wam-pou), conclu avec la France, le 24 octobre de la m√™me ann√©e, permirent √† ces deux puissances d'√©tablir en Chine de nouveaux consulats et d'y faire librement le commerce. En 1847, on vit appara√ģtre √† P√©kin un chef de la secte des adorateurs du Dieu unique, qui fut aussit√īt arr√™t√©; le 20 mars 1848, Hong Xiuquan, qui devint plus tard le chef des insurg√©s chinois connus sous le nom de Ta√Įping, ayant obtenu sa libert√©, tous deux s'install√®rent d√®s lors dans la province de Kouang-si et pr√©par√®rent, avec l'aide de plus de trente associations secr√®tes, l'insurrection qui devait entra√ģner la Chine dans une longue suite de guerres intestines; cette insurrection n'√©clata que sous le r√®gne suivant. Daoguang qui, au d√©but de son r√®gne, avait chass√© les missionnaires catholiques de P√©kin, se montra, sur la fin, assez tol√©rant pour les chr√©tiens; les relations commerciales y gagn√®rent et donn√®rent d'heureux r√©sultats. Ce prince r√©organisa les minist√®res et fit para√ģtre, √† partir de 1815, un annuaire imp√©rial ainsi que plusieurs encyclop√©dies et grandes collections litt√©raires et scientifiques. Il mourut le 25 f√©vrier 1850. 

‚ÄĘ Xianfeng (r. 1850-1861). - N√© en 1831, mort en 1862. Il succ√©da √† son p√®re Daoguang en 1850. D√®s son arriv√©e au pouvoir, il s'adonna √† une vie de d√©bauche, et faillit √™tre victime d'un assassinat. Croyant √† un complot, il fit aussit√īt d√©capiter un grand nombre de hauts dignitaires. Pour se procurer de l'argent, Xianfeng vendit les dignit√©s publiques et cr√©a un monopole pour le commerce de l'opium. C'est sous son r√®gne qu'eut lieu la grande r√©volution des Ta√Įping, et, en 1856, l'exp√©dition franco-anglaise contre la Chine (Seconde Guerre de l'opium), qui se termina par les trait√©s de Tientsin et P√©kin (1858 et 1860) et l'entr√©e des alli√©s √† P√©kin, en 1860, apr√®s leur victoire √† Baliqiao (Pali-Kao.) Au cours de ces √©v√©nements, Xianfeng s'√©tait r√©fugi√© en Mongolie, puis en Mandchourie, et ce fut son fr√®re, le prince Gong, qui dut n√©gocier avec les alli√©s. Il mourut peu apr√®s, us√© par la d√©bauche, et eut pour successeur son fils a√ģn√© Tongzhi, sous la r√©gence de sa m√®re. 

‚ÄĘ Tongzhi, litt√©ralement Union dans l'ordre; (r. 1861-1875). - N√© en 1856, mort en 1875. Il n'avait que cinq ans lorsqu'il fut appel√©, le 21 ao√Ľt 1861, √† succ√©der √† son p√®re Xianfeng. Il fut d√©clar√© majeur en 1873. Les luttes contre les Ta√Įping et les musulmans, l'intervention des √©trangers en Chine, la cr√©ation de l'arsenal de Fuzhou (1867), le massacre de Tientsin (1870), les nombreux trait√©s conclus avec les puissances europ√©ennes et l'√©tablissement d√©finitif des l√©gations √† P√©kin, constituent les principaux √©v√©nements de ce r√®gne, plac√© sous la r√©gence de sa m√®re l'imp√©ratrice douairi√®re Cixi.

‚ÄĘ Guangxu (r. 1875-1908). - N√© √† P√©kin en 1872. Petit-fils de l'empereur Daoguang. Guangxu est connu pour la r√©forme des Cent Jours en 1898, un effort avort√© pour moderniser la Chine. Le pouvoir a √©t√© exerc√©, au cours de sa longue minorit√© (1875-1889), par l'imp√©ratrice douairi√®re Cixi, dont la politique x√©nophobe amena, d√®s 1884, le conflit avec la France au sujet du Tonkin. Apr√®s 1889, l'influence de Cixi est rest√©e consid√©rable, en raison de la d√©bilit√© physique et de l'incapacit√© politique du jeune empereur. Apr√®s la guerre du sino-japonaise, termin√©e par le trait√© de Shimonoseki, et la concession aux √©trangers de nombreuses voies ferr√©es et lignes t√©l√©graphiques, destin√©es √† ouvrir la Chine √† l'influence et au commerce europ√©ens, la vieille imp√©ratrice a repris par un v√©ritable coup d'√Čtat (1897) la r√©alit√© du pouvoir, et la r√©action x√©nophobe qui a suivi, couronn√©e par le soul√®vement des Boxers, peut-√™tre encourag√©s par le pouvoir imp√©rial, a amen√©, en 1900, l'intervention de l'Europe, du Japon et des √Čtats-Unis, et l'occupation militaire de P√©kin par les puissances. 

‚ÄĘ Xuantong ou Puyi. - N√© en f√©vrier 1906, mort en octobre 1967. Il est mont√© sur le tr√īne en 1908 (il avait donc deux ans) et a √©t√© empereur jusqu'en 1912, date de la proclamation de la R√©publique de Chine. En 1934, lors de la cr√©ation en Mandchourie par les Japonais du Manchuoko (Manzhuguo),  il prit pendant onze ans le titre d'empereur de cet √Čtat fantoche. Apr√®s 1945, Puyi a v√©cu en Chine sans titre et occupa, entre 1964 et sa mort, des fonctions consultatives au sein de la R√©publique populaire. (A. Thomas). 

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