.
-

L'histoire de la Pologne
Les premi√®res traces de peuplement humain dans l'actuelle Pologne remontent au Pal√©olithique sup√©rieur, avec des chasseurs-cueilleurs vivant principalement de la chasse au mammouth et au renne. Des outils en pierre et des ossements d'animaux associ√©s √† des sites d'occupation humaine remontent √† cette p√©riode. Vers 10 00 av. JC, avec  le r√©chauffement climatique apr√®s la derni√®re p√©riode glaciaire, les habitants de la r√©gion se sont adapt√©s aux nouveaux environnements forestiers.Les outils en pierre se diversifient et on observe un d√©veloppement des techniques de p√™che et de chasse. L'introduction de l'agriculture et de l'√©levage, entre 5000 et 200 av. JC, marque un changement majeur, avec l'√©tablissement de villages permanents. Les populations commencent √† construire des structures plus complexes et √† pratiquer des rituels fun√©raires.

A l'√āge du bronze (environ 2000 - 700 av. JC), plusieurs cultures arch√©ologiques se succ√®dent, telles que la culture de la c√©ramique cord√©e et la culture des tumulus. L'usage du bronze se r√©pand pour fabriquer des outils, des armes et des ornements. Les √©changes commerciaux s'intensifient, avec des contacts √©tablis entre les populations locales et celles de l'Europe centrale et orientale. Les √©changes commerciaux et les influences culturelles entra√ģnent des changements dans les modes de vie et les structures sociales. Les d√©couvertes de tumulus et de s√©pultures montrent des pratiques fun√©raires √©labor√©es, indiquant une soci√©t√© hi√©rarchis√©e.
        
L'√āge du fer (environ 700 av. JC - 400 ap. JC) correspond √† l'usage du fer pour la fabrication d'outils et d'armes. La culture lusacienne, une des principales cultures de l'√āge du fer en Pologne, se d√©veloppe, caract√©ris√©e par des fortifications et des √©tablissements permanents. Les premiers √©tablissements fortifi√©s apparaissent, comme le site de Biskupin, un exemple bien conserv√© de village fortifi√© de cette √©poque. Les communaut√©s deviennent plus complexes, avec une organisation sociale plus structur√©e et des sp√©cialisations artisanales. Les tribus celtes, germaniques et scythes interagissent avec les populations locales, influen√ßant les pratiques culturelles et technologiques.

A partir de 400, plusieurs groupes ethniques peuplent la r√©gion, notamment les Vandales, les Goths et les Slaves.Les mouvements migratoires influencent la composition ethnique et culturelle de la r√©gion. La r√©gion qui correspond √† la Pologne actuelle ne faisait pas partie de l'Empire romain, elle subit des influences romaines √† travers les √©changes commerciaux et les contacts militaires. Les d√©couvertes de pi√®ces romaines et d'objets de luxe indiquent des interactions √©conomiques et culturelles. √Ä partir du VIe si√®cle, les tribus slaves du groupe des  les Lechites, s'√©tablissent durablement dans la r√©gion. Ce sont elles qui vont fa√ßonner l'histoire de la Pologne m√©di√©vale.

Composante ds Lechites, la tribu des Polanes ou Slaves de la plaine s'√©tablit sur les bords de la Wartha, et celle des Mazoviens ou Masures vers le milieu du cours de la Vistule. Les Polanes ayant acquis la pr√©pond√©rance sur les autres tribus, leur nom pr√©valut, et devint celui du pays, qui s'appela Pologne. Lech, √† qui les Polonais font remonter la fondation de leur Etat, est un personnage fabuleux. Les temps dont l'histoire devient plus assur√©e commencent pour la Pologne en 842, lorsqu'un simple paysan, Piast, en fut √©lu souverain. Il eut pour successeur son fils Ziemovit, et Mieczyslas, arri√®re-petit-fils de Ziemovit, qui √©tait pa√Įen, comme tous les Polonais, embrassa le christianisme vers 965. La population le suivit ensuite dans cette conversion, √† laquelle coop√©ra aussi le z√®le de saint Adalbert, archev√™que de Prague. Boleslas Ier, dit Chrobry, c. √†-d. vaillant, ou le Grand, affranchit la Pologne de la suzerainet√© de l'empereur d'Allemagne, prit le titre de roi, et fut reconnu par l'empereur Othon III. Il fonda des √©glises et des couvents, donna √† son peuple une organisation militaire, et fit de la Pologne le boulevard de la chr√©tient√© √† son extr√©mit√© orientale. Mais il eut un faible successeur dans son fils Mieczyslas II, dont le r√®gne fut suivi d'une anarchie. Casimir Ier r√©tablit l'ordre. Boleslas II termina par des exc√®s une vie consacr√©e d'abord √† pacifier la Hongrie et la Boh√®me et √† conqu√©rir la Russie Rouge. Il for√ßa le pape √† l'excommunier et √† interdire le titre de roi aux souverains de la Pologne. 

Vladislas Hermann, fr√®re de Boleslas Il, fut gouvern√© par son favori Sieciech, et laissa √† sa mort, en 1102, la Pologne livr√©e √† la guerre civile par le partage que s'en firent ses deux fils. Mais Boleslas III la r√©unit tout enti√®re sous son autorit√© en 1107, et continua le r√®gne des princes qui agrandirent la Pologne par leurs conqu√™tes. A sa mort, en 1139, commence, avec le partage qu'il fit de ses Etats entre ses quatre fils, la p√©riode de division de la L√©chie, nom g√©n√©ral du pays, en plusieurs duch√©s, au nombre desquels √©tait celui de Pologne. A la faveur des dissensions des princes, l'aristocratie substitua sa puissance √† celle du souverain, durant cette p√©riode de 1139 √† 1333. Vladislas II voulut d√©pouiller ses fr√®res de leurs apanages, et fut renvers√© par eux. Boleslas IV c√©da, en 1158, au fils de son fr√®re, Vladislas II, la Sil√©sie, qui demeura s√©par√©e de la Pologne. Sous Casimir II, le Juste, fr√®re cadet de Vladislas II et de Boleslas IV, les √©v√™ques et les hauts fonctionnaires, c.-√†-d. les palatins et les castellans, constitu√®rent un s√©nat qui partagea le pouvoir avec le prince. Leszek le Blanc, fils a√ģn√© de Casimir, demeura ma√ģtre du duch√© de Pologne, quoique la possession lui en f√Ľt opini√Ętrement disput√©e par son oncle Mieczyslas III, et ensuite par Vladislas aux jambes gr√™les, fils de cet oncle, et la souverainet√© passa ainsi de la branche a√ģn√©e √† une branche cadette de la maison de Piast. Il fut assassin√© en 1227.

Son fils, Boleslas V, le Chaste, s'enfuit devant l'invasion des Mongols, qui fondirent sur la Pologne en 1240. Leszek le Noir, petit-fils de Conrad, deuxi√®me fils de Casimir II, laissa tomber la Pologne dans l'anarchie, et ne sut pas la d√©fendre contre une nouvelle irruption des Mongols en 1287. Apr√®s sa mort, en 1289, plusieurs pr√©tendants se disput√®rent le duch√© jusqu'en 1295, o√Ļ Przemislas, dernier rejeton de la branche de Mieczyslas III fut proclam√© et couronn√© roi. Il fut assassin√© en 1296, et eut pour successeur Vladislas Loki√©tek, qui fut d√©pos√© en 1300 et remplac√© par Venceslas, roi de Boh√®me. Mais il fut r√©tabli en 1304, r√©unit toute la Pologne sous son autorit√©, fut sacr√© roi en 1520, et pr√©para la grandeur de son pays. Il tint en 1331 une di√®te g√©n√©rale, o√Ļ il appela pour la premi√®re fois la noblesse √† d√©lib√©rer, avec les s√©nateurs, sur les affaires du pays. Ce fut le premier acheminement vers la r√©publique nobiliaire, qui devint plus tard la constitution du pays. 

Avec Casimir III, qui fut le l√©gislateur de son peuple, commen√ßa en 1353 l'√©poque florissante de la Pologne, qui dura jusqu'√† la fin du XVIe si√®cle, et avec lui aussi s'√©teignit en 1370 la dynastie de Piast, qui r√©gnait depuis 528 ans. Hedwige, fille de Louis Ier d'Anjou, neveu de Casimir III, qui l'avait d√©sign√© pour son successeur, parvint, apr√®s un interr√®gne de deux ans, au tr√īne de Pologne en 1384, et y pla√ßa avec elle Jagellon, grand-prince de Lituanie, qu'elle √©pousa, apr√®s qu'il eut re√ßu le bapt√™me, en 1386. 

C'est au commencement du XVe si√®cle, au moment m√™me o√Ļ, dans tout le reste de l'Europe, se constituent les monarchies absolutistes, que la constitution polonaise commence au contraire √† prendre cette forme anarchique qui la distinguera jusqu'au bout, et qui sera une des principales causes de la disparition politique de l'Etat polonais au XIXe si√®cle. En 1413, au moment o√Ļ s'effectue la r√©union d√©finitive de la Lituanie et de la Pologne, il est d√©cid√© que les affaires communes aux deux pays devront √™tre r√©gl√©es par l'assentiment commun des Polonais et des Lituaniens, dans des di√®tes communes. Les nobles des deux pays, divis√©s par la langue et les int√©r√™ts, parviennent, en fait, rarement, √† se mettre d'accord. Les privil√®ges des villes, en grande partie de nationalit√© et de tendances allemandes, les immunit√©s des grands seigneurs s'accroissent sans cesse. 
--

Costumes Polonais aux 14e et 16e siŤcles
Costumes Polonais aux XIVe et XVIe siècles.

Sous le règne d'Alexandre ler, les Diètes provinciales s'ajoutèrent à la Diète centrale, possédant chacune une autonomie relative; et le roi ne peut introduire dans la constitution aucun changement sans leur aval; il ne peut même pas changer ses fonctionnaires, qu'il nomme à vie. Aussi, malgré les succès que la Pologne remporte dans sa lutte contre les hussites, contre les chevaliers Porte-Glaive (Les Chevaliers Teutoniques), sous le règne de Casimir Jagellon, qui oblige l'ordre à lui prêter hommage, malgré l'union momentanée, sur la tête de Vladislas, fils de Casimir, des trois couronnes de Bohème, Hongrie et Pologne, le pays perdait chaque jour un peu de sa consistance.

Sigismond Ier resserra sans doute le lien qui attachait la Lituanie √† la Pologne, et r√©unit la Mazovie √† la couronne. Sigismond-Auguste, son fils, acquit la Livonie, √©tendit sa suzerainet√© sur la Courlande, et consomma, en 1569, la r√©union de la Lituanie et de la Pologne. Avec lui finit, en 1572, la dynastie des Jagellons, et, dans l'interr√®gne qui suivit sa mort, la noblesse donna d√©finitivement √† la Pologne la constitution qui en fit une r√©publique aristocratique, avec une royaut√© √©lective, d√©pouill√©e de toute autorit√© ex√©cutive. 

Henri de Valois, √©lu roi en 1573 et couronn√© en 1574, jura le premier les pacta conventa, que la r√©publique imposait √† ses souverains; mais il quitta au bout de quelques jours la Pologne pour monter sur le tr√īne de France. Il fut remplac√© par un Hongrois, Etienne Bathori,qui dicta la paix aux Russes en 1583, et donna une organisation militaire aux Cosaques, qui √©taient soumis √† la suzerainet√© polonaise depuis le r√®gne de Sigismond Ier. Il voulait s'en faire un rempart contre les Russes et les Mongols. Il fut le premier restaurateur du catholicisme en Pologne, mais ne put cependant arriver √† constituer en Pologne une v√©ritable administration r√©guli√®re.

Les trois rois de la famille des Vasa, malgr√© d'heureuses interventions en Russie, furent paralys√©s bient√īt par leurs luttes contre la maison de Su√®de, leur parente; d'autre part, du c√īt√© de l'Est, le soul√®vement de Minine et de Poarski, en donnant le tr√īne moscovite √† la famille des Romanov, arr√™ta les progr√®s des Polonais en Russie. En 1618, Sigismond -Vasa commit une erreur lourde de cons√©quences en c√©dant la Prusse ducale √† l'√©lecteur de Brandebourg et en contribuant ainsi √† pr√©parer la puissance future de la Prusse, que le trait√© de Westphalie, mettant fin √† la guerre de Trente Ans, augmenta encore, tandis que la Su√®de elle-m√™me prit pied de tous c√īt√©s sur le littoral de la Baltique.

A partir de ce moment, commen√ßa la d√©cadence de la Pologne : sans finances r√©guli√®res, sans dynastie nationale, sans arm√©e permanente, sans fronti√®res naturelles, sans pouvoir central, l'autorit√© m√™me des Di√®tes se trouvant int√©rieurement √©nerv√©e par l'application du principe du liberum veto, qui permetait √† un seul des membres de contrecarrer, par son unique opposition, la volont√© de tous les autres, et par la n√©cessit√© impos√©e √† la Di√®te centrale d'en r√©f√©rer dans tous les cas aux Di√®tes provinciales. Chose plus grave, l'agglom√©ration des territoires qui constituait l'Etat polonais commen√ßa √† se dissocier. Le trait√© de Polausv (1634), conclu par Sigismond VII avec les Russes, assura √† la Pologne la possession de la Livonie. Mais, peu de temps apr√®s, attaqu√©e, simultan√©ment par les Russes, unis aux Cosaques, et par Gustave-Adolphe, roi de Su√®de, la Pologne perdit, sous Jean-Casimir, sa suzerainet√© sur la Prusse ducale par le trait√© de Wehlau en 1657, la Livonie par le trait√© d'Oliva en 1660, et Smolensk et l'Ukraine par le trait√© d'Andrussof en 1667. 

C'est aussi sous le r√®gne de Jean-Casimir que s'introduisit, √† la di√®te de 1652, l'usage du veto, qui, prononc√© par un seul membre de l'assembl√©e, en annulait toutes les op√©rations et en entra√ģnait la dissolution. A la vue de cette √©volution de la Pologne, effet de sa constitution, Jean-Casimir, avant d'abdiquer en 1668, pr√©dit que cet Etat serait in√©vitablement d√©membr√© par ses puissants voisins. Sous son successeur Michel Wisnioviecki, du sang des Jagellons, les Turcs envahirent la Pologne, qui, par le trait√© de Buczacz en 1672, s'engagea √† leur payer un tribut. 

Le r√®gne de Jean Sobieski (1674-1695) jettera seul un peu d'√©clat sur cette nation qui se mourrait. Il annula le trait√© de Buczacz par la victoire de Choczim, en 1673,. C'est √† la t√™te de l'arm√©e polonaise qu'il vint d√©livrer  Vienne assi√©g√©e par les Turcs; mais ni la royaut√©, ni la nation polonaise elle-m√™me n'en retir√®rent le moindre profit. Sobieski fut oblig√© de c√©der en 1686Kiev et la Podolie. Ensuite, la lutte entre deux comp√©titeurs au tr√īne, Fr√©d√©ric-Auguste II, appuy√© par le tsar Pierre Ier (La Russie au XVIIIe si√®cle), et Stasnislas Leszczynski, soutenu par Charles XII, roi de Su√®de, acc√©l√©ra la ruine de la Pologne. 
-

Ancien Blason de la Pologne.
Armoiries de la Pologne 
au XVIIe siècle.

De France, o√Ļ plusieurs Polonais avaient suivi le roi Stanislas en Lorraine, des id√©es d'ordre monarchique, un peu m√©lang√©es de l'esprit des Lumi√®res, s'infiltr√®rent en Pologne, et y furent propag√©es par les princes Michel et Auguste Czartoryiski. Mais la Russie, sur laquelle ils comptaient s'appuyer , convoitait la Pologne, et, comme elle s'en disait l'alli√©e, elle y fit entrer ses troupes, √† la mort du roi Fr√©d√©ric-Auguste III, pour y perp√©tuer l'anarchie, sous le pr√©texte de garantir aux Polonais leurs libert√©s. La di√®te, devenue l'instrument de la politique russe et prussienne, √©lut roi, en 1764, Stanislas-Auguste Poniatowski, ancien favori de la tsarine Catherine Il. Les princes Czartoryski, ses oncles, engag√®rent en vain la di√®te √† √©tendre le pouvoir royal et √† limiter les effets du veto. Catherine s'y opposa, et s'entendit avec Fr√©d√©ric II, roi de Prusse, le principal auteur de la ruine de la Pologne, pour attiser, au profit de leurs vues, les oppositions religieuses introduites en Pologne √† l'occasion de la R√©forme. 

La Russie et la Prusse se d√©clar√®rent les protectrices des dissidents polonais. La Conf√©d√©ration de Bar, faiblement secourue par la France et par la guerre que la Turquie fit √† la Russie, prit les armes en 1768 pour la d√©fense de la religion catholique et de la patrie. Mais l'in√©branlable courage de son chef, Casimir Pulavski, et l'habilet√© d'Adam Krasinski, √©v√™que de Kaminiec, qui en avait con√ßu le plan, ne purent l'emp√™cher de succomber dans une lutte in√©gale, et le d√©membrement de la Pologne commen√ßa en 1772 par un premier partage, qui donna √† la Russie la r√©gion entre la Dvina, le Dniepr et le Droutz, √† l'Autriche la Galicie et la Lodom√©rie, et √† la Prusse la Prusse royale. Voyant la Russie en guerre avec la Su√®de et la Turquie, la Pologne mutil√©e se donna le 3 mai 1791 une constitution qui renversait le gouvernement aristocratique, supprimait l'anarchique veto et rendait le tr√īne h√©r√©ditaire dans la maison de Saxe, √† la mort de Stanislas-Auguste. Mais la Russie appuya la conf√©d√©ration de Targovice, form√©e pour le maintien de l'ancienne constitution, et √† laquelle le roi adh√©ra. 
-

Matejko : la constitution de la Pologne du 3 mai 1791.
La Constitution du 3 mai 1791, par Jan Matejko (1891).

Catherine et Fr√©d√©ric-Guillaume II, roi de Prusse, profit√®rent de ces dissensions pour amoindrir encore la Pologne, par un deuxi√®me d√©membrement en 1793. La Russie s'empara de la moiti√© de la Lituanie et de la Volynie et la Prusse de la Grande-Pologne. Les Polonais tent√®rent en 1791, sous le commandement de Kosciuszko, un dernier effort pour sauver l'ind√©pendance de leur pays; mais ils furent √©cras√©s par le nombre de leurs ennemis, Russes et Prussiens. Le roi Stanislas-Auguste abdiqua, et un troisi√®me partage r√©partit en 1795 le reste de la Pologne entre la Russie, l'Autriche et la Prusse. La Pologne fut ray√©e de la carte europ√©enne. Une constitution, qui subordonnait une royaut√© √©lective depuis 1573, et un s√©nat impuissant aux d√©cisions tumultueuses d'une di√®te form√©e de nonces √©lus par le suffrage universel de la noblesse, l'action de la di√®te paralys√©e elle-m√™me par le liberum veto, les fr√©quentes insurrections aristocratiques manifest√©es par un Rokosz, l'indiscipline des palatins, des starostes et des castellans, l'absence de gouvernement enfin avait fray√© les voies √† cette situation. Napol√©on Ier, pour qui les Polonais avaient prodigu√© leur sang sur les champs de bataille, approuvait en 1809, suivant les propres paroles de son ministre des affaires √©trang√®res, ¬ę que les noms de Pologne et de Polonais disparussent de l'histoire. ¬Ľ 

Par le trait√© de Tilsit en 1807, Napol√©on avait √©rig√© en duch√© de Varsovie la partie de la Pologne dont la Prusse s'√©tait empar√©e, √† l'exception de Dantzig et du district de Bialystok, qui pass√®rent √† la Russie. II donna cet Etat, qui fut augment√© en 1809 de la Nouvelle-Galicie, √† Fr√©d√©ric-Auguste III, r√©cemment cr√©√© roi de Saxe, qui avait refus√© le tr√īne de Pologne en 1791. Le Congr√®s de Vienne, o√Ļ Louis XVIII avait fait dire, sans succ√®s, par le prince de Talleyrand, qu'il regardait la question de la Pologne comme la plus europ√©enne, supprima en 1815 le duch√© de Varsovie, dont la majeure partie fut r√©unie √† la Russie sous le nom de royaume de Pologne. Dantzig, Thorn, Culm et le duch√© de Posen furent attribu√©s √† la Prusse, et la ville de Cracovie forma une r√©publique ind√©pendante. L'empereur Alexandre Ier octroya au nouveau royaume de Pologne, en 1815, une constitution et une repr√©sentation nationale, compos√©e de deux Chambres avec un vice-roi. Mais il annula bient√īt cette constitution, et accorda un pouvoir discr√©tionnaire √† son fr√®re, le grand-duc Constantin, commandant de l'arm√©e polonaise.

La Pologne essaya une nouvelle fois, en 1830 et 1831, de reconqu√©rir son ind√©pendance dans une lutte h√©ro√Įque contre la Russie, √† la t√™te de laquelle se signal√®rent Chlopicki, le prince Adam Czartoryiski, le prince Michel Radzivill, Dvernicki, Dembinski et le g√©n√©ralissime Skrzyneclci. Mais, battus √† Ostrolenka en mai 1831, les Polonais furent √©cras√©s par la sup√©riorit√© num√©rique de leurs oppresseurs. La constitution donn√©e par Alexandre Ier fut remplac√©e en 1832 par un statut organique, et la Pologne fut gouvern√©e, au nom du tsar, par un lieutenant. La politique de russification de l'empereur Nicolas tendit √† extirper le catholicisme du sol de la Pologne. Son successeur s'est montr√© d'abord moins pers√©cuteur. Les Polonais, de leur c√īt√©, √† la voix et √† l'exemple √©lu comte Andr√© Zamo√Įski, fondateur de l'association appel√©e Soci√©t√© agricole, se retranch√®rent dans une attitude passive, et n'oppos√®rent plus d'autre r√©sistance au despotisme √©tranger que la manifestation du deuil et de la pri√®re. Mais l'autorit√© russe r√©prima par la force des armes et par la violence deux d√©monstrations pacifiques, qui eurent lieu √† Varsovie le 25 f√©vrier 1861, jour anniversaire de la victoire des Polonais √† Grochow en 1851, et le 27 f√©vrier suivant. 

La Soci√©t√© agricole fut supprim√©e en avril. L'irritation r√©ciproque alla d√®s lors chaque jour croissant, et la Pologne fut mise deux fois en √©tat de si√®ge pendant l'ann√©e 1861. Le comte Zamo√Įski, qui avait port√© jusqu'√† l'h√©ro√Įsme la pratique de la mod√©ration et de la l√©galit√©, fut envoy√© √† Saint-P√©tersbourg pour y rendre compte de sa conduite. Un rescrit de l'autorit√© russe, dont l'auteur fut un Polonais tra√ģtre, le marquis Wielopolski, chef de l'administration civile du royaume de Pologne, prescrivit, sous le nom de recrutement, la d√©portation en masse de la partie masculine de la population du pays. Mise √† ex√©cution par la force arm√©e en janvier 1863, nuitamment et avec des circonstances brutales, cette mesure suscita une indignation g√©n√©rale. Les Polonais s'√©taient r√©sign√©s jusqu'alors √† l'interdiction de la pri√®re et du deuil; mais ils ne purent se voir enlever, par un guet-apens nocturne, la fleur de leur jeunesse, sans se laisser aller au d√©sespoir. Pouss√©s √† la r√©volte par la Russie elle-m√™me, ils coururent encore une fois aux armes contre le despotisme qu'ils subissaient. Le peuple des villes et des campagnes prit part avec la noblesse √† ce soul√®vement, sous la direction d'un comit√©, puis gouvernement national, qui a constamment trouv√© une soumission absolue √† son impulsion, et qui a d√Ľ et su demeurer occulte pour √©chapper aux recherches de la police russe. 

Les Polonais donnèrent à l'Europe une démonstration de leur répulsion pour l'esprit révolutionnaire en refusant le concours de Mieroslawski , qui était venu s'associer, en février 1865, à leur levée de boucliers. Langiewicz, proclamé dictateur par le gouvernement national, fut obligé, après plusieurs combats malheureux, de se réfugier en Galicie sur le territoire autrichien. Le gouvernement national reprit alors la direction du mouvement. A la vue des sympathies qui s'exprimaient un peu partout en Europe pour la cause de la Pologne, le gouvernement russe annonça qu'une amnistie serait accordée à tous les insurgés qui mettraient bas les armes; mais le gouvernement national déclara que la Pologne ne devait avoir aucune confiance dans les promesses de la Russie. Le grand-duc Constantin, qui avait été nommé lieutenant du royaume de Pologne en 1862 et commandant général de toutes les troupes en 1863, vit sa modération taxée de faiblesse, et quitta Varsovie au mois de septembre. Il fut remplacé par le général Berg, qui fut chargé d'inaugurer un nouveau système de rigueurs, mission dont il s'acquitta en Pologne avec la même atrocité que le général Mourawiev en Lituanie. Pour atteindre le but de la politique russe, la confiscation des biens, l'emprisonnement des personnes de toutes les conditions, l'exil et les fusillades furent les moyens employés par le général Berg.
-

Costumes en Pologne en 1863.
Faucheurs polonais et porte-étendard
pendant l'insurrection de 1863.

L'intervention diplomatique de la France, de l'Autriche et de l'Angleterre, au lieu d'arr√™ter la lutte, ne fit que l'envenimer, suivant les propres paroles prononc√©es par l'empereur Napol√©on III en novembre 1863, dans son discours d'ouverture de la session l√©gislative, en proposant ¬ę de soumettre la cause polonaise √† un tribunal europ√©en ¬Ľ. Mais la divergence de vues et le d√©faut d'entente entre les grandes puissances de l'Europe, tourment√©e par la crainte de la R√©volution, rendirent impraticable la r√©union d'un congr√®s, propos√©e par l'empereur des Fran√ßais.  L'insurrection dite des Faucheurs s'√©teignit en 1864, n'ayant abouti qu'√† susciter une r√©pression plus dure et une politique de russification plus active.

Il faut attendre l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes et autrichiennes en 1914, pour assister au r√©veil d'un mouvement organis√© contre l'occupations russe. Ce furent les L√©gions polonaises, dirig√©es par Jozef  Pilsudski, qui durent aussi se confronter aux puissances centrales lorsqu'elles entam√®rent, en novembre 1916, la  mise en place d'un Royaume de Pologne sur les territoires repris √† la Russie. Pilsudski fut arr√™t√© par les Allemands en juillet 1917, puis lib√©r√© le 10 novembre 1918. Le jour m√™me il proclama l'ind√©pendance de la Pologne, √† Varsovie. Le 28 juin 1919, le Trait√© de Versailles reconnut cette ind√©pendance, mais le trac√© de la fronti√®re orientale de la Pologne resta discut√©, √† cause de la complexe r√©partition des minorit√©s et des ambitions de la Pologne, qui souhaitait retrouver l'extension qu'elle avait connu au moment de sa plus grande puissance. D√®s l'ann√©e pr√©c√©dente, des combats avaient commenc√© avec l'URSS √† ce sujet. Ils ne se termin√®rent qu'en octobre 1920, apr√®s la bataille de varsovie au cours de laquelle les Polonais parvinrent √† repousser les troupes sovi√©tiques. Le 18 mars 1921, le Trait√© de Riga permit finalement de fixer des fronti√®res plut√īt favorables √† la Pologne, qui prit possession d'une partie de la Bi√©lorussie.

La paix revenue, Jozef  Pilsudski, le h√©ros de l'ind√©pendance, quitta la t√™te de l'√Čtat et annon√ßa vouloir se retirer de la vie politique. Narutowicz, un socialiste, fut √©lu le 9 d√©cembre 1922, pr√©sident de la R√©publique, mais assassin√© par des nationalistes une semaine plus tard. La p√©riode d'incertitude politique dans laquelle entra ainsi la Pologne dura jusqu'en mai 1926. Appuy√© par l'arm√©e, Pilsudski organisa un coup d'√Čtat et imposa une dictature. L'opposition fut r√©duite au silence, ses dirigeants envoy√©s dans un camp de concentration. Pilsudski r√©ussit √† redresser relativement l'√©conomie, notamment gr√Ęce √† l'aide financi√®re qu'il obtint des √Čtats-Unis. Mais la crise des ann√©es 1930 mit fin √† ce redressement. En 1932, il signa un pacte de non agression avec l'URSS, et un autre, en 1934, avec l'Allemagne nazie. Malgr√© une nouvelle constitution adopt√©e peu avant la disparition du dictateur (le 12 mai 1935), le r√©gime militaire qu'il avait instaur√© persista. Il connut seulement un interm√®de, avec la pr√©sidence de Moscicki, troubl√©e par de graves conflits sociaux. le g√©n√©ral Skladkowski et le mar√©chal Rydz Smigly dirig√®rent la Pologne √† partir de 1936. Nationalistes fanatiques, ils se reconnaissaient des int√©r√™ts communs avec le r√©gime hitl√©rien. Ce fut la Tch√©coslovaquie qui en fit  les frais.  Lorsque l'Allemagne occupa les Sud√®tes en 1938, la Pologne lan√ßa une attaque et prit Teschen en Sil√©sie.

La connivence de l'Allemagne et de la Pologne avait ses limites. Le 1er septembre 1939, Hitler lan√ßa ses troupes contre la Pologne. Une offensive qui fut √† l'origine de l'entr√©e dans la Guerre du Royaume-Uni, et qui incita l'URSS √† r√©pliquer le 17 septembre en occupant la partie orientale du pays. Le 29, Varsovie devait capituler : le territoire polonais se retrouva une nouvelle fois partag√© entre l'Allemagne et la Russie. Les Polonais furent les victimes des exactions des sovi√©tiques (massacre de Katym, notamment), puis de l'oppression des Nazis. Apr√®s avoir fini par occuper la totalit√© du territoire polonais, ceux-ci la dirig√®rent principalement contre les Juifs (√† peu pr√®s de 10 % de la population du pays). D√®s 1941, ils avaient √©tabli en Pologne leurs premiers camps d'extermination (Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor, Majdanek) (L'Holocauste). En 1943, le ghetto de Varsovie se souleva pour emp√™cher sa population d'√™tre d√©port√©e vers ses camps. Apr√®s quatre semaines de r√©sistance, il tomba et fut br√Ľl√© par les Nazis. 50 000 Juifs furent captur√©s. Un gouvernement provisoire polonais fut form√© √† Londres; une autre, pro-sovi√©tique, se forma quelques mois plus tard √† Lublin, apr√®s qu'en ao√Ľt 1944, la r√©sistance polonaise eut r√©ussi √† reprendre le contr√īle de Varsovie. Cette r√©sistance s'y maintint jusqu'en octobre. Et ce fut seulement en janvier 1945, que l'Arm√©e rouge put d√©finitivement chasser les troupes allemandes de la capitale, qui abandonn√®rent compl√®tement la Pologne en mars. A la fin de la guerre, six millions de Polonais √©taient morts, dont trois millions de Juifs.

Lors de la  conf√©rence de Potsdam (ao√Ľt 1945)  les fronti√®res de la Pologne rendue √† son ind√©pendance furent red√©finies par les Alli√©s, qui adopt√®rent pour la fronti√®re orientale la ligne Curzon, d√©j√† propos√©e √† l'issue du Trait√© de Versailles, par lord Curzon. La Pologne perdit ainsi une partie de ses terres agricoles (180 000 km¬≤) au d√©triment de l'URSS, mais re√ßut en compensation, √† l'Ouest, au-del√† de la ligne Oder-Neisse, des territoires industriels pris √† l'Allemagne (100 000 km¬≤), en particulier la r√©gion de Dantzig, qui devint Gdansk. Cette translation vers l'Ouest de plus de 200 km du centre de gravit√© de la Pologne, allait √™tre accompagn√©e de  transferts de populations afin d'en finir avec les probl√®mes des nationalit√©s.

Occup√©e par les troupes sovi√©tiques et reconnue par les autres Alli√©s comme √©tant plac√©e dans la zone d'influence sovi√©tique, la Pologne de l'apr√®s-guerre connut une p√©riode marqu√©e par les affrontements violents entre communistes et anti-communistes. Puis elle devint une d√©mocratie populaire en 1947. Le pays se sovi√©tisa au cours des ann√©es qui suivirent, mais sans √©teindre, au sein m√™me du Parti communiste, les oppositions entre les partisans d'un alignement strict sur l'URSS, quitte √† imposer une dictature, et ceux qui envisageaient une ligne plus souple. Les premiers s'impos√®rent. Bierut devint chef de l'√Čtat, et fut second√© par le mar√©chal Rokossowski. Ils impos√®rent un r√©gime calqu√© sur le mod√®le adopt√© par les bolcheviks en Russie, dans les premi√®res ann√©es de la r√©volution sovi√©tique. La sovi√©tisation se poursuivit avec la promulgation, en juillet 1952 d'une nouvelle constitution  qui supprimait la pr√©sidence de la r√©publique et confiait la direction du pays √† un Conseil d'√Čtat, analogue au Soviet supr√™me √©tabli √† Moscou. En 1955, l'alliance militaire des pays du bloc sovi√©tique fut sign√©e √† Varsovie (Pacte de Varsovie)..

Apr√®s la mort de Staline en 1953, le pays commen√ßa √† √™tre gagn√© par un espoir d'ouverture. Un espoir qui s'exprima notamment, en juin 1956, √† Poznan, lors d'un soul√®vement d'ouvriers et d'√©tudiants. Une cinquantaine de personnes furent tu√©es dans les √©meutes. Apr√®s la mort de Bierut en mars 1956, on crut de nouveau √† des perspectives d'ouverture. Cette fois, le gouvernement, dirig√© par Wladislaw Gomulka, une ancien responsable communiste, limog√© huit ans plus t√īt par les staliniens, y semblait dispos√©. Apr√®s l'√©crasement, d√©but novembre, par les troupes du Pacte de Varsovie du soul√®vement de Budapest (Hongrie), Gomulka parvint ainsi √† convaincre Moscou de laisser s'op√©rer quelques r√©formes en Pologne, sans intervenir. Le mar√©chal Rokossowski et les g√©n√©raux sovi√©tiques en place en Pologne furent renvoy√©s. L'√Čglise, √† laquelle on avait reproch√© jusque-l√† l'attitude trop complaisante envers les Nazis pendant l'occupation, cessa d'√™tre pers√©cut√©e. La doctrine √©conomique marxiste fut am√©nag√©e dans le sens d'une "voie polonaise du socialisme". 

L'assouplissement relatif du r√©gime n'√©teignit pas toutes les contestations. En mars 1968, √©clata ainsi une r√©volte des √©tudiants, et en d√©cembre 1970, Gomulka fut confront√© √† des √©meutes ouvri√®res √† Gdansk et dans d'autres villes du littoral (Gdynia, Szczecin) apr√®s l'augmentation des prix de la nourriture. Des centaines de manifestants furent tu√©es par la police, et Gomulka, devenu trop impopulaire fut remplac√© par Edward Gierek √† la t√™te du Parti communiste. Celui-ci r√©ussi √† obtenir des Occidentaux une aide √©conomique qui permit une am√©lioration de la situation int√©rieure, mais l'agitation ouvri√®re persista, et fut r√©prim√©e violemment en 1976 (manifestation d'Ursus et de Radom). Une autre hausse des prix, en juillet 1980, provoqua une gr√®ve g√©n√©rale, qui se propagea √† partir des chantiers navals de Gdansk, o√Ļ le leader ouvrier Lech Walesa r√©ussit √† constituer un syndicat, et, le 31 ao√Ľt, √† le faire accepter l√©galement par le gouvernement. Il s'agissait du syndicat Solidarit√© (Solidarnosc). Soutenu par les √Čtats-Unis, via la CIA, qui apporta une aide financi√®re, et par l'√Čglise, qui se trouvait en position de force depuis l'√©lection pape polonais en 1978 (l'ancien archev√™que de Cracovie, Karol Wojtyla, devenu pape sous le nom de Jean-Paul II), rejoint aussi par des membres du Parti communiste, le syndicat eut 500 jours d'existence l√©gale et rassembla plus de dix millions d'adh√©rents. Moscou finit par r√©agir et donna son feu vert pour que soit donn√© un coup d'arr√™t au mouvement qui entra√ģnait la Pologne. Le 13 d√©cembre 1981, la loi martiale fut impos√©e par le g√©n√©ral Wojciech Jaruzelski. Walesa et de nombreux autres syndicalistes furent emprisonn√©s. L'activit√© clandestine de Solidarit√© se poursuivit. 

Entre f√©vrier et avril 1989, le Communistes se r√©solurent √† des n√©gociations avec les repr√©sentants du Syndicat et avec ceux de l'√Čglise, qui d√©bouch√®rent sur l'organisation d'√©lections libres. Celles-ci consacr√®rent la victoire de Solidarit√© et la fin du r√©gime communiste. En 1990, Lech Walesa devint pr√©sident de la r√©publique, et la Pologne amor√ßa son  √©volution vers l'√©conomie de march√©. Le retour sans heurt des communistes au pouvoir lors des √©lections de 1993, puis la victoire d'un ancien communiste, Aleksander Kwasniewski, qui devan√ßa Lech Walesa √† la pr√©sidentielle de 1995, furent les signes d'une d√©mocratie qui fonctionnait normalement, et non pas ceux d'un retour en arri√®re. 

En 1997, une nouvelle constitution fut adopt√©e par le Parlement, et de nouvelles √©lections g√©n√©rales furent gagn√©es cette fois par un ancien de Solidarit√©, Jerzy Buzek, qui forma un gouvernement de coalition. La Pologne rejoignit, en 1999, l'OTAN. Un nouveau gouvernement de coalition se forma en octobre 2001, r√©unissant des repr√©sentants du Parti des paysans et de l'Alliance d√©mocratique de gauche (SLD). Leszek Miller (SLD) en fut le premier ministre. En mai 2004, la Pologne entra dans l'Union europ√©enne. En septembre 2005, la gauche perdit le pouvoir, au profit des ultra-conservateurs du Parti de la loi et la justice, dont √©mana, le mois suivant, aussi le vainqueur de la pr√©sidentielle,  Lech KaczyŇĄski. Associ√©, en mai 2006, avec le Parti de l'auto-d√©fense et la Ligne des familles polonaises, le Parti de la loi et la justice, parvint √† former, en juillet, un nouveau gouvernement, dirig√© par Jaroslaw KaczyŇĄski, cofondateur du parti Droit et justice (PiS) et le fr√®re jumeau du chef de l'√Čtat. Son mandat qui ne dure que jusqu'√† l'ann√©e suivante, est marqu√© par des politiques conservatrices et nationalistes, ainsi que par des tensions avec l'Union europ√©enne.

Donald Tusk, du parti Plate-forme civique (PO), est Premier ministre de 2007 √† 2014. Son gouvernement met en oeuvre des r√©formes √©conomiques lib√©rales et renforce les relations avec l'UE. Les investissements dans les infrastructures, souvent financ√©s par des fonds europ√©ens, transforment le paysage √©conomique polonais. La modernisation des routes, des chemins de fer et des a√©roports stimule la comp√©titivit√© du pays. En 2014, Tusk nomm√© pr√©sident du Conseil europ√©en doit d√©missionner. Le mandat d'Ewa Kopacz , qui succ√®de √† Tusk en 2014, en tant que Premi√®re ministre est marqu√© par la continuation des politiques de son pr√©d√©cesseur, mais elle perdles √©lections l√©gislatives de 2015 face au PiS, toujours dirig√© par JarosŇāaw KaczyŇĄski (en tant que leader de parti, mais non Premier ministre). Beata SzydŇāo est Premier ministre jusqu'en 2017, suivie par Mateusz Morawiecki. Le PiS √©dopte des r√©formes contraires aux principes de l'Etat de droit qui fonde la d√©mocratie. Elles concernent la justice, des m√©dias et des services de s√©curit√©, suscitant des critiques de l'UE. Malgr√© cela, la Pologne reste un acteur cl√© au sein de l'UE, b√©n√©ficiant de financements importants et participant activement aux discussions politiques et √©conomiques. Andrzej Duda, soutenu par le PiS, a √©t√© r√©√©lu pr√©sident en 2020, apr√®s une campagne marqu√©e par des d√©bats sur les droits des LGBT, l'Etat de droit et les relations avec l'UE. Des mouvements sociaux importants ont √©merg√©, notamment des manifestations pour les droits des femmes et des LGBT. En 2020, des manifestations massives ont lieu contre une d√©cision de la Cour constitutionnelle restreignant s√©v√®rement le droit √† l'avortement.

En octobre 2023, le PiS perd sa majorit√© au Parlement. Donald Tusk devient Premier ministre en d√©cembre, √† la t√™te d'une coalition appel√©e Coalition civique. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, en 2022, les diff√©rents gouvernement polonais ont adopt√© une position similaire √† l'encontre de leur dangereux voisin, aussi bien que dans leur poiition √† l'int√©rieur de l'OTAN. Ils ont √©t√© parmi les plus d√©termin√©s en faveur de des sanctions contre la Russie. En novembre 2023, apr√®s l'invasion russe de l'Ukraine, 17 millions de r√©fugi√©s ukrainienspnt travers√© la fronti√®re avec la Pologne. Pr√®s d'un milion sont rest√©s dans le pays.  

.


[Histoire politique][Biographies][CartothŤque]
[Aide][Recherche sur Internet]

¬© Serge Jodra, 2006 - 2024. - Reproduction interdite.