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La numismatique gauloise 
et gallo-romaine
Les plus anciennes monnaies frappées en Gaule sont des monnaies massaliotes; elles offrent une grande analogie avec les autres monnaies grecques du même temps (Ve siècle avant notre ère); de telle sorte qu'on ne peut les considérer comme le commencement du monnayage national. Dans leurs invasions en Grèce et en Macédoine, les Gaulois firent un riche butin qu'ils rapportèrent avec eux, et dont la meilleure partie devait consister en pièces d'or. Ces pièces, les seules qui circulassent alors dans le monde hellénique, étaient désignées sous le nom de Philippes, à cause du prince, le père d'Alexandre le Grand, qui les avait fait fapper au type de la tête d'Apollon au droit, et d'une Victoire conduisant un bige au revers, avec son nom.

Les statères macédoniens circulèrent en Gaule. Bientôt ils furent imités, contrefaits. La fraude fit introduire dans le métal de fabrication l'argent que l'on mêla à l'or, alliage que les numismates nomment electrum. L'ignorance des monétaires rendit l'imitation de plus en plus grossière, tandis que des idées nationales ou religieuses taisaient substituer au type consacré par la monnaie grecque, d'autres types, des objets ou des animaux, symboles nationaux ou religieux. Mais il n'en est pas moins évident que la monnaie gauloise a commencé par être une imitation de la monnaie grecque, du statère de Philippe.

Le contact de Rome avec la Gaule introduisit dans ce dernier pays l'influence chaque jour croissante des moeurs et de la civilisation romaines. Sur les monnaies, les lettres latines s'unirent aux lettres grecques, et peu à peu les firent disparaître; on adopta les biges, les têtes de dieux ou de déesses, les aigles qui figurent sur les monnaies consulaires. A l'époque où César va entreprendre la conquête de la Gaule, le monnayage gaulois a atteint son plus grand développement. Voici ses principaux caractères : d'une part, le groupe des monnaies gallo-grecques, telles que celles de Marseille, Avignon, Béziers, etc., ont des légendes grecques; de l'autre, les monnaies gallo-romaines sont latines par leurs légendes et leurs types, comme celles de Bourges, Saintes, Tours, Rouen, Lyon, etc. ; et en face de ces deux groupes, la masse des monnaies véritablement gauloises, qui ne portent ni légendes, ni signes alphabétiques. 

Parmi les types qu'on trouve le plus communément sur ces dernières, nous signalerons dans la campagne d'Amboise, aux environs d'Angers, dans les provinces centrales voisines de la Loire, le boeuf couché, symbole du travail des champs; ailleurs, c'est le cheval libre, symbole d'indépendance, le cheval au repos, symbole de richesse par l'élève du cheval, etc. Ces types se compliquent de signes qui indiquaient la localité, la date de l'émission de la monnaie, ou une signification perdue pour nous, tels qu'une roue, un cercle, un X, un triangle, un pentagone, un croissant, une plante ou une fleur. Des noms de chefs se rencontrent sur plusieurs, entre autres celui de Vercingétorix sur une suite de pièces d'or trouvées vers 1840 , à Pionsat en Auvergne.
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Monnaie gauloise : Vercingétorix.
Vercingétorix
sur une monnaie gauloise.

Avec la domination romaine disparaissent les types locaux. La solennelle figure des empereurs, les vertus divinisées au revers, telles que Constance, Magnanimité, Justice, Clémence, etc., se substituent aux symboles gaulois. La Gaule devenue romaine adopte la langue et les arts des vainqueurs. Elle arrive sous ce règne à une supériorité attestée par les monnaies de Tétricus et de Postume, avec lesquelles ne sauraient entrer en comparaison les monnaies romaines du même temps, exécutées dans les autres parties de l'Empire. (D.).

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