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Emilie du Châtelet

Châtelet (Gabrielle-Émilie Le Tonnelier de Breteuil, plus connue dans les lettres sous le nom de la marquise du). Née à Paris le 17 décembre 1706, morte à Lunéville le 10 septembre 1749, fille de Louis-Nicolas La Tonnelier, baron de Breteuil, elle avait reçu une instruction très développée. Elle apprit le latin, l'italien, l'anglais, l'espagnol et de bonne heure eut le goûts des hautes spéculations métaphysiques et mathématiques
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Marquise du Chatelet.
La marquise du Châtelet.

Elle fut de plus excellente musicienne. A côté d'éminentes qualités d'esprit qui lui faisaient rechercher la société de Clairaut, de Maupertuis, de Koenig, de Bernoulli, elle avait des penchants aux plaisirs qui prêtèrent ample matière à la chronique scandaleuse du XVIIIe siècle. Avant son mariage avec le marquis du Châtelet (12 juin 1725) elle avait été la maîtresse du marquis de Guébriant et du duc de Richelieu. 

En 1733, elle se lia avec Voltaire, habita longtemps avec lui dans son château de Cirey et joua, pendant plus de quinze années, un rôle important dans la vie du grand philosophe qu'elle trompa pourtant en 1747 avec son ami Saint-Lambert. La marquise du Châtelet mourut des suites d'une couche tardive. Voltaire la pleura longtemps. Il écrivait à d'Argental : 

« Je n'ai point perdu ma maîtresse j'ai perdu la moitié de moi-même, une âme pour qui la mienne était faite, une amie de vingt ans que j'avais vu naître. » 
La marquise du Châtelet a écrit : Institutions de Physique (Paris, 1740, in-8); Réponse à la lettre de Mairan sur la question des forces vives (Bruxelles, 1741, in-8), Dissertation sur la nature et la propagation du feu (Paris, 1744, in-8); Doutes sur les religions révélées adressés à Voltaire (Paris, 1792, in-8); Réflexions sur le bonheur, dans Opuscules philosophiques et littéraires (1796); Principes mathématiques de la philosophie naturelle trad. de Newton (Paris, 1766); De l'Existence de Dieu (impr. à la suite de l'éd. de ses lettres de 1806) et un certain nombre de lettres (Paris, 1782; Paris, 1806, in-12; Paris, 1818, in-8, dont  Eug. Asse a donné une excellente édition (Paris, 1878, in 12). Elle avait rédigé, sous le titre d'Emiliana, des mémoires qui ont été perdus. (R. S.).


En bibliothèque - Voltaire, Éloge historique  Mme la marquise du Châtelet, dans Oeuvres, t. XXXIX, p. 418. - Mme de Graffigny, Vie privée de Voltaire et de Mme du Châtelet, Paris, 1820. - Mme du Deffand, Correspondance, Paris, 1865, t. II, 762. - Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc, éd. Tourneux, Paris, 1877-1882, t. I, 365-66, 368; IV,113, XI, 436; XII, 151, in-8. - Albanès, Voltaire et Mme du Châtelet, Paris, 1863, in-12. - Louise Collet, Mme du Châtelet, Paris, 1854, in-4. - Capefigue, La Marquise du Châtelet et les amies des philosophes du XVIIIe siècle; Pau, 1868, in-12. - Desnoiresterres, Voltaire à Cirey; Paris, 1871. - E. Asse, Notice sur la marquise du Châtetet, en tête de l'édition de ses lettres; Paris, 1878, in-12. Clarke, Voltaire and Mme du Châtelet, dans Nineteenth Century, de 1878, X. - De Lescure, Les Femmes philosophes, dans Correspondant de 1878, t. CXIII. - Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, t. II, 209-225; 266-285.

En librairie - Gilbert Mercier, Madame Voltaire, Fallois, 2001. - Gilbert Mercier et Philippe Delestre,  Bébé, le nain de Stanislas (ou les amours mouvementés d'Emilie du Châtelet et de Voltaire, à la cour de Lorraine), Pierron.

Isaac Newton, Principes mathématiques de la philosophie naturelle (t. 1 et 2), traduction de la Marquise du Châtelet, 1759, rééd. Gabay, 1990.

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Dictionnaire biographique
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