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Béthune

Béthune est une commune de France, dans le département du Pas-de-Calais, sur la Blanche et le canal de Béthune, à la jonction des canaux de la Lawe et de la Bassée, au milieu de prairies marécageuses nommées houches, que l'on a défrichées; à 30 kilomètres au Nord-Ouest d'Arras; population : 28 300 habitants. 

Béthune a vu naître Buridan. Une famille noble de l'Artois portait le nom de Béthune. Parmi ses représentant figurent notammment le trouvère Conon de Béthune et le ministre de Henri IV, Sully.

C'est à Béthune qu'ont été percés les premiers puits artésiens.
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Béthune : la Grand'place.
La Grand' Place au début du XXe siècle.
A droite, le clocher de l'église Saint-Vaast, tel qu'il apparaissait alors.

Histoire.
Au Xe siècle un seigneur nommé Herman aurait érigé à Béthune une église consacrée à saint Vaast; et un peu plus tard, Robert ler Faisseux, aurait fondé l'église de Saint-Barthélemy. Les successeurs de Robert Ier, avoués d'Arras et seigneurs de Béthune, possédèrent la ville jusqu'au milieu du XIIIe siècle. Le dernier des seigneurs de cette maison, Robert VII, entoura la ville de murailles flanquées de sept grosses tours (1230). En 1248, la ville de Béthune passa aux comtes de Flandre de la famille de Dampierre. Philippe, fils de Robert d'Artois, s'en empara en 1297 et Charles de Valois en 1299. 

Trois ans plus tard, le roi de France y mit garnison. En 1346, les Flamands tentèrent de la reprendre et la tinrent assiégée durant trois semaines. Une procession solennelle, dite procession du renouvellement de la Loi, qui s'est perpétuée, fut alors instituée pour célébrer la levée du siège et la confirmation des privilèges municipaux qui en fut la conséquence.

A la mort de Charles le Téméraire (1477), Béthune fut au nombre des villes qu'occupa Louis XI; Philippe de Clèves essaya de s'en emparer, mais il fût battu sous les murs de la place par le maréchal d'Esquerdes; cette victoire a reçu le nom de journée des Fromages (1487). Quelques années plus tard, le traité de Senlis, tout en la restituant à Maximilien d'Autriche, la mit au nombre des villes gardées provisoirement sous séquestre par un maréchal de France (1490). Toutefois, Louis XII la céda sans condition à l'empereur en 1498. 

Pendant la guerre de Trente ans, Gaston d'Orléans la prit après six jours de siège sur les Espagnols (1645). Ceux-ci, l'année suivante, essayèrent de la reprendre, en y introduisant 300 soldats déguisés en femme, mais leur ruse fut déjouée. Les traités
des Pyrénées et de Nimègue en confirmèrent la possession à la France. Vauban la fortifia et elle devint le siège de l'un des bailliages de l'Artois

Les Impériaux l'assiégèrent le 15 juillet 1740 et elle capitula le 29 août suivant, Enfin, le traité d'Utrecht la restitua définitivement à la France. 

En 1778, le duc de Sully obtint du roi le comté de Béthune avec droit de haute, moyenne et basse justice, en échange des principautés de Boisbel et d'Henrichemont en Berry. Les états d'Artois protestèrent à diverses reprises contre cette aliénation préjudiciable aux privilèges de l'échevinage de Béthune. Le différend était encore pendant lorsqu'il fut tranché par la Révolution.

Sous le premier Empire, Béthune se signala par son opposition au gouvernement, et
donna asile à un grand nombre de réfractaires que l'on chercha vainement à traquer dans les marais des environs. La ville de Béthune avait reçu de ses seigneurs dès le début du XIIIe siècle des franchises municipales et un échevinage. Ses privilèges lui furent confirmés successivenient par les comtes de Flandre, les ducs de Bourgogne et les rois de France. 

Les armoiries de Béthune sont les mêmes. que celles de la Maison de Béthune.

Monuments.
La démolition des fortifications de Béthune, déclassées en 1867, a permis à la ville de s'étendre et de s'ouvrir au Sud, du côté du chemin de fer, et à l'Est du côté du canal, de larges voies d'accès. Il ne reste plus des fortifications de Béthune que des vestiges du
côté du Nord et une haute tour des anciens remparts.

L'église Saint-Vaast, construite de 1533 à 1545, est dominée par une massive tour carrée en briques, à six étages (1590-1611). L'intérieur est divisé en trois nefs; les retombées des voûtes sont supportées par des colonnes qui datent du XIIIe siècle. Cet édifice a subi, à la fin du XIXe siècle, une restauration complète, et a été engrande partie reconstruite après les destructions subies pendant la Première guerre mondiale
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Béthune : le beffroi.
Le beffroi au début du XXe siècle.

Le Beffroi (mon. hist.) reconstruit en 1388, enclavé dans un massif de maisons, est une haute tour carrée à trois étages flanquée d'échauguettes et couronnée par un campanile en charpente qui contient le carillon

Maisons dans le goût flamand des XVe et XVIe siècles. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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