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Premières
observations
On fait ordinairement
remonter aux observations de Galilée,
en mai 1609,
les premières observations de la Lune à l'aide d'un instrument
optique. Les premiers dessins de la Lune à partir de ces observations
datent de cette époque et sont dus aussi bien à Galilée
qu'à Harriot. En eux-mêmes, ces
documents restent d'un intérêt limité, tout comme le
sont ceux laissés à peu près à la même
époque par Scheiner et Schirlaus. Ils
constituent finalement un progrès mineur en comparaison de dessins
déjà réalisés à partir d'observation
à l'oeil nu, comme par exemple ceux de Léonard
de Vinci (1505
et 1513).
Les découvertes qui sont faites à l'occasion de ces premières
observations télescopiques sont, tout au contraire, très
importantes.
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La
Lune selon Thomas Harriot.
Source
: The Galileo Project,
page : Thomas
Harriot's Moon Drawings.
Galilée remarque ainsi que la surface
de la Lune est irrégulière, fait en contradiction avec les
idées reçues héritées d'Aristote,
et selon lesquelles les corps célestes devaient être des sphères
parfaites. Ce que vont confirmer les observations ultérieures, lorsqu'il
disposera d'une lunette grossissant 30 fois. Il découvre que les
montagne lunaires forment des anneaux enserrant des cuvettes profondes.
Autrement dit, il observe les cratères lunaires. Il constate l'existence
de points lumineux isolés dans la partie sombre près du terminateur,
et en déduit qu'ils sont des hauts sommets éclairés
par le Soleil, alors que leurs bases sont encore dans l'obscurité.
Ce qui va lui donner l'idée d'estimer les altitudes des montagnes
à partir de la mesure des ombres au sol (une méthode qui
sera adoptée par ses successeurs).
Les
observations de Galilée le conduisent par ailleurs a conclure, d'accord
en cela avec l'opinion déjà émise notamment par Léonard
de Vinci et Maestlin, que la lumière
cendrée devait être attribué à la lumière
de la Terre, «qui se réfléchit sur la Lune et que la
Lune nous renvoie par une seconde réflexion.» La vue «des
océans, des continents, des montagnes et des vallées»,
qui lui apparurent dans la Lune, et dont il comparait une partie à
l'aspect de la Bohème (regio consimilis Bohemiae), lui fit
par ailleurs supposer que, notre satellite pouvait être habité.
A l'époque de ces premières
études, on pense généralement, à la suite de
Kepler,
que les régions sombres de la Lune sont des mers, et que les zones
claires correspondent aux continents. Idée qui va être à
l'origine des grandes divisions de la nomenclature lunaire toujours en
usage. Galilée, on l'a vu, avait adopté cette opinion dans
un premier temps. Mais il se montrera plus prudent par la suite. Et il
semble même y avoir finalement renoncé complètement,
considérant que tout est continent sur la Lune. En tout cas, cette
opinion à propos de ces prétendues mers paraît avoir
complètement été abandonnée à partir
de la deuxième moitié du XVIIe
siècle. Elle laissera la place à une opinion qui
aura une plus grande longévité, et que l'on trouve déjà
dans la Micrographie, publiée en 1666,
par Hooke. Celui-ci y soutient que les grandes
taches de la Lune sont probablement de vastes espaces couverts de végétaux
analogues à nos gazons, ou à nos forêts peuplées
d'arbres et d'arbrisseaux. Il appuyait son opinion sur ce que ces taches
restent toujours ternes, plus ou moins verdâtres, quelle que soit
la direction de la lumière solaire qui les éclaire, tandis
que les montagnes environnantes, stériles brillent d'un vif éclat.
Les
remarques de Hooke, à propos d'observations de la région
du
cratère Hipparque, effectuées en octobre 1664 :

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La Lune du
Paradis
Perdu
Milton,
qui avait plusieurs fois rencontré Galilée, lors de son séjour
à Florence ,
fait allusion à celui-ci à deux reprises dans son Paradis
Perdu
(publié un an après la Micrographie de Hooke). Dans
ces deux passages (dans le premier la Lune y est comparée au bouclier
de Satan, et dans le second, l'archange Raphaël observe la Terre),
on ne trouve plus aucune allusion à des mers lunaires. L'auteur
se contente de parler de "régions", et s'il évoque
des îles dans le second passage, c'est pour signifier l'isolement
des planètes :
Livre
I
"Son
pesant bouclier, de trempe éthérée, massif, large
et rond, était rejeté derrière lui; la large circonférence
pendait à ses épaules, comme la Lune, dont l'orbe, à
travers un verre optique, est observé le soir par l'astronome toscan
du sommet de Fiesole ou dans le Val d'Arno, pour découvrir de nouvelles
terres, des rivières et des montagnes sur son globe tacheté."
[...]
Livre
V
"Aucun
nuage, aucune étoile interposés n'obscurcissant sa vue, il
aperçoit la Terre, toute petite qu'elle est, et ressemblant assez
aux autres globes lumineux : il découvre le jardin de Dieu couronné
de cèdres au-dessus de toutes les collines : ainsi, mais moins sûrement,
pendant la nuit, le verre de Galilée observe dans la Lune des terres
et des régions imaginaires; ainsi le pilote, parmi les Cyclades
voyant d'abord apparaître Delos ou Samos ,
les prend pour une tache de nuage. Là en bas Raphaël hâte
son vol précipité, et à travers le vaste firmament
éthéré, vogue entre des mondes et des mondes." (Milton,
Le
Paradis Perdu, 1667).
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Origine
de la nomenclature
Les premières cartes de la Lune
un peu détaillées datent du milieu du XVIIe
siècle. L'introduction des premiers principes de nomenclature
lunaire est due à van Langren (Langrenus)
(1645), qui, à la demande du
roi Philippe IV d'Espagne, propose
en particulier l'utilisation de noms de personnages historiques pour nommer
les taches et les principales formations lunaires (l'actuel océan
des Tempêtes, par exemple, est appelé par lui Oceanus Philippicus,
en l'honneur de devinez qui). Après lui, la première description
systématique de la surface de la Lune sera donnée par Hévélius
dans sa Sélénographie (1647).
L'auteur, repris la distinction entre mers et continents de Kepler, et
baptisa les diverses contrées lunaires de désignations tirées
de la géographie terrestre : mer Méditerranée, mer
Adriatique, Propontide, Pont-Euxin, Mer Caspienne, Sicile, Palestine, Mont
Sinaï, Mont Etna (dont Riccioli fera le cratère Copernic) ou
encore le Grand lac Noir (qui deviendra avec Riccioli le cratère
Platon), etc.
On
doit également à Hévélius la découverte
des principales librations
de la Lune. Galilée avait détecté la libration en
latitude, et avait soupçonné l'existence de la libration
diurne. Hévélius montra que des taches près du bord
oriental et occidental étaient plus proches du bord à certains
moments et plus éloignés à d'autres. Il montra non
seulement que cela correspondait à une libration en longitude, mais
que cela s'expliquait par le mouvement non uniforme de la Lune sur son
orbite.
Au moment de la publication de cet ouvrage,
Peiresc
et Gassendi qui avaient eux aussi entrepris
l'élaboration d'une carte de la Lune, renoncèrent à
achever leur travail. Un seul feuillet de leur carte fut publié.
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-La
carte d'Hévélius (1647).
-
L'ouvrage d'Hévélius, avec
ses nombreuses figures télescopiques, est encore aujourd'hui, malgré
son âge, l'un des plus curieux que l'on ait écrits sur la
Lune. Pour comparaison avec cette carte antique, on pourra examiner aussi
celle de Riccioli, Almagestum novum (1651)
de la même époque comme on le voit, sur laquelle les configurations
lunaires portent une nouvelle nomenclature : comme le rappelle Flammarion
dans ses Terres du Ciel (1884),
les plaines appelées mers, sont nommées d'après les
idées anciennes sur les influences lunaires mers du Sommeil, des
Songes, du Nectar, de la Fécondité, des Humeurs, des Tempêtes,
de la Sérénité, de la Tranquillité, des Crises,
etc.; terres de la Santé, de la Chaleur, de la Sécheresse,
de la Vie, de la Vigueur, de la Stérilité, etc.; monts Tycho,
Copernic, Kepler, Archimède, Platon, Aristote, Eudoxe, Aristarque,
Eratosthène, Ménélas, Zoroastre, Hypathia, Posidonius,
Pythagore, Pythéas, Hyginus, Galilée, Cardan, Bayer, Kircher,
etc., sans compter plusieurs saints chrétiens Ste Catherine, St
Cyrille, St Théophile, St Isidore, St Denis l'aréopagite,
Bède le vénérable, Alcuin, Raban Lévi, etc.
Notre auteur note encore qu'on lit aussi
en tête de cette carte du savant jésuite
:
"Il n'y a pas
d'hommes dans la Lune; les âmes n'y émigrent pas non plus."
La
carte de Riccioli (1651).
L'usage a fait adopter la nomenclature
de Riccioli de préférence à celle d'Hévélius,
à l'exception cependant des «terres» dont les noms sont
tombés en désuétude. Quant aux montagnes, à
part quelques noms comme ceux des Alpes, des Apennins et des Pyrénées,
qui rappellent les chaînes de montagnes terrestres, on a continué
à leur donner ceux des astronomes et des savants. On peut dire,
notait en son temps Flammarion, que la Lune
est le cimetière des astronomes. C'est là qu'on les enterre
: lorsqu'ils ont quitté la Terre ,
on inscrit leurs noms sur les terrains lunaires comme sur autant d'épitaphes...
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De
Cassini à Lohrmann
Dominique Cassini,
dès 1673 et dans les années
suivantes, fit dessiner par Patigny toutes les phases
de la Lune, marquées de jour en jour [a].
L'artiste se servait pour cela de la lunette de 31 pieds de focale que
l'on conserve encore à l'Observatoire de Paris .
A la suite de ces dessins, Cassini donna une première carte de la
Lune d'un diamètre de 54 centimètres. Elle ne montrait pas
beaucoup de détails supplémentaires, mais elle valait d'abord
pas sa méthode de construction. Les emplacements des principales
formations lunaires avaient été mesurés avec précision
et se trouvaient localisés sur la carte avec exactitude, en tenant
compte des effets de libration. En 1680,
Cassini publia une seconde carte. Curieusement cette carte, que l'on qualifierait
aujourd'hui de "grand succès de librairie", tant elle fut rapidement
épuisée, s'avérera plus complète que celle
d'Hévélius, mais moins exacte. Cette carre ne trouve réduite
à une petite échelle, et accompagnée d'un texte explicatif,
dans les Mémoires de l'Académie des sciences, année
1692.
La
Hire, qui lui-même était fort bon dessinateur, voulut
faire une carte semblable. Il fit aussi construire un globe lunaire tel
qu'Hévélius l'avait proposé. Ce globe, et la carte
de La Hire changèrent plusieurs fois de propriétaire.
L'exemple de Cassini et de La Hire fut
suivi par Tobias Mayer, directeur de l'observatoire
de Göttingen. Ce sera la première carte lunaire véritablement
fiable. Au départ, l'astronome se proposait seulement d'observer
une éclipse
de Lune en 1748, et de suivre à
cette occasion la progression de l'ombre de la Terre sur la surface de
notre satellite, en se repérant grâce aux différentes
formations lunaires. Mais pour cela, il lui fallait disposer d'une carte
plus exacte que celles qui existaient alors. Il ne lui restait plus qu'à
en élaborer une lui-même. Il envisagea ainsi une carte à
grande échelle, sur laquelle les différentes formations auraient
été placées sur la base de mesures micrométriques.
Trop occupé par ailleurs, il ne put finalement réaliser ses
plans. On retrouva cependant dans ses papiers, après sa mort, une
carte plus petite (diamètre de 7 1/2 pieds de Paris, tout de même),
qu'il avait finalement réalisée. Elle fut publiée
à Göttingen en 1775, treize
ans après sa disparition, parmi ses Opera Inedita, et resta
jusqu'en 1824, la meilleure carte de
la Lune disponible.
Il convient ensuite de signaler deux autres
entreprises cartographiques, avant la grande oeuvre de Beer et de Maedler.
Il s'agit, en premier lieu de celle de Schroeter.
Celui-ci étudia la Lune avec beaucoup de soin, d'abord avec un réflecteur
de 7 pieds de focale, puis avec un instrument de 18 pieds, et enfin avec
un télescope de 27 pieds. Les dessins qu'il produira ont cependant
été souvent critiqués (peut-être injustement)
par ses successeurs qui reprocheront à Schroeter de s'être
montré plus préoccupé de discerner des changements,
plus ou moins imaginaires, sur la Lune que de représenter ce qu'il
voyait vraiment. Mais controversée est la deuxième carte,
celle que va dessiner Lohrmann. On y verra même
la première tentative de représentation des détails
de notre satellite réellement scientifique. Lohrmann avait initialement
prévu de réaliser une carte de la Lune à très
grande échelle, en 25 sections. Il publia les quatre premières
en 1824. Mais sa vue devenant déficiente,
il ne put poursuivre son entreprise. En 1838,
il fit dessiner et publia malgré tout une excellente carte de la
Lune de 15,25 pieds de diamètre.
La
carte de Beer et Maedler
Un des grands achèvements de la
cartographie lunaire est représenté par la carte de la Lune
de Beer et Maedler, commencée
en 1830 et terminée en 1837.
Elle se fondait sur des observations effectuées avec un instrument
de seulement 4 pouces (une dizaine de centimètres) d'ouverture. |
[a]
Ces dessins habilement faits au crayon sont restés inédits.
Lalande le vit à l'époque de la révolution entre les
mains du comte Cassini, fils de Cassini de Thury. |
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"Dessinée d'après
la projection orthographique, elle avait 1 mètre de diamètre.
Les auteurs, explique à l'occasion de la troisième livraison
de ce travail un compte rendu de l'Académie des sciences, se sont
engagés à n'y porter que ce qui aura été vu,
observé, mesuré et calculé par eux-mêmes. Ils
ont déjà déterminé les positions absolues de
106 points principaux [a].
Les objets du second ordre sont rapportés aux précédents
à l'aide de triangles, comme dans nos canevas géodésiques.
En passant aux points de moindre importance, aux points du troisième
ordre, les auteurs se contentent de simples alignements.
La nomenclature reste celle de Riccioli
: tous les anciens noms d'hommes célèbres sont conservés.
Au besoin, de nouveaux noms propres ont été introduits; on
en comptait déjà 29 de cette espèce dans la première
livraison de la nouvelle carte. Quant à des centaines de petits
objets qui peuvent cependant intéresser les astronomes, les auteurs
les marquent par les lettres de l'alphabet latin, s'il s'agit de cratères,
et par celles de l'alphabet grec, lorsqu'ils ont à désigner
de petites montagnes.
Dans les livraisons déjà
publiées de la belle carte de la Lune qu'il exécute à
Dresde, Lohrmann a employé, pour la représentation des montagnes,
la méthode assez généralement adoptée aujourd'hui
par les topographes : la teinte plus ou moins noire du dessin donne la
mesure de la rapidité des pentes. Beer et Maedler se sont rigoureusement
conformés aux mêmes principes dans toutes les parties de leur
grand travail.
La Lune renferme des régions brillantes
et d'autres régions très sombres : le jour de la pleine lune,
chacun a pu le remarquer, même à l'oeil nu. Beer et Maedler
sont parvenus avec des mélanges convenables de blanc et de noir,
à donner aux diverses parties de leur carte les degrés comparatifs
de clarté dont les objets naturels eux-mêmes sont doués.
Les auteurs ont poussé le scrupule
jusqu'à désigner par un genre particulier de hachures les
espaces où, dans des circonstances atmosphériques très
favorables, ils assurent avoir aperçu des couleurs, le rougeâtre,
le brun-jaune et surtout le verdâtre. Dans le nombre de ces espaces
colorés, Beer et Maedler placent au premier rang l'intérieur
du mare serenitatis.
La nouvelle carte a été très
habilement gravée sur pierre par Vogel sous la direction immédiate
de Maedler. La 4e et dernière livraison
paraîtra en 1837. D'après
les engagements que les auteurs ont bien voulu contracter, les astronomes
peuvent espérer de voir publier en même temps un ouvrage où
seront consignés les nombreux résultats mathématiques
et physiques qu'une si longue, qu'une si minutieuse contemplation de notre
satellite a dû nécessairement révéler."
En présentant cette 3e
livraison de la carte de la Lune à l'Académie, Arago
rappela les curieux mémoires que Beer et Maedler ont déjà
publiés sur la constitution physique et le mouvement de rotation
de Mars
et de Jupiter .
"En
très peu de temps, ajouta-t-il, l'observatoire de Berlin
que Guillaume Beer a fait construire à ses frais, aura ainsi pris
rang parmi ceux de ces dispendieux établissements auxquels la science
est le plus redevable. Dès aujourd'hui, la famille Beer, qui déjà
pouvait se glorifier d'avoir donné au monde le célèbre
poète dont une mort prématurée a si malheureusement
brisé la brillante carrière, et l'illustre musicien auteur
de Robert le Diable, a le droit d'inscrire le nom du troisième
frère parmi ceux des astronomes les plus zélés, les
plus scrupuleux et es plus habiles de notre époque."
L'observatoire
de Berlin, au XIXe
siècle.
Source
: Deusches Museum.
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Les rivières
de la Lune
Que
la Lune n'ait pas eu de mers véritables a été une
chose assez vite comprise. Et l'on a aussi compris rapidement qu'elle n'avait
pas non plus de rivières (seraient-elles asséchées).
La découverte de rainures et autres fissures à la surface
du sol lunaire a cependant éveillé durablement des interrogations
sur l'origine de ces formations.
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Rainures
de la région d'Hyginus.
Schroeter
est le premier a avoir aperçu des rainures à la surface de
notre satellite. Il en découvrit 11 de 1788
à 1801.
Lohrmann
en découvrit 75 nouvelles pendant la période de 1823à
1827,
qu'il consacra à la construction de son immense carte de la Lune
à la suite de laquelle il perdit la vue. Maedler
en ajouta 55 nouvelles, de 1832
à 1841,
et Jules Schmidt, 278 de 1842
à 1865.
Depuis cette époque, Neison (auteur d'une
carte lunaire parue en 1876),
Webb,
Birt,
Gaudibert en ont découvert un grand nombre d'autres et leur nombre
s'élèvera à la fin du XIXesiècle
à près d'un millier - autrement dit, pratiquement toutes
celles qui sont accessibles depuis la Terre avait été répertoriées.
Les plus belles et les mieux visibles étant celles d'Hyginus, de
Triesnecker et d'Archimède.
La
rainure d'Hyginus (la première découverte : 5 décembre
1788)
traverse dix cratères, dont Hyginus lui-même est le cinquième,
en comptant du nord-est. La rainure traverse Hyginus en brisant sa paroi
et en passant avec ses bords élevés par son intérieur,
preuve évidente qu'elle s'est formée plus tard que ce cratère.
Quant aux 9 autres cratères, leur petitesse empêche de constater
le fait; mais sur d'autres points de la surface lunaire on trouve encore
des rapports semblables. Un fait dans lequel les astronomes ont vu l'un
des indices qui leur permettrait de comprendre l'origine de ces formations.
Les
rainures leur paraissaient ainsi appartenir exclusivement à une
époque tardive de la formation de la surface lunaire. Même
si certaines crevasses, certains ravins (par exemple; la Vallée
des Alpes et quelques fissures dans les montagnes qui, par leur direction
en ligne droite et leurs parois escarpées, rappellent tout à
fait les rainures) remontaient probablement, estimait-on, à une
époque antérieure. Mais, en général la formation
des grandes montagnes circulaires, comme aussi celle des cratères
de diamètres moyens, était certainement déjà
terminée, ajoutait-on, lorsque des forces purement locales se sont
fait jour et ont donné naissance aux rainures.
Malgré
certaines analogies, il paraissait tout de même difficile de voir,
en dépit des premières affirmations, dans ces sillons des
fleuves, ou des lits desséchés de fleuves lunaires qui auraient
existé dans les temps primitifs. On ne pouvait certainement nier
de façon formelle que de l'eau ait pu autrefois couler dans ces
lits maintenant arides, car, expliquait-on, notre Terre avait été
elle-même autrefois entièrement recouverte d'eau ( Déluge ),
et maintenant plus d'un quart de sa surface est composé de terre
ferme, et la masse des eaux continuait, semblait-il, à diminuer.
Cependant
un examen plus approfondi de la nature de ces rainures conduisait à
une explication contraire. Plusieurs de ces formations parcourent des pays
de montagnes sans atteindre les plaines; d'autres naissent et se terminent
dans une plaine, ou s'étendent d'une montagne à une autre
en traversant un bas pays. Elles ont presque toutes une largeur constante,
ou sont au milieu plus larges qu'aux deux extrémités. Il
est rare que plusieurs se réunissent. Un grand nombre s'étendent
en ligne directe et toutes ont une profondeur considérable. Il est
invraisemblable qu'une eau courante ait pu creuser de tels canaux, d'autant
plus que la pesanteur est environ 6 fois moins intense sur la Lune que
sur la Terre. Si donc, à une époque quelconque, il y avait
eu de l'eau dans ces canaux, on n'en devait pas moins penser que ce n'est
pas à elle qu'ils devaient leur existence.
Ces
formations apparaissaient en fait tout à fait spéciales à
la Lune et il n'y avait rien d'analogue sur la Terre. Et jusqu'au milieu
des années 1960,
c'est-à-dire jusqu'au renouveau des études lunaires qui a
accompagné les premiers temps de l'exploration spatiale, elles resteront
inexpliquées. |
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[a]
Ils
en détermineront au total 919, et y ajouteront 1095 déterminations
d'altitudes, dont celle du mont Newton. Sa hauteur sera par eux estimée
à 23 800 pieds, au-dessus du fond du cratère qu'elle enserre. |