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Holbach (Paul Henri Dietrich, baron d'). - Philosophe et littérateur français, d'origine allemande, né à Heidelsheim (Bade) en 1723, mort à Paris le 21 janvier 1789. Fixé de bonne heure à Paris, il s'y présenta d'abord en Mécène, et, par ses largesses et ses fins dîners, mérita d'être surnommé le « maître d'hôtel» de la philosophie; il ne tarda pas lui-même à prendre rang parmi les philosophes. Esprit un peu lourd et mal préparé aux délicatesses de la langue française, il se fit aider dans la rédaction de ses écrits par Naigeon, Lagrange (le précepteur de ses enfants) et Diderot, dont il poussa les théories à leurs conséquences extrêmes. 

Une érudition assez vaste, et particulièrement dans les sciences naturelles, qu'il avait étudiées en Allemagne et qu'il propagea en France, le conduisit, en philosophie, à des théories purement mécanistes, dont l'athéisme était l'inévitable conclusion. Aussi bien le baron d'Holbach ne s'en cacha guère et s'attaqua presque tout de suite, et avant même d'avoir codifié ses théories dans son fameux Système de la nature, aux puissances religieuses établies. C'est ainsi qu'il publia successivement : le Christianisme dévoilé (1767), sous le nom de Boulanger; l'Esprit du clergé ou le Christianisme primitif vengé des entreprises et des excès de nos prêtres modernes (1767); De l'Imposture sacerdotale ou Recueil de pièces sur le clergé (1767); la Théologie portative ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne (1768), sous le nom de l'abbé Bergier, et en 1770, à Londres, l'Essai sur les préjugés ou de l'Influence des opinions sur les moeurs et le bonheur des hommes

La même année enfin paraissait le Système de la nature ou des lois du monde physique et moral, qui reste l'effort le plus considérable de cet esprit abrupt et absolu. Le Système de la nature parut sous le pseudonyme de Mirabaud. Le livre fit scandale, au point d'offenser Voltaire et Frédéric II. La vue seule en faisait peur à Goethe, quelques années plus tard, qui disait ressentir la même impression que devant un «-spectre cadavéreux ». De là devaient sortir un certain nombre d'autres livres destinés à vulgariser la doctrine, plus violents encore et tout déclamatoires ceux-là, tels que: le Bon Sens du curé Meslier ou Idées naturelles opposées aux idées surnaturelles (Londres, 1772); le Système social ou Principes naturels de la morale et de la politique (Londres, 1773); la Morale universelle ou les Devoirs de l'homme fondés sur la nature (Amsterdam, 1776), etc. 

On doit aussi à d'Holbach des traductions de Hobbes, Gordon, Collins, etc. Mais le seul livre de lui qui fixe encore l'attention est le Système de la nature. S'il est vrai de reconnaître avec Villemain qu'il est « écrit d'une manière fausse, pédantesque, abstraite et violente tout à la fois », si l'on peut  aussi ne pas vouloir le suivre dans les conséquences extrêmes, tant religieuses que sociales, auxquelles aboutit d'Holbach, il est juste d'ajouter que cette violence et ce fanatisme partaient d'une âme convaincue et que la sincérité de l'auteur doit faire passer quelque peu sur l'intolérance de sa doctrine. (Ch. Le Goffic).


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