Dictionnaire des Oeuvres
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Géorgiques (du grec , terre, et ergon, travail). - Poème didactique composé par Virgile, à la prière de Mécène, son protecteur, entre les années 717 et 724 de Rome (36 et 26 av. J. C.), dans le but de remettre en honneur parmi les Romains l'agriculture abandonnée pendant les guerres civiles, et de les ramener à la simplicité des moeurs de leurs ancêtres. Ce poème se compose de quatre chants, dont les sujets sont : la culture de la terre, celle des arbres et de la vigne, le soin des troupeaux, et l'élevage des abeilles. Des invocations, des préceptes sur le sujet spécial de chacun des chants des épisodes destinés à prévenir la monotonie d'une exposition continuellement didactique, telle est la marche constante de Virgile. On lui a reproché le manque d'ordre : mais, si la méthode n'est pas complètement rigoureuse, elle est suffisamment nette et claire, et on ne peut pas exiger d'un poème la même rigueur que d'un traité régulier en prose. Virgile n'a pas épuisé tout son sujet; mais s'il a omis plus d'un point important, par exemple, la culture des jardins, c'est volontairement et déterminé par son goût de poète, ou bien parce que ces parties de l'agriculture étaient étrangères au but qu'il se proposait, l'utile, et non l'agréable.

Virgile (II, 175) semble se donner comme un imitateur d'Hésiode; cependant le poème les Travaux et les Jours n'a presque rien de commun avec les Géorgiques que la similitude du genre. L'auteur latin a beaucoup moins emprunté aux Grecs qu'à Varron et à Caton : son ouvrage n'est pas seulement un résumé de la science antique, il contient aussi les résultats de sa propre expérience, et il est devenu une autorité pour les Anciens, puisque Pline et Columelle le citent fréquemment. Les Géorgiques sont un parfait modèle de l'art de relever et d'embellir les détails les plus communs de la vie rustique: la variété des tons, la rapidité de la marche, le charme continu du style, tout concourt à en faire un poème rempli de beautés supérieures, plein d'imagination et de goût, production d'un génie élevé, qui avait atteint toute sa vigueur et sa maturité. Virgile a eu des continuateurs ou des imitateurs, mais jamais de rivaux. Columelle a traité en vers des jardins, dans le 10e livre de son Traité De re rustica; le P. Vanière a donné le Praedium rusticum, en XVI chants; le P. Rapin, Hortorum libri IV; l'Anglais Thompson, les Saisons, en IV chants, imitées en France dans les Saisons de Saint-Lambert et les Mois de Roucher; Rosset a composé l'Agriculture, en IX chants. Les Géorgiques ont été traduites en vers français par l'abbé Marolles, Segrais, Martin, Le Franc de Pompignan, et enfin Delille, qui les a fait oublier tous et a composé lui-même les Trois règnes en VIII chants, les Jardins en IV chants, l'Homme des champs en IV chants. Toutes ces oeuvres complémentaires, toutes ces traductions, ne servent qu'à faire sentir plus profondément la désespérante perfection de Virgile. (F. B.)



En bibliothèque - Voir dans le tome II du Génie de Virgile par Malfilâtre, des Réflexions sur les Géorgiques, des analyses, de nombreuses traductions et imitations en vers; le Discours préliminaire en tête de la traduction de Delille; les Notices historiques, arguments et appréciations littéraires de l'édition de Virgile, par M. Bouchot, 1860.

En librairie - Virgile, Bucoliques /Géorgiques, Flammarion (GF), 2001; Georgiques, Imprimerie nationale, 1997; Géorgiques, série latine des Belles lettres.

Gianfranco Stroppini, L'amour dans les Georgiques de Virgile, L'Harmattan, 2003.

Et au chapitre de la littérature contemporaine, l'ouvrage de Claude Simon portant ce même titre, et son commentaire : Claude Simon, Les Géorgiques, Minuit Editions, 1981; Nathalie Piegay-Gros, Claude Simon (les Géorgiques), PUF, 1998.


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