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Les Pays tchadiens |
| Dans
la région sahélienne qui s'étend autour du lac Tchad,
et où vivent principalement des populations dont les langues appartiennent
à la famille nilo-saharienne, ainsi que des arabophones, plusieurs
royaumes assez bien organisés ont existé au cours de l'histoire.
Les principaux ont été l'Empire du Bornou (apogée
vers le XVIe
siècle), issu de l'ancien royaume
toubou du Kanem, le Ouadaï, né au XVIIe
siècle, et le Baguirmi et, plus
à l'Est, ballotté entre les deux premiers.
Par leur position géographique, ces États ont joué le rôle de pivots dans les relations avec les puissance arabophones du Nord et les régions de l'Afrique intérieure. Ils ont été les points de passage de la pénétration de l'Islam, et ont aussi jusqu'au début du XXe siècle, parcourus sans cesse par les caravanes armées des marchands arabes, qui étaient souvent des marchands d'esclaves. Il s'y formait d'ailleurs continuellement des bandes conduites par les pourvoyeurs des marchés d'esclaves, et qui s'attaquent victorieusement en général aux habitants sédentaires du pays et y entretenaient une anarchie constante le long des grandes routes. Convoités
depuis plusieurs décennies par les Européens, ces pays ont
été conquis à la fin du XIXe
siècle. La partie occidentale a
été l'objectif des Français. L'occupation du Sahel
saharien au Nord de la ligne de Saï à Barroua fut confiée
à la mission Voulet-Chanoine qui, après la révolte
et la mort de ses chefs, fut continuée par Pallier et Joalland,
rejoints par la mission Foureau-Lamy à Zinder (1899).
lIs soumirent au Nord du lac Tchad le Kanem et opérèrent
dans le Baguirmi leur jonction avec Gentil venu par le Congo sur le Chari.
Ces trois expéditions françaises vainquirent et tuèrent
à Kousseri le récent conquérant du Bornou, l'aventurier
Rabah, et levèrent ainsi leur dernier obstacle à l'occupation
du pays.
Dates -clés : XIe s. - Fondation du Kanem. |
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| L'espace
considéré ici s'étend sur plus de deux millions de
kilomètres carrés et a compté quelque 30 millions
d'habitants. Il a vu fleurir principalement trois grands États :
1° Le Bornou, (200 000 km², capitale
Kouka Les informations dont on dispose les époque anciennes reposent principalement sur les récits des voyageurs européens qui ont parcouru la région au XIXe siècle. Le Bornou a d'abord été visité par Oudney, Denham et Clapperton, en 1823 , puis par J. Richardson, H. Barth et A. Overweg, de 1849 à 1855. Segni, et Vogel, s'y rendirent aussi, en 1840 et 1853, respectivement. En 1869, on retrouve Barth, Overweg, et Vogel, ainsi que Beurmann et Rohlfs, puis Nachtigal. Enfin, en 1880, Matteucci et Massari visitent également le pays. Le Ouadaï, pour sa part, nous est surtout connu par le voyage de Nachtigal (1873), plus heureux que Vogel (1855), Cuny (1858) et Beurmann (1863), qui y furent massacrés. Matteucci a raconté y être allé en 1879, mais son récit a été mis en doute. Le Baghirmi a été visité en 1823 par Denham, en 1852 par Barth, en 1872 par Nachtigal, en 1881, par Matteucci et Massari. Tous ces explorateurs ont été les éclaireurs venus préparer la mainmise des puissances coloniales. Le Bornou, l'Ouadaï et le Baguirmi ont ainsi ont été démantelés par les Européens à la charnière du XIXe et du XXe siècle. Aujourd'hui, le nom de Bornou est donné à une circonscription du Nord-Est du Nigéria; ceux de Kanem, de Baghirmi et de Ouadaï à trois circonscriptions du Tchad, situées au Sud du 15e parallèle. L'empire
du Bornou.
Au Sud, vers l'Adamaoua,
le Bornou entretient des guerres continuelles, et l'autorité du
cheikh y est très contestée; à l'Ouest, la frontière
du côté de l'empire de Sokoto Le Ouadaï Ce pays s'étendait de la rive orientale
du lac Tchad à l'Ouest au Darfour à l'Est, du Borkou au Nord
au pays des Nyam-Nyam (Azandé) au Sud. C'était un État
d'ailleurs qui était limité, comme la plupart des États
africains à la même époque, de la manière la
moins précise. Ses frontières variaient avec le degré
de puissance du souverain et avec le déplacement de certaines tribus
nomades, qui, de migration en migration et de pâturage en pâturage,
donnant au Ouadaï des limites mouvantes. Comparé au Bornou,
le Ouadaï, était médiocrement fertile; les habitants
en étaient beaucoup plus pauvres et vivaient dans des huttes; ils
possédaient des troupeaux de boeufs, de moutons, de chèvres
et des chameaux. La population se composait d'Arabes beaucoup plus nombreux
dans le Ouadaï que dans le Bornou L'histoire du Ouadaï n'est guère
faite que des cruautés et des débordements de la plupart
de ses rois. Ce pays connu aussi sous les noms de Bergou et Dar-Saleh s'est
constitué en tant qu'entité politique vers le début
du XVIIe siècle,
après avoir été soumis à des païens auxquels
on attribue une origine sémitique, les Toundjour, qui avaient leur
capitale à Kadama, au Sud-Ouest d'Abéché. C'est vers
1615
seulement que l'islam Son fils Kharout (1655-1678) poursuivit l'islamisation du Ouadaï. Kharif (1678-1681) et Yakoub-Arous (1681-1707) essayèrent à plusieurs reprises de secouer la tutelle du Darfour; le second réussit enfin à battre et à capturer Omar-Lélé, roi du Darfour. Après une lutte malheureuse contre le Baguirmi conduite par Mohammed Ez-Zaouni, la guerre entre le Ouadaï et le Darfour recommença sous Djoda (1745-1795), sous le règne duquel le premier de ces États étendit son influence sur une partie du Kanem. Saboun (1803-1813), après avoir ravi le trône à son propre père, Saleh-Derret ou Dered, se signala par des expéditions victorieuses contre le Baguirmi et contre ses vassaux révoltés du Tama. C'était un prince cruel et sanguinaire, qui périt assassiné par un inconnu. Son fils Youssef, dit Kharifine, fut peut-être plus barbare encore. Vers 1829, après une régence féminine qui fut marquée par les pires atrocités, Abdelaziz, petit-fils de Saboun, s'empara du pouvoir; il eut à lutter contre de continuelles rébellions, qu'il noya dans le sang. A sa mort (1835
environ), une armée du Darfour envahit le Ouadaï, à
la suite de déprédations commises dans les provinces occidentales
du premier de ces royaumes par des Ouadaïens que la, famine poussait
au pillage. Les troupes envoyées par Mohammed-Fadel, roi du Darfour,
entrèrent dans Ouara et placèrent sur le trône du Ouadaï
un nommé. Mohammed-Chérif, qui s'engagea à accepter
la suzeraineté du Darfour. Ce Mohammed-Chérif (1835-1858)
paraît avoir été le seul souverain du Ouadaï qui
se soit montré réservé en fait d'exécutions
capitales. Il jouit d'un réel prestige et d'un pouvoir considérable.
Il ne craignit pas de s'attaquer au puissant cheikh Omar, sultan du Bornou Un nommé Ali lui succéda, qui s'occupa surtout de favoriser le commerce avec la Méditerranée et de remettre de l'ordre dans le pays. Il reçut la visite de Nachtigal en 1873-1874, au moment de sa lutte contre Abou-Sekkine, mbang du Baguirmi. C'est lui qui fit construire, par deux Tripolitains, le palais royal d'Abéché et qui annexa le Rougna et le Kouti. Le roi Youssef (1874-1898)
laissa le Baguirmi reprendre son indépendance. C'est sous son règne
que Rabah, venant du Bahr-el-Ghazal, fit irruption dans le Kouti (1879),
puis dans le Rougna, razzia les dépendances méridionales
du Ouadaï et installa comme sultan du Kouti et du Rougna le nommé
Senoussi (1890). Ce dernier, une fois
Rabah au Bornou A cette époque, l'autorité du sultan du Ouadaï ne s'étendait déjà que sur la partie Nord de ses États, certaines tribus, comme les Koukas, ayant conservé une sorte d'autonomie. La partie Nord du royaume est divisée en provinces à la tête desquelles sont des gouverneurs. Les villes principales s'ont Abéché, la capitale, fondée en 1850, centre militaire du pays et actif foyer de propagande musulmane; population de 20 000 à 25 000 habitants; Nimro, centre de la tribu des Djellabas; Amm-Demm, renommé pour ses sources d'eau chaude; Yaoua, etc.; l'ancienne capitale, Ouara, fut abandonnée en 1850 et tomba en ruine. Ces villes, d'ailleurs, à l'exception d'Abéché, ne comptent que quelques centaines de maisons.Ibrahim (1898-1901) périt des suites de blessures infligées par des rebelles. Abou-Ghazali (1901-1902) eut à lutter contre un de ses officiers, Acil, qui chassa le roi d'Abéché, puis se réfugia lui-même au Fitri, où il se mit sous la protection des troupes françaises. Doudmourra remplaça Abou-Ghazali. En 1909, les Français prenaient Abéché et plaçaient Acil sur le trône du Ouadaï; Doudmourra, réfugié dans le Nord du pays, continuait la lutte pendant deux ans et enfin les Français n'obtinrent sa soumission qu'en 1911. Quant à Acil, ils le déposèrent en 1912, il n'a pas eu de successeur. Le Baguirmi Le Baguirmi (ou Baghirmi), situé
au Sud du lac Tchad, traversé par le Chari, a été
un Etat qui s'étendait sur un pays fertile où l'on cultivait
le sorgho, l'indigo et le coton. Le Baguirmi a longtemps fait avec
Benghazi (Tripolitaine) un commerce d'humains très florissant qui
a été à l'origine de sa prospérité au
XVIIIe
siècle, mais que les obstacles apportés à
la traite des esclaves au siècle suivant ont diminué son
importance. La population se composait d'Arabes et de Noirs, et son histoire
se résume en une perpétuelle oscillation entre le joug du
Bornou Son neuvième successeur, Borkoumanda-Tadlélé
(1734-1739),
fut un guerrier : après avoir dirigé une expédition
vers le Borkou et le Kaouar, il vainquit à deux reprises le roi
du Ouadaï, Mohammed Ez-Zaouni. Mais Alaouine (1739-1741)
fut vaincu à son tour par l'empereur du Bornou Un autre fils de celui-ci, Tchigama, déposa
son frère, fut arrêté sur l'ordre de Sa-boun, amené
prisonnier à Ouara, capitale du Ouadaï, puis relaxé,
et revint à Massénia, où il régna sous le nom
d'Ousmân-Borkoumanda de 1807
à 1846, payant assez régulièrement
le tribut exigé par le Ouadaï. Il conduisit plusieurs expéditions
contre le Bornou |
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