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Dictionnaire
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| Timbouctou ou
Tombouctou
(Tin-bouktou = puits de Bouktou, en arabe, ou
Toumbouctou = la
cavité, en langue songhaï ?). - Ville du Mali, au Nord du grand
coude du Niger. Elle est à 10 kilomètres au Nord du fleuve
dans une plaine sablonneuse, semée d'étangs et de buissons
de mimosées et de palmiers. On y recense en tout près de
70 000 habitants. La partie historique (pré-européenne) de
Tombouctou a la forme d'un triangle de 6 kilomètres de tour, la
pointe au Nord; des ruines l'entourent au Nord et à l'Ouest, témoignant
d'une étendue autrefois plus considérable; la grande mosquée Le vieux Tombouctou se divise en six quartiers : Sanégoungou au Sud, le plus peuplé, avec deux marchés, et la mosquée de Sidi-Yahia; Sararaïka au centre, où résidait jadis le cheikh Youboukaïna, au Nord du précédent, où fut le palais des rois songhaï; Bagindi, à l'Ouest du précédent, quartier bas, parfois inondé; Sankoré à la pointe Nord, le quartier songhaï, avec la grande mosquée à cinq nefs; Sanghéréber au Sud-Ouest, avec une mosquée à onze nefs. Le port est à Kabara, sur le bras septentrional du Niger. Si ce n'est à la saison des
pluies où des cours d'eaux temporaires relient la ville au Niger,
Tombouctou n'a d'eau que celle des mares ou des citernes. Dans le passé,
Tombouctou tirait ses aliments de Djenné et du Macina, son bois
de Kabara. C'était essentiellement une ville de commerce, enrichie
par le transit entre le Soudan et les routes caravanières qui traversaient
le Sahara
Ancienne photographie de la grande mosquée de Tombouctou. La ville de Tombouctou paraît avoir
été fondée par les Touareg vers 1077; la prise de
Oualata par les Mandingues, en 1325, transféra le marché
central du pays à Tombouctou, que le mansa (empereur) du
Mali En réalité,
ces conquérants amenés au Soudan par Djouder et ses premiers
successeurs, les "pachas de Tombouctou", formaient un ramassis de gens
sans aveu qui, après être allés se mettre aux ordres
du sultan du Maroc dans l'espoir d'aventures profitables, donnèrent,
une fois abandonnés à eux-mêmes dans le Soudan, libre
cours à leurs excès. Ils se signalèrent surtout par
leur anarchie et leur indiscipline, leurs rapines, leur cupidité,
leurs debauches, leurs persécutions contre les musulmans et les
lettrés et leur talent de désorganisation. Leur intervention
causa l'un des coups les plus funestes qui aient été portés
à la civilisation soudanaise. De l'aveu des lettrés de Tombouctou,
le régime des pachas, s'il avait duré plus longtemps, aurait
amené la ruine totale de ce qui avait été péniblement
édifié par les mansa du Manding et quelques-uns des askia
songhaï A partir de 1660,
il ne sévissait plus guère qu'à Tombouctou même,
qui eut à subir encore pendant 120 ans leurs caprices, Le Tedzkiret
en-nisiân énumère 128 de ces prétendus pachas
pour la période de 90 ans allant de 1660 à 1750 : ces chiffres
caractérisent éloquemment le régime. Depuis 1660 environ,
tous ces tyranneaux, qui avaient l'audace de faire dire la prière
publique en leur nom dans les mosquées De fait, cette période fut pour la ville celle d'une de continuelle insécurité et de profonde misère. Au XIXe siècle, les Touareg prirent d'abord le dessus; puis Tombouctou fut disputée entre eux et les Peuls; ceux-ci l'occupèrent de 1826 à 1846; une entente intervint, juxtaposant un cadi peul et un cadi songhaï, laissant au cheik Bekkay le gouvernement municipal. El Hadj Omar s'empara de la ville, mais succomba dans la lutte contre les Bekkaya. Le conflit continua entre ceux-ci, les Touareg et les Peul. En janvier 1894, les Français conduits par le commandant Joffre, futur maréchal de France, occupèrent Tombouctou. La ville ne retrouva plus son importance passée. A l'indépendance du Mali, en septembre 1960, ce fut Bamako qui lui fut préférée comme capitale du nouvel Etat. La renommée mystérieuse de
la grande cité commerciale du Soudan occidental en avait fait l'objectif
d'une foule de voyageurs occidentaux (
Plan allemand de Tombouctou en 1855. (Petermann's Mittheilungen aus der Geographie) |
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