Aperçu |
De
plus en plus difficile à observer du fait de la généralisation
de l'éclairage urbain, la lumière zodiacale une faible lueur
visible immédiatement après le coucher
du Soleil ou peu avant son lever,
au point même de l'horizon où cet
astre va paraître ou vient de disparaître. Elle présente
la forme d'une lentille aplatie, un peu oblique, et suit le cours de l'écliptique
ou plutôt de l'équateur solaire;
c'est pourquoi elle est surtout visible depuis les régions intertropicales,
et s'avère à peine visible sous les latitudes
moyennes, excepté aux époques où l'équateur
solaire se trouve le plus rapproché de la perpendiculaire à
l'horizon.
Les époques
les plus favorables pour observer la lumère zodiacale à ces
latitudes sont donc les moisd'avril et de mai, après
le coucher. Pendant les autres mois de l'année,
le plan de l'équateur solaire étant plus oblique et la pyramide
lumineuse s'inclinant au même degré, celle-ci s'élève
si en au-dessus de l'horizon, que sa lumière est effacée
par l'atmosphère de la Terre.
La distance angulaire apparente entre le sommet de cette pyramide et le
Soleil varie, suivant les circonstances, de 40° à 90° ou
100°, et la largeur de sa base prise perpendiculairement à son
arc varie de 8° à 30°. (DV).
-
La
lumière zodiacale, dans le Colorado.
(Source
: C. L. Peterson, Cloudbait Observatory.)
Humboldt
a également découvert une autre composante de la lumière
zodiacale, encore plus faible, et visible la nuit dans la région
du ciel dont la direction est cette fois exactement opposée à
celle du Soleil à ce moment là : c'est le gengenschein.
La lumière zodiacale proprement dite et le gegenshein ont la même
cause : comme le trahit notamment leur spectre,
qui est identique à celui de la lumière solaire, ils
sont dus à la diffusion de la lumière
du Soleil sur les poussières interplanétaires
( Le Nuage zodiacal),
les mêmes poussières, issues des collisions entres astéroïdes
ou libérées par les comètes,
qui lorsqu'elles croisent la route de la Terre,
sont à l'origine des étoiles
filantes...
C'est
Kepler
qui le premier, semble-t-il, observa la lumière zodiacale; mais
c'est Dominique Cassini
qui en a donné la première description et lui a imposé
le nom sous lequel on le désigne aujourd'hui. Depuis cette époque,
le phénomène a donné lieu a différentes hypothèses.
Cassini pensait que la lumière zodiacale n'était autre chose
que la lumière solaire réfléchie par une multitude
innombrable de petites planètes ( Les
Astéroïdes) qu'il supposait (avant même qu'on ne
découvre le premier...) circuler autour du Soleil, de même
que la Voie Lactée doit son apparence à
la lumière directe de myriades d'étoiles agglomérées
ensemble.
Mairan
et d'autres astronomes reprirent pour leur part l'hypothèse de Kepler
qui voyait dans la lumière zodiacale une extensions de l'atmosphère
solaire. Mais Laplace
démontra que ce n'était pas possible pour les deux raisons
suivantes : 1°) D'abord parce que l'atmosphère du Soleil ne
peut pas s'étendre au delà de la distance où la force
de l'attraction fait équilibre à la force centrifuge. Or,
ce point est situé bien en dedans de l'orbite de Mercure,
dont la plus grande élongation atteint seulement 28°, tandis
que la lumière zodiacale s'étend parfois à 100°
de distance du Soleil. 2°) En second lieu, pour que le sphéroïde
de l'atmosphère solaire puisse se maintenir en équilibre,
le rapport de l'axe équatorial à l'axe polaire ne peut pas
dépasser celui de 3 à 2; par conséquent, il est impossible
que cette atmosphère prenne la forme lenticulaire que nous offre
la lumière zodiacale.
L'explication
retenue aujourd'hui est l'héritière d'idées dont l'origine
remonte au milieu du XVIIIe siècle, quand Euler
a supposé que la lumière zodiacale provenait des mêmes
causes que les queues des comètes. Une
piste reprise un siècle plus tard par John Herschel ,
qui écrira :
«
On peut conjecturer que cette lumière n'est autre chose que la partie
la plus condensée du milieu qui, ainsi que nous avons des motif
de le croire, résiste aux mouvements des comètes. Peut-être
contient-elle les molécules dont les
queues de plusieurs millions de ces astres ont été dépouillées
lors de leurs passages successifs au périhélie,
molécules qui doivent à la longue se précipiter sur
le Soleil. »
Les progrès
décisifs devront encore attendre le XXe siècle, principalement
grâce aux études spectroscopiques, dans les années
1920, puis grâce aux études radar après la seconde
Guerre mondiale, qui ont permis de mieux apprécier la nature de
l'environnement excessivement dilué, mais poussiéreux dans
lequel sont plongés la Terre et une grande partie du Système
solaire.
La
lumière zodiacale sur une ancienne gravure.
(Source
: Nasa History Office
Website).
|
|