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Les astéroïdes
sont de corps rocheux de dimensions inférieures à mille kilomètres)
dépourvus d'atmosphère, que l'on rencontre principalement
dans les région internes du Système
solaire, et plus spécialement entre les orbites de Mars
et de Jupiter. Depuis la découverte de
Cérès, du premier d'entre eux en 1801, plusieurs centaines
de milliers de ces objets ont été repérés,
notamment grâce au développement de l'astrophotographie, des
télescopes de Schmidt à grand champ, et plus récemment
à l'aide du télescope spatial infrarouge
ISO, et à des programmes de recherche systématiques automatisés,
tels que LINEAR, et d'autres.
Plusieurs
astéroïdes ont été approchés par des sondes
spatiales. C'est le cas de Gaspra (photo ci-dessous)
et d' Ida, survolés par Galileo au cours de
son voyage vers Jupiter, et ainsi que de Mathilde
et d'Éros, étudiés par la sonde Near. Cette dernière
a d'ailleurs été satellisée plusieurs mois autour
d'Éros, avant d'y être "posée", plus ou moins brutalement.
Ajoutons, que les études radar, en particulier grâce à
la grande parabole d'Arecibo, ont pu être conduites sur plus de 230
astéroïdes, parmi ceux qui se rapprochent le plus de la Terre
(circastéroïdes). Dans certains cas des détails de la
surface de quelques dizaines de mètres seulement commencent à
être accessibles ( par ex. : Toutatis).
Tous les astéroïdes ne portent
pas de nom, mais seulement leur numéro d'inscription dans le catalogue
des astéroïdes, qui normalement correspond également
à leur ordre de découverte.
Il
pourrait exister des millions d'astéroïdes.
Les quatre plus gros ont une forme plus
ou moins sphérique et une dimension qui permettent de les classer
parmi les planètes naines. Cérès,
qui rassemble le quart de la masse totale des astéroïdes, a
ainsi un diamètre qui dépasse les 900 kilomètres.
Dans leur immense majorité, ces objets sont de petits
corps, de forme plus irrégulière. Une trentaine d'astéroïdes
seulement dépassent les 200 kilomètres. Moins de mille atteignent
les trente kilomètres. Et il pourrait en exister autour de un million,
entre 30 km et 1 km. En extrapolant, on peut supposer que la plupart ont
des dimensions encore inférieures. Beaucoup ne doivent être
gros que de quelques mètres, voire de quelques centimètres
(météoroïdes). UN astéroïde, en somme, c'est
l'idée du caillou déclinée pratiquement à l'infini,
et, au total, ces objets représenteraient une masse 1600 fois inférieure
à celle de la Terre.
C'est
à Kepler que remonte
la remarque qu'il existait un hiatus dans le groupement des planètes,
une lacune entre Mars et Jupiter.
Il y supposa une hypothétique planète, mais cette idée
fut rapidement oubliée. Du moins jusqu'en 1872, quand Titius ,
donna dans sa traduction en allemand de la Contemplation de la Nature
de Charles Bonnet ,
une série particulière de nombres, pour montrer que les distances
des planètes au Soleil sont soumises à
une loi, dont l'invention a été à tort attribuée
à Bode .
Cette série, aujourd'hui appelée loi de Titius-Bode ,
est représentée par la progression géométrique
de 0, 1, 2, 4, 8, etc., chacun de ces termes étant, à partir
de zéro, multiplié par 3, et le produit augmenté de
4. On obtient alors la série de nombres : 4, 7, 10, 16, 28, 52,
100, etc., qui représente assez bien les distances moyennes (en
dixièmes d'unité astronomique
(UA)) qui séparent les différentes planètes principales
au Soleil. La Terre correspondait ainsi à
10 (ou 1 UA), Mars à 16 (1,6 UA), Jupiter
à 52 (5,2 UA), etc. Restait le nombre 28, qui suggérait qu'une
planète eut pu circuler à la distance de 2,8 UA.
Persuadés
par ce seul argument de l'existence d'une planète intermédiaire
entre mars et Jupiter, vingt-quatre astronomes s'associèrent en
Allemagne sous la présidence de Schroeter
pour se mettre à sa recherche. Lalande
s'intéressa lui-même vivement à cette association.
Mais cela n'amena aucun résultat. La planète supposé,
dont le baron de Zach
avait vainement essayé de calculer les éléments, se
présenta un jour (ou plutôt la nuit du 1er janvier 1801) d'elle-même
au bout de la lunette de Piazzi ,
qui ne la cherchait pas, et qui la baptisa Cérès.
Beaucoup d'autres corps seront ensuite découverts, dans les années,
les décennies suivantes, et encore jusqu'à nos jours où
les découvertes sont devenues quotidiennes, sur des orbites
proches de celle-là.
C'est
ainsi que débute donc la découverte de la grande ceinture
d'astéroïdes que l'on trouve entre Mars et Jupiter. Les astronomes
croiront dans un premier temps qu'il s'agit de fragments d'une ancienne
planète qui se serait désintégrée. Aujourd'hui,
c'est plutôt l'option inverse qui est adoptée : les astéroïdes
se comprennent plutôt comme les briques qui auraient pu servir à
former une planète, si les perturbations engendrées par Jupiter
et que subissent leurs orbites ne les avaient pas empêché
de s'agglomérer au moment de la formation du Système solaire .
Les
briques d'une planète manquée
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Rouages |
Si la plupart des
astéroïdes présentent une forme irrégulière,
c'est pour l'essentiel parce qu'il sont des fragments d'objets plus gros
qui ont été brisés lors de collisions. Ces chocs plus
nombreux et violents dans le passé, continuent d'avoir lieu aujourd'hui.
Des impacts avec des corps plus petits ont également criblé
leur surface de
cratères
et recouvert leur surface d'une fine poussière, appelée régolithe.
Les importants dégagements de chaleur au cours de ces collisions
doivent également avoir eu une incidence les minéraux qui
en ont été affectés.
Mais de telles collisions n'ont pas nécessairement
toujours été destructrices. La forme de certains astéroïdes
suggère qu'ils sont composés de deux astéroïdes
plus petits, collés ensemble. C'est ainsi qu'ont dû aussi
se former les plus gros de ces corps, mais aussi les planètes comme
la Terre : par agglomération de blocs rocheux.
C'est, donc, la seconde raison pour laquelle les astéroïdes
sont de forme le plus souvent irrégulière. Les astéroïdes
ne sont en fait que les briques survivantes d'une petite planète
qui n'a jamais réussi à grandir et à se construire,
à cause des perturbations gravitationnelles induites par les planètes
géantes, et surtout par la première d'entre elles : Jupiter.
Ils sont les héritiers, qui ont subi des transformations physiques
et chimiques plus ou moins profondes, des mêmes planétésimaux
qui ont servi à fabriquer la Terre et les autres planètes
telluriques. Une parenté qui explique l'orientation et l'importance
des nombreuses études qui leur sont consacrées.
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Rencontres
de tous types
Le
puzzle des lunes d'astéroïdes
Il
y a belle lurette que les astronomes ne s'inquiètent pas de la solitude
des astéroïdes. Ils pressentaient l'existence de couples semblaient
être constitués de deux corps accolés : c'est le cas
de Pallas, de Hector, si l'on en juge par l'étude de la variation
de leur luminosité au cours de leur rotation, ou encore de Castalia,
tels qu'a pu les révéler les études radar conduites
grâce au radiotélescope d'Arecibo en 1989, et de Kleopatra
étudiée en 2000. Des situations qui suggèrent à
leur origine l'existence de collisions douces entre deux astéroïdes
ou peut-être entre un astéroïde et sa lune.
Le
premier véritable satellite d'astéroïde a été
observé par la sonde Galileo en 1993. Il s'agit de Dactyl, un objet
de 1,5 km, qui gravite autour de Ida (56 km). Sachant
que Ida appartient à une famille d'astéroïdes, les astronomes
n'ont pas eu de mal à interpréter Dactyl comme une relique
restée captive après l'impact à l'origine de toute
la famille.
La
planète du Petit Prince
était
un astéroïde.
Selon
Antoine de Saint-Exupéry,
il
s'agissait de l'objet B 612...
En
octobre 1999, des chercheurs de l'université de Boulder (Colorado),
utilisant l'optique adaptative montée sur le télescope Canada-France
à Hawaii (CFHT) ont annoncé la découverte d'une seconde
lune, baptisée Petit Prince
en hommage au personnage de Saint-Exupéry,
et gravitant autour de l'astéroïde
Eugenia. Cette fois,
l'origine du couple s'est révélée plus problématique.
Eugenia est un corps très peu dense, peut-être à cause
d'une extrême porosité. Il lui est dès lors difficile
de garder un satellite qui serait issu d'une collision.
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Sylvia
et ses deux satellites.
(©
Franck Marchis et al, Nature, 2005).
Une
nouvelle lune a encore été découverte en février
2000, toujours par la même équipe et avec les mêmes
moyens, autour de l'astéroïde Pulcova. Puis, en août,
Antiope
120 km deux corps séparés de 170 km de distance, Antiope,
non pas un astéroïde et sa lune, mais plutôt un astéroïde
double (deux astéroïdes de dimensions équivalentes qui
orbitent autour de leur centre de masse commun). En 2003, des études
radar ont montré que Hermès (récemment retrouvé
après qu'on ait perdu sa trace pendant plusieurs décennies)
était aussi dans ce cas. L'existence de tels jumeaux n'est pas encore
comprise de façon satisfaisante, et encore moins celle de triplets,
comme 87 Sylvia, dans la ceinture principale, dont on a découvert
qu'on avait affaire à un astéroïde triple. Peut-être,
dans le cas d'Antiope, faut-il supposer un second impact, intervenant indépendamment
de celui à l'origine de la formation de la famille de Thémis
(voir plus bas), qui aurait cassé en deux l'astéroïde.
Un événement similaire pourrait être également
à l'origine de la fracture en deux parties d'Hermès. En pratique
la situation reste malgré tout difficile à expliquer, estiment
aujourd'hui les chercheurs. |
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