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 Histoire de l'Asie > La Chine

Les Han

Les Han sont le groupe ethnique majoritaire en Chine aujourd'hui (92% de la population du pays) et ont une longue histoire remontant aux dynasties anciennes. Ils ont  jou√© un r√īle central dans le d√©veloppement de la culture, de la langue et des traditions chinoises, et ont √©tabli plusieurs des dynasties les plus influentes, notamment les dynasties Han, Tang et Song. 

On traitera ici de la dynastie Han proprement dite (Han occidentaux et Han orientauux) qui est l'une des p√©riodes les plus importantes de l'histoire chinoise, et souvent consid√©r√©e comme l'√Ęge d'or de la Chine imp√©riale, et des dynasties des Han du pays de Shu et des dynasties des Han du nord et du sud, deux entit√©s politiques distinctes d'importance moindre qui ont √©merg√© apr√®s la chute de la dynastie Han en Chine. Si l'on veut une comparaison avec la chronologie de l'histoire occidentale, on notera que cette dynastie a dur√©, √† peu pr√®s, entre de l'√©poque des Guerres Puniques et les derniers temps du Haut-Empire romain.

La dynastie Han

La dynastie Han a été fondée en 206 avant JC. par Liu Bang, également connu sous le nom de l'empereur Gaozu. Il a renversé la dynastie précédente, la dynastie Qin, et a établi la nouvelle dynastie Han après une période de guerres civiles et de chaos. Cette dynastie a été divisée en deux périodes principales :
‚ÄĘ Les Han occidentaux (206 av. JC. - 9 ap JC) correspondent aux r√®gnes des empereurs de la lign√©e des Liu √† Chang'an (l'actuelle Xi'an), la capitale occidentale.

‚ÄĘ Les Han orientaux (25 - 220 ap. JC) correspondent au r√©tablissement de  dynastie Han apr√®s une br√®ve interruption connue sous le nom d'interr√®gne de Wang Mang, sous une autre branche de la famille Liu, r√©gnant depuis Luoyang, la capitale orientale.

Les Han ont introduit des réformes qui ont contribué à la stabilité politique et à la prospérité économique. Dès le règne de Gaozu, il aussiinauguré le système de fonctionnaires sélectionnés par des examens connu en Occident sous le nom de mandarinat, qui jeté les bases de la bureaucratie méritocratique caractérisant la Chine impériale.
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L'institution du  mandarinat

L'institution du mandarinat (un terme d'origine malaise, introduit tardivement par les Portugais) est un √©l√©ment central de l'histoire administrative et politique de la Chine imp√©riale. Ce syst√®me bureaucratique, qui recrute et promeut les fonctionnaires sur la base de leurs comp√©tences et m√©rites, a fa√ßonn√© la gouvernance chinoise pendant plus de mille ans. 

Les origines du mandarinat remontent √† la dynastie Han, quand l'empereur Wu (r. 141-87 av. JC.) a introduit le syst√®me de recommandation par le m√©rite, connu sous le nom de syst√®me de xiao lian ( = filialit√© et int√©grit√©). Mais la v√©ritable formalisation du syst√®me des examens imp√©riaux (ÁßĎšłĺ, kńďj«Ē) a eu lieu sous la dynastie Sui  (581-618) et a √©t√© perfectionn√©e sous la dynastie Tang (618-907). Les examens ont √©t√© utilis√©s pour s√©lectionner les fonctionnaires civils sur la base de leur connaissance des classiques confuc√©ens, de la po√©sie, et de la litt√©rature.

Sous la dynastie Song (960-1279), le système des examens a été encore plus structuré et ouvert à une plus grande partie de la population, permettant à un nombre croissant de candidats issus de diverses origines sociales de participer. Les examens ont été organisés en trois niveaux : local, provincial, et national.

Le syst√®me a atteint son apog√©e sous les dynasties Ming  (1368-1644) et Qing (1644-1912), o√Ļ il est devenu la principale voie de recrutement pour les fonctionnaires. Les examens se tenaient r√©guli√®rement, et les candidats devaient d√©montrer leur ma√ģtrise des classiques confuc√©ens, leur capacit√© √† √©crire des essais et des po√®mes, et parfois des comp√©tences pratiques en politique et en administration.

L'examen de district (ŚéŅŤĮē, xi√†nsh√¨), premier niveau, √©tait tenu au niveau local. L'examen provincial (šĻ°ŤĮē, xińĀngsh√¨), deuxi√®me niveau, se tenait dans les capitales provinciales tous les trois ans. L'examen m√©tropolitain (šľöŤĮē, hu√¨sh√¨), troisi√®me niveau, avait lieu dans la capitale de l'empire. En, l'eExamen de la cour (śģŅŤĮē, di√†nsh√¨), √©tape finale, √©tait supervis√© par l'empereur lui-m√™me.

Le syst√®me des examens imp√©riaux a instaur√© une forme de m√©ritocratie, permettant √† des individus talentueux, quelle que soit leur origine sociale, de servir dans l'administration imp√©riale. En recrutant des fonctionnaires comp√©tents et loyaux, le mandarinat a contribu√© √† la stabilit√© et √† l'efficacit√© de l'administration imp√©riale. Le mandarinat a aussi offert une voie de mobilit√© sociale pour les individus talentueux des classes inf√©rieures, bien que le co√Ľt √©lev√© de l'√©ducation restait un obstacle pour les plus pauvres.

√Ä partir du XIXe si√®cle, le syst√®me des examens a commenc√© √† montrer ses limites, notamment face aux d√©fis pos√©s par les contacts avec les puissances occidentales et les besoins de modernisation de la Chine. Les examens imp√©riaux ont √©t√© abolis en 1905, sous la pression des r√©formateurs qui cherchaient √† moderniser la Chine en adoptant des syst√®mes √©ducatifs et administratifs plus occidentalis√©s. 

La période des Han a vu des développements significatifs dans les domaines de la littérature, de l'art, de la philosophie (notamment le confucianisme), de la science et de la technologie (l'invention du papier, de la boussole et de la fabrication de la soie, l'utilisation du fer). Les Han ont établi des liens commerciaux et diplomatiques avec d'autres régions et civilisations, notamment avec les empires romain et parthe, le long de la Route de la soie.

Sous les Han, la Chine a considérablement étendu ses frontières, notamment sous le règne de l'empereur Wu (141-87 avant J.-C.), qui a conquis le Xinjiang, le sud de la Chine, et a établi des contacts avec l'Asie centrale, facilitant ainsi le commerce sur la route de la soie. A cette époque les frontières ne différaient pas sensiblement de celles qui délimitent aujourd'hui la Chine. Cela explique pourquoi les Chinois se réclament d'elles en s'appelant les fils des Han.

Malgr√© cet √Ęge d'or, la dynastie Han a finalement d√©clin√© en raison de la corruption, des troubles sociaux, des luttes de pouvoir internes et des invasions √©trang√®res. En 220, la dynastie Han orientale a pris fin avec l'abdication de l'empereur Xiandi, marquant la fin de plus de 400 ans de r√®gne de la dynastie Han.

Han occidentaux (206 av. JC - 9 après JC).
La dynastie Han occidentale (ou Han antérieure) a été l'une des périodes les plus prospères et influentes de l'histoire chinoise. Elle a laissé un héritage durable, établissant des fondations administratives, économiques et culturelles qui ont influencé la Chine pendant des siècles. Les réformes et les politiques de ces empereurs ont aidé à stabiliser et à renforcer l'empire chinois, favorisant une période de prospérité et de développement culturel auquel l'historiographie a donné le nom de Pax Sinica.

A l'√©poque des Han occidentaux, le pouvoir est consolid√©; les livres classiques sont reconstitu√©s et les livres bouddhiques apport√©s de l'Inde officiellement traduits. On assiste, pour la premi√®re fois, √† une grande floraison litt√©raire. Enfin, l'Empire sort de son isolement. Le septi√®me souverain de cette dynastie, Wu  (Han Wudi, Wuti), sut, au cours d'un long r√®gne, fortifier le gouvernement affaibli et doubler le territoire de l'Empire. Il √©loigna de la cour les seigneurs f√©odaux, dont il fit contr√īler les actes. Avec son r√®gne, gr√Ęce aux grands voyages de Zhang Qian, commencent r√©ellement les relations de la Chine avec les pays √©trangers et le sud de l'Empire.

Voici une liste des souverains de la dynastie Han occidentale  (noms de naissance et ann√©es des r√®gnes entre parenth√®ses) :

‚ÄĘ Gaozu (Liu Bang,  202-195 av. JC. - Fondateur de la dynastie Han apr√®s avoir renvers√© la dynastie Qin. Apr√®s avoir triomph√© d√©finitivement de son rival Hiang-yu en 202, il attaque les Hiong-nou (Les Huns) en l'an 200, mais est cern√© par eux et ne se sauve qu'en gagnant par des pr√©sents la femme du chef ennemi. Jusqu'√† la fin de son r√®gne il doit lutter contre des r√©bellions et c'est dans une exp√©dition militaire qu'il re√ßoit une blessure mortelle. Entre-temps il aura cependant consolid√© son pouvoir, centralis√© l'administration et r√©duit l'influence des seigneurs f√©odaux. 

‚ÄĘ Hui (Liu Ying), 195-188 av. JC). - Fils de Liu Bang, son r√®gne a √©t√© domin√© par sa m√®re, l'imp√©ratrice L√ľ Zhi, qui cherchait √† mettre sa propre famille sur le tr√īne au d√©triment de la famille Liu et  qui exer√ßait le pouvoir r√©el. Son r√®gne fut marqu√© par la consolidation du pouvoir central.

‚ÄĘ Qianshao (Liu Gong, 188-184 av. JC). - Petit-fils de Liu Bang, il fut mis sur le tr√īne par l'imp√©ratrice L√ľ et fut plus tard assassin√© sur ordre de celle-ci.

‚ÄĘ Houshao (Liu Hong, 184-180 av. JC). - Mis sur le tr√īne par l'imp√©ratrice L√ľ, il fut √©galement contr√īl√© par elle. Son r√®gne prit fin avec la chute du clan L√ľ. Cette chute eut lieu d√®s la mort L√ľ Zhi : les principaux ministres firent un complot et r√©ussirent √† massacrer tous les membres de la famille L√ľ; ils donn√®rent le pouvoir √† un fr√®re cadet de Hui; ce fut Wen.

‚ÄĘ Wen (Liu Heng, 180-157 av. JC). -  Wen se signale par une sage administration. Il est connu pour ses politiques de r√©duction des imp√īts et de promotion de l'agriculture, menant √† une p√©riode de prosp√©rit√© et de stabilit√©. Il  permet qu'on lui adresse les critiques qu'on peut avoir √† formuler contre le gouvernement; il √©tablit des colonies militaires pour la garde de la Grande muraille; il supprime les mutilations qui avaient √©t√© jusqu'alors des ch√Ętiments l√©gaux. Sous son r√®gne et par son ordre on cherche √† reconstituer les livres classiques qu'avait tent√© de faire dispara√ģtre Qin Shi Huang; le lettr√© confucianiste Fu-sheng remet au jour 29 chapitres du Shujing.

‚ÄĘ Jing (Liu Qi, 157-141 av. JC). -  Fils du pr√©c√©dent, Jing doit lutter contre la r√©bellion de Sept rois, une tentative de r√©volte par des seigneurs f√©odaux, ses parents, dont le premier ministre Ch√°oc√≠ (Chao Cuo) avait voulu diminuer le pouvoir. Il triomphe d'eux et fortifie le pouvoir central. Vers l'an 153, on d√©couvre, en d√©molissant une maison o√Ļ Confucius passait pour avoir v√©cu, des textes de plusieurs classiques.

‚ÄĘ Wu (Liu Che, 141-87 av. JC). - Connu pour ses campagnes militaires d'expansion, l'√©tablissement de la route de la soie, et la promotion du confucianisme comme id√©ologie d'√Čtat, Wu, fils de Jing a eu un r√®gne qui devait durer cinquante-quatre ans.  Il envoie l'ambassadeur Zhang Qian jusque dans la Bactriane pour s'allier avec cet √Čtat contre les Hiong-nou. De 111 √† 108 av. JC., il d√©truit le royaume de N√°nyu√® qui avait sa capitale √† Canton et subsistait depuis un si√®cle il soumet les principaut√©s ind√©pendantes qui s'√©taient √©tablies dans les provinces du ńÄnhuńę, du Y√ļnn√°n et du XńęchuńĀn; il triomphe du roi de Ch√°oxi√†n (Tch'ao-sien), en Cor√©e; il tient en respect les Hiong-nou. Sous son r√®gne, Sńęm«é Qi√°n √©crit ses m√©moires historiques; Sńęm«é Xi√†ngji√Ļ compose ses po√©sies; K«íng ńÄngu√≥ d√©chiffre l'ancien texte du Shujing; une grande impulsion est donn√©e aux √©tudes litt√©raires. Wu se montre tr√®s superstitieux; il accorde une grande faveur √† des charlatans qui lui promettent l'immortalit√©. Les derni√®res ann√©es de son r√®gne sont attrist√©es par le complot de quelques favoris qui r√©ussissent √† lui faire d√©cider la mort de l'h√©ritier pr√©somptif.

‚ÄĘ Zhao (Liu Fuling, 87-74 av. JC). - Il n'a que dix ans lorsqu'il succ√®de √† son p√®re. L'empire est en r√©alit√© gouvern√© par le g√©n√©ral  Huo Guang. Ce r√®gne est marqu√© par des tentatives de consolidation apr√®s les guerres de l'empereur Wu,  une certaine stabilit√© et la r√©duction des d√©penses militaires. Zhao meurt sans enfants. 

‚ÄĘ Xuan (Liu Bingyi, 74-49 av. JC). - Connu pour ses comp√©tences administratives et sa capacit√© √† g√©rer les crises internes, Xuan √©tait le petit-fils de Wu. Son r√®gne est souvent vu comme une p√©riode de r√©tablissement apr√®s les guerres et les troubles. En 59 av. JC, le g√©n√©ral  Zhao Chongguo est nomm√© gouverneur du Turkestan oriental, et l'autorit√© de la Chine s'√©tablit ainsi pour la premi√®re fois dans ces r√©gions. En 51, le chef (Chanyu ) des Hiong-nou, Huhanye, vient en personne rendre hommage √† l'empereur.

‚ÄĘ Yuan (Liu Shi, 49-33 av. JC). - Son r√®gne a vu une continuation des politiques de son p√®re, l'empereur Xuan, mais avec une influence croissante des eunuques et des clans imp√©riaux.

‚ÄĘ Cheng (Liu Ao, 3-7 av. JC). - Son r√®gne a √©t√© marqu√© par la mont√©e de la corruption et l'influence des clans imp√©riaux. Il a essay√© de renforcer le pouvoir imp√©rial, mais sans succ√®s notable.

‚ÄĘ Ai (Liu Xin, 7-1 av. JC). - Empereur jeune et controvers√©. Son r√®gne a √©t√© caract√©ris√© par des luttes de pouvoir et une d√©t√©rioration de la stabilit√© de la cour. 

‚ÄĘ Ping (Liu Jizi, 1 av. JC. - 5 ap. JC). - Cousin du pr√©c√©dent, il lui succ√®de √† l'√Ęge de neuf ans. Un parent de la m√®re de Cheng, Wang-Mang, exerce la r√©gence; il empoisonne le jeune roi et met sur le tr√īne un enfant de deux ans, Ruzi Ying.

‚ÄĘ Ruzi Ying (Liu Ying, 6-9 ap. JC). - Mis sur le tr√īne par Wang Mang, il n'a jamais exerc√© de pouvoir. Wang Mang supprime bient√īt ce dernier semblant de royaut√© l√©gitime et se d√©clare lui-m√™me empereur, pr√©tendant fonder une nouvelle dynastie, celle des Xin. Ainsi prend fin la dynastie des Han occidentaux.

Interrègne (9-23 ap. JC). "Dynastie" Xin.
Wang Mang a entrepris plusieurs réformes politiques et économiques dans le but de restaurer l'ordre et de promouvoir la justice sociale. Ces réformes comprenaient la redistribution des terres, la nationalisation des industries clés, et la suppression du monopole du sel. Mais les réformes de Wang Mang ont rencontré une forte opposition de la part de l'aristocratie et des classes dirigeantes. Des troubles sociaux et des rébellions ont éclaté à travers l'empire, mettant en péril la stabilité de son règne. En 23 ap. JC., une rébellion menée par Liu Xuan (Guangwu) a renversé Wang Mang et restauré la dynastie des Han, marquant la fin de l'interrègne.

Han orientaux (25-220 ap. JC)
Liu Xiu, connu sous le nom d'empereur Guangwu, a restauré la dynastie Han en 25 de notre ère. La dynastie Han orientale a consolidé les acquis des Han occidentaux et a continué à développer la structure administrative et bureaucratique. Cette période a vu des avancées technologiques comme l'amélioration de la métallurgie et l'utilisation accrue de la boussole pour la navigation.

Le temps des Han orientaux est surtout marqu√© par la conqu√™te des pays de l'ouest et les exploits du g√©n√©ral Ban Chao, qui, ma√ģtre du Sńęy√Ļ (Si Yu), chercha √† nouer des relations avec le Daqin (Da Qin, Ta Tsin) , c'est-√†-dire avec l'Empire romain d'Orient. Rome importait d√©j√† les soies de Chine par la S√©rinde (Kashgarie) : en 166 apr√®s J.-C., sous l'empereur Huan (Hoan-ti), une mission venue de l'ouest, conduite sans doute par quelque trafiquant syrien, arriva en Chine par le Tonkin et fut conduite √† la capitale. Mais la vraie ¬ę route de la soie ¬Ľ resta celle qui, des capitales chinoises d'une part, d'Antioche et d'Alexandrie d'autre part, aboutissait √† la Tour de pierre, au voisinage du plateau de Pamir. Peut-√™tre les interm√©diaires parthes et bactriens s'employ√®rent-ils √† contrarier l'√©tablissement de communications dont la r√©gularit√© e√Ľt √©t√© d√©favorable √† leurs int√©r√™ts et qui, en fait, ne prirent jamais une r√©elle importance.

Vers la fin de la dynastie Han, les luttes de pouvoir internes, la corruption, et les révoltes paysannes comme celle des Turbans Jaunes ont affaibli le régime. En 220 après J.-C., la dynastie Han s'est effondrée, menant à la période des Trois Royaumes.

Les Turbans Jaunes √©taient une secte religieuse et rebelle qui a √©merg√© pendant la fin de la dynastie Han en Chine. La fin du IIe si√®cle de notre √®re a √©t√© marqu√©e par des troubles internes, la corruption gouvernementale, les famines, et les r√©voltes paysannes dans l'empire chinois. La dynastie Han, qui avait r√©gn√© sur la Chine pendant plusieurs si√®cles, a commenc√© √† d√©cliner sous le r√®gne de l'empereur Ling (168-189).  Zhang Jiao, un gu√©risseur itin√©rant, a fond√© une secte religieuse bas√©e sur le tao√Įsme et la promesse de gu√©rison et de salut. Les adeptes de la secte portaient des turbans jaunes, d'o√Ļ leur nom, et croyaient en la proph√©tie de l'arriv√©e d'un "Grand Professeur" qui purifierait le monde. Ces adeptes de la Voie de la Paix supr√™me se sont organis√©s en groupes arm√©s et ont commenc√© √† attaquer les autorit√©s locales, incitant √† la r√©bellion contre le gouvernement central des Han. Leur r√©volte a rapidement gagn√© en ampleur, attirant des milliers de partisans m√©contents des politiques et des conditions sociales de l'√©poque. L'empereur Han Ling a envoy√© des forces pour r√©primer la r√©bellion des Turbans Jaunes, mais celles-ci √©taient souvent inefficaces contre le nombre et la d√©termination des rebelles. Plusieurs commandants imp√©riaux, dont Cao Cao, ont √©t√© charg√©s de lutter contre les Turbans Jaunes. Cao Cao, un g√©n√©ral habile et futur seigneur de guerre, a remport√© plusieurs victoires contre les Turbans Jaunes, contribuant √† affaiblir leur mouvement. Apr√®s la mort de Zhang Jiao en 184, la r√©bellion a commenc√© √† s'effondrer, bien que des poches de r√©sistance aient persist√© pendant plusieurs ann√©es. La r√©volte des Turbans Jaunes a affaibli davantage la dynastie Han, ouvrant la voie √† la p√©riode des Trois Royaumes et √† des d√©cennies de guerres civiles en Chine. Elle a √©galement r√©v√©l√© les tensions sociales, √©conomiques et politiques sous-jacentes de l'√©poque et a mis en √©vidence les d√©fis auxquels √©taient confront√©s les dirigeants centraux pour maintenir l'ordre et la stabilit√© dans l'empire.
Voici une liste des souverains de la dynastie Han orientale :
‚ÄĘ Guangwu (Liu Xiu, 25-57 ap. JC). - Fondateur de la dynastie Han orientale, Liu Xiu a restaur√© le pouvoir imp√©rial apr√®s la p√©riode de troubles suivant la chute de Wang Mang. Il a mis en oeuvre des r√©formes administratives et a consolid√© le contr√īle centralis√© de l'√Čtat. Son g√©n√©ral Ma Yuan est c√©l√®bre par ses succ√®s contre les T«ĒfńĀn (Tib√©tains) en l'an 36 et par la conqu√™te du Tonkin en l'an 41.

‚ÄĘ Ming (Liu Zhuang, 57-75). - Fils du pr√©c√©dent. Sous son r√®gne, l'empire Han a connu une p√©riode de stabilit√© et de prosp√©rit√©. Il a poursuivi les r√©formes de son pr√©d√©cesseur pour renforcer le gouvernement central. Son r√®gne marque l'adoption d√©finitive du bouddhisme comme religion d'Etat en Chine. L'empereur, √† la suite d'un songe qu'il fit en l'ann√©e 61, envoie des gens chercher en Inde des livres et des docteurs de la loi; les √©missaires reviennent en l'an 67, ramenant avec eux les √ßramanas Kacyam√Ętanga et Dharmaraksha.

‚ÄĘ Zhang (Liu Da, 75-88). - Fils de Ming. Son r√®gne a √©t√© marqu√© par une certaine instabilit√© politique due aux luttes de succession et aux intrigues de la cour. Malgr√© cela, il a poursuivi les politiques de centralisation et de promotion du confucianisme. En l'an 79, il r√©unit une commission de lettr√©s dans la salle du tigre blanc (ÁôĹŤôé, b√≥ h√≤u) pour discuter des questions litt√©raires; les r√©sultats de leurs recherches ont √©t√© en partie consign√©s par BńĀn G√Ļ  dans son B√≥ H√≤utŇćng (ÁôĹŤôéťÄö) (texte confuc√©en, √©galement intitul√© Baihu Tong ou Discussions de la salle du tigre blanc). BńĀn G√Ļ r√©dige aussi l'histoire des premiers Han qui avait √©t√© commenc√©e par son p√®re Ban Biao et qui fut termin√©e par sa soeur.

He (Liu Zhao, 88-105). -  Fils du pr√©c√©dent. Sous son r√®gne, le g√©n√©ral  BńĀn ChńĀo, fr√®re cadet de BńĀn G√Ļ, √©tend la domination imp√©riale dans l'Ouest jusqu'aux confins de l'empire parthe (L'Iran antique); il envoie en mission un de ses officiers, GńĀn Yńęng, qui atteint les rives d'une mer qu'on a cru longtemps √™tre la M√©diterran√©e, mais que Hirth (China and Roman Orient, pp. 165 et suiv.) a identifi√©e avec le golfe Persique. Ce r√®gne a aussi √©t√© caract√©ris√© par des r√©bellions paysannes et des troubles internes, mais He a r√©ussi √† maintenir la stabilit√© g√©n√©rale de l'empire. Il a √©galement continu√© √† promouvoir les politiques confuc√©ennes.

‚ÄĘ Shang (Liu Long, 106-106). - Sous son r√®gne, l'empire a continu√© √† prosp√©rer sur le plan √©conomique et culturel. Il a renforc√© les d√©fenses frontali√®res et a poursuivi les politiques de promotion du confucianisme.

‚ÄĘ An (Liu Hu), 106-125). - Son r√®gne a √©t√© marqu√© par des r√©bellions et des troubles internes, ainsi que par des conflits avec les peuples nomades du nord. Il a cherch√© √† renforcer les d√©fenses frontali√®res et √† stabiliser l'empire.

‚ÄĘ Shun (Liu Bao, 125-144). - Son r√®gne fut court et marqu√© par des luttes de pouvoir et des intrigues de cour. Il n'a pas r√©ussi √† apaiser les tensions internes et a √©t√© renvers√© peu de temps apr√®s son accession au tr√īne.

‚ÄĘ Chong (Liu Bing, 144-145). - Son r√®gne fut bref et tumultueux, marqu√© par des r√©bellions et des intrigues de cour. Il a √©t√© renvers√© apr√®s seulement quelques mois sur le tr√īne.

‚ÄĘ Zhi (Liu Zuan, 145-146). - Son r√®gne a √©t√© caract√©ris√© par une stabilit√© relative, mais l'empire a continu√© √† faire face √† des d√©fis internes et externes, notamment des r√©bellions et des invasions nomades.

‚ÄĘ Huan (Liu Zhi, 146-168. - Il monte sur le tr√īne √† l'√Ęge de quinze ans. L'imp√©ratrice Leang, veuve du d√©funt empereur Zhi, continue √† exercer la r√©gence qu'elle avait assum√©e depuis la mort de son mari; elle meurt en 150. Un tao√Įste nomm√© Zhang Daoling prend une grande influence sur l'empereur et des pers√©cutions sont dirig√©es contre les principaux lettr√©s. En 166, des envoy√©s du royaume de Daqin, se disant ambassadeurs de leur souverain, ńÄndŇęn (An-toun), arrivent √† la capitale de la Chine; on a identifi√© cet An-toun avec Marc-Aur√®le (Marcus Aurelius Antoninus); la guerre contre les Parthes (L'Iran antique) (162-165) devait en effet avoir rendu le nom de l'empereur romain c√©l√®bre dans l'Asie centrale; mais il est douteux que les marchands qui vinrent en Chine fussent des Romains et plus douteux encore qu'ils fussent officiellement envoy√©s par Marc-Aur√®le; ils √©taient, selon toute vraisemblance, de simples commer√ßants syriens qui se r√©clamaient de l'empereur romain pour se donner plus d'importance (Hirth, China and Roman Orient, pp. 175-176). Les bas-reliefs des tombes de la famille Ou, dans le Shandong, ont √©t√© sculpt√©s sous le r√®gne de Huan.

‚ÄĘ Ling (Liu Hong, 168-189). - Son r√®gne a √©t√© marqu√© par des r√©bellions, des intrigues de cour et des troubles internes. L'autorit√© imp√©riale a √©t√© affaiblie et l'empire a commenc√© √† d√©cliner sous son r√®gne. En 175, on grave sur pierre, par ordre imp√©rial, le texte des ouvrages classiques.

‚ÄĘ Shao (Liu Bian, 189). - Fils du pr√©c√©dent, monte √† l'√Ęge de quatorze ans sur le tr√īne, mais il n'y reste que quelques mois. La toute-puissance des eunuques indigne les principaux officiers de la cour; le g√©n√©ral Dong Zhuo, mandat√© par l'imp√©ratrice douairi√®re He, se met √† la t√™te de la r√©bellion, d√©pose et tue Shao et donne le pouvoir √† son fr√®re cadet qui re√ßut le titre posthume de Hien-ti.

‚ÄĘ Xian (Liu Xie, 189-220).  - Xian  est un empereur faible et incapable. Dans la lutte qu'il soutient contre la r√©volte des Turbans Jaunes, eux-m√™mes d√©sormais tr√®s affaiblis, il perd tout pouvoir et avec lui finit la dynastie des Han orientaux.

L'empire se fragmente. Trois royaumes distincts se constituent : celui de Wei, celui de Wu et celui de Shu. Nous ne parlerons dans cette page que de ce dernier qui se revendique alors comme le seul l√©gitime, puisque son fondateur fut un certain Liu Bei, qui aurait √©t√© un  membre de l'ancienne famille imp√©riale. La dynastie dont il fut le premier souverain s'appelle dynastie des Han de Shu.

La civilisation chinoise sous les Han.
La dynastie Han (206 avant J.-C. - 220 apr√®s JC) est consid√©r√©e comme l'un des √Ęges d'or de la civilisation chinoise. Durant cette p√©riode, la Chine a connu des avanc√©es significatives dans de nombreux domaines. Les institutions politiques, les pratiques culturelles, et les avanc√©es technologiques de la dynastie Han ont laiss√© une empreinte durable sur la civilisation chinoise et mondiale. Cette dynastie a jou√© un r√īle crucial dans la consolidation de l'identit√© culturelle chinoise, unifiant les diverses traditions r√©gionales et cr√©ant un sentiment de nation. L'influence cette dynastie est telle que l'ethnie majoritaire en Chine est appel√©e Han, et les caract√®res chinois sont souvent d√©sign√©s comme caract√®res Han (Hanzi).

Politique et société.
La dynastie Han a poursuivi et renforc√© le mod√®le centralis√© mis en place par la dynastie Qin. L'empereur d√©tenait le pouvoir supr√™me, soutenu par une bureaucratie complexe. L'administration imp√©riale √©tait divis√©e en divers minist√®res et d√©partements sp√©cialis√©s, g√©r√©s par des fonctionnaires souvent s√©lectionn√©s par le biais d'un syst√®me de recommandations et d'examens. Les √©coles d'√Čtat et priv√©es prosp√©raient, formant les futurs fonctionnaires et √©rudits.

La société Han était hiérarchisée, avec l'empereur et la noblesse au sommet, suivis des fonctionnaires, des paysans, des artisans et des marchands. Les paysans formaient la majorité de la population et étaient respectés comme producteurs de nourriture, tandis que les marchands étaient souvent vus avec méfiance malgré leur richesse.
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Les armées chinoises sous les Han

Les arm√©es chinoises sous la dynastie des Han √©taient parmi les plus avanc√©es de leur √©poque en termes d'organisation, de strat√©gie et de technologie militaire. 

Les soldats √©taient g√©n√©ralement recrut√©s parmi les paysans et les roturiers, bien que certains nobles et membres de l'aristocratie puissent √©galement servir. Ils √©taient form√©s et entra√ģn√©s r√©guli√®rement et devaient d√©montrer leur comp√©tence lors d'exercices militaires et de manŇďuvres.

Les armées étaient généralement divisée en plusieurs corps, comprenant des unités d'infanterie, de cavalerie, d'archers et de génie militaire.

‚ÄĘ L'infanterie constituait la force principale de l'arm√©e Han. Les soldats √©taient √©quip√©s d'armes telles que des √©p√©es, des lances, des haches et des boucliers. Certains soldats √©taient sp√©cialis√©s dans des techniques de combat rapproch√©, tandis que d'autres √©taient form√©s pour utiliser des armes √† distance comme l'arc et la fronde.

‚ÄĘ La cavalerie offrait une mobilit√© suppl√©mentaire sur le champ de bataille. Les cavaliers √©taient √©quip√©s d'armes telles que des lances, des arcs et des √©p√©es.

‚ÄĘ Les Han utilisaient diverses formes d'artillerie, comme des catapultes et des balistes, pour soutenir leurs troupes sur le champ de bataille. L'ing√©nierie militaire √©tait charg√©e de la construction de fortifications, de ponts et d'autres infrastructures n√©cessaires aux op√©rations militaires.

Les Han avaient d√©velopp√© des syst√®mes efficaces d'approvisionnement et de logistique pour soutenir leurs arm√©es lors de campagnes militaires prolong√©es. Ils utilisaient des routes commerciales bien √©tablies et des entrep√īts pour stocker des fournitures telles que de la nourriture, des armes et des munitions. Sur le champ de bataille, les Han usaient de strat√©gies et de tactiques sophistiqu√©es . Ils √©taient √©galement habiles √† exploiter la g√©ographie et le terrain pour obtenir des avantages tactiques.

√Čconomie et commerce.
L'agriculture était la base de l'économie Han. Le gouvernement encourageait la colonisation des terres vierges et l'amélioration des techniques agricoles.

La Route de la Soie, qui s'est développée sous la dynastie Han, a facilité le commerce avec l'Asie centrale, le Moyen-Orient et l'Europe. Les marchés intérieurs prospéraient également, avec un commerce actif de produits agricoles, artisanaux et industriels.

La dynastie Han a standardis√© la monnaie, facilitant les transactions commerciales. Un syst√®me fiscal organis√© collectait des imp√īts en nature (grains, textiles) et en monnaie, contribuant aux revenus de l'√Čtat.

Religion et philosophie.
L'√©poque des Han est une p√©riode de consolidation pour la philosophie chinoise. C'est aussi pour le tao√Įsme et le bouddhisme une p√©riode particuli√®rement favorable.  Le confucianisme, qui met l'accent sur la moralit√©, les relations humaines, le respect des anc√™tres et l'harmonie sociale, est promu comme philosophie d'√Čtat sous l'empereur Wu (Han Wudi).

Le tao√Įsme, avec ses pratiques religieuses et sa litt√©rature riche en id√©es sur la nature, l'immortalit√© et la simplicit√©, joue √©galement un r√īle important. Et surtout, c'est  pendant la dynastie Han que le bouddhisme commence √† p√©n√©trer en Chine. Il est introduit par des missionnaires et des marchands le long de la Route de la Soie, bien qu'il n'ait pas encore atteint son apog√©e.

Littérature et histoire.
Des oeuvres litt√©raires et historiques importantes ont √©t√© compil√©es sous les Han. L'historien Sima Qian √©crit le Shiji (M√©moires historiques), une oeuvre monumentale couvrant l'histoire de la Chine depuis les temps mythologiques jusqu'√† son √©poque. Ce texte est fondamental pour la tradition historiographique chinoise. De son c√īt√©, l'historien et √©rudit, Ban Gu compile le Hanshu (Histoire des Han), une histoire officielle de la dynastie Han. L'√©poque est √©galement favorable √† l'√©panouissement de la po√©sie.

Arts et architecture.
Parmi les arts en faveur sous la dynastie Han, on note la sculpture, la peinture murale, et la poterie. Les tombes imp√©riales et aristocratiques √©taient souvent d√©cor√©es de magnifiques fresques et objets fun√©raires, qui sont autant de reflets des croyances religieuses et des pratiques culturelles de l'√©poque. Les Han voient aussi e d√©veloppement de la calligraphie en tant qu'art, avec des styles raffin√©s et codifi√©s. 

L'architecture Han est caractérisée par des palais, des temples, et des tombes imposantes. Les techniques de construction se sont améliorées, avec l'utilisation de la brique et du bois. Des structures comme le palais Weiyang à Chang'an (l'actuelle Xi'an) et les tours de guet le long de la Grande muraille illustrent les compétences architecturales de l'époque.

Les sciences.
Des progr√®s sont r√©alis√©s par les Han dans plusieurs disciplines scientifiques. L'astronome et ing√©nieur Zhang Heng compile un catalogue de plus de 2500 √©toiles et am√©liore la carte c√©leste. Il propose √©galement un mod√®le de sph√®re armillaire repr√©sentant l'√©quateur c√©leste. Il invente, en 132 de notre √®re, le premier sismographe, capable de d√©tecter et d'indiquer la direction des tremblements de terre. Cet appareil, appel√© instrument de Houfeng Didong Y, utilise des pendules pour activer des m√©canismes de d√©clenchement en cas de secousses sismiques. 

En mathématiques, on relève deux titres d'ouvrages marquants : L'Art de Comptage (Suan Shu Shu) est une compilation de problèmes mathématiques pratiques, couvrant des sujets comme les fractions, les proportions, et les mesures de surfaces et de volumes; Le Livre des Neuf Chapitres sur l'Art Mathématique (Jiu Zhang Suan Shu ), complilé à cette époque, est un manuel mathématique classique couvrant la géométrie, l'algèbre et l'ingénierie.

Il existe aussi plusieurs textes m√©dicaux datant de la dynastie Han. Le Shennong Ben Cao Jing est  texte pharmacologique, attribu√© √† l'empereur mythique Shennong, compil√© et enrichi sous la dynastie Han. Il classe de nombreuses herbes m√©dicinales et leurs usages. Le Huangdi Neijing,  aussi connu sous le nom de Classique interne de l'Empereur Jaune, est un texte fondamental compil√© pendant la dynastie Han. Il √©tablit des principes de diagnostic et de traitement bas√©s sur la th√©orie des cinq √©l√©ments et le yin-yang. L'√©poque des Han correspond par ailleurs au d√©veloppement et √† la codification des techniques d'acupuncture et de moxibustion et deviennent alors  une partie int√©grante de la m√©decine traditionnelle chinoise.

Ingéniérie et technologie.
Les ing√©nieurs Han construisent des barrages et des canaux pour l'irrigation et le contr√īle des inondations, am√©liorant ainsi la productivit√© agricole. Dans le m√™me temps, les infrastructures de transport se d√©veloppent, avec la construction de ponts, de routes et de relais pour faciliter les communications et le commerce. De nombreuses technologies apparaissent ou progressent significativement.

Les innovations technologiques sous les Han

‚ÄĘ Fonte du fer et de l'acier. - Les Han am√©liorent les techniques de fonte du fer et de l'acier, utilisant des hauts fourneaux et des soufflets √† piston pour produire des outils agricoles, des armes et des objets de la vie quotidienne.

‚ÄĘ Charrue en fer. - L'introduction de la charrue en fer, souvent tir√©e par des boeufs, am√©liore l'efficacit√© agricole.

‚ÄĘ Syst√®me de culture en terrasses. - Le d√©veloppement des terrasses pour l'agriculture permet une utilisation plus efficace des terres en pente et am√©liore la production de c√©r√©ales.

‚ÄĘ S√©riciculture. - La production de soie s'am√©liore consid√©rablement. La soie devient un produit de luxe et devient l'embl√®me du commerce le long de la Route de la Soie.

‚ÄĘ Fabrication du Papier. - Vers 105 apr√®s J.-C., l'eunuque Cai Lun am√©liore le processus de fabrication du papier, en utilisant des mat√©riaux comme l'√©corce d'arbre, des chiffons, des filets de p√™che et du chanvre. Cette invention r√©volutionne la communication et l'administration en Chine et, plus tard, dans le monde entier.

‚ÄĘ Boussole. - Les Han d√©couvrent les propri√©t√©s magn√©tiques de la magn√©tite (pierre d'aimant) et d√©veloppent la boussole. Initialement utilis√©e pour la divination et le feng shui, la boussole devient plus tard un outil indispensable pour la navigation.

 ‚ÄĘ Lun Yu (= √©triers). - L'invention des √©triers sous les Han r√©volutionne la cavalerie militaire, offrant une meilleure stabilit√© et contr√īle aux cavaliers.

Han du pays de Shu

Le royaume de Shu, √©galement connu sous le nom de Shu Han, √©tait situ√© dans la r√©gion actuelle du Sichuan et comprenait des parties du Yunnan et du Guizhou. Il a √©t√© fond√© par Liu Bei en 221, qui se disait  descendant de la dynastie Han et prit le titre d'empereur pour restaurer l'autorit√© des Han, d'o√Ļ le nom de Shu Han.

Ce royaume n'a eu que deux souverains : Liu Bei et Liu Shan.

‚ÄĘ Liu Bei (Liu Xuande, 221-223. - Bien qu'il ait gouvern√© pendant une courte p√©riode, Liu Bei a √©tabli les bases du royaume et a consolid√© son pouvoir dans la r√©gion du Sichuan. Il est d√©peint comme un leader vertueux et compatissant dans les r√©cits historiques et litt√©raires. Liu Bei a peu compter sur des g√©n√©raux et conseillers comp√©tants et loyaux. Ainsi, Zhuge Liang, l'un des plus c√©l√®bres strat√®ges de l'histoire chinoise, a-t-il √©t√© sonPremier ministre et s'est aussi illustr√© par ses brillantes strat√©gies militaires et son d√©vouement √† la cause de Liu Bei. Liu Bei, Zhuge Liang, ainsi que Guan Yu, et Zhang Fei fr√®res d'armes de Liu Bei, sont devenus des figures l√©gendaires, particuli√®rement popularis√©s par le Roman des Trois Royaumes.

‚ÄĘ Liu Shan (Liu Shan, 223-263) -  Fils du pr√©c√©dent, Liu Shan voit le d√©but de son r√®gne illustr√© par les conqu√™tes de Zhuge Liang dans le Yunnan. Mais ce g√©n√©ral meurt en 234 dans la campagne qu'il dirigeait contre l'√Čtat  de Wei. Liu Shan n'avait pas le m√™me calibre que son p√®re et son r√®gne a vu le d√©clin progressif du royaume. En 263 apr√®s J.-C., le royaume de Shu Han a √©t√© conquis par les forces du royaume de Wei, mettant fin √† son existence ind√©pendante. En 263, Liu Shan se soumet √† Sima Zhao, g√©n√©ral et premier ministre du royaume de Wei; Sima Zhao, figure cl√© de la p√©riode des Trois Royaumes va √™tre l'un des principaux architectes de la fondation de la dynastie Jin, dont son fils, Sima Yan (Wu), sera premier. L'empire cesse alors d'√™tre divis√© et les trois royaumes de Han, de Wei et de Wu disparaissent de la sc√®ne de l'histoire. 

Les Han du sud et du Nord

On trouve, lors du démembrement de l'empire qui suivit la chute de la dynastie Tang, deux petites dynasties du nom de Han; elles n'eurent qu'une durée éphémère et leur autorité ne s'étendit que sur un territoire fort restreint.

Les Han du Sud.
La dynastie des Han du Sud a régné sur une partie du sud de la Chine pendant la période des Cinq dynasties et des Dix royaumes (907-960 ap. JC). Elle a été fondée par Liu Zhiyuan (Gaozu des Han du Sud), en 947, qui renversa la dynastie des Jin postérieurs et établit son propre règne dans la région du Henan. Sous Gaozu et son successeur Yu-ti, la dynastie des Han du Sud a réussi à consolider son autorité dans le sud de la Chine. Elle a mené des campagnes militaires pour étendre son territoire et a entrepris des réformes administratives pour renforcer le gouvernement central.

Les deux  souverains de la dynastie des Han du Sud :

‚ÄĘ Gaozu des Han du Sud (śľĘťęėÁ•Ė, Liu Zhiyuan, r. 947 √† 948). - Fondateur de la dynastie, Gaozu a renvers√© la dynastie Tang post√©rieurs et √©tabli son propre r√®gne dans la r√©gion du Henan. Il a consolid√© le pouvoir et √©tabli les bases du royaume des Han du Sud. 

 ‚ÄĘ Yu-ti (Liu Chengyou, (ŚäČśČŅÁ•ź r. 948 √† 951). -  Fils de Gaozu. Son court r√®gne a √©t√© marqu√© par des  luttes de pouvoir internes, des r√©bellions et des invasions √©trang√®res. Il a √©t√© finalement renvers√© et tu√© par son g√©n√©ral, Guo Wei, qui a fond√© la dynastie des Zhou post√©rieurs, ce qui a conduit √† sa chute et √† l'av√®nement de la dynastie des Zhou post√©rieurs.

Les Han du nord.
Les Han du Nord ou Han Zhao √©taient un Etat du Nord de la Chine qui a exist√© pendant la p√©riode des Seize Royaumes (304-439 apr√®s J.-C.). Cette p√©riode a suivi la chute de la dynastie Jin occidentale et a √©t√© marqu√©e par la fragmentation de la Chine en nombreux √©tats rivaux, souvent dirig√©s par des peuples non chinois (Xiongnu, Xianbei et Jie). Les Han du Nord √©taient dirig√©s par les Xiongnu, qui √©taient une conf√©d√©ration de tribus nomades et ont jou√© un r√īle important dans l'histoire de la Chine, du fait de leur  interactions conflictuelles et commerciales avec les dynasties chinoises.

L'√Čtat de Han Zhao a √©t√© fond√© en 304 ap. JC par Liu Yuan, un chef Xiongnu, qui se revendiquait descendant de la famille royale Han, ce qui √©t√ait suppos√© lui conf√©rer une certaine l√©gitimit√© parmi les Chinois Han de son royaume. Sous Liu Yuan et ses successeurs, Les Han du nord ont √©tendu leur territoire, s'emparant de plusieurs r√©gions du nord de la Chine. Leur capitale initiale √©tait √† Pingyang (dans l'actuelle province du Shanxi).

Souverains de Han Zhao :

‚ÄĘ Liu Yuan ( = empereur Guangwen; r√®gne : 304-310 ap. JC). - Fondateur du royaume des Han du Nord, Liu Yuan a √©t√© un chef Xiongnu qui s'est proclam√© empereur. Il a consolid√© le pouvoir dans le nord de la Chine et a √©tabli les bases du royaume.

‚ÄĘ Liu Cong  (r. 310-318) - Fils de Liu Yuan, Liu Cong a poursuivi l'expansion du royaume et a continu√© √† consolider le pouvoir des Han du Nord.

‚ÄĘ Liu Yao (r. 318-329). -  Successeur de Liu Cong, Liu Yao a √©t√© confront√© √† des d√©fis internes et externes, notamment des invasions des royaumes voisins et des troubles au sein du royaume.

‚ÄĘ Liu Xi (r. 329-331). - Fils de Liu Yao, Liu Xi a bri√®vement r√©gn√© sur le royaume des Han du Nord avant d'√™tre renvers√© par son cousin Liu Yao.

‚ÄĘ Liu Yao, restaur√© (r. 331-333 ). - Apr√®s avoir repris le pouvoir, Liu Yao a continu√© √† lutter contre les royaumes rivaux et √† tenter de renforcer le royaume des Han du Nord.

‚ÄĘ Liu Cong, restaur√© (r. 333-334). - Restaur√© bri√®vement, Liu Cong a de nouveau tent√© de consolider le pouvoir, mais il a √©t√© finalement vaincu par un rival.

‚ÄĘ Liu Can ( = empereur Huaiyuan; r. 334-348). -  Fils de Liu Cong, Liu Can a √©t√© proclam√© empereur apr√®s la mort de son p√®re. Son r√®gne a √©t√© marqu√© par des luttes internes et des affrontements avec les royaumes voisins.

‚ÄĘ Liu Yao, restaur√© (r. 348-349). Restaur√© une nouvelle fois, Liu Yao a tent√© de r√©tablir la stabilit√© dans le royaume, mais il a √©t√© rapidement supplant√©.

‚ÄĘ Liu Xi, restaur√© (r. 349-353). - Apr√®s son retour au pouvoir, Liu Xi a continu√© √† lutter contre les troubles internes et les invasions des royaumes voisins.

‚ÄĘ Liu Yin (r. 353-355). - Fils de Liu Xi, Liu Yin a bri√®vement r√©gn√© sur le royaume avant d'√™tre renvers√©.

‚ÄĘ Liu Cong, restaur√© (r. 355-363). - Liu Cong a tent√© de r√©tablir, une fois de plus, la stabilit√© dans le royaume, mais il a √©t√© vaincu et tu√© lors d'une invasion des royaumes voisins.

Les luttes de pouvoir internes et les r√©bellions ont affaibli l'√Čtat de Han Zhao. La rivalit√© entre les diff√©rentes factions Xiongnu et les tensions ethniques ont exacerb√© ces conflits. Les attaques d'√Čtat rivaux, √† commencer par le royaume de Wei, dirig√© par des groupes Xianbei, ont √©galement contribu√© √† l'instabilit√© et au d√©clin des Han Zhao.
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Dictionnaire biographique
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