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 Histoire de l'Asie > La Chine

La dynastie des Tang

La dynastie des Tang (T'ang) est une dynastie chinoise qui r√©gna de 618 √† 907. Elle succ√®de √† la dynastie Sui (581-618) qui avait a r√©ussi √† unifier la Chine apr√®s des si√®cles de division, et pr√©c√®de la p√©riode dite des Cinq dynasties et des Dix Royaumes. La dynastie Tang est l'une des p√©riodes les plus florissantes de l'histoire chinoise. La po√©sie Tang est repr√©sent√©e notamment par deux g√©ants de la litt√©rature, Li Bai et Du Fu. Les arts visuels, la musique, et la danse prosp√®rent √©galement √† cette √©poque. L'imprimerie,  la porcelaine fine et les techniques agricoles font des progr√®s notables. Le commerce prosp√®re, en particulier le long de la Route de la Soie, reliant la Chine √† l'Asie centrale, au Moyen-Orient, et √† l'Europe. Les Tang perfectionnent √©galement le syst√®me d'examens imp√©riaux pour recruter des fonctionnaires, une pratique (le mandarinat) qui durera jusqu'√† la fin de la dynastie Qing en 1912. Mais, dans le m√™me temps, la lourdeur de projets et la tyrannie des dirigeants de cette dynastie conduisent √† des r√©voltes qui √©branle leur pouvoir, et finalement en viendront √† bout.
Pour comparaison, les Carolingiens ont régné en France, entre 687 et 987, soit à peu près pendant la même période que les Tang. Dans le monde arabo-musulman, cette époque correspond à l'intervalle de temps qui va de la prédication de Mahomet (622) et l'avènement des Fatimides au Maghreb (910).
Le temps des Tang.
En 618, Li Yuan  (śĚéśłä), plus tard connu sous le nom de l'empereur Gaozu (ŚĒźťęėÁ•Ė), prend le pouvoir. Il√©tabli la dynastie Tang et s'efforce de stabiliser et de consolider le pays. Son fils, Li Shimin, devenu l'empereur Taizong (ŚĒźŚ§™Śģó, 626-649) apr√®s un coup d'√Čtat en 626, est consid√©r√© comme l'un des plus grands empereurs de Chine. Il consolide le pouvoir des Tang, repousse les invasions et am√©liore l'administration. Sous Taizong et ses successeurs, la dynastie Tang conna√ģt une p√©riode de grande prosp√©rit√© et d'expansion territoriale. Les Tang √©tendent leur influence √† travers l'Asie centrale, atteignant des r√©gions comme le Xinjiang, le Tibet, et m√™me des parties de l'Asie du Sud-Est.

L'empereur Gaozong  (ŚĒźťęėŚģó, 649-683)  continue les politiques de son p√®re, mais c'est sous le r√®gne de sa veuve, l'imp√©ratrice Wu Zetian (ś≠¶ŚąôŚ§©, 690-705), que des changements significatifs ont  lieu. Wu Zetian a √©t√© la seule femme √† r√©gner en tant qu'imp√©ratrice de Chine, fondant sa propre dynastie Zhou (interr√®gne de la dynastie Tang) de 690 √† 705. Elle met en oeuvre des r√©formes administratives et soutenu les arts et l'√©ducation.

Apr√®s elle, l'empereur Xuanzong (ŚĒźÁ饌ģó, 712-756) pr√©side √† ce qui est souvent consid√©r√© comme l'apog√©e culturelle de la dynastie Tang. Son r√®gne voit une floraison des arts, de la po√©sie (Li Bai, Du Fu), de la musique et de la danse. Il supervise des r√©formes √©conomiques et administratives, renfor√ßant l'√Čtat et favorisant le commerce. Le r√®gne de Xuanzong est aussi marqu√© par la r√©bellion d'An Lushan (ŚģČÁ¶ĄŚĪĪ, 755-763), un tournant majeur, car si elle a fini par √™tre r√©prim√©e, elle va affaiblir la dynastie Tang, causant des destructions massives et la perte de territoires.

La r√©bellion d'An Lushan a √©t√© l'une des plus grandes r√©bellions de l'histoire chinoise, survenue pendant la dynastie Tang au VIIIe si√®cle. An Lushan, un g√©n√©ral sino-sogdien de l'arm√©e imp√©riale, se rebella contre l'empereur Tang Xuanzong en 755 apr√®s une s√©rie de tensions politiques, √©conomiques et sociales. La r√©bellion a √©t√© motiv√©e par divers facteurs, notamment la corruption bureaucratique, la pression fiscale, les conflits ethniques et la d√©sillusion √† l'√©gard du gouvernement central. An Lushan a r√©ussi √† mobiliser un vaste soutien militaire, y compris de nombreuses tribus non chinoises, et il a rapidement pris le contr√īle de grandes parties du nord de la Chine. La capitale, Luoyang, en 755, et Chang'an, l'actuelle Xi'an, en 756 tombent m√™me bri√®vement sous son contr√īle. La r√©bellion a caus√© d'immenses pertes humaines et mat√©rielles, d√©stabilisant gravement l'empire Tang. Bien que l'empire ait finalement r√©ussi √† r√©primer la r√©bellion en 763, cela a laiss√© la dynastie Tang affaiblie et ouvert la voie √† une p√©riode de d√©clin progressif. La r√©bellion d'An Lushan a eu un impact significatif sur l'histoire chinoise, marquant le d√©but de la fin de la puissance imp√©riale Tang. 
Après la rébellion, la dynastie Tang tente de se restructurer. Les réformes administratives et militaires sont mises en oeuvre pour réduire le pouvoir des gouverneurs militaires, mais avec des résultats mitigés. Le pouvoir central est affaibli, et des révoltes locales éclatent.

Les décennies suivantes ont été marquées par des troubles internes, des luttes de pouvoir et des invasions de peuples nomades. Les Tang ont continué à perdre leur autorité, et le pays est progressivement tombé dans le désordre. En 907, Zhu Wen, un ancien rebelle devenu général dans l'armée des Tang, a forcé le dernier empereur Tang à abdiquer. Zhu Wen a fondé la dynastie des Liang postérieurs. Cet événement marque le début de la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes, une nouvelle époque de fragmentation politique qui a duré jusqu'à la fondation de la dynastie Song en 960.

Empereurs de la dynastie Tang.
Voici une liste des empereurs de la dynastie Tang, accompagnée d'une brève description de leurs règnes :

‚ÄĘ Gaozu (Li Yuan, r√®gne : 618-626) - Ancien g√©n√©ral de les Sui, Li Yuan a renvers√© les Sui et fond√© la dynastie Tang. Son r√®gne a √©t√© consacr√© √† la consolidation de son pouvoir et √† la stabilisation de l'empire. 
‚ÄĘ Taizong (Li Shimin, r. 626-649). - Taizong , fils du pr√©cc√©dent, est un des plus grands empereurs de la Chine. Son r√®gne est consid√©r√© comme l'√Ęge d'or de la dynastie, marqu√© par des r√©formes administratives et militaires et une expansion territoriale significative. Il acc√©da au tr√īne apr√®s avoir men√© un coup d'√Čtat. Il sut par son courage et sa fermet√© en imposer aux Turks; plusieurs hordes de ce peuple reconnurent sa souverainet√©. A l'Ouest, Taizong agrandit le territoire de l'empire jusqu'√† Tourfan et Khami. Il vainquit le roi du Tibet qui √©tait alors tr√®s puissant. Il fit aussi une guerre contre l'un des trois royaumes de Cor√©e. Taizing √©tait tr√®s consid√©r√© par tous les souverains qui lui envoy√®rent des ambassadeurs, entre autres Yezdedjerd III, roi de Perse. Il adoucit les lois p√©nales, permit en 638 de pr√™cher en Chine la religion chr√©tienne et prot√©gea les lettres et l'√©tude des Jing. Sous son r√®gne, Hiouen-tsang entreprit son c√©l√®bre voyage en Inde.

‚ÄĘ Gaozong (Li Zhi, r. 649-683). - Sous  Gaozong , fils du pr√©c√©dent, le g√©n√©ral Su Ting fang continua la conqu√™te des pays situ√©s √† l'Ouest, vainquit les Turks occidentaux. En 661, Gaozong fit diviser les contr√©es occidentales soumises √† la Chine en 8 gouvernements et 76 d√©partements. Les Tib√©tains s'√©tant empar√©s du royaume de Tou-kou-hoen devinrent tr√®s puissants et prirent aux Chinois (670) quatre des places les plus importantes du Turkestan oriental : Khotan, Karachar, Kashgar et Koutche. Gaozong mourut de maladie en 683.

‚ÄĘ Zhongzong (Li Xian, r. 684). -  Jeune fils de Gaozong, il a √©t√© empereur pendant deux mois avant d'√™tre d√©pos√© et exil√© par sa m√®re Wu Zetian, sous pr√©texte d'avoir voulu √©lever son beau-p√®re Wei Hiuen Tchin √† une tr√®s haute fonction. Il a ensuite r√©gn√© √† nouveau apr√®s la chute de Wu Zetian.

‚ÄĘ Ruizong (Li Dan, r. 684-690). - Huiti√®me fils de Gaozong, il fut nomm√© empereur par Wu Zetan, mais celle-ci ne le laissa pas gouverner.

‚ÄĘ Wu Zetian (r. 690-705). - Seule imp√©ratrice r√©gnante de Chine. Bien que veuve de Gaozong, elle a usurp√© le tr√īne . Elle changea en 690 le nom de la dynastie de Tang en celui de Zhou (Tch√©ou). Son r√®gne a √©t√© marqu√© par des r√©formes administratives et un soutien accru aux arts et √† l'√©ducation. Elle sut s'allier les princes turks. Avec leur aide, les Chinois reprirent aux Tib√©tains, en 692, les quatre places fortes que ceux-ci avaient prises sous Gaozong. En √©change, l'imp√©ratrice c√©da aux Turks certains territoires et leur donna des pi√®ces de soie et du grain. On accusait l'imp√©ratrice Wu de vouloir mettre sur le tr√īne un membre de sa propre famille, celle des Wu, avec l'aide des deux fr√®res Zhang (Zhang Yizhi et Zhang Changzon) qui avaient un grand cr√©dit √† la cour. Un jour, les partisans de Zhongzong emmen√®rent ce prince dans le palais de l'imp√©ratrice, tu√®rent les fr√®res Chang. L'imp√©ratrice, voyant qu'elle ne pouvait garder le pouvoir, le remit √† son fils Zhongzong.

‚ÄĘ Zhongzong (Li Xian, restaur√© : 705-710) remonta sur le tr√īne et  redonna √† sa dynastie le nom de Tang. Il  laissa sa femme, l'imp√©ratrice Wei, gouverner. La cour fut livr√©e √† toutes sortes d'intrigues; les princesses se m√™laient des affaires de l'√Čtat. Zhongzong fut emprisonn√©. Wei fit proclamer empereur son fils, le prince Shang (Shangdi) et voulut r√©gner entant qu'imp√©ratrice douairi√®re.  Li Longji, fils de Ruizong, neveu du d√©funt empereur Zhongzong, avec une troupe de fid√®les, rentra dans le palais et mit √† mort l'imp√©ratrice Wei.

‚ÄĘ Ruizong (Li Dan, restaur√© :  710-712). - De nouveau reconnu empereur, ce prince fatigu√© des intrigues abdiqua bient√īt en faveur de son troisi√®me fils.

‚ÄĘ Xuanzong (Li Longji, r. 712-756). - Son r√®gne est vu comme l'apog√©e de la dynastie Tang. Il √©tait le fils de fils de Ruizong. Il fit la guerre aux Tib√©tains, leur reprit la ville de Che-pou-tching qu'ils avaient prise √† la Chine. En 732 il fit la paix avec les Turks qui habitaient dans la vall√©e de l'Orkhon, o√Ļ on √©leva √† cette occasion deux grands monolithes avec inscriptions en caract√®res turks et chinois; ces textes existent encore (Les langues alta√Įques). Hiuen-tsong entreprit une guerre contre les Khitans o√Ļ le g√©n√©ral An-lo-chan fut battu. Les Chinois √©prouv√®rent aussi une grande d√©faite dans le Yun-nan. Hiuen-tsong, en 751, fonda l'acad√©mie Han-lin. An-lushan, que l'empereur avait combl√© de bienfaits, se r√©volta, rassembla toutes les troupes qui √©taient sous ses ordres, marcha sur Lo yang (Ho-nan-fou), prit cette ville et s'avan√ßa sur Si-ngan-fou o√Ļ r√©sidait l'empereur. Celui-ci se sauva dans le Sse-tchouen.

‚ÄĘ Suzong (Li Heng, 756-762). - Fils du pr√©c√©dent, il fut nomm√© empereur √† Ling-ou, quoique son p√®re vivait encore. An Lushan le rebelle prit alors le titre d'empereur, mais il fut assassin√© par l'ordre de son fils An-king-siou qui voulait r√©gner √† sa place. Suzong re√ßut des rois de Khitan et d'Ou√Įgours des troupes; fort d'une arm√©e de 150 000 hommes, il put reprendre Si-ngan-fou et Lo-yang. Un des g√©n√©raux du parti rebelle, Sse-sse-ming, assassina An-king-siou, se fit proclamer empereur et d√©fit l'arm√©e de Son-tsong pr√®s de Lo-yang. Sse-tchao-y, fils de Sse-sse-ming, fit tuer son p√®re et s'empara du pouvoir.

‚ÄĘ Daizong (Li Yu, r. 762-779). - Il √©tait le fils de Suzong. Daizong a continu√© les efforts de son p√®re pour stabiliser l'empire apr√®s la r√©bellion d'An Lushan. Son r√®gne a √©t√© marqu√© par des efforts pour reconstruire et r√©former l'administration. il demanda au khan des Ou√Įgours  de l'aider contre les rebelles : celui-ci vint avec une arm√©e de 100 000 hommes et Sse-tchao fut vaincu. Les Tib√©tains recommenc√®rent leurs attaques contre la Chine, ils s'avanc√®rent sur Si-ngan-fou qu'ils prirent. L'empereur se sauva √† Chen-tcheou dans le Ho-nan. Les Tib√©tains furent bient√īt refoul√©s vers leur pays.

‚ÄĘ Dezong (Li Kuo, r. 779-805). -  Dezong prit de sages mesures contre les abus des mandarins et fit supprimer plusieurs imp√īts. Le gouverneur de Tching ting-fou, dans le Pe-tchi-li, mourut sans nommer son fils √† sa place; celui-ci demanda √† l'empereur d'√™tre confirm√© dans la charge de son p√®re, ce qui lui fut refus√©. Plusieurs gouverneurs prirent alors son parti et se r√©volt√®rent. Les soldats qui √©taient envoy√©s contre eux √©taient mal nourris, ils s'insurg√®rent, rentr√®rent dans la capitale (Si-ngan-fou), forc√®rent le gouverneur de cette ville, Tchu-tse, de se mettre de leur parti; le dernier prit le titre d'empereur. Te-tsong se sauva √† Han-tchong-fou. Les troupes de Te-tsong prirent Si-ngan-fou. Les rebelles durent apr√®s plusieurs combats se soumettre. L'empereur rentra dans la capitale (784). Te-tsong fit une alliance avec les Ou√Įgours contre les Tib√©tains; ceux-ci furent battus aupr√®s de la ville Ouei-tcheou, dans le Sse-tchouen. Le prince de Yun-nan se d√©cida √† attaquer les Tib√©tains, leur prit seize villes et re√ßut de la Chine le titre de roi de Nan-tchao. Dezong √©tablit en 803 de lourds imp√īts qui accabl√®rent le peuple.

‚ÄĘ Shunzong (Li Song, r. 805). - Fils de Dezong, il ne r√©gna que quelques mois; malade, il abdiqua en faveur de son fils.

‚ÄĘ Xianzong (Li Chun, r. 805-820). Fils de Shunzong. Les gouverneurs continu√®rent √† vouloir que leurs principaut√©s fussent h√©r√©ditaires. Le gouverneur de Ta-ming-fou √©tant mort, sa veuve fit nommer (812) son fils √Ęg√© de onze ans. L'empereur, gr√Ęce au bon sens de la population, nomma Tien hing gouverneur √† la place de cet enfant. Le fils du gouverneur de Nan-yang-fou, √† la mort de son p√®re, se r√©volta, ce n'est que trois ans apr√®s qu'il fut pris et mis √† mort. Cet √©tat continuel de guerre civile for√ßait l'empereur d'avoir 830 000 hommes de troupes. Gr√Ęce √† l'habilet√© de ses g√©n√©raux, les grands reconnurent la souverainet√© de Xianzong (849). Cet empereur √©tait tr√®s adonn√© au bouddhisme et re√ßut, dans son palais, en grande c√©r√©monie, un os du Bouddha. Son r√®gne est consid√©r√© comme une p√©riode de renouveau pour l'empire Tang.

‚ÄĘ Muzong (Li Heng, r. 820-824). - D√©clin progressif : Muzong a continu√© les efforts de son p√®re pour maintenir l'autorit√© imp√©riale, mais son r√®gne a vu le d√©but d'un d√©clin progressif du pouvoir central. Ouang tching-tsong, gouverneur de Tching-ling, √©tant mort, son fr√®re ne voulut pas lui succ√©der sans √™tre nomm√© par l'empereur. Celui-ci d√©signa un autre gouverneur, Tien-hong-tching. Ouang-ting-tseou, g√©n√©ral de la cavalerie de la province de Tching-ting, tua Tien-hong-tching et se r√©volta. L'empereur pr√©f√©ra traiter avec le rebelle que de le r√©duire √† l'ob√©issance. Il agit de m√™me envers un autre gouverneur rebelle.

‚ÄĘ Jingzong (Li Zhan, r. 824-827). - Fils a√ģn√© du pr√©c√©dent, il ne cherchait qu'√† se divertir; ayant fait flageller plusieurs eunuques, ceux-ci le tu√®rent un soir qu'il revenait de la chasse.

‚ÄĘ Wenzong (Li Ang, r. 827-840). - Fils cadet de Muzong. Il commen√ßa √† d√©truire un grand nombre d'abus qui existaient dans le gouvernement; il voulut an√©antir l'autorit√© des eunuques et les mettre √† mort : ce projet √©choua. Les eunuques se veng√®rent contre les mandarins et devinrent plus arrogants que jamais. L'empereur mourut de tristesse quelques ann√©es apr√®s.

‚ÄĘ Wuzong (Li Yan, r. 840-846). - Cinqui√®me fils de Muzong. Sous son r√®gne, les Ou√Įgours, attaqu√©s par les Kirghiz, devenaient moins puissants; aussi les Chinois purent au Nord de la Grande Muraille les vaincre et les chasser de leur territoire. Les Tib√©tains, divis√©s par les guerres intestines, √©taient moins dangereux. Wuzong est surtout connu pour sa pers√©cution du bouddhisme et d'autres religions √©trang√®res, favorisant le tao√Įsme √† la place. En 845, on chassa les religieux et religieuses bouddhistes qui √©taient au nombre de 260 500. On conserva 44 monast√®res et de 400 √† 500 religieux. Les nestoriens, les manich√©ens et les madz√©ens ne furent pas moins √©pargn√©s, leurs biens furent confisqu√©s.

‚ÄĘ Xuanzong (Li Chen, r. 846-859) . - Sous son r√®gne, l'empire a connu une certaine stabilit√© et il a entrepris des r√©formes pour renforcer le gouvernement. Xuanzong √©tait le fr√®re de fr√®re de Muzong. Il  gouverna avec justesse et sagesse. Les Tib√©tains √©taient toujours, en guerre civile, aussi la Chine recouvra plusieurs places dans le Chen-si et, dans le Sse-tchouen dont ce peuple s'√©tait empar√© lors de leur grande puissance.

‚ÄĘ Yizong (Li Cui, r. 859-873). -   Fils de Xuanzong. Sous son r√®gne, les Ou√Įgours s'empar√®rent de Khami, Tourfan et Pe-ting et s'√©tendirent jusqu'au pays de Kashgar. Ils se rendirent ma√ģtres de Kan-tcheou. Yizong aimait le luxe et les plaisirs; tr√®s inclin√© vers le bouddhisme, il fit porter √† Si-ngan-fou, en grande pompe l'os du Bouddha, que l'empereur Zianzong avait d√©j√† fait venir dans la capitale. Le r√®gne de Yizong a aussi √©t√© marqu√© par des crises √©conomiques et des soul√®vements paysans

‚ÄĘ Xizong (Li Xuan, r.  873-888). -  Filss du pr√©c√©dent, il monta jeune sur le tr√īne. Sous son r√®gne, on exigea les imp√īts malgr√© la disette; le peuple se souleva. Huang Chao, chef des rebelles, s'empara de plusieurs villes et s'avan√ßa sur Si-ngan-fou. L'empereur se sauva dans le Sse-tchouen. Si-ngan-fou fut pris par Huang Chao qui se fit proclamer empereur (880). Les troupes imp√©riales, sous le commandement du Li-ke-yong, prirent Si-ngan-fou, poursuivirent Huang Chao, le battirent plusieurs fois; celui-ci, voyant qu'il ne pouvait r√©sister, se donna la mort. Xizong retourna √† Si-ngan-fou; pendant ce temps, Tsing-tsong-kiuen prit le titre d'empereur dans le Ho-nan. La cour √©tait en proie aux discordes. La dispute entre les g√©n√©raux et les ministres for√ßa l'empereur de se retirer une seconde fois de Si-ngan-fou; le palais fut incendi√©. Un des g√©n√©raux, Tchumei, fit proclamer empereur le prince Li-yun, un arri√®re petit-fils de l'empereur. Tchu-mei et Li-yun ne tard√®rent pas √† √™tre tu√©s. Xizong revint √† Si-ngan-fou; il mourut en 888.

‚ÄĘ Zhaozong (Li Ye, r. 888-904). - Fr√®re du pr√©c√©dent, voulait r√©tablir l'ordre dans l'empire et d√©truire le pouvoir des eunuques qui grandissait tous les jours; ceux-ci enferm√®rent l'empereur dans une partie du palais et voulurent mettre √† sa place sur le tr√īne un de ses fils. L'empereur fut d√©livr√©, mais il fut forc√© de quitter la capitale Si-ngan-fou pour aller √† Lo-yang. Cet infortun√© empereur tomba ensuite sous l'autorit√© du seigneur de guerre Zhu Wen qui le fit mourir. 

‚ÄĘ Aidi (Li Zhu, r. 904-907).  Fils de Zhaozong. Pressentant que Zhu Wen lui r√©servait le m√™me sort qu'√† son p√®re, il lui remit le pouvoir; Zhu Wen accepta. Ainsi finit mis√©rablement la dynastie des Tang qui r√©gna 290 ans. Zhu Wen prit le titre d'empereur et donna √† sa dynastie le nom de Heou-liang, la premi√®re des cinq petites dynasties qui succ√©d√®rent aux Tang. (Ed. Specht).

La civilisation chinoise sous la dynastie Tang

La dynastie Tang repr√©sente une p√©riode de floraison culturelle, de prosp√©rit√© √©conomique, d'innovations culturelles et technologiques et de stabilit√© politique, qui a profond√©ment influenc√© la civilisation chinoise et a laiss√© un h√©ritage durable.  La Chine Tang a √©tait un centre de commerce, de culture et de pouvoir, attirant des influences et des √©changes du monde entier. Cette p√©riode est consid√©r√©e comme l'√Ęge d'or de la civilisation chinoise.

Politique et administration.
Centralisation et méritocratie.
L'empereur détenait le pouvoir suprême, soutenu par une bureaucratie méritocratique. Le système des examens impériaux, basé sur les classiques confucéens, était utilisé pour sélectionner les fonctionnaires, favorisant la compétence sur les relations familiales ou la richesse.

Sous l'empereur Taizong, des r√©formes administratives ont √©t√© mises en place pour renforcer le contr√īle central et am√©liorer l'efficacit√© gouvernementale.

Expansion territoriale.
Sous les empereurs Taizong et Xuanzong, l'empire Tang s'est étendu à des régions comme le Xinjiang, la Mongolie et le Tibet. Les Tang ont également exercé une influence sur la Corée, le Vietnam et l'Asie centrale.

√Čconomie.
Agriculture et production.
Le système de répartition des terres, connu sous le nom de juntian ( = champ de l'égalisation), a été introduit pour distribuer les terres agricoles de manière équitable, augmentant ainsi la productivité agricole. La production de la soie a, quant à elle, atteint de nouveaux sommets sous les Tang, tant en termes de quantité que de qualité.. Le Grand Canal, achevé sous la dynastie Sui et amélioré sous les Tang, facilitait le transport des marchandises entre le nord et le sud de la Chine, stimulant le commerce interne.

Commerce et échanges.
La Route de la Soie terrestre et maritime a prosp√©r√©, reliant la Chine √† l'Asie centrale, au Moyen-Orient, et √† l'Europe. Cela a favoris√© l'√©change de biens, de technologies, et d'id√©es. Les villes Tang, comme Chang'an (capitale) et Luoyang, √©taient des centres de commerce anim√©s avec des march√©s florissants, o√Ļ les produits de toute l'Asie √©taient √©chang√©s.

Société.
Structure sociale.
Sous la dynastie des Tang en Chine (618-907), la soci√©t√© √©tait structur√©e de mani√®re hi√©rarchique et complexe, mais √©galement dynamique. 

 Au sommet de la soci√©t√© se trouvait l'empereur, consid√©r√© comme le fils du Ciel et poss√©dant un pouvoir absolu.  La Cour imp√©riale √©tait compos√©e de fonctionnaires, de membres de la famille imp√©riale, de eunuques et d'autres personnes influentes. 
Les femmes de l'élite jouissaient d'un certain degré de liberté et d'influence, comme l'impératrice Wu Zetian, qui devint la seule femme à régner en tant qu'empereur en Chine.

Il existait un système de noblesse héréditaire, bien que le pouvoir de l'aristocratie ait été réduit par rapport aux périodes précédentes. Certains membres de l'aristocratie occupaient des postes gouvernementaux importants, mais leur pouvoir était généralement subordonné à celui de l'empereur et des hauts fonctionnaires.

La bureaucratie imp√©riale √©tait tr√®s d√©velopp√©e sous les Tang. Les fonctionnaires √©taient s√©lectionn√©s par des examens imp√©riaux bas√©s sur les classiques confuc√©ens. Les fonctionnaires √©taient class√©s selon le syst√®me des Neuf Rangs  qui d√©terminait leur statut et leurs privil√®ges.

Les marchands √©taient souvent organis√©s en guildes, tandis que les artisans √©taient regroup√©s en associations selon leur m√©tier. Au-dessous d'eau se trouvait la majorit√© de la population, qui √©tait constitu√©e de paysans, travaillent la terre et versant des imp√īts au gouvernement. Certains paysans √©taient libres, tandis que d'autres √©taient attach√©s √† la terre et √©taient consid√©r√©s comme des serfs.

La soci√©t√© Tang √©tait multiculturelle, comprenant des Chinois Han ainsi que des populations des r√©gions frontali√®res (Tib√©tains, les Ou√Įghours, Tujue (Turcs),  Cor√©ens et Perses). 

Urbanisation.
Chang'an et Luoyang étaient parmi les plus grandes et les plus prospères villes du monde à l'époque, avec une infrastructure sophistiquée, des palais, des temples, des marchés et des quartiers résidentiels.

Culture et arts.
Littérature.
L'√Ęge d'or de la po√©sie chinoise, avec des po√®tes renomm√©s comme Li Bai, Du Fu et Wang Wei. La po√©sie √©tait une partie int√©grante de la vie culturelle et politique. Les √©crits historiques, les romans et les essais prosp√©r√®rent. Les √©rudits compil√®rent d'importants ouvrages encyclop√©diques et historiques.

Art et architecture.
L'art Tang est c√©l√®bre pour ses peintures de paysages, de figures humaines, et de chevaux. Les sculptures bouddhistes, souvent monumentales, sont remarquables. C'est  √† cette √©poque que sont d√©velopp√©es de grandes structures (pagodes,  temples bouddhistes, palais imp√©riaux).

Religion et philosophie.
Le bouddhisme a atteint son apogée, influençant la culture, l'art et la philosophie chinoises. Des moines et érudits bouddhistes, tels que Xuanzang, ont voyagé en Inde pour ramener des textes sacrés.

Le tao√Įsme et le confucianisme continuaient d'influencer la soci√©t√© et la politique. Le tao√Įsme √©tait pratiqu√© parall√®lement au bouddhisme, et le confucianisme restait la base de l'administration.

Sciences et technologie.
Sciences.
On a assisté sous les Tang à des avancées significatives en astronomie. Plusieurs observatoires astronomiques sont construits pour étudier le ciel et enregistrer des phénomènes célestes. L'astronome Yi Xing fait des avancées dans la cartographie stellaire et le calcul de la position des étoiles.

Les Tang ont également réalisé des progrès significatifs dans la cartographie terrestre. Pei Xiu, bien qu'ayant travaillé sous la dynastie précédente, a influencé les techniques utilisées durant la dynastie Tang. Des cartes plus précises et détaillées ont été créées, aidant à la navigation et à l'administration.

Médecine.
Sous la dynastie Tang, les connaissances médicales ont considérablement progressé. L'ouvrage médical Xinxiu Bencao (Nouvelle compilation de pharmacopée), compilé par Su Jing et publié en 659, a été l'un des premiers ouvrages de pharmacopée officiel, décrivant des centaines de médicaments à base de plantes, de minéraux et d'animaux.

Les Tang ont par ailleurs √©tabli des h√īpitaux publics pour traiter les malades et former des m√©decins, un concept avanc√© pour l'√©poque.

Ingénierie et construction.
Les Tang ont développé un vaste réseau de canaux pour faciliter le transport et l'irrigation. Le Grand Canal des Sui, qui reliait la capitale Chang'an (aujourd'hui Xi'an) au sud de la Chine, est étendu et amélioré.

L'architecture des Tang est marquée par des structures imposantes et bien conçues, comme la Grande Pagode de l'Oie Sauvage à Xi'an. Les techniques de construction en bois et en pierre sont perfectionnées.

Les innovations technologiques sous les Tang

‚ÄĘ Porcelaine. - La production de porcelaine fine commence sous les Tang, avec des techniques de gla√ßure et de cuisson avanc√©es. Cette porcelaine, tr√®s pris√©e, est export√©e vers de nombreuses r√©gions.

‚ÄĘ Fabrication du Papier. - Bien que le papier ait √©t√© invent√© sous les Han, c'est sous la dynastie Tang que la qualit√© et la production du papier est consid√©rablement am√©lior√©es, le rendant plus accessible et plus largement utilis√©.

‚ÄĘ Imprimerie. - La technique de l'impression sur bois conna√ģt aussi une grande avanc√©e, avec les caract√®res chinois grav√©s sur des blocs de bois, encr√©s, puis press√©s sur le papier. Cela permet la production en masse de livres et la diffusion du savoir.

‚ÄĘ Teintures. - Des techniques avanc√©es de teinture nouvelles sont d√©velopp√©es. Elles permettant des motifs et des couleurs plus vari√©s et durables sur les tissus.

‚ÄĘ Horloge √† eau. - La technologie des horloges √† eau est am√©lior√©e pour des mesures du temps plus pr√©cises. Les horloges √† eau sont utilis√©es √† des fins astronomiques et administratives.

‚ÄĘ Poudre √† canon. - Les premi√®res formulations de la poudre √† canon datent de la dynastie Tang. Cela marque le d√©but de l'utilisation des explosifs √† des fins militaires.

‚ÄĘ Arbal√®tes et autres armes. - Les Tang oam√©liorent les armes de si√®ge et les arbal√®tes, rendant leurs arm√©es plus efficaces.

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Dictionnaire biographique
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