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Les
gens
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| Maspero
(Gaston Camille Charles), égyptologue né à Paris le
23 juin 1846, de parents d'origine lombarde, mort en 1916. Il fit de fortes
études comme interne au lycée Louis-le-Grand (1853-65), montrant
surtout du goût pour l'histoire, mais,
chose plus rare, attiré dès l'âge de quatorze ans par
l'Égypte, passionnément curieux de l'écriture hiéroglyphique Maspero ne fit pas de troisième année à l'École normale. Au lieu d'y rentrer après le licenciement de 1867, il partit pour l'Amérique du Sud. Comme, outre l'égyptien, il avait commencé à étudier sérieusement l'arabe et le sanscrit, Egger l'avait recommandé pour auxiliaire à Vicente Fidel Lopez, de Montevideo, qui voulait montrer que le quechua, langue péruvienne, était un dialecte sanscrit. C'est lui qui rédigea en français et publia l'ouvrage de ce savant sur les Races aryennes du Pérou. De retour en France, dès la fin de 1868, il publie l'Hymne au Nil des Papyrus du British Museum; puis il lit à l'Académie des inscriptions (1869) un mémoire sur les pièces d'un procès en violation de sépultures royales, publié dans les Savants étrangers sous ce titre : Une Enquête judiciaire à Thèbes au temps de la XXe dynastie. Répétiteur de langue et d'archéologie égyptiennes à l'École des hautes études (1869), il inaugura de minutieuses études de grammaire qu'il publia dans la Bibliothèque de cette école : Des Formes de la conjugaison en égyptien ancien, en démotique et en copte (1871). En même temps, il prépare ses thèses de doctorat, qu'il soutient en janvier 1873 : De Carchemis oppidi situ et historia antiquissima et Du Genre épistolaire chez les anciens Égyptiens. La même année les professeurs du Collège de France le présentent pour succéder à Rougé, mais, jugé trop jeune, il ne fut nommé que le 4 février 1874. L'Histoire ancienne des peuples de l'Orient
qu'il
donna en 1875 (Paris, in-18; 5e éd.,
1892), et qui fut aussitôt traduite en allemand, en espagnol, en
russe, en hongrois, était à la fois le résumé
de ses précédentes études et comme le programme de
tous ses travaux ultérieurs. C'était la première tentative
faite pour présenter, d'après les sources mêmes et
les monuments originaux, l'histoire de l'Orient classique; non plus l'histoire
des divers peuples pris à part, mais celle de leurs rapports entre
eux, le tableau synchronique de leurs moeurs, de leurs oeuvres, de leurs
institutions, de leurs croyances. A cette oeuvre qui, reprise dans de tout
autres proportions, sera l'affaire de sa vie entière, se rattachent
toutes les études philologiques, historiques et archéologiques
de Gaston Maspero, à savoir : Notes sur différents points
de grammaire et d'histoire, publiées dans les Mélanges
d'archéologie égyptienne (1874-78), dans la Zeitschrift
für Aegyptische Sprache (1875-83) et dans le Recueil de travaux
relatifs le la philologie égyptienne et assyrienne fondé
par lui en 1869, repris en 1878; De Quelques Navigations des Égyptiens
sur la mer Erythrée (dans la Revue historique, 1878);
la Grande Inscription des Beni-Hassan En novembre 1880, le gouvernement français
mit Gaston Maspero à la tête de la mission archéologique
qu'il envoyait en Égypte et qui allait devenir l'École française
du Caire On y a vu des élèves de dix-neuf
ans et de cinquante-cinq. Ils peuvent s'occuper d'arabe, d'assyrien, de
sanscrit, aussi bien que d'égyptien. Leurs publications de textes
et de monuments, leurs mémoires formeront vite plusieurs dizaines
de volumes. Comme il n'y eut de budget régulier qu'à partir
de 1884, et qu'il n'y eut de crédit pour les publications qu'à
partir de 1888, les premiers fascicules ne purent être publiés
qu'à force d'économies; l'École eut ses temps héroïques.
Dans la direction du musée de Boulaq et des fouilles, Maspero s'appliqua
premièrement à assurer la conservation des monuments, laissée
un peu en souffrance par Mariette, tout entier
à ses belles découvertes. Ce fut un service à organiser
avec des ressources très insuffisantes. L'Égypte fut divisée
en circonscriptions archéologiques, avec quelques chefs et une trentaine
de gardiens pour faire la police dans tout le pays contre la rapacité
des pillards et la curiosité trop peu scrupuleuse des touristes.
Les monuments de Karnak Gaston Maspero passait quatre ou cinq mois par an en Haute-Égypte, interrompu à chaque instant dans ses explorations et dans ses déblaiements, tantôt par les difficultés financières, tantôt par les troubles politiques. Durant les événements de 1882, rappelé par le gouvernement français, il passa quelques jours pour perdu. L'ordre rétabli, les touristes revenant, appuyé qu'il était par le sous-secrétaire d'État anglais, sir Colin Scott-Moncriff, il entrevoyait des temps meilleurs pour ses recherches; mais les conditions dans lesquelles il avait dû vivre pendant des années (à bord de son bateau, le plus souvent, l'appartement qu'il avait au musée de Boulaq étant inhabitable) avaient altéré sa santé et compromis celle des siens. Il rentra en France (juin 1886), après avoir fait accepter pour son successeur au musée, Grébaut, qui l'avait déjà remplacé à la tête de la mission. Gaston Maspero, qui était membre
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1883, reprit
son enseignement au Collège de France, sa direction d'études
à l'École des hautes études et ses travaux. Il avait
publié en 1883 : Contes populaires de l'Égypte ancienne
et un Guide du visiteur au musée de Boulaq. Il donna successivement
dans les Mémoires de la mission : Trois Années de fouilles
(t. I, fasc. 2); les Momies Il a ensuite donné de nombreux articles
dans la Revue critique, la Revue archéologique, le
Journal
asiatique, les Mémoires de la Société de
linguistique et de l'Association des Études grecques, la Nature,
les Débats, The Academy, The Records of the Past,
etc. Maspero repartit une dernière fois en
Égypte |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.