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Silène et les Silènes

Les Silènes, êtres mythiques, originaires de la Lydie et de la Phrygie, étaient primitivement des démons ou des génies qui présidaient aux eaux courantes. Dans la mythologie grecque, ils devinrent, à côté des Satyres et des Ménades, les compagnons de Dionysos. Parfois, ils sont considérés comme des Satyres devenus vieux, et d'autres fois comme des démons familiers, tels celui dont Socrate se disait accompagné. On les prétendait mortels, et l'on montrait nombre de leurs tombeaux supposés près de Pergame. Leurs mythes, leurs attributs, leurs traits essentiels ont été résumés dans le personnage de Silène.

Silène était le dieu phrygien des ruisseaux, des sources, des puits, de l'eau et de l'humidité fécondante;on lui attribuait l'invention de la musique; il passait pour avoir le don de prophétie. Comme dieu des eaux courantes, il était représenté avec une outre sur son épaule; comme inventeur de la musique, il se confondait avec Marsyas; sa science prophétique est attestée par la légende de Midas. Ce roi de Phrygie fit Silène prisonnier, en mélangeant du vin à l'une des sources qui lui servaient de résidence. Silène, amené devant Midas, lui dévoila l'avenir. 
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Silène.
Buste de Silène, au musée de Rouen.
Dessin de Chevignard.

Chez les Grecs, Silène apparaît sous une forme un peu différente. Il est étroitement lié au mythe de Dionysos. Fils d'Hermès, selon d'autres de Pan et d'une Nymphe, il naquit dans la ville légendaire de Nysa, comme Dionysos lui-même. Il éleva le jeune dieu, et combattit à ses côtés les Géants. Il tua, dit-on, Encelade et mit en fuite les autres Titans. Il accompagna Dionysos dans tous ses voyages, dans toutes ses aventures. 

Les Grecs le représentaient comme un vieillard, chauve, au nez camard, tantôt monté sur un âne, tantôt couché sur une outre. Silène ne fut jamais vraiment considéré par eux comme une divinité à part entière; aucun sanctuaire ne lui était consacré, sauf à Élis et en Arcadie

La légende de Silène fut souvent traitée sur le théâtre athénien dans les drames satyriques; c'est même peut-être là que le compagnon de Dionysos prit cette physionomie burlesque, qui ne semble pas avoir été celle du Silène phrygien. 

Le type de Silène fut de même l'un des motifs favoris des artistes ; il se trouve maintes et maintes fois reproduit en ronde bosse, sur des bas-reliefs et des peintures de vases. Il subit une évolution analogue à celle que nous avons signalée pour le type des Satyres
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Silène ivre.
Silène ivre. Bronze antique
provenant de Pompéi.

Sur plusieurs monuments du VIe siècle av. J.-C., les Silènes sont figurés, tantôt avec des pieds ou des sabots de cheval, tantôt avec des oreilles de porc. A l'époque classique (Ve et IVe siècles), le type s'ennoblit; Silène fut alors conçu sous les traits d'un vieillard, au crâne chauve, au corps tout couvert de poils, mais non sans une certaine grandeur. La célèbre statue de Silène portant Dionysos enfant dans ses bras est l'oeuvre qui traduit le mieux cette conception. 

Plus tard, l'art alexandrin et gréco-romain popularisa surtout le Silène ivre, endormi sur son outre; ce motif fut très souvent employé pour la décoration des fontaines ou des bassins de pierre. Les principaux attributs de Silène étaient son outre, le thyrse bachique, la couronne de lierre. (J. Toutain).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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