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Les
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Rambouillet
(Catherine de Vivonne, marquise de), née à Rome« avec une excellente beauté, possédait toutes les grandes qualités de la femme de Brutus et de la mère des Gracques ».Elle était, de plus, fort lettrée et prit un grand soin de l'éducation de sa fille qui, dès son enfance, assista aux conversations des amis de son père de Thou, Harlay, Pithou, Lefèvre, Pasquier, les grands érudits du temps. Catherine fut mariée à douze ans (27 janvier 1600) avec Charles d'Angennes, vidame et sénéchal du Mans Sa chambre bleue, parée de vases
de cristal où se mouraient les plus jolies fleurs, fut bientôt
célèbre. On y vit Voiture, Segrais,
Racan, Malherbe, Sarasin, Costar, Patin, Balzac,
Godeau, Conrart, Corneille,
Scarron,
Benserade,
Saint-Evremond,
La Rochefoucauld, Monsieur, la grande Mademoiselle,
Geneviève de Bourbon, qui fut la trop charmante Mme de Longueville,
son frère Condé, la comtesse de la Suze,
Mlle
de Scudéry, la Palatine, Richelieu,
la duchesse d'Aiguillon Ce salon finit - assez naturellement -
par tomber dans la préciosité. A force de raffiner, on poussa
le purisme à l'excès, et l'on vit de belles dames se pâmer
en entendant prononcer quelque locution vicieuse. Les surnoms dont les
membres de cette compagnie s'affublèrent : Arthénice ou l'incomparable
Arthénice (Mme de Rambouillet), Chrysante (Chapelain),
Sarraïde (Scudéry), Sésostris (Sarasin), etc., firent
sourire d'abord, et on les jugea bientôt ridicules. La critique intelligente,
y perdit ensuite presque tous ses droits et l'on ne prisa plus que les
tours de force littéraires, rondeaux Ce salon fameux disparut entre 1645 et 1650. Des deuils de famille avaient attristé la marquise de Rambouillet, et les intrigues si passionnantes de la Fronde portèrent un coup fatal aux plaisirs de la conversation polie qui avaient d'abord parti divins et qu'on trouva à la longue un peu fades et monotones. La marquise s'aperçut bien de ce déclin : de plus fortes douleurs l'avaient éprouvée et elle se composa cette mélancolique épitaphe : Ici gît Arthénice, exempte des rigueurs,De ses sept enfants, elle en avait perdu un, à sept ans, le vidame du Mans, mort de la peste; en 1647, elle avait perdu le marquis de Pisani, tué à Nordlingen; trois de ses filles étaient entrées en religion; l'une, l'abbesse d'Yères, avait un caractère insupportable qui fit le désespoir de ses parents : elle commit tant d'extravagances qu'on dut la priver de son abbaye |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.