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parvenir aux origines de la lutte, il faudrait probablement remonter à
la nuit des temps. Ce que l'on peut connaître de plus lointain de
façon positive remonte seulement à l'Antiquité classique A ces variétés seules, usitées aux temps homériques, s'en ajouta plus tard une troisième, l'acrocheirisme, qui consistait à saisir l'extrémité des doigts de l'adversaire, sans toucher aucune autre partie du corps. Un certain nombre de lutteurs firent de l'acrocheirisme leur spécialité. Sostrate de Sicyone et Léontisque de Messine y excellèrent. Ils se contentaient de serrer les doigts de leurs adversaires et de les tordre jusqu'à ce que ceux-ci avouassent leur défaite. D'une manière plus générale, l'acrocheirisme n'était que le prélude de la lutte proprement dite. La tenue, elle aussi,
évolua avec le temps. Au temps d'Homère,
les lutteurs conservaient autour des reins une écharpe, une ceinture
ou une sorte de tablier. C'est ainsi que l'auteur de l'Iliade L'art grec a reproduit
de nombreux spécimens de lutteurs en action. Le plus célèbre
est le groupe de la Galerie des Offices, à Florence En Grèce Notre lutte moderne,
ou lutte gréco-romaine, a beaucoup de points de ressemblance avec
celle des Anciens. Pendant les siècles derniers elle ne fut pas
très en faveur en France A partir des premières années du XXe l'intérêt du public s'est réveillé; partis des champs de foire, les lutteurs se produisirent alors sur les planches des théâtres. Les vainqueurs se font une réputation aussi universelle que durable; nombreuses sont, à l'époque, les célébrités de la lutte de Loubet de Nîmes à Pons, du turc Karu-Ahmed à Laurent, le Beaucairois, de Constant le Boucher au russe Padoubny. La lutte française, qui est une lutte à mains plates, défend certains coups dangereux autorisés en Amérique, tels que les coups au-dessous de la ceinture, les crocs-en-jambe, les prises de doigts ou de jambes, les bras retournés, le collier de force, etc., on ne peut prendre l'adversaire qu'au dessus de la ceinture. Les coups permis sont très nombreux et peuvent se faire debout ou à terre. Citons : les trois ceintures de devant, d'arrière et de côté et les ceintures à rebours et de travers, la cravate, le tour de bras, le tour d'épaule, le bras roulé, le tour de hanche en ceinture, etc.; presque tous ont leur parade. Pour vaincre, il faut faire toucher terre aux deux épaules à la fois; si un lutteur abandonne l'arène, avant que ce résultat soit obtenu, il est considéré comme battu; le combat a lieu en silence; les athlètes luttent ordinairement le torse nu ou recouvert d'un maillot. Sagement réglementée et pratiquée selon les principes que dictent la prudence et l'urbanité, la lutte est pour l'amour-propre un aiguillon. Acteurs et spectateurs se passionnent pour ses péripéties. On se complait à suivre, dans le déploiement de leurs efforts, deux jeunes hommes également vigoureux et adroits. D'instinct, on prend fait et cause pour l'un ou l'autre, et ce n'est pas sans une piquante angoisse qu'on se laisse aller à supputer les probabilités de défaite et de succès. (C. Meillac / Dr Collineau). |
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