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| Le nom de
gymnastique dérive de gumnos =
nu, de ce que les Anciens avaient coutume pour se livrer aux exercices
gymnastiques de se dépouiller de tout vêtement. La gymnastique
est la science rationnelle des mouvements; elle a pour but, au départ,
le développement régulier du corps, l'accroissement et l'équilibration
de toutes les forces de l'organisme et elle comprend l'étude des
exercices du corps, en soi et en vue d'un but déterminé :
but physiologique, esthétique, athlétique ou médical.
Vivante image des étapes franchies par nos ancêtres préhistoriques,
tous les peuples primitifs, sans exception, s'adonnent sous une forme plus
ou moins empirique, à la culture des forces du corps. Dès
les temps les plus reculés, en Chine En Grèce La naissance de la
gymnastique moderne peut être datée de 1815, époque
à laquelle Ling créa la gymnastique suédoise (encadré
ci-dessous). En France
Destinée aux seuls militaires, la gymnastique mettra plus de cinquante ans à pénétrer dans les lycées et écoles où elle ne rencontre au début que de l'indifférence sinon du mépris; toutefois les sociétés de gymnastique se sont multipliées à partir des années 1880. Elle se divisa dès lors en gymnastique d'assouplissement, gymnastique aux agrès, gymnastique sans agrès (course, saut, boxe, savate, lutte - disciplines sportives que l'on ne range plus aujourd'hui dans la gymnastique proprement dite ). Ainsi, au fil des décennies, grâce à ces efforts répétés, la gymnastique a irrévocablement trouvé la base solide qui lui convient. Deux sciences positives : l'anatomie et la physiologie, constituent cette base; son enseignement désormais est indissolublement lié aux informations que l'anatomie et la physiologie sont aptes à fournir sur les conditions qui régissent le développement rationnel et intégral de l'organisme. Les divisions
de la gymnastique.
Les considérations qui ont trait à la gymnastique dite artificielle ou d'application sont de différents ordres. Les unes se rattachent au gymnase, considéré dans ses dispositions architecturales ou dans son agencement pédagogique, les autres concernent soit les divers appareils, engins ou agrès, soit les exercices à l'exécution desquels ils servent. Les exercices qui se pratiquent au gymnase peuvent être divisés en trois groupes. Les exercices élémentaires constituent le premier. Les instruments à l'aide desquels ils s'exécutent sont les haltères, le bâton, les barres à sphères, les massues ou mils, la perche. Ceux du second groupe . exercices essentiels, peuvent se pratiquer au moyen des quelques agrès suivants : perche fixe, mobile, à crochets, échelle de corde, corde à noeuds, cordes lisses verticale, horizontale, inclinée. Complémentaires, les exercices du troisième groupe nécessitent l'emploi d'appareils de deux sortes : des appareils de suspension et des appareils de traction. Les premiers sont fixes ou mobiles. Fixes, ils consistent en échelles de bois horizontale, verticale, inclinée, poutre horizontale ou inclinée, barres parallèles ou à suspension. Mobiles, ce sont les anneaux et le trapèze. Quant aux appareils de traction invariablement fixes, strictement ils ne sont autres que la planche à rainures et la planche à rétablissements. Que les exercices ressortissent à la gymnastique d'application ou à la gymnastique naturelle, les effets physiologiques de la mise en activité du système locomoteur ne varient pas. Tout muscle en contraction est le siège de combustions intenses. Si le muscle en se contractant ne rencontre pas de résistance, les combustions dont il est le siège se transforment en chaleur. Mais s'il se rencontre une résistance, un certain nombre d'entre les unités de chaleur qui se sont développées se transforment en équivalents mécaniques. La somme de chaleur produite par les combustions que la contraction musculaire a engendrées se traduit dès lors partie en chaleur, partie en travail. D'un autre côté, le véritable facteur du développement de l'organe, c'est le travail. A son défaut, il n'y a pour la puissance ou le volume de l'organe que des chances restreintes de développement. Or, travail implique résistance. En vue du développement organique, la résistance est donc une circonstance à rechercher. Point capital, en outre, toute la locomotion animale gravite autour des poumons qui sont à la fois les organes importateurs du grand épurateur de l'organisme, l'oxygène, et exportateurs pour une part importante des résidus et produits excrémentiels, suppléant la peau et les reins et réciproquement. Les exercices du corps, activant la circulation périphérique, augmentent la quantité de sang qui, dans un temps donné, traverse le coeur et les poumons ; ils augmentent les combustions et peuvent élever la température du sang de plusieurs degrés. Le phénomène d'échange des gaz, l'hématose, s'opère, il est vrai, dans toutes les parties du corps où le sang circule; mais c'est dans les vésicules pulmonaires terminales que l'oxygène est absorbé. Si, à chaque inspiration, la quantité d'air absorbée est considérable, les inspirations seront proportionnellement moins fréquentes et l'essoufflement sera évité. Quand le nombre des inspirations monte de 14 à 50 et même à 60 par minute, le coeur est en plein désordre; les poumons d'une capacité trop faible ne peuvent recevoir le sang des veines pulmonaires, et l'hématose reste incomplète. Qu'avec des engins qui se manient à la surface du sol on fasse de la gymnastique dite de plancher, ou à l'aide d'appareils suspendus au faite, de la gymnastique dite aux agrès, ou bien que, restant dans le domaine de la gymnastique dite naturelle on s'exerce à la marche, à la course, à l'équitation, à la natation ou à tout autre sport, tels sont les principes fondamentaux de physiologie que l'on doit constamment avoir à l'esprit et desquels il convient, dans la pratique, de ne jamais se départir. Pour assouplir les muscles, on fait exécuter au corps des séries de mouvements; mouvements horizontaux et verticaux des bras et des jambes, avec ou sans flexion; la marche et le pas gymnastique développent spécialement la souplesse des jambes. Les agrès constituent la gymnastique acrobatique; on s'exerce à sauter sur le chevalet; on suspend le corps sur les bras aux barres parallèles, dont l'usage est à recommander, parce qu'elles permettent des mouvements assez nombreux qui exigent autant d'habileté que de force; on fait des tractions ainsi que des rétablissements à la barre fixe et au trapèze; la voltige au trapèze, apprend à bien sauter et demande du sang-froid, de l'agilité; les cordes, échelles et mâts développent les muscles des bras; la pratique des anneaux assouplit les reins ; enfin on s'accoutume à surmonter le vertige en marchant sur le portique. Les agrès permettent une multitude de tours de force, dont plusieurs sont dangereux et qu'il ne faut exécuter, que quand on est bien entraîné et sous la surveillance d'un moniteur. Mais la gymnastique
offre encore d'autres ressources à ses fidèles, et
qui peuvent constituer des sports à part entière : la lutte
à la corde, que deux camps tirent chacun de leur côté;
les haltères, qu'il vaut mieux choisir assez légers au début,
mais qui peuvent peser jusqu'à 15 kilos; les massues ou mils
dont le poids varie de 1 kg pour les enfants à 9 kg pour les sportifs
adultes, et que l'on apprend à manier dans tous les sens, au-dessus
de la tête, devant ou derrière; la barre de fer que l'on enlève,
et avec laquelle on exécute les mouvements des bras avec ou sans
flexion; enfin le jet du disque, qui exige une grande souplesse; c'est
un exercice renouvelé des Anciens et qui a reparu aux modernes jeux
olympiques d'Athènes Remarques pratiques.
1° l'heure propice pour se livrer à la gymnastique est celle qui précède le repas soit du matin, soit du soir;De toute façon, la dépense de force exigée du sujet doit être en rapport avec l'âge, le sexe et la vigueur de la personne. Et il est un signe certain qu'une sage mesure a été observée, c'est la conservation du sommeil, ainsi que celle de l'appétit. Pour l'un, comme pour l'autre sexe, avant l'âge de huit ans, les mouvements réglés et disciplinés manquent d'attrait. Leur répétition périodique a un danger : l'ennui, et, par suite de l'ennui, l'aversion. Des jeux improvisés leur sont substitués avec avantage. Pour accoutumer sans qu'ils s'en doutent les jeunes enfants à la discipline, on ne saurait faire mieux que d'avoir recours à des petits jeux gymnastiques mêlés de chants instructifs et amusants. A partir de huit ans, les enfants peuvent être initiés aux mouvements préliminaires, aux exercices dits élémentaires ou d'assouplissement; puis aux applications directes telles que la course, le saut, etc., qui en découlent. Jusqu'à neuf ans, il est prudent de prohiber encore la gymnastique aux machines et aux agrès. De neuf à onze ans, les manoeuvres d'assouplissement seront reprises avec une ponctualité plus stricte. Il sera donné plus d'ampleur à leurs applications, et l'on pourra, sans inconvénient, autoriser le maniement des appareils les plus simples. L'âge de onze à quinze ans est le plus favorable pour s'initier à la marche, à la course, à la natation, à l'équitation, aux exercices d'équilibre, au maniement des agrès. A partir de quinze ans, on sera invité à la répétition des manoeuvres avec lesquelles il a été familiarisé, afin de se perfectionner. Les exercices de force : lutte de traction, perche, échelle, course en vitesse, natation, etc., pourront commencer à être enseignés. Quant à la gymnastique d'entraînement proprement dite, elle convient seulement aux sujets parvenus à l'âge auquel la musculation est achevée, les soudures osseuses accomplies et la vigueur de l'organisme dans sa plénitude. (C. Meillac / Dr Collineau). |
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