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La comète de Biela ou de Gambart .
Aperçue le 27 février 1826, à Johanberg, par Biela ,
elle fut observée dix jours après à Marseille, par
Gambart. Celui-ci montra que cette comète
était identique avec celle qui avait paru en 1772 et 1805; il en
calcula les éléments,
et en établit la périodicité. Ce
qui en faisait la troisième comète, après celles de
Halley
et de Encke dont l'orbite
ait été calculée. Elle accomplissait sa révolution
en 6,75 ans (2417 jours). Son mouvement était
direct;
sa distance au Soleil
au périhélie, 0,87 UA;
sa distance aphélie, 6,33 UA; son demi-grand
axe, 3,6 UA. Elle n'était visible qu'au télescope et
n'avait pas de queue.
A son apparition
de 1846, elle a présenté un phénomène très
singulier : après l'avoir vue d'abord simple, comme dans les apparitions
précédentes, on la revit dédoublée, c'est-à-dire
divisée en deux autres comètes inégales, très
voisines l'une de l'autre et continuant à décrire à
peu près le même orbite que précédemment. On
parla alors aussi de deux noyaux, l'un boréal, l'autre austral
[1]. Lors de sa réapparition en 1852, elle était
encore double.
On a remarqué
que la durée de la révolution du noyau boréal est
un peu plus courte que celle du noyau austral. Voulant en donner les éléments,
il s'aperçut qu'une orbite parabolique ne pouvait lui convenir.
Sa périodicité ayant été établie, Goldschmidt ,
à Goettingen, en calcula les éléments elliptiques.
On
ne l'a plus revue depuis. D'autres comètes ont cependant montré
depuis le fractionnement de leur noyau à l'approche du Soleil. Par
exemple, la comète de West ou encore, plus récemment, l'étonnante
comète Schwassmann-Wachmann
3.
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L'Apocalypse
selon Edgar Poe
Le
passage de la comète de Biela, en 1832, a suscité certaines
inquiétudes dans les populations. Selon les calculs de Damoiseau ,
et d'Olbers ,
le 29 décembre de cette année-là, avant minuit, la
comète devait traverser le plan de l'orbite de notre planète
à une distance de quatre rayons terrestres et deux tiers. La tête
de la comète étant estimée à cinq rayons, une
partie
de l'orbite serait donc occupée par la comète. Il faudra,
pour dissiper les inquiétudes, l'intervention d'Arago
qui précisera que la Terre n'arriverait en fait en ce point de l'espace
qu'un mois plus tard et que donc la "rencontre" n'aurait lieu qu'à
80 millions de kilomètres de distance...
L'affaire
aura cependant des suites. En novembre 1833, une pluie d'étoiles
filantes très spectaculaire s'abat sur la région de Baltimore ,
aux États-Unis. Il n'en faut pas davantage pour qu'on repense alors
à la description de l'Apocalypse
selon Saint Jean qui décrit les étoiles se détachant
une à une du ciel. Pour beaucoup la fin semble proche. Edgar Poe ,
lui-même, se montrera suffisamment impressionné pour que cet
événement, un an après le passage de la comète
de Biela, lui inspire en 1839, une courte nouvelle, intitulée Conversation
d'Eiros avec Charmion. Il y reprend le thème d'une fin du monde
apportée par une comète. L'explication de Poe est celle que
lui suggèrent encore les spéculations de son époque,
mais ce n'est plus de collision dont il est question désormais.
Selon l'auteur, le danger vient de la queue de la comète. Ses constituants
sont propres à absorber l'azote de l'atmosphère terrestre.
Celle-ci se voit ainsi fortement enrichie en oxygène et les êtres
vivants respirant alors cet oxygène presque pur entrent spontanément
en combustion... |
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[1]
Démocrite
et Ephore, dans l'Antiquité, croyaient déjà qu'une
comète pouvait se diviser. Cette opinion fut contestée par
tous les astronomes jusqu'à l'époque du partage de la comète
de Biela.
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