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Jamblique,
Iamblichus.
- Philosophe grec, né à Chalcis
en Coelésyrie ,
vers l'an 283 de notre ère. Il passa la plus grande partie de sa
vie à Alexandrie. Son premier maître
fut Anatolius qui le mit en rapport avec Porphyre
lorsque celui-ci dirigeait l'école néoplatonicienne fondée
par Ammonius Saccas. A la mort de Porphyre (305)
dont il était le principal disciple, il lui succéda et mourut
vers 333. Le néoplatonisme d'alors tendait à confondre le
rôle du prêtre et du thaumaturge avec celui du philosophe.
Eunape (Vie des Sophistes) raconte que l'on attribuait à
Jamblique le don de lévitation, mais ajoute qu'il était le
premier à en rire.
Nous ne connaissons sa doctrine philosophique
que par les citations de Proclus (Commentaire
sur le Timée de Platon) et celles de Damascius
(Traité des premiers principes et Commentaire sur le Parménide).
Vacherot
en a donné une analyse étendue, surtout d'après Proclus,
dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, et l'on ne saurait
mieux faire que d'y renvoyer le lecteur. Au point de vue philosophique,
Chaignet a repris cette analyse en mettant à profit notre édition
complétée de Damascius. Jamblique, sur presque tous les points
controversés en matière de métaphysique, professait
des opinions contraires à celles de Porphyre, d'Amélius et
de Numénius. Damascius invoque son autorité
en plus de cinquante passages.
«Quant
à la doctrine des triades, Jamblique, dit Vacherot, semble avoir
poussé encore plus loin que Porphyre et Théodore
l'abus de l'abstraction. Il se distingue encore de Plotin et de Porphyre
par un goût excessif et presque superstitieux
des formules numériques. Il ramène aux nombres tous les principes
de sa théologie. Sa psychologie témoigne d'un autre esprit
que celle de Plotin et de Porphyre. ll y règne
un spiritualisme moins sévère et moins absolu.»
Il disait en parlant de l'opinion de Porphyre
sur les rapports du corps avec l'âme : «Cette méthode
n'est digne ni de la philosophie, ni de la
science; elle est pleine de superstitions barbares. » Il laissait
à l'homme une grande part de libre arbitre.
«Beaucoup plus superstitieux
que Plotin et Porphyre dans sa théologie, il professe une morale
plus pratique et plus humaine. » (Vacherot.).
«
Porphyre et Jamblique, écrit Jules Simon,
égaux ou supérieurs à Plotin en réputation
et en influence, mais esprits d'un ordre inférieur, qui mirent l'école
d'Alexandrie sur la voie du symbolisme, préférèrent
la tradition à la dialectique et commencèrent cette lutte
impuissante contre le christianisme qui devait absorber les forces vives
de l'École et finalement amener sa ruine complète. Le concile
de Milan (312) est de leur temps. L'École
prit à partir de ce moment un caractère tout nouveau; elle
représenta le monde grec, le paganisme, la philosophie contre les
envahissements du christianisme.»
Ajoutons qu'elle garda ce caractère
jusqu'à sa suppression, prononcée en 529 par décret
de l'empereur Justinien.
On sait que Constantin fit brûler
les écrits de Porphyre, empreints d'un esprit violemment hostile
aux chrétiens. Il est probable que la plupart des ouvrages composés
par Jamblique ont subi le même sort. Essayons d'en établir
la bibliographie, ne fût-ce que pour donner une idée sommaire
de son étonnante activité intellectuelle. Jamblique avait
composé un vaste ouvrage en 10 livres Sur la secte pythagoricienne,
savoir :
1° De
Vita pythagorica (édité par J. Darcier en 1598; reproduit
avec traduction latine par Kuster, Amsterdam, 1707; rev. par Th. Kiessling,
Leipzig, 1815);
2° Protrepticus
in philosophiam (éd. par Darcier en 1598; reproduit avec traduction
latine par Kiessling, Leipzig, 1813, puis par H. Pistelli, Leipzig, 1888);
3° De Communi
Mathematica (éd. par d'Ansse de Villoison dans ses Anecdota
graeca, t. II, p. 781; reproduit en partie par J.-G. Friis, Copenhague,
1790; puis sur le précieux manuscrit de Florence, 86, 3, par Nic.
Festa; Leipzig,1891);
4° Introductio
in Nicomachi Arithmeticam (éd. pour la première fois
par Sam. Tennulius, Arnhem, 1668, puis par H. Pistelli, Leipzig, 1894);
ces quatre premiers livres sont les seuls qui nous soient parvenus;
5° De Physicis
arithmeticae scientiae;
6° De Arithmetica
scientia in ethicis;
7° De Theologumenis
arithmeticae; Th. Gale était tenté d'identifier ce livre
avec l'ouvrage de même titre publié par, Fr.
Ast en 1817;
8° De Geometria
pythagorica;
9° De Musica
pythagorica;
10° Introductio
sphaerica.
Les ouvrages dont il nous reste à parler
sont tous perdus :
1° Commentaire
sur le premier Alcibiade;
2° id.sur le
Parménide;
3°ïd.sur
le Timée;
4° id. sur le
Phédon ;
5° id. sur le
Phèdre;
6° id. sur les
Catégories
d'Aristote;
7° id. sur les
Premiers
Analytiques;
8° De la Théologie
chaldaïque, ouvrage dont le livre XXVIII est cité par Damascius
et qu'il faut sans doute identifier avec le Commentaire sur les logia
ou oracles dits chaldaïques, mentionné par Fabricius
(Bibl. gr., éd. Harless, V. 309);
9° sur les Dieux;
10° les Anagogues(?);
11° De la Métastase
de l'âme (métempsycose ?);
12° sur les Statues;
13° Vie du
philosophe Alypius;
14° Lettres
à son ancien maître Anatolius;
15° Peri kriseos
apiston logou (?);
16° sur l'âme,
traité dont le Florilegium de Stobée
contient quelques fragments, traduits par Eug. Levêque dans les Ennéades
de Plotin (trad. Bouillet, t. II, p. 640);
17° sur le Destin,
fragment publié par Tennulius à la suite du Commentaire
sur l'Arithmétique de Nicomaque.
Il nous reste à parler du traité
de Mysteriis Aegyptiorum que son premier éditeur, Th. Gale,
a laissé à Jamblique sur la foi des manuscrits. Meiners,
Tiedemann, Tennemann, puis Albert Dieterich ont prétendu le lui
retirer; mais Gale a cru trouver, et nous-même après lui,
un si grand nombre de citations (non textuelles d'ailleurs), empruntées
à cet ouvrage par Damascius et placées sous le nom de Jamblique,
qu'il est au moins permis à la critique de garder une présomption
en faveur de l'attribution traditionnelle. (C.-E. Ruelle).
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